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L’Afrique vue par la France


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La sélection de David Norden.

 

La France a peut-être perdu son « pré carré » africain et le ressentiment anti-français touche de larges couches de la population au sud du Sahara. Paradoxalement, jamais pourtant le continent noir n’a suscité autant d’engouement au sein de la société française.

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Article crée le 18/05/2005 à 18 h 08 par http://www.marianne-en-ligne.fr

L’Afrique est très “tendance”. Chaque année, un public attentif se presse aux concerts de Cesaria Evora. La “ Diva aux pieds nus”, jadis vedette des bouges les plus misérables de Sao Vicente, fait un véritable “tabac” en Europe, aux Etats Unis et en Asie. Rarement lusophones, encore moins créolisants, ses fans connaissent sur le bout des doigts mornas et coladeras et dissertent à l’infini sur la “sodade”, cette variation africano-atlantique du très, trop?, banal spleen. Véritable ambassadrice de la musique cap-verdienne, elle a fait école. Bau et Teofilo Chantre ont largement profité de son succès et sont aujourd’hui des valeurs sûres de la mythique “World Music”.

Le continent noir occupe le devant de la scène dans ce courant apparu au début des années soixante-dix. Salif Keïta, Mory Kanté, Manu Dibango, les frères Toure Kounda, Fela Kuti, Franco, Papa Wemba, Koffi Olomide, Youssou N’dour, Ismaël Lô, Rokiah, autant de noms qui chantent à nos coeurs et à nos oreilles...Une certaine Europe, jadis amatrice de rock ou de tangos, chaloupe désormais au rythme envoûtant de la rumba cubano-zaïroise ou s’enivre du son de la kora maniée par les héritiers des griots d’antan.

Certes, compte tenu de l’existence de réseaux mafieux de distribution parallèles, pratiquant allègrement la copie des cassettes ou des cd, rares sont les artistes africains qui parviennent à vivre uniquement de leur métier. Les maisons de production ne sont pas des associations caritatives ou des ONG et répugnent à entretenir les musiciens et leur nombreuse cour de parasites déguisés en pseudo-techniciens ou en danseurs. Reste que ces artistes sont des éléments moteurs de la variété contemporaine et que leurs mélodies, mêlées à celles venues d’Afrique du Nord, ont suscité un véritable engouement, bien au-delà du strict cadre communautaire.

Le même phénomène s’observe en littérature. Avant de disparaître en décembre 2 003, Ahmadou Kourouma a connu une reconnaissance tardive avec le succès mérité d’Allah n’est pas obligé, et la redécouverte de ses précédents ouvrages, Le soleil des indépendances,  Monné, outrages et défis ou En attendant le vote des bêtes sauvages. Il n’est pas le seul auteur d’origine africaine à bénéficier d’un statut flatteur dans les lettres françaises. Certes, on ne lit guère plus René Maran, Prix Goncourt en 1921 pour Batouala, roman nègre, ou Léopold Sédar Senghor dont les Hosties noires émerveillèrent une génération. Mais des romanciers comme Henri Lopes, Alain Mabanckou, Emmanuel Dongala, Ken Bugul  ou Aminata Sow Fall ont obtenu à juste titre les faveurs du public. Encore sont-ils infiniment moins prolixes et complexes que leurs pairs anglophones, Blancs ou Noirs, de Nadine Gordimer à Michaël Coetze en passant par Karel Schoeman, Breyten Breytenbach, André Brink, Abderahmane Waberi, Chinua Achebe, Wole Soyinka, Jamal Mahjoub et quelques autres sur lesquels veille l’ombre tutélaire de Doris Lessing, zimbabwéenne d’adoption, dont les récits ont l’enivrant parfum du bush à la tombée de la nuit. Si elles ne sont guère enseignées à l’Université, en dépit du rôle pionnier joué par Jacques Chevrier, les littératures africaines sont relativement bien traitées par l’édition française et chaque grande maison possède sa collection “africaine” dont toutes ont bénéficié du travail en profondeur mené depuis des années à Actes Sud par Bernard Manier.

