1 Partie : La période avant 1830

C'est impossible de parler de l'histoire de ce régiment sans parler de  la période avant 1830. Quand le 2e  Régiment de Chasseurs à Cheval se constitue en 1830, la plus part des officiers et troupes(1) venait de l'armée hollandaise, en particulier du Régiment Huzaren n° 8.

La Légion belge

Après la défaite de Napoléon en  janvier1814, notre pays tombe sous contrôle des piussances alliées. En mars de cette même année le Prince Ferdinand de Croy demande la faveur de fonder un régiment de Chasseurs. Il reçoit l'autorisation de commander comme colonel, un régiment de Hussards. Le Prince avait 22 ans et était sans expérience militaire.
Il commence le recrutement à Tervuren. Les hommes doivent apporter leur propre cheval. Ca prendra quelque mois avant que les premiers uniformes arrivent. Vu qu'il n'y a pas de quartier, les troupes logent chez des civils, qui prévoient aussi la nourriture.

La période hollandaise

En août 1814, les alliés décident de donner le contrôle de la Belgique aux hollandais. Ceci permet de récupérer des fonds pour acheter des uniformes et les équipements nécessaires. Aussi commence le recrutement des officiers belges ayant servi sous Napoléon. Dans la même période le régiment déménage vers Ath. En avril 1815, c'est le Lt. Colonel Duvivier, un guerrier expérimenté, qui reprend le commandement. En ce même mois le nom change en 8 Hussards.
A la veille de la campagne de 1815, le régiment compte 430 combattants, dont 19 officiers et 455 chevaux. Il se compose pour la plupart de jeunes recrues commandées par un cadre très expérimenté.
Pendant la bataille de Waterloo le régiment ne cesse  d'être engagé. A la fin de la bataille, 7 officiers et 277 troupes étaient tués ou blessés (79 chevaux morts et 189 autres disparus). Il va de soi qu'ils se sont battus avec beaucoup de bravoure.
Intéressant à savoir, c'est qu'il n'y avait pas de milicien dans la cavalerie. Ce n'est qu'à partir de 1825 que l'escadron pouvait avoir 25% de miliciens.

II Partie : La fondation du régiment

Un décret du gouvernement provisoire, datant du 24 octobre 1830, disait que les militaires du 8 Hussards devaient se rendre à Gand pour servir au 2e  Chasseurs à Cheval. Cet appel était bien suivi et en témoignage de tous les Hussards qui avaient donné suite à cet appel, les traditions du 8 hussards étaient reprisent. La date de l'inauguration était le 4 novembre, le premier Chef de Corps était le Colonel d'Haene de Steenhuyse.
Par décret du 20 novembre, la tenue a suivi la mode française, tunique verte avec boutons blancs, collet  rouge, épaulettes en argent, le pantalon vert aux bandes rouges. Le trompette avait comme tenue, une veste rouge, un pantalon vert et un colback (2).
L'armement se composait de sabres, mousquetons et pistolets.
Les couleurs du régiment étaient le vert et rouge, repris du 27 Chasseur à Cheval, dans laquelle beaucoup de Hussards avaient servit.

De cette même époque vient le blason, une corne de chasse avec chiffre 2, un sabre et un fer à cheval sur drap rouge et vert.

Le 4 août, les Hollandais envahissent la Belgique, la campagne des dix jours  débute. L'armée offre une grande résistance, malgré que quelques officiers aimeraient mieux retourner vers la Hollande.  Le premier coup de frappe est donné à Houthalen. Le jour suivant c'est à Kermt où une avant garde fait contact avec une division hollandaise renforcée d'une brigade de cavalerie. Un combat a lieu auquel un groupe du 2e  Chasseurs participe. Par coïncidence ce groupe fait contact avec le 6 Hussards, composé d'éléments du vieux 8 Hussards. Plein de courage, les Chasseurs conquirent le village de Kermt. Pendant le repli, 4 Chasseurs réussisent à percer les lignes et à joindre le commandant du 6 Hussards. Un d'entre eux avait juré de couper la tête de son vieux chef. Avec son sabre, il le blesse à la tête et le colonel doit rendre son commandement. Cet acte de bravoure est vengé par les Hollandais, mais les Belges tiennent leurs positions jusqu'au lendemain. La bataille de Kermt coûte la vie à 5 officiers du régiment.
Suite au renforcement des Hollandais, le chef des forces belges décide de se replier vers Liège. Ce repli est chaotique. A hauteur de Kortessem, l'armée en repli tombe sous le feu des ennemis. Un escadron du 2e  Chasseurs ainsi que des  Cuirassiers et une batterie d'artillerie prennent position et réussissent à tenir la distance entre l'ennemi et les forces qui se replient. L'armée est sauvée d'un désastre. Les années  suivantes, le régiment prend part à des missions de surveillance de la frontière.

