Afrique du Sud
groupe
de discussion sur l'Art Africain
Par amour pour l'Art Africain.
Dans des montagnes perdues d’Afrique du Sud, des
peintures rupestres dévoilent la riche culture des Bochimans, premiers
habitants de la région. Une civilisation longtemps ignorée et méprisée.
Les peintures rupestres des San . Photo :
Graeme Robinson
UNE AFRIQUE DU SUD OUBLIÉE
Sur les traces des San
trouvé sur Courrier
international - n° 764 - 23 juin 2005
Je regardais d’un air songeur la main ocre, vieille de
trois mille ans, pas plus grande que celle d’un enfant, tracée sur la
paroi rocheuse. Les premiers habitants de l’Afrique du Sud, les San (ou
Bochimans), ne considéraient pas la roche comme une surface solide ;
leurs artistes chamans marquaient avec des empreintes rougeâtres de la
main les points dits énergétiques, c’est-à-dire les endroits où
l’on pouvait, pensaient-ils, passer à travers la paroi d’une grotte
à la résistance illusoire. Cette main-là semble si lumineuse, si fraîche,
elle inspire une telle confiance qu’elle invite à une manière différente
de parcourir les montagnes environnantes du Cederberg.
Le cri perçant d’un babouin me tira de ma rêverie.
A l’entrée de la grotte, notre guide, Bill Mitchell, montra du doigt
la vallée de la rivière Doring en contrebas et les crêtes au loin. “Dans
ces montagnes, expliqua-t-il, dans toute la région du Cederberg, on dénombre
7 000 grottes contenant des œuvres d’art rupestre. Et il ne s’agit là
que de celles dont on connaît l’existence. Plusieurs fois dans l’année,
un agriculteur me téléphone pour m’annoncer une nouvelle découverte.”
Mitchell, 44 ans, est un ancien chef cuisinier réputé du Cap. Un homme
rugueux, passionné. Il se tourna vers les peintures san qui se trouvaient
derrière nous : un éléphant fantomatique, un éland du Cap (une
antilope de la taille d’un buffle) et une file de sveltes chasseurs brun
rougeâtre cheminant le long des parois rocheuses, à la poursuite d’on
ne sait quelle proie. “La question, ajouta Mitchell, est de
savoir si nous protégerons mieux cet art en gardant secrets ces lieux ou
en les révélant au public dans l’espoir que plus de gens s’en
occuperont.” Il marqua une pause. “Je pense qu’il faut prendre le
risque et amener plus de monde ici, faire en sorte que davantage de
Sud-Africains s’identifient à cette partie fantastique de leur
patrimoine culturel – ou, plutôt, du patrimoine de l’humanité.”
la ferme d’Oudrif

La région du Cederberg figure à peine sur la carte des hauts lieux
touristiques d’Afrique du Sud. Pour de nombreux visiteurs, le pays reste
une destination limitée à deux points d’intérêt, l’un dans une réserve
animalière et l’autre au Cap. Comme les meilleurs parcs se trouvent
tous dans le Nord-Est, à plus de 1 600 kilomètres du Cap, le vaste
territoire qui se trouve au milieu reste largement inexploré, à
l’instar de ce qui se passe aux Etats-Unis, où les touristes ne jugent
intéressantes que les deux côtes, Atlantique et Pacifique, séparées
par un espace qu’ils se contentent de survoler en avion.
Pourtant, les richesses de l’art rupestre du Cederberg sont
facilement accessibles depuis Le Cap pour ceux que ne rebute pas un trajet
de trois à quatre heures en voiture en direction du nord, en partie sur
des pistes, le long du littoral atlantique. Enfin, disons qu’elles sont
facilement accessibles si l’on arrive à trouver un endroit agréable où
séjourner et un guide qui connaît les grottes. Car on risque de se
perdre dans le dédale montagneux. Mitchell propose une merveilleuse
solution à ces deux problèmes. Avec beaucoup d’imagination, il a
transformé la ferme d’Oudrif, située à 48 kilomètres de la ville la
plus proche, pour en faire le point de départ d’une exploration des
grottes, dont certaines se trouvent à moins d’une heure de marche des
cinq bungalows qu’il a construits. Il s’est immergé dans le folklore
qui fait partie des œuvres d’art.
