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A fine Eastern Pende Panya-Gombe African mask. Coll.: David Norden

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Défense de l'art négre : Scier les fondements de l'eurocentrisme pour s'affirmer (Coin SENGHOR)


groupe de discussion sur l'Art Africain

Par amour pour l'Art Africain.
Il est à noter, de prime abord, que L. S. Senghor est né avec le XXe siècle, un siècle qui, sans conteste, a magnifié l’intelligence humaine à travers des découvertes et des inventions incontestablement spectaculaires, a soulevé l’orgueil de l’homme à un sommet jamais atteint,

même pas par le ‘stupide XIXe siècle’ européen ; mais il s’agissait aussi d’un siècle exceptionnellement sanguinaire, un siècle de vastes et incroyables génocides, commis par des nations jusque-là considérées comme les plus civilisées de ce monde. Jamais l’humanité n’avait connu d’aussi graves atteintes aux Droits de l’homme, au droit à la vie.

Au seuil du siècle, l’eurocentrisme tolérait à peine l’existence d’une civilisation autre que l’albo-européenne et, dans une moindre mesure, celle de l’Asie. Considérant le Négro-Africain colonisé suffisamment apte à l’éducation à l’européenne, les plus généreux et les plus progressistes des hommes politiques et des intellectuels préconisaient alors l’assimilation non seulement pour sauver son âme de nègre, mais aussi pour le hisser au rang des hommes, c’est-à-dire au rang des ouvriers de la Terre. C’était une vaste et triste entreprise à laquelle bien des intellectuels colonisés ont succombé et continuent d’y succomber.

Cependant, fort heureusement pour les peuples soumis à l’humiliation et à la dépersonnalisation, le doute, le désespoir, le dégoût de la vie, l’absurdité de l’existence humaine, fortement mis en exergue par l’existentialisme, commençaient à scier les fondements de l’eurocentrisme. Déjà, en 1906, Pablo Picasso découvrit le célèbre ‘masque baoulé’ et les œuvres de l’Allemand Léo Frobenius, l’’Histoire de la civilisation africaine’ et le ‘Destin des civilisations’, ‘furent parmi les livres sacrés de toute une génération d'étudiants noirs’, reconnut L. S. Senghor. Voilà donc que les Deux Guerres ont permis la remise en question des valeurs que l’on croyait solidement établies et des mouvements de pensée, comme le surréalisme, le cubisme et l’expressionnisme, se lançaient éperdument à la recherche d’un nouvel art, d’une nouvelle esthétique, d’un nouveau mode de pensée, bref, d’un nouveau monde. Voilà l’Afrique à la mode. Mais cette mode pour l’inédit, pour le singulier, pour le sauvage, qui meublait le ‘repos dominical des bourgeois somnambules’, selon l’expression de L. S. Senghor, n’avait nullement amélioré la situation du nègre devant le regard de l’Autre. Cependant, ‘toute cette révolution dans l’art de peindre et de sculpter, de penser et d’écrire, mais surtout de sentir’, grâce à la découverte de l’Art nègre, ‘tout nous donnait les armes que nous cherchions’, dit L. S. Senghor dans ‘La poésie de l’action’.

Hélas ! Ni ces ‘armes’ ni cet engouement pour l’Art nègre chez les grands créateurs de l’Hexagone n’ont pu suffire à hisser celui-ci au rang de l’Art occidental. Alors devenu chef de l’Etat du Sénégal, il s’en est souvenu. Sur une idée du grand homme de culture, du bâtisseur aux dimensions admirables, le Sénégalais Alioune Diop, il décida de l’organisation, à Dakar, en 1966, d’un festival des Arts nègres. Il demeure significatif que ce festival comptât parmi ses acteurs des ethnologues, des sociologues, des historiens, des linguistes, des écrivains, des artistes, venus de tous les horizons. Et l’on connaît, aujourd’hui, les résultats de cet événement mondial, son impact indéniable sur le développement culturel de l’Afrique au Sud du Sahara.

‘[…] Si nous avons assumé la terrible responsabilité d’organiser ce festival, c’est pour la Défense et l’Illustration de la Négritude. Car on continue, çà et là, de par le monde, à nier l’Art nègre avec la Négritude, je veux dire les valeurs nègres de civilisation. Et, quand on ne peut plus le nier, cet Art nègre, tant il est manifeste, on veut lui enlever son originalité : sa vérité humaine.

