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A fine Eastern Pende Panya-Gombe African mask. Coll.: David Norden

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Les artistes africains veulent se libérer des clichés

Au moment où le Centre Pompidou célèbre dans l'exposition "Africa Remix" l'art contemporain d'origine africaine, sept artistes présentés à Paris s'expliquent d'abord sur leur itinéraire. Hicham Benohoud vient régulièrement du Maroc pour des expositions, ou des résidences. 

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LE MONDE | 25.05.05 | 12h55  •  Mis à jour le 25.05.05 | 12h55
lire aussi: "Africa Remix" : des singularités et des formes universelles Le tableau de l'artiste congolais Chéri Samba, "Collège de la sagesse", est exposée au Centre Pompidou dans le cadre de l'exposition "Africa Remix". | AFP/PIERRE VERDY AFP/PIERRE VERDY Le tableau de l'artiste congolais Chéri Samba, "Collège de la sagesse", est exposée au Centre Pompidou dans le cadre de l'exposition "Africa Remix".

Il enseigne au Fresnoy. Le Sénégalais Ousmane Sow n'a que de bons souvenirs de la France : "Je connais nombre de jeunes artistes qui se sont fait une réputation à travers ce pays. Pour ma part, j'y bénéficie non seulement d'expositions, mais aussi de commandes officielles."

Deux camps pour un continent
Dans le marigot du marché de l'art contemporain africain, deux camps s'affrontent : le premier est animé par André Magnin, conseiller de Jean Pigozzi, l'un des héritiers du fondateur de la firme automobile Simca, et qui a bâti la puissante Contemporary African Art Collection (CAAC), domiciliée à Genève. Le second est mené par le galeriste parisien Jean-Marc Patras (Le Monde du 27 octobre 2003). Ce dernier met en vente une partie de sa collection le 9 juin, à Drouot-Montaigne, par l'entremise de la maison Calmels-Cohen, rendue célèbre par la dispersion du fonds André Breton. Mêlée à celle d'autres amateurs, elle offre un panorama plus proche de celui proposé par l'exposition "Les magiciens de la terre", organisée au Centre Pompidou en 1989, que d'"Africa Remix". Plus ouvert, moins spécifiquement africain, avec cependant des grands oubliés de Beaubourg, comme l'excellent et méconnu Aboudramane, et d'autres, plus courus, mais qui sont à l'origine de la polémique entre Magnin et Patras, comme le photographe Seydou Keita (1921-2001), surnommé "le trésor national de Bamako."

D'autres sont plus nuancés, comme Hassan Musa : "Quand je suis arrivé en France, en 1979, après mes études au Soudan, je n'ai été ni mal ni bien accueilli, mais ignoré parce que je ne correspondais pas à ce que l'on voulait voir ; à une certaine identité africaine, à un stéréotype."

De son côté, Barthélémy Toguo a connu les paradoxes et les lenteurs de l'administration française : exposé par les institutions nationales, invité à participer aux expositions de l'AFAA à l'étranger, "ambassadeur de la francophonie", comme il le dit lui-même, il a dû beaucoup patienter avant d'obtenir enfin un atelier et une situation régulière.

Quand les parents de Ghada Amer ont quitté l'Egypte en 1973, la réception fut plus fraîche : "Les gens ne me voyaient pas comme une Africaine, mais comme une Arabe. Alors l'accueil était mauvais, particulièrement la première année, quand j'ai découvert la haine. J'avais 11 ans. Mais il n'y avait pas que des racistes, et j'y ai des amis : je me sens française, même si on m'a refusé trois fois la nationalité." De guerre lasse, elle est partie aux Etats-Unis, où elle a été reçue à bras ouverts. C'est aussi le cas de Julie Mehretu : "Je suis africaine, car née d'un père éthiopien et d'une mère américaine. Ma famille a déménagé aux Etats-Unis quand j'avais 6 ans et demi et, depuis, j'ai surtout vécu là-bas. Je suis citoyenne américaine. Mais mes parents ont reconstitué l'atmosphère d'une maisonnée éthiopienne dans le Michigan..."

C'est bien la principale question posée par cette exposition : existe-t-il une "africanité" dans l'art actuel, qui relierait Ousmane Sow, né en 1935 et installé à Dakar, à Julie Mehretu, née en 1970, et vivant à New York ?

Le premier est catégorique : "Il en existe une dès l'instant que les Africains ne sculptent pas comme les non-Africains. Mais cette africanité s'arrête là, car notre souhait est de nous insérer dans l'art contemporain universel."

MULTIPLES INFLUENCES

Insérée, Ghada Amer l'est. L'africanité, elle la porte en elle : "Je me sens africaine par mes cheveux, égyptienne pour les yeux, moyen-orientale pour la langue, méditerranéenne pour la cuisine, arabe pour les douaniers... Il se peut que la façon dont je m'exprime révèle "une influence africaine", mais je crois plutôt à un mélange, comme toujours chez moi."

Barthélémy Toguo est aussi nuancé : "Je n'ai pas besoin d'affirmer mon "africanité" en ajoutant des gris-gris, en portant un boubou ou de la paille aux fesses..." A une unité esthétique africaine, il préfère une pluralité : "Les mots "chaos", "esprit", "scandale", "silence" sont malheureusement des caractéristiques de l'Afrique, donc de l'inspiration des artistes africains." Certains de ces mots sont à la base du travail de la Sud-Africaine Jane Alexander. Son oeuvre, commencée sous le régime de l'apartheid, porte sur la violence politique. Elle dénonce la bestialité des relations dans son pays : "Mon travail a toujours été influencé par les traits politiques et sociaux de l'Afrique du Sud. Mes thèmes sont liés à la présence de l'agression, de la violence, de la victimisation et du pouvoir, ainsi que des relations paradoxales qui en découlent."

Hicham Benohoud est aussi sensible au contexte politique : "En 1994, je voulais parler du malaise que je ressentais au Maroc. Le pays a changé, indéniablement, dans les dernières années, mais en façade. Les vêtements, les discours, la situation des femmes ont changé. Mais c'est au fond toujours la même histoire : l'individu n'a aucune valeur, la religion est intouchable et la patrie sacrée."

Hassan Musa partage cette opinion sur l'aspect politique des choses, mais réfute le principe du regroupement : "L'art africain est une catégorie complètement fausse. Parmi les artistes d'"Africa Remix", les différences sont aussi profondes qu'entre des Suédois et des Chinois. A l'école des beaux-arts de Khartoum, l'enseignement que j'ai reçu était le même que celui qui était donné à la Slade School of Fine Arts de Londres. Il n'avait rien d'africain ­ - et l'histoire de l'art africain reste aujourd'hui à écrire." Il saisit cependant l'opportunité : "Jusqu'à présent je n'ai été montré que dans ce type de vitrine."

PEU DE COLLECTIONNEURS

Même analyse chez Hicham Benohoud : "Une exposition comme celle-ci apporte une certaine visibilité, impensable en Afrique." Jane Alexander apprécie aussi de sortir de son isolement : "Nous montrons souvent nos oeuvres à l'étranger dans le cadre d'expositions consacrées à la seule Afrique du Sud. L'accent est mis sur l'apartheid. Avec "Africa Remix", je me trouve au milieu de confrontations et de questionnements plus larges." Et Barthélémy Toguo de conclure, en stratège : "Même si cela est parfois mal perçu, un peu cliché et réducteur, rappelons-nous qu'il y a eu des célébrations de "Young British Artists" (YBA) qui rassemblaient exclusivement des artistes britanniques..."

Les YBA caracolent en effet en tête du marché de l'art mondial. Leurs homologues africains en sont encore loin. Né au Mali en 1953, Abdoulaye Konaté raconte : "Les artistes de ma génération ont souffert. Au début, je vendais un tableau 5 000 francs CFA -moins de 10 euros- ! Maintenant, un jeune démarre à 100 000, 200 000 ou 500 000 francs CFA - de 150 à 760 euros -".

La situation n'est pas meilleure au Maroc, selon Hicham Benohoud : "Il n'y a pas de marché, sinon pour des formes traditionnelles. Il n'y pas plus de collections privées, mais seulement deux fondations bancaires." Même chose au Soudan, selon les souvenirs d'Hassan Musa : "Quand j'y habitais, il n'existait ni marché ni même lieu d'exposition en dehors des centres culturels des pays européens et des grands hôtels."

Jane Alexander expose et vend essentiellement en Europe. Les oeuvres d'Abdoulaye Konaté sont surtout vues et achetées hors d'Afrique : "C'est grâce aux financements étrangers que je peux produire mes oeuvres. Il existe quelques collectionneurs en Afrique du Sud, en Côte d'Ivoire, au Sénégal et dans les pays arabes du continent. Mais, au Mali, seuls les expatriés acquièrent de l'art contemporain."

Ce qui énerve Barthélémy Toguo : "Si rien n'est fait, il arrivera avec l'art contemporain africain ce qui s'est passé avec l'art traditionnel : désormais il faut aller le voir dans les musées en Europe et aux Etats-Unis. Dans les pays africains, aujourd'hui, la culture n'est pas perçue comme une priorité. Il manque une volonté politique."

Cette fuite des oeuvres suscite quelques réactions. Barthélémy Toguo construit à Douala "un lieu pour accueillir les artistes, pour créer une dynamique". Au Mali, observe Abdoulaye Konaté, la situation progresse. Le Musée national, rénové, réserve une salle aux expositions temporaires, notamment en art contemporain.

New-yorkaises, Julie Mehretu et Ghada Amer sont deux vedettes de l'art contemporain international. Leur problème ne se pose pas en termes de marché, mais de réception dans leur pays d'origine. Julie Mehretu se dit "heureuse du soutien et de l'enthousiasme autour de - son - travail de la part de la communauté éthiopienne aux Etats-Unis et en Ethiopie. Cela a été stupéfiant". Interrogée sur son accueil en Egypte, Ghada Amer est plus dubitative : "Mon travail porte sur un des plus grands tabous du monde : le sexe. Il est difficile pour quelque société "religieuse" que ce soit de l'apprécier."

Catherine Bedarida, Harry Bellet et Philippe Dagen 26.05.05

"Africa Remix" : des singularités et des formes universelles

LE MONDE | 25.05.05

"Africa Remix", au Centre Pompidou, est une exposition paradoxale. Il y a, d'une part, son projet : la volonté légitime de donner aux artistes africains une visibilité qui leur a été souvent refusée jusqu'ici ; la dimension continentale de l'entreprise, d'Alger au Cap ; l'abondance des oeuvres rassemblées ­ - plus de deux cents ­ - et le nombre des artistes invités ­ - quatre-vingt-quatre ; et le premier mot du titre, Africa, lancé comme un défi.

Tous ces éléments attirent vers une perception de l'exposition dominée par tout ce que l'on sait des conditions économiques et sociales, du néocolonialisme et du sous-développement. Parce que l'exposition se tient à Paris, la ville où"l'art nègre" a joué un rôle déterminant dans l'évolution de l'art moderne à partir de 1906, d'autres données s'ajoutent, plus ou moins conscientes : le souvenir de ce moment crucial et une certaine idée de ce que serait l'art africain, ses statuaires, ses formes.

Mais il y a, d'autre part, ce qui se voit dans les salles : des oeuvres de toutes sortes, de toutes origines, des peintures et des installations, des vidéos et des assemblages, des photos et des maquettes. Africaines ? Le mot a ici une signification géographique ­ - la plupart des artistes sont nés sur ce continent ­ - et généalogique ­ - leurs parents, leurs aïeux y ont vécu avant eux.

Cela ne veut pas dire qu'ils y vivent aujourd'hui tous : nombre d'entre eux travaillent en France, en Grande-Bretagne, aux Pays-Bas ou aux Etats-Unis et ne font que des séjours dans leur pays d'origine alors que la quasi-totalité de leurs expositions ont lieu en Occident. Ni qu'ils sont noirs : ainsi des Sud-africains, des Egyptiens, des Marocains, des Algériens. Ni qu'ils se réfèrent nécessairement aux cultures et aux styles de"l'art nègre". Il n'y a rien de "primitif", rien de "premier", rien de "magique" dans leurs travaux. Les allusions cultuelles de Cyprien Tokoudagba sont l'exception, non la règle. Si Georges Lilanga Di Nyama sculpte et peint le bois, si Joseph-Francis Sumegné fabrique des masques, c'est dans un esprit de citation burlesque, de détournement des figures imposées, de jeu ironique avec"l'art nègre".

Ce qui s'impose, c'est l'inverse même d'une africanité dite "traditionnelle" fantasmée sur fond d'ignorance et de stéréotypes. "Africa Remix" est ­ - simplement serait-on tenté d'ajouter ­ - une très bonne exposition d'artistes actuels. Actuel veut dire : informé des développements les plus récents de la création autant que de son histoire ancienne et proche, maîtrisant l'ensemble des techniques, averti de l'actualité mondiale, affecté par la mondialisation et le risque d'uniformisation.

PAS D'UNITÉ

Et jouant avec ces conditions universelles, les interprétant, les modifiant, prenant des risques, affirmant des singularités ­ - avec tant d'autorité qu'il est assez malaisé de percevoir ce qui ferait l'unité artistique de l'exposition, en dépit de sa division en trois parties, Identités et histoire, Corps et âme, Ville et territoire. On passe sans s'en apercevoir d'une section à l'autre ­ - et sans que cela affecte la compréhension des oeuvres. Une biennale ne fonctionne pas différemment : comme une collection éphémère de personnalités entre lesquelles il est offert au visiteur de chercher des affinités.

La part du politique occupe ainsi dans "Africa Remix" la part qu'elle occuperait dans toute autre manifestation aujourd'hui. Les assemblages monstrueux de Willie Bester, les fauteuils en armes rouillées de Gonçalo Mabunda, l'installation photographique de Santu Mofokeng, le reportage à Johannesburg de David Goldblatt et le Great American Nude à tête de Ben Laden d'Hassan Musa renvoient immédiatement à l'apartheid, aux inégalités sociales, à l'islamisme.

D'autres procèdent de manière plus allusive. Les images de processions de Rui Assubuji montrent avec une apparente neutralité la pénétration des sectes évangélistes au Mozambique, les paysages d'Yto Barrada à Casablanca et à Tanger un monde divisé jusqu'à l'absurde et ceux d'Otobong Nkanga au Nigeria la lutte de l'architecture et de la nature. Il leur suffit d'un cadrage juste pour que la démonstration soit incontestable. Ainsi Hicham Benohoud se contente d'introduire une légère bizarrerie dans une salle de classe pour rendre visible ce que sont l'autorité, le pouvoir et la docilité. On peut préférer la subtilité de ces analyses photographiques du monde à des travaux plus spectaculaires ­ les portraits déguisés de Samuel Fosso ou d'Aimé Ntakiyica ­, tout en observant que la photo tient ici une place essentielle.

Parmi les installations, est-ce pour en avoir trop vu que l'on ne s'étonne plus guère des villes fantastiques de Kingelez et de la scénographie symbolico-fantastique de Jane Alexander ? Le meilleur pourrait bien être ici aussi du côté du refus des effets trop appuyés : dans les bricolages mécaniques et sexuels fantastiques esquissés d'Abu Bakarr Mansaray ou dans les dessins simples mais énigmatiques de Frédéric Bruly Bouabré.

Le papier, bien plus que la toile, apparaît du reste comme un support privilégié. Autre tendance d'aujourd'hui, qui n'a rien de spécifiquement africain. C'est celui de deux des ensembles les plus convaincants. L'un est l'oeuvre d'un artiste dont la reconnaissance internationale est acquise : Barthélémy Toguo présente une somptueuse installation de ses aquarelles récentes. L'autre devrait placer son auteur au premier plan : ce sont les fusains de la série Monde perdu, de Soly Cissé, graphies griffées d'une humanité déchirée. Il y a là, sans hésitation, deux artistes majeurs.

Centre Pompidou, Paris-4e. Galerie 1 niveau 6. Tél. : 01-44-78-12-33. Métros Hôtel-de-Ville, Rambuteau. Du mercredi au lundi de 11 heures à 21 heures, jeudi jusqu'à 23 heures. Jusqu'au 8 août. 7 € et 9 €.
 

Philippe Dagen

Article paru dans l'édition du 26.05.05
 

lire aussi: Pompidou

Sites utiles:

"Africa Remix 2005"
Site officiel (en anglais) de la première grande exposition itinérante d'art contemporain africain
"Africa Remix"
Exposition au Centre Pompidou (Paris-4e), jusqu'au 8 août
"Africa Remix - Contemporary Art of a Continent"
Présentation (en anglais) de cette exposition déjà présentée à Düsseldorf et à Londres
Brigitte Aubignac
Présentation du travail de cette artiste sur Marie-Madeleine

 

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