Mon nouveau jouet, un W4 de l'année 1947.



Fin mars 2004, un certain Raf CAELDRIES de Sinaai en Belgique près de Saint-Nicolas et Anvers, me contacte par email après avoir découvert mon site. Il me présente un International Harvester W4 de l'année 1947, et me dit qu'il est à vendre. Il était déjà restauré, et selon lui en parfait état. Il y joint une photo comme preuve.
Son numéro de série est WBH-18638.
 




Raf est à la retraite, ancien collectionneur, et ancien membre d'un club qui n'exsiste plus. Par manque de club, Raf a perdu un peu l'intérêt dans son ancien matériel, de sorte que le W4 n'avait plus sorti depuis 4-5 ans, et qu'il était à vendre, comme son Field Marchald mono-cilindre déjà vendu. Il avait également deux batteurs à vendre, mais cela ne m'intéressait pas. D'ailleurs, il me manque déjà de la place, donc pas question de me lancer là dedans.
Ce qui me frappait, c'étaient les pièces chromées, dont je ne suis pas vraiment amateur; je préfère que les tracteurs gardent le plus possible leur aspect d'origine.

Enfin, après quelques mails et quelques contacts téléphoniques, ma femme et moi partons un dimanche après-midi ensolleillé pour aller le voir. Son prix me semblait assez élevé, donc il fallait absolument le voir avant de dépenser tant d'argent.
Raf avait déjà sorti le tracteur de son abri, et on le trouve en train de bricoler près de son tracteur.
Ma première impression du tracteur était plutôt décevante: le tracteur avait le pneu arrière droit crevé (éclaté lors du gonflage le jour avant), le moteur refusait de se mettre en route (flotteur du carburateur verrouillé), quelques problèmes électriques, le chromage était touché par la rouille.
En tournant la manivelle, la compression me semblait plutôt trop basse, et cela m'effrayait un peu. Mais comme le moteur ne voulait pas se mettre en route, je ne pouvais pas le juger mieux. Quelle serait la pression d'huile? Comment allait-il démarrer? Quel était l'état du carburateur, des soupapes, de la pompe d'eau, de l'embrayage, de la boîte, ... ???

Malgré tout, on passe un après-midi agréable. Raf raconte l'histoire du tracteur, nous montre plein de photos de la restauration et des endroits qu'il a visités avec son ancien club.
Le soir, on se met d'accord pour l'affaire: Raf veillera à ce que le moteur tourne et que l'électricité soit en ordre, moi je m'engage à livrer deux autres pneus 12*26, maintenant 14.9-R26, des pneus difficiles à trouver.

Quand je contacte mon fournisseur habituel de pneus, j'avais vraiment de la chance. Il paraît que les anciennes moissonneuses Claeys M103 étaient toutes équippées de pneus pareils, et mon fournisseur avait acheté il y a quelques années toutes les roues qu'ils utilisaient à l'usine pendant le montage et la mise en peinture de la machine.
Ces roues, n'étant plus assez grandes pour les nouvelles moissonneuses modernes, sont toutess arrivées chez lui. Les pneus n'avaient jamais servi dans les champs, donnaient l'impression d'être encore tout neufs, mais étaient couvert de peinture. On a reussi à en trouver 2 pas trop touchés par la peinture et il me les a vendu à un prix très raisonnable.

*   *   *   *   *

Ca dure quelque temps avant que Raf a fini de mettre en ordre son tracteur, mais fin octobre, il m'appelle enfin pour me dire que je pouvais venir chercher le tracteur. Un marchand de tracteurs veut bien aller le chercher avec son camion, parce que je n'avais pas du tout l'intention de conduire le tracteur chez moi par la route. Ne connaissant pas suffisamment l'état général de ce tracteur pour moi donc tout à fait inconnu (moteur, boîte de vitesses, pneus, ...) je ne voulais pas me risquer tout de suite à un trajet important d'environ 70 km. D'ailleurs, heureusement que je ne l'ai pas fait, parce que tout de suite après le chargement du tracteur sur le camion, il a commencé à pleuvoir sérieusement pour le reste de la journée. Toute la poussière sur le tracteur était disparu quand on le déchargait une heure et demie plus tard à la ferme de mon frère. Malgré le temps terrible, de tracteur, trempé d'eau, démarrait du premier coup.
 
 


Les weekends suivants, j'ai fait toutes sortes de petites bricoles pour le mettre en bon état: Vidange, nouveau filtre d'huile, anti-gel, nettoyage du filtre à air, nettoyage du chromé, graissage général, quelques tours d'essai, graissage des lammelles légèrement rouillés devant le radiateur, nouvelle batterie, ...
Le moteur, qui n'a pas été restauré par Raf, tourne très bien, mais manque tout de même une bonne pression d'huile. Je crains qu'elle sera un peu trop bas une fois que le moteur sera vraiment à sa température.

Me voilà donc avec un troisième tracteur, trouvé de façon tout à fait imprévue. Le modèle W4, importé de l'Amérique, est plutôt rare en Belgique et en France. D'après Gilles GRANIER, modérateur du site 'Les Tracteurs Rouges', il n'y en a même pas d'importés neufs en France.
Cela fait que je ne regrette toujours pas mon achat, malgré le moteur un peu faible.
 


Voici une photo, prise et très bien améliorée par Raf Caeldries lui-même.



Wevelgem, 25 décembre 2004.
 

Comme le W4 est beaucoup moins lourd que mon Super BWD-6, j'ai pu convaincre ma femme à conduire ce tracteur, bien qu'elle n'a jamais conduit un tracteur au par avant. Ce que je n'arrive pas à lui faire comprendre, c'est de changer les vitesses 'en double embrayage'. D'ailleurs, ce n'est pas si simple non plus, j'avoue, surtout que le moteur revient très lentement vers son ralenti (trop de jeu sur le réglateur??).
La voici (un peu stressée) lors d'une excursion en août 2005, organisée par "De Zwartrokers van Toen". Je suis derrière avec mon Super BWD-6.


 

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