Peintures San
Les peintures San continuent à subir des dégradations, comme cela a
toujours été le cas depuis que les colons afrikaners sont arrivés dans
la région, au XIXe siècle. A l’époque, les puritains ont effacé les
pénis. De nos jours, le risque vient principalement des voleurs et des
vandales. Parmi les dizaines de personnages que nous examinions en ce jour
d’avril, certains semblaient littéralement défigurés, comme si
quelqu’un avait évidé les traits de leur visage. “Non, non, me
rassura Mitchell, ce n’est pas du vandalisme. C’est simplement dû à
l’usure du temps. Nous, on les appelle têtes de crochet.” A juste
titre, chaque tête s’étant érodée pour ressembler à un point
d’interrogation à mesure que, au fil des millénaires, disparaissait la
teinture blanche moins durable que les San employaient souvent pour
colorer les visages.
Il y a plusieurs années, sur les rives de la Doring, Mitchell vit le
parti qu’il pouvait tirer de ce qui, aux yeux d’un étranger, n’était
que des collines semi-arides. Lorsqu’il guidait ses clients le long de
la rivière, Mitchell y campait avec eux. Il savait que les montagnes et
leurs contreforts cachaient un trésor artistique largement ignoré, de
stature internationale et de valeur inestimable. Mitchell et son associé,
Patrick Herbert, ont persuadé un agriculteur de leur consentir un bail de
quarante ans sur 800 hectares. Avec l’aide d’un architecte du Cap à
la fibre écologiste, ils ont construit cinq bungalows le long de la
Doring. C’est ainsi que démarra son projet de faire partager sa passion
pour cette région tranquille et le remarquable art rupestre qu’elle
abrite.
J’ai visité le Cederberg il y a vingt-cinq ans. J’ai failli y
mourir d’un mélange d’orgueil propre à la jeunesse, d’un manque de
sens de l’orientation et d’une insolation (en janvier, les températures
peuvent atteindre les 46 °C). Ni la panique ni la déshydratation ne sont
des conditions idéales pour apprécier l’art. Aussi, quand deux amis
londoniens m’ont invité à les rejoindre dans le Cederberg, j’ai sauté
sur l’occasion d’y retourner.
Ils avaient séjourné à Oudrif – qui veut dire “ancien gué” en
néerlandais, car les chariots pouvaient traverser la rivière à cet
endroit – plusieurs fois auparavant, généralement durant l’automne
sud-africain, lorsque les températures dans le Cederberg chutaient aux
alentours raisonnables de 20 °C, ce qui était la bonne saison pour
l’exploration des grottes et les baignades dans la rivière. De juin à
août, à la grande joie des amateurs de descente en eau vive, la Doring
se transforme en torrent tumultueux. Mais, en avril, j’ai trouvé un
coin tranquille, sur moins d’un kilomètre, parfait pour se tremper
jusqu’aux genoux, accompagné du chant des oiseaux.
Une fois rafraîchi, je suis retourné à Sonkala, qui en xhosa
signifie “vieux crabe” – chacun des bungalows de Mitchell porte le
nom d’un signe du zodiaque. Loger à Oudrif est presque aussi
enrichissant qu’admirer les peintures rupestres. Chaque maisonnette est
un chef-d’œuvre de simplicité raffinée. |
Carnet de route
COMMENT Y ALLER ?
South African Airways et Air France assurent la
liaison Paris-Le Cap via Johannesburg, avec des allers-retours compris
entre 1 100 et 1 300 euros en moyenne. KLM, British Airways et Lufthansa
relient Paris-Le Cap en passant par Amsterdam, Londres ou Francfort. Leurs
tarifs sont généralement plus abordables, à partir de 850 euros.
Compter environ quinze heures de vol. Pour se rendre dans la région du
Cederberg, emprunter la N7 vers le nord-ouest sur environ 300 kilomètres.
Oudrif est située sur les bords de la rivière Doring, à environ trois
heures de route du Cap et quarante-cinq minutes de Clanwilliam, la ville
la plus proche. C’est une étape idéale pour explorer le massif du
Cederberg.
OÙ LOGER ?
Le Cap regorge d’auberges de jeunesse très bon marché et situées dans
le centre-ville.
Contacter le Cape Town Tourism : +27 21 426
4267.
Dans le City Bowl, la Villa Belmonte
propose des chambres doubles à partir de 900 rands (1 euro = 8 rands
environ), tél. : +27 21 462 1576.