Les années 1831 à 1914

Le 23 septembre, le colonel comte L. de BRIAS devient chef de corps, après quelques mois déjà il est remplacé par le lieutenant colonel  O'SULLIVAN. C'est lui qui reçoit l'étendard des mains du roi Léopold le 22 décembre 1831.

Citons encore quelques évènements important au régiment. En 1834 et 1835, 2 escadrons sont attachés à la division de Luxembourg. En 1839 le régiment prend garnison à Namur et en 1844 il retourne vers Louvain. 2 ans après, la garnison est à Tournai avec deux escadrons à Mons.

La révolution française de 1848 donne à certains l'idée de transformer la Belgique en république. Apparemment avec l'accord du gouvernement français, ils fondent une Légion à Paris. Quand cette Légion entre en Belgique à Risquons-tout, le 29 mars, elle est attendue par une force, dont le 2e  Chasseurs à Cheval. L'agresseur se fait charger et renvoyer en France. Le 13 janvier 1863 la cavalerie reçoit une nouvelle tenue. C'est aussi l'année pendant laquelle le régiment retourne à Louvain.
Pendant la mobilisation de 1870, le régiment est au Camp de Beverloo. Il forme avec le premier Chasseurs à Cheval la brigade de cavalerie du 1 Corps. Jusque fin novembre, il exécute des tâches de reconnaissance et surveillance dans les régions de Givet, Chimay et Beaumont. Le 5 mars 1871, le régiment retourne encore une fois à Louvain. Après il prendra  garnison à Gand, Oudenaarde, Bruges et Mons.

1830
1892-1914
1863-1914

La première guerre mondiale

a. En général
la veille de la première guerre mondiale, l'unité était en garnison à Mons. Elle faisait partie de la  5e  Division de l'armée.
La Belgique était un pays neutre. Sa neutralité était garantie par les plus grandes puissances de cette époque. L'Allemagne demandait un passage par notre pays. Ce qui suit est un bref récit des faits. A

b. Les premières positions défensives et de repli vers l'Yser.
Le 31 juillet, le régiment reçoit l'ordre de monter la garde à la frontière française entre la Sambre et le Canal de Condé.
Le 4 août, il est envoyé, avec sa division, vers Eghezée. Il prend part à la défense du repli de la 3 division de Liège.
Pendant le repli sur Anvers, il couvre le repli de la 16 brigade mixte. Le 11 décembre, le régiment est mentionné sur les ordres journaliers de la 5e  division.
Le 29 septembre, il défend une position devant les forteresses d'Anvers.
Le 8 octobre, il escorte un groupe d'artillerie qui se replie sur Gand. Le régiment prend part à des escarmouches au sud de cette ville,  avec la 4 brigade mixte, la brigade de fusiliers de marine et la 7e  division d'infanterie anglaise.
Le 11 octobre, repli vers Bruges. Le 12 octobre, le régiment est ajouté à la nouvelle 2 division de cavalerie. Le 15 octobre, il franchit l'Yser, fait bivouac à Oostduinkerke

c. Les tranchées
Les premiers jours, le régiment prend part à la défense de l'Yser entre la  borne 20 et 21, il tombe sous le  feu d'artillerie de masse. Le 23 octobre, il arrête une attaque allemande.

Remarques :
(1)Jusqu'en 1918 tous les non officiers sont appelés troupes.
(2)La tenue du trompette devait être reconnaissable. Cet homme était le seul moyen de transmission et devait être reconnu. Les ordres étaient donnés par sonneries. Pas seulement parce que tout le monde devait les entendre, mais aussi parce que les soldats flamands devaient comprendre les ordres de leurs chefs francophones.