On a nié l’Art nègre sous le prétexte qu’il présentait des formes diverses. Et, de ce fait, s’il est un comme il l’est, c’est dans la diversité de ses domaines, de ces genres, voire de ses styles. Comme l’art européen, qui, sous ses faciès italien, français, allemand, russe ou suédois, participe de la civilisation gréco-latine : de la raison discursive, animée par le souffle chrétien. Comme l’art européen, qui, soumis à de fréquentes révolutions, n’en demeure pas moins, dans ses traits fondamentaux, identique à lui-même. Pour revenir à l’Art nègre, il est d’autant plus un que, si sa fonction est de toujours actualiser son objet, sa nature par contre est de toujours exprimer cet objet avec les mêmes signes : dans le même style profond, qui est précisément de le styliser.

Il en résulte qu’on ne peut nier longtemps l’Art nègre. D’autant que ce sont les Européens eux-mêmes qui, les premiers, l’ont découvert et défini – les Négro-Africains préféraient le vivre. Ce sont les plus éminents des artistes et des écrivains européens qui l’ont défendu, de Pablo Picasso à André Malraux, dont je salue, ici, la présence comme un témoignage probant. Et je ne parle pas des écrivains et artistes noirs d’Afrique et d’Amérique, qui, entre les Deux Guerres et depuis 1945, se sont imposés à l’attention d’un monde déchiré, mais, parce que tel, à la recherche de son unité : de son authenticité.

N’ayant donc pu nier l’Art nègre, on a voulu en minimiser l’originalité sous le prétexte qu’il n’avait le monopole ni de l’émotion, ni de l’image analogique, pas même du rythme. Et il est vrai que tout artiste véritable est pourvu de ces dons, quels que soient son continent, sa race, sa nation. Il n’empêche, il a fallu que Rimbaud se réclamât de la Négritude, que Picasso fût ébranlé par un masque baoulé, qu’Apollinaire chantât les fétiches de bois pour que l’art de l’Occident européen consentît, après quelque deux mille cinq cents ans, à l’abandon de la physéôs mimèsis : de l’imitation de la nature.

C’est, en grande partie, la faute de l’Art nègre – une faute combien heureuse, en tout cas féconde – si les artistes de ce même Occident s’inspirent, aujourd’hui, comme Bazaine, du ‘plus obscur travail de l’instinct et de la sensibilité’, si, comme Masson, ils définissent l’œuvre d’art : ‘un simple jeu de formes et de valeurs lisiblement ordonnées’. En somme, un simple rythme. ‘Un jeu de forces’, aurait dit mon ami Soulages, car le rythme, c’est le mouvement harmonieux, et partant signifiant, des formes.

[…] Avant notre indépendance nationale, depuis quelque vingt ans, nous n’avons jamais cessé de bâtir notre politique sur le Dialogue. Dans tous les domaines, mais fondamentalement dans celui de la Culture ; car la culture est la condition première et le but ultime de tout développement. Mais, pour dialoguer avec les autres, pour participer à l’œuvre commune des hommes de conscience et de volonté qui se lèvent de partout dans le monde, pour apporter des valeurs nouvelles à la symbiose des valeurs complémentaires par quoi se définit la Civilisation de l’Universel, il nous faut, nous Nègres, être, enfin, nous-mêmes dans notre dignité : notre identité recouvrée.

Etre nous-mêmes, en cultivant nos valeurs propres, telles que nous les avons retrouvées aux sources de l’Art nègre : celles-là qui, par-delà l’unité profonde du genre humain, parce que nées de données biologiques, géographiques, historiques, sont la marque de notre originalité dans la pensée, dans le sentiment, dans l’action. Etre nous-mêmes, non pas sans emprunts, mais pas par procuration, je dis : par notre effort personnel – collectif en même temps – et pour nous-mêmes. Sans quoi, nous ne serions que de mauvaises copies des autres au Musée vivant, comme l’ont été les Nègres d’Amérique sous l’esclavage, jusqu’à la fin du XIXe siècle, comme nous l’avons été, Nègres d’Afrique, sous la colonisation, jusqu’à la veille de la Deuxième Guerre mondiale.’

Texte choisi et présenté par Makhily GASSAMA

 

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