Trouvé sur Asays.commercredi
date 6 avril 2004, par Agafay BENNANA
•Dr Hagan, pourriez-vous vous présenter aux lecteurs de K.Com ?
Je suis née au Maroc, et j’y ai passe toute mon enfance et adolescence.
Je suis venue aux Etats-Unis en 1960 en étudiante universitaire. Je suis
maintenant citoyenne Américaine, mère de trois enfants, et grand-mère depuis
une dizaine d’années. Professionnellement, j’ai obtenu une Maîtrise de la
Faculté de Lettres de Bordeaux en Littérature Anglaise et Civilisation
Américaine (1969), une Maîtrise en Littérature Française de Stanford
University, Californie en 1971, et j’ai un troisième diplôme universitaire d’Etudes
doctorales en Anthropologie Psychologique octroye par l’Université de
Stanford, Californie en 1983.
•Pour quoi vous vous intéressez au peuple berbère ?
Je ne peux pas dire que je "m’intéresse au peuple berbère" comme
si c’était un sujet intéressant. Nous parlons de mes racines, de mon pays d’origine,
de ma vie entière.
Pourquoi ne m’intéresserais je pas a ce qui a forme l’être que je suis, m’a
donne naissance, et constitue les données historiques et culturelles de base de
mon existence ?
•Vous etes né au Maroc, vous y avez fais vos études ... ?
Mes études ont commence a l’école élémentaire de l’dal a Fez, puis au
Lycée Lalla Aicha a Rabat.
A la suite d’une réussite au Concours d’Entrée à l’Ecole Normale d’institutrices
à Rabat, j’ai obtenu une bourse d’Etat de mérite pour continuation d’études.
J’ai fait une année d’études à Toulouse en préparation a l’Ecole
Normale de Fontenay-aux-Roses, puis je me suis inscrite a la Faculté de
Bordeaux.
Je suis rentrée au