The Lodge est un B & B situé presque
à l’extrémité du quartier malais de Bo-Kaap, à peu près 300 rands
la chambre double, tél. : +27 21 421 1106.
Dans la catégorie supérieure, le Mount
Nelson, tél. : +27 21 483 1000, le Victoria & Alfred Hotel,
tél. : +27 21 419 6677.
Dans le massif du Cederberg, la ferme d’Oudrif
propose la location de cottages à partir de 375 rands la nuit par
personne en semaine. Contacter Bill Mitchell, tél. : +27 27 482 2397.
Le Ndedema Lodge à Clanwilliam
propose des chambres doubles à partir de 350 rands la nuit ; contacter
Cederberg Southern African Travel, tél. : + 27 27 482 2444, web@cedarberg.co.za.
Plus luxueux, le Bushmans Kloof
Wilderness Reserve organise des visites guidées de sites de peintures
rupestres et propose de s’adonner à la pêche à la mouche, de partir
en randonnée, de faire du canoë ou d’observer les animaux.
OÙ MANGER ?
La Perla, sur le front de mer de Sea Point, figure parmi les plus
vieux restaurants du Cap, renommé également pour ses poissons, tél. :
+27 21 434 2471.
Pour une ambiance aux accents plus africains, préférer
le Mamma Africa à l’angle de Long Street et de Pepper Street, et
The Africa Café, tél. : +27 21 422 0221.
Dans le massif du Cederberg, cuisine familiale au Khoisan
Kitchen, à Pakhuis, à 34 kilomètres de Clanwilliam, tél. : + 27 27
482 1824.
À FAIRE
Au Cap, visite guidée du quartier malais de Bo-Kaap, tél. : +27 21 422
1554.
Sur les sites de Franschhoek, d’Hermanus et de
Wilderness, on peut obtenir sa licence de parapente. Compter environ 7 000
rands pour six à huit semaines d’instruction ; contacter Barry, tél. :
+27 21 557 8144, www.birdmen.co.za
A 35 kilomètres de Clanwilliam, sur la route de
Wupperthal, des marches de deux à trois heures sont organisées pour
partir à la découverte des peintures rupestres réalisées par les
peuples san. Les autorisations peuvent être achetées auprès de Mme
Strauss, à la ferme Traveller’s Rest, tél. : +27 27 482 1824.
La région du Cederberg est réputée pour le
Rooibos, son thé de couleur rouge, faible en caféine, à découvrir avec
Rooibos Farm Tour. |
Mitchell a associé à un cadre en bois en forme de A un toit et d’épais
murs de paille couverts d’un revêtement de béton de couleur ocre, qui leur
permet de se fondre dans le paysage. La consommation d’énergie est limitée,
et Oudrif tire toute son alimentation électrique des panneaux solaires et toute
son eau de la Doring.
Mitchell a concilié respect de l’environnement et esthétique exquise. Les
logements, tous différents les uns des autres, sont d’un minimalisme stylé.
J’ai adoré le toucher des murs ondulants de Sonkala, et l’absence de
surfaces lisses et plates réduit la nécessité de décorer. Quelques touches
de couleur par-ci par-là, des carreaux d’un jaune pâle, un soupçon du bleu
céruléen cher à Matisse, une chaise Art déco vert olive. Mitchell a
confectionné de ses mains les embrasses de rideaux africains en fil de fer et
en perles ; un ami a peint sur les rideaux des fleurs et des insectes collectés
par le maître des lieux. Le parfum délicat dégagé par la paille évoque
l’enfance, le temps où l’on se roule dans le foin, cette impression
sensuelle au goût léger de fruit défendu d’explorer la nature à l’intérieur
d’une grange. L’odeur rend les parois perméables, semble-t-il, aux émotions,
tels d’approximatifs points d’énergie san, des lieux qui sont à l’état
solide mais ouverts au monde de l’au-delà.
A l’aube, j’ai descendu la route qui mène à la ferme, m’imprégnant de
l’atmosphère sereine et de la lumière qui s’étend lentement.
