-- 1-ière partie --
Comme je l'ai mentionné dans la 5-ième
partie de la restauration de mon IH Super BWD-6, j'étais, pendant
un certain temps, à la recherche d'un relevage pour ce tracteur.
A l'époque, en 1955, c'était encore une option pour ce tracteur,
qui, malheureusement, n'en possède pas.
Maintenant, un relevage est vraiment indispensable pour
faire quelque chose d'utile à la ferme de mon frère ou beau-frère.
Sauf tirer la herse assez large appartenant à mon beau-frère,
je ne peux en fait rien faire d'autre. La herse dispose de plusieurs pieds
glissants qui règlent la profondeur et est le seul outil qui fasse
réellement appel aux 50 chevaux du moteur.
Après plusieurs contacts par e-mail et autres voies,
je me rends compte que trouver un relevage d'origine pour mon Super BWD-6
deviendra une "mission impossible". Pendant un certain temps, j'ai songé
à fabriquer moi-même un relevage et à trouver une pompe
hydraulique en bon état d'un IH B-450, le successeur de mon tracteur,
qui a été construit en beaucoup plus d'exemplaires et pendant
beaucoup plus d'années. Mais même trouver rien que la pompe
n'est pas évident non plus.
C'était vers fin janvier que j'apprends par un
marchant de tracteurs qu'il se trouve tout près de chez moi, depuis
5-6 ans, un B-450 dans le hangar d'une ferme voisine. Il a 'des problèmes'
au niveau du moteur, plus de puissance, difficile à mettre en route,
...
Quand le jeune fermier me le montre, je constate que
le moteur en fait est bloqué. Le fermier par contre déclare
que le tracteur est arrivé dans ce coin du hangar par ses propres
moyens, et qu'il n'a jamais coulé de l'eau dans le moteur par l'échappement.
Il a toujours connu ce tracteur dès son enfance, puisque c'était
un tracteur que son grand-père avait acheté en occasion.
Malheureusement, il ne pouvait pas en dire beaucoup plus, surtout qu'il
a perdu son grand-père ainsi que son père très jeune.
Bon, après quelques discussions, nous nous mettons
d'accord, et j'achète le tracteur quand même.
Je comptais sur une bonne pompe hydraulique, et la tuyauterie
était en bon état. Je pouvais même y transférer
le relevage complet.
Bien que ce serait un système tout à fait
différent de celui d'origine, au moins j'aurais un relevage sur
mon tracteur, et ainsi, tout de suite beaucoup plus de possibilités
pour faire travailler mon tracteur.
Le 20 mars 2004, le tracteur fut alors tiré vers
la ferme de mon frère, et quelques essais pour faire tourner le
moteur pendant ce trajet restaient sans résultats: le moteur restait
bloqué! De graves problèmes.
D'abord, un bon nettoyage au Kärcher s'imposait,
surtout à l'intérieur de l'affreuse cabine, apparemment une
cabine IH d'origine, fabriquée en Angleterre.

Après ce nettoyage, j'avais l'occasion de mieux
vérifier l'état général du tracteur. Sauf les
garde-boue rouillés, l'ensemble du tracteur me paraissait assez
bien: le bâti et la tôlerie étaient peu endommagés,
la boîte, la direction, l'embrayage et les freins marchaient impeccablement.
Il avait même l'éclairage d'origine en bon état, ce
qui est plutôt rare pour un tracteur de cet âge là.
D'après le numéro
de série, 12589, le tracteur a été construit début
1963. Le numéro de série du moteur est BD-264-49442.
La cabine, c'était plus catastrophique. De toute
façon, elle devait être démontée, entre autre
tout simplement parce que le tracteur ne pouvait pas passer dans le petit
abri réservé à mon premier tracteur.
Donc, tout compte fait, le tracteur n'était pas
si mal que ça.
Entre-temps, le diable en moi me tente constamment: "Et
si tu arrivais à débloquer ce moteur .....?"
Mais non, pas question ! Ainsi, je n'aurais toujours
pas de relevage sur mon Super BWD-6, et c'était justement la raison
pour laquelle j'avais acheté ce B-450 !

