Comme chaque année depuis 3 ans, quelques amis
de la région de Wevelgem et moi-même avions une fois de plus
l’intention d’aller en tracteur aux Fêtes des Moissons à l’abbaye
de Bonne Espérance à ESTINNES, plus précisément
à Vellereille-les-Brayeux. Une distance de 110 kms à parcourir
pendant un weekend prolongé, c’est tout une entreprise. Nous partons
le samedi matin tôt vers 06 :00 heures, et revenons le lundi matin.
Le samedi et dimanche, nous campons sur le terrain, et, le samedi soir,
nos épouses nous rejoignent pour le barbecue.
Comme les années précédentes, la
maison paternelle de Ward et Pieter Lapiere était la base de départ.
Malgré qu’il ait plu pendant tout le mois d’août, le vendredi
après-midi avant le départ le temps s’était éclairci.
La météo annonçait également un temps pas trop
mauvais, alors, au tout dernier moment, chacun s’est préparé
pour le départ.
Moi, je n’avais pas trop confiance, et pendant la semaine j’ai essayé de fabriquer une sorte de cabine en toile pour mon tracteur, mais par manque de temps, je n’y suis pas parvenu. Finalement, le vendredi soir, j’ai tout démonté, et lié simplement la bâche autour du réservoir jusqu’au plancher des deux côtés, ceci pour éviter que l’eau rejetée par le vent et les roues avant ne me mouille les jambes. Avec un temps tellement instable, il vaut mieux prendre ces précautions.
Cette année-ci, Bonne Espérance était extra intéressant pour nous: au le programme, il y avait pour la première fois un concours de labour. Comme nous sommes plusieurs dans notre groupe à avoir une charrue, c’était un événement à ne pas manquer.
Le samedi matin, le temps s’annonçait assez beau,
et à 6:30 heures, après un bon café offert par la
maman de Pieter et Ward, nous sommes partis. Il faisait frais, mais vers
8 heures, le soleil est apparu. Quelle soulagement! Ward, un routier de
profession, conduisait son Hanomag R500 et nous guidait à travers
les petites routes autour de Courtrai. Il avait sa remorque avec deux charrues
bisocs tractées derrière lui. Piet Declercq le suivait, avec
son Lanz, et aussi une charrue tractée IH dans sa remorque. Bertin
Boudry le suivait avec son John Deere 60 à essence. Il avait son
fils comme co-pilote. Pieter était le quatrième avec son
Vierzon. Il tirait la remorque avec le matérial pour le barbecue.
Filiep Gekiere avait choisi cette fois son Hanomag R500, et moi je suivais
avec mon IH Super BWD6. Bien sûr, j’avais également ma charrue
IH F8-A sur ma remorque.
En dessous de Courtrai, sur la route pour Tournai, Paul
et Dirk Geldof nous ont rejoints. Pol avec son Ursus bi-cilindre et Dirk
avec son Ursus C45. Pol tirait une remorque fermée dans laquelle
se trouvaient nos affaires, bien à l’abri de la pluie. La remorque
jaune portait en grandes lettres le nom de notre club, et c’était
bien rassurant pendant "l’invasion" de Tournai, où certaines personnes
paraissaient effrayées par notre colonne de brut et de fumée.
A la sortie de Tournai, Dirk Messiaen et sa femme Sandra nous ont rejoints également. Ils étaient venus en Unimog, mais le petit Lanz dans la remorque limitait tout de même leur vitesse d’avancement.
Une demi-heure plus tard, alors que nous étions
à mi-chemin, le temps a changé brutalement. Un peu
après Barry, les nuages se sont amoncelés, et à Baugnies,
les premières gouttes se sont mises à tomber. A partir de
Basècle et cela pendant tout le reste du chemin, il n’a plus cessé
de pleuvoir à verse. On ne s’est même pas arrêté
pour notre pique-nique, vu que la plupart d’entre nous étaient trempés.
Le but, c’était d’arriver le plus tôt possible à Bonne
Espérance afin de nous mettre à l’abri. Là, on pourrait
tranquillement manger nos pique-niques dans la grande tente. Quant au camping,
on verrait cela sur place.
Néanmoins, tout de suite après notre arrivée,
le soleil est réapparu et la température est montée
assez vite, ainsi que notre moral. Le terrain où nous campions d’habitude
n’était pas trop humide, ce qui n’était pas le cas pour le
terrain d’exposition. D’ailleurs, peu de tracteurs sur ce terrain, et pas
de visiteurs non plus !
Le soir par contre, dans la tente, il y avait heureusement
autant de gens et d’ambiance que les années précédentes.
Notre barbecue s’est également déroulé dans l’ambiance
habituelle, malgré que pas mal de nos femmes avaient déclaré
forfait cette année-ci.
Dirk Messiaen et Filiep Gekiere à l'apéritif.

La nuit, à une petite averse près, s’est
bien passée, et le lendemain, le ciel était plutôt
couvert, mais il ne pleuvait pas. Vers 10:00 heures, le soleil était
au rendez-vous et les participants de l’exposition arrivaient tout d’un
coup très nombreux. La fête pouvait enfin commencer!
L’après-midi, au moment où le concours
de labour allait commencer, nous constations que les participants brillaient
par leur absence. Il y avait 4 charrues à cheval, et des 22 inscrits
avec des charrues pour tracteurs, seulement 2 y étaient, c'est-à-dire
un Wallon avec un IH Cub très bien restauré, et moi.
Le IH Cub, et sa charrue en deux parties. Un ensemble très bien
restauré.
Finalement, Piet, qui n’avait pas l’intention d’y participer,
s’est présenté aussi, malgré le fait qu’il n’avait
jamais participé auparavant avec sa charrue qu’il venait de restaurer
la semaine précédente et qu’il n’avait toujours pas testée.
Et voilà le peu qui reste du grand duel Wallon-Flamand
que nous nous étions imaginé.

Le Wallon, apparemment n’ayant jamais participé à un tel concours, s’est lancé comme s’il était payé à l’hectare. Piet avait encore plein de choses à régler, de sorte qu’il faut lui pardonner ses premiers sillons pas trop bien réussis. Moi, j’ai réussi à tirer deux sillons d’ouverture exeptionellement droits ; il ne faut pas avoir toujours de la malchance dans la vie.
Bien que le jury ne savait pas trop comment on travaille
avec de charrues tractées, leur verdict était :
3ème prix pour le Wallon, 2ème place pour
Piet et la première place pour moi. 0-1 donc pour les Flamands,
mais vu les circonstances, un match sans référence. Revanche
l’année prochaine ???
Piet et moi avec nos trophées, devant nos matériel.
Pour le reste, le dimanche s’est passé comme chaque année: beaucoup de monde, beaucoup d’ambiance, et le soir, une fête unique comme on le les trouve plus en Flandre.
Le lendemain, c’était le retour pour nous. Mais, n’en parlons pas trop. Que de la pluie pendant presque toute la route jusqu’à la sortie de Tournai, puis encore une bonne douche à 5 kms avant notre arrivée. Il y avait heureusement une petite éclaircie à Basécles, où nous en avons profité pour y manger une frite. Que j’étais content d’avoir ma bâche sur le tracteur; elle m’a bien protégé contre la pluie, l’eau rejetée par les roues avant et le froid.
Espérons que l’année prochaine nous ayons
du beau temps…, et un vrai match de retour !
Fête
de moisson à Bonne-Espérance