Le temps est bien lointain où un Yambo Ouologuem, Prix Renaudot 1968 pour Le devoir de violence, était l’objet d’une virulente kabbale et était accusé, à tort, de plagiat. Un Nègre, c’est bien connu, ne pouvait que recopier et non pas créer. Il pouvait être objet d’étude mais non point flamboyant manipulateur d’une prose triturant et épuisant toutes les ressources du français. Il aura fallu attendre l’édition  2 002 du Festival des Etonnants voyageurs de Bamako, organisé par Michel Le Bris, pour qu’un hommage soit enfin rendu à ce précurseur incompris.

Les écrivains africains ne sont pas les seuls à l’honneur. Les auteurs français parmi les moins négligeables ne dédaignent pas de traiter du continent noir. Tous n’ont pas la superbe morgue créole mauritienne d’un Jean-Marie Le Clézio qui a évoqué dans un texte singulier son enfance au Nigeria. On peut lui préférer un Eric Orsenna  avec sa sublime Madame Bâ, un Christian Dedet et un Phlippe Diolé dont  La Mémoire du fleuve et L’Okapi  sont considéré par beaucoup comme des livres culte. Lors de la rentrée littéraire 2 004, deux romans, Noir prophète de Marc Durin-Valois et Rade terminus de Nicolas Fargues, dont l’intrigue se déroulait respectivement en Ouganda et à Madagascar, ont montré que mettre en scène ces lieux ne vous condamnait pas automatiquement à finir au rayon des invendus.

L’Afrique n’est pas uniquement affaire de mélodies musicales ou de mots couchés sur le papier. Elle est aussi image. C’est peu dire que le cinéma africain, confronté à d’inextricables difficultés de financement et de distribution, est peu connu en Occident. Un grand pas a été cependant accompli avec le développement spectaculaire du Fespaco, le Festival panafricain de cinéma de Ouagadougou ( Burkina Faso), devenu en quelques années un événement culturel de première importance. Qu’il est loin le temps où les films étaient montrés dans d’obscurs salles de quartier, à la grande fureur de leurs propriétaires qui préféraient offrir au public les interminables superproductions indiennes ou les très populaires Bruce Lee. Aujourd’hui, le Fespaco est une véritable entreprise. Salles de congrès et bâtiments officiels se disputent l’honneur d’abriter la diffusion des oeuvres sélectionnées, dont la meilleure, en théorie du moins, est récompensée par l’attribution de l’étalon du Yatenga.

Si notre oeil européen n’a guère eu le temps de découvrir, autant qu’il le faudrait, les oeuvres d’un Sembène Ousmane ou d’un Idrissa Ouedraogo, force est de constater que l’Afrique imprègne profondément notre culture cinématographique de base. Quelques-uns des plus grands succès du septième art ont été, pour partie ou en totalité, tournés par des réalisateurs occidentaux au sud du Sahara. Mentionnons, entre autres, Les neiges du Kilimandjaro, Les mines du roi Salomon, Mogambo, Hatari, African Queen ou bien le sublime Out of Africa, fresque grandiose du Kenya colonial. Plus récemment, l’oscar obtenu par La victoire en chantant de Jean-Jacques Annaud, féroce satire des rivalités franco-allemandes au Cameroun, et le succès d’un Coup de torchon ou des Caprices d’un fleuve soulignent assez bien que l’Afrique est un thème porteur.

Quant à l’art africain, il imprègne depuis le début du XX° siècle notre culture plasticienne. C’était alors l’”art nègre”. On était prié d’admirer et de s’extasier comme l’exigeait un Léo Frobenius formidablement caricaturé par  Yambo Ouologuem sous les traits d’un Shrobenius se pâmant devant la civilisation du Nakem et en tirant un double profit: “ d’une part, il mystifia son pays, qui, enchanté, le jucha sur une haute chaire sorbonicale, et, d’autre part, il exploita la sentimentalité négrillarde - par trop heureuse de s’entendre dire par un Blanc que “ l’Afrique était ventre du monde et berceau de civilisation””.

Aujourd’hui, à tort ou à raison, les Shrobenius sont toujours aussi nombreux. ils ne parlent plus “d’art nègre” mais se passionnent,  plus noblement en apparence, pour les “arts premiers”. Masques Fang, bronzes de l’état du Bénin au Nigeria ou statuettes batéké atteignent, lors des ventes aux enchères, des sommes vertigineuses et les musées africains sont, on le sait, les victimes involontaires, d’un trafic clandestin de leurs richesses qu’ils ont rarement les moyens de mettre en valeur, voire d’exposer. Expositions, musées et galeries occidentaux spécialisés dans l’Afrique sont très visités comme l’attestent, à Paris, les chiffres de  fréquentation du Musée Dapper dont les catalogues sont de véritables petits chefs d’oeuvre. Et que dire ces peintres et sculpteurs africains auxquels on consacre des rétrospectives ou qu’on porte au pinacle. Ousmane Sow a pu exposer ses œuvres à Paris dans un cadre prestigieux en bord de Seine et les « requins de l’art » se sont rués sur les œuvres puissantes, achetées pour une bouchée de manioc, du malheureux Joseph, peintre sdf mort d’épuisement et de maladie dans un hôpital.

Plus modestement, l’artisanat africain a su susciter un certain engouement. Vanneries, poteries, mallettes ou cendriers de récupération, fabriqués à partir de boites de conserves ou de canettes de bière, s’exposent et se vendent rue Elzevier à Paris ou dans certaines grandes chaînes de magasins spécialisés dans «  l’artisanat du monde ». Certains vont même jusqu’à affecter de n’acheter ces produits qu’à travers le circuit du “ commerce équitable”, moyennant une hausse assez forte du prix, qui est loin de toujours profiter aux producteurs de base. La mode n’échappe pas à la règle. Les gammes de vêtements  ou de bijoux “ethniques” prolifèrent et le monde de la haute couture s’ouvre aux influences africaines, passagèrement, lors de certaines collections, ou plus durablement avec des créateurs comme Alpha Di.

Nos palais eux-mêmes s’ouvrent à la gastronomie africaine. Certes, le maffé ou le Tie bou Dien ( riz au poisson) n’ont pas encore le statut de  plat national ou régional  français qu’a obtenu le couscous. L’on assiste toutefois à l’ouverture, dans les quartiers branchés, de nombreux restaurants “africains” dont les tarifs ne sont pas à la portée de la bourse des immigrés originaires du continent. Leur clientèle est essentiellement française de souche et ces établissements, qui imitent faussement les “maquis” ou “ngandas” du “ pays”, répondent indéniablement à une certaine demande.

L’Afrique est très tendance et, d’une certaine manière, omniprésente dans notre paysage quotidien parisien ou provincial. Est-il nécessaire de le préciser, cette Afrique-là est une Afrique irréelle. Parmi les fans de Cesaria Evora, les lecteurs d’Ahmadou Kourouma ou les admirateurs des sublimes paysages de Tsavo parcourus par Robert Redford et Merryl Streep, rares, très rares sont ceux qui ont eu l’expérience directe, au moins une fois dans leur vie, de l’Afrique, voire même qui éprouvent le besoin de l’acquérir. Leur Afrique est une Afrique fictionnelle, une sorte de village Potemkine dans lequel ils transportent leurs rêves, leurs fantasmes, leurs désirs, leurs illusions ou leurs ressentiments. S’ouvrir à l’Autre ne signifie pas pour autant qu’on ait envie de l’approcher dans sa réalité souvent peu riante. On peut fredonner “ es camino par Sao Tome” de la Diva aux pieds nus et ignorer que cette chanson parle de la déportation massive des Cap Verdiens sur les plantations de cette île du golfe de Guinée. Une lampe tempête fabriquée avec de vieilles boites de Nescafé ou de lait Nestlé décore harmonieusement une étagère Ikea à condition de n’être point la seule source de lumière dont dispose son propriétaire. S’est-on jamais demandé pourquoi les populations locales boudent « leur » propre artisanat, « si riche et si inventif » ?

L’Europe baigne dans une Afrique imaginaire. Disons-le, ce n’est pas forcément un défaut rédhibitoire. Mieux vaut un peu d’Afrique, fût-elle de pacotille, que pas d’Afrique du tout.

Auteur : Patrick Girard

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