Le soir, après beaucoup de travail dur et fatiguant, la cabine était démontée. Les fixations d'origine à boulons, étaient toutes cassées, et on n'avait pas trouvé mieux que de souder la cabine sur le bâti. Partout, il y avait toutes sortes de bouts de ferraille pour maintenir la cabine en place. Malgré mon travail intense, Satan ne cessait d'essayer de me faire changer mes plans.
Avant de mettre le tracteur à l'abri à côté de mon Super BWD-6, la tentation de débloquer le moteur est devenue trop grande, et je verse du gasoil et de l'huile usée à l'intérieur du moteur par les collecteurs de l'aspiration et l'échappement. Le week-end prochain, je tenterai ma chance.
Ainsi, muni de pieds de biche et d'autres outils de cette
sorte, j'attaque le moteur. Au bout de quelques heures, je n'ai pas avancé
d'un seul pas. Pas le moindre mouvement !
Bon, si le moteur ne vaut plus rien, alors pourquoi ne
pas tenter les gros moyens?
J'arrange un grand levier d'à peu près
2 mètres, sur lequel j'avais soudé quelques bouts d'axe,
afin que je puisse prendre le volant du moteur dans les trous qui se trouvent
dans la tôle de l'embrayage.
De toutes mes forces à la main, pas de mouvement
sur le villebrequin, quelques gros mots flamands en veille.
Alors, je mets mes pieds sur le levier, le dos contre
le mur, et oui, j'entends quelques gémissements, bien que doutais
tout d'un coup si ça venait du moteur ou plutôt du levier,
qui avait du mal à résister.
Encore un effort et maintenant, j'en suis sûr:
le moteur donne forfait !
Après, avec des mouvements très lents et
très doux, je commence balancer le villebrequin autour de son point
de bloquage, en donnant des lubrificants par les collecteurs de l'aspiration
et l'échappement. Apparemment, le moteur est débloqué
sans que j'aie cassé quelque chose à l'intérieur.
Maintenant, je ne peux plus attendre. Un autre tracteur
est amené pour le tirer en route, mais le moteur refuse de tourner
par ses propres moyens. Des fois, il y a quelques explosions d'affilée,
parfois il fume un peu bleu ou noir pour montrer sa bonne volonté,
mais la plupart du temps, il n'y a rien. Apparemment des problèmes
de gasoil.
Après inspection de la tuyauterie et changement
des filtres, un deuxième essai donne les mêmes résultats.
Le moteur veut bien, mais il ne peut pas.
Une autre inspection, cette fois plus approfondie, me
montre la cause: la pompe d'alimentation pour le gasoil ne fontionne plus.
Ainsi, le moteur ne peut plus se mettre en route, surtout pas après
l'ouverture de la tuyauterie et le changement des filtres. Ceci explique
aussi le manque de puissance, la raison pour laquelle le vendeur avait
rangé ce tracteur.

Le week-end suivant, j'ai une autre pompe d'alimentation, et cette fois-ci, le moteur se laisse tirer en route sans problèmes. Il tourne de façon stable et avec beaucoup de caractère, et il donne l'impression d'être en bonne condition: la pression d'huile est bonne, pas trop de fuite de compression par le carter, pas de bules d'air dans le circuit de refroidissement, pas de températures locales excessives.
12/04/2004: Mon B-450 lors de sa première promenade depuis des
années sur ses propres forces.
A partir de ce moment-là, je le trouvais absolument dommage de démonter ce tracteur, finalement rien que pour lui enlever son relevage. En plus, ce relevage n'a aucun point commun avec celui d'origine d'un Super BWD-6.
Le B-450 a quelques problèmes techniques à résoudre, entre autre la flange de régulation sur la poulie de la pompe d'eau, le régime du moteur me paraît un peu trop bas, les garde-boue sont à refaire, le circuit électrique est dans un état misérable, le pneu arrière droit est à changer d'urgence, ... et un jour, on verra dans quelle année, il lui faudra une bonne couche de peinture. Plein de travail donc!
Et voilà, ce qui n'était pas du tout mon intention au départ est un fait: un deuxième tracteur, beaucoup de travail une fois de plus, mais toujours pas de relevage pour mon Super BWD-6.
Pour le reste de l'année 2004, rien d'autre n'a
été fait, par manque de temps. Seul, le garde-boue à
droite a été demonté complètement, puisqu'il
ne tenait plus à cause du fait que les 2 boulons étaient
cassés dans la trompette.
Aussi, le vidange a été fait, ainsi que
le changement des filtres d'huile et de gazoil. J'ai apporté une
autre pompe d'eau de Panningen, mais elle n'est pas meilleure que la pompe
sur le tracteur.
J'ai travaillé d'abord à ma
charrue tirée que j'ai achetée quelques mois plus tard
dans le Midi de la France. Je voudrais à tout prix qu'elle soit
prête avant le début des évenements
de l'année 2004.
Plus tard en 2004, un IH W4 de l'année
1947 m'est présenté, et celui-là m'a pris aussi
un peu de temps, malgré le fait qu'il était déjà
restauré.
C'est ainsi que le B-450 est arrivé un peu à
l'arrière-plan. Espérons que 2005 lui réserve un peu
plus de temps, et un hiver pas trop froid, parce que l'abri où il
se trouve n'est pas très agréable pour y travailler quand
il fait froid.

Wevelgem, fin Décembre 2004.
Carl DEVLIES.