Jeanine Webber, qui a rejoint Mitchell à Oudrif il y a presque deux ans,
m’a conseillé quelques blocs de pierre effondrés autour desquels elle avait
vu rôder des chats sauvages africains et des otocyons (sorte de renards). Je
n’en ai vu aucun, mais j’ai assisté au spectacle enchanteur que donnait un
oréotrague. Cette petite antilope dodue au pied sûr exécutait des sauts de
gymnastique, bondissant d’un rocher à l’autre. L’heure du petit déjeuner
est arrivée. Savourer de la bonne cuisine en pleine nature a quelque chose de
doublement gratifiant. J’ai particulièrement aimé la succession de salades,
fraîches et surprenantes, et la farandole de desserts, que j’ai arrosés avec
des vins locaux, le meilleur étant un chemin blanc primé du Cederberg.
Ce n’est pas une région de gros gibier. Les touristes, plaisantait Mme Webber,
ne doivent pas seulement chercher les cinq grands animaux, mais aussi les cinq
petits : tortue léopard, scarabée rhinocéros, pique-bœuf, fourmilion et rat
éléphant. Lors de nos excursions vers les grottes, elle montrait du doigt
l’endroit où un oryctérope avait creusé une fourmilière, laissant dans le
sable l’empreinte de sa puissante queue ; ou de splendides touffes de fleurs
mauves, poussant de manière improbable dans la roche.
art rupestre
Mais c’est l’art rupestre qui dominait les conversations. Pourquoi les
peintures polychromes au trait fin du début ont-elles laissé place à celles,
plus grossières, réalisées au doigt ? Pourquoi, il y a deux mille ans, les
San ont-ils pratiquement cessé de créer des œuvres d’art ? Cette période,
nota Mitchell, coïncide avec la vague suivante de colonisation humaine, avec
l’arrivée des Khoikhois, un peuple d’éleveurs qui aurait bousculé la
culture chamanique.
Le dernier après-midi de notre séjour,
nous nous sommes promenés dans le magnifique canyon d’une rivière à sec,
avant de tomber sur les vestiges de cette influence chamanique. Dans une
minuscule grotte, à côté de laquelle on risque de passer sans la voir, un
chaman drapé dans une couverture faisait face à un chasseur qui poursuivait un
éland sur une falaise, au milieu d’un monceau de cadavres d’antilopes. Le
chaman, estiment les anthropologues, a matérialisé le chasseur et la carrière
dont il a rêvé, donnant à la scène une aura à la fois antique et
curieusement postmoderne. Malgré sa violence, le tableau dégageait une grande
sérénité dépouillée, une qualité que j’associe à Oudrif.
|
|
J’ai sillonné
l’Afrique australe de long en large et j’ai rarement vu un endroit qui
pourrait soutenir la comparaison. Je dis cela avec une certaine inquiétude, en
pensant aux paroles de Mitchell : “Dans notre métier, le truc, c’est de
faire en sorte que le client n’ait pas de grandes attentes. Comme ça, on a de
la marge pour le surprendre.” Mais, à Oudrif, il y aura toujours de quoi
s’émerveiller.
par Rob Nixon The
New York Times
|
| |
Dear African Art Collectors,
Discover the African Art books
I like
African
Antiques is the archive and not growing much anymore but still updated.
Visit African
Art for recent African Art News.
For extended news about Afrique du Sud join our African
Art Club and become an insider, to enter you'll need to pay a small monthly
fee .
And if you are a collector of African Art,
have a look at our exclusive African
Art Collection .
David Norden
--------------------------------------
african art | home
| african art shop
Mail
David Norden
Sint-katelijnevest 27
ANTWERPEN-Belgium
Any questions?
Call us at +32 3 227 35 40
Jean-Paul Barbier-Mueller
In
this section:
Home Up Afrique du Sud LeMaitre de Buli Le Kumpo Songye Livres Benin Megalithes pygmée masques Dogon Makonde-en-Chine Art Nok Songye-Claes Berberes Amazigh masque Fang art negre Arnaque Art Lobi Histoire du Mali
partners
:
zemanek | Buy
African Antiques | discussion
group En | groupe
de discussion Fr
Books:

The
Tribal Arts of Africa
Author: Jean-Baptiste Bacquart
African Art books I like
Sites
Roll:
tribal tatoos | mint
robot
African Art Amazon books | African
Art Books
African
Arts news , Oceanic, Pre-Columbian
African
Art Club Join today, be an insider !
Buy
African Art from known collections.
diamonds
news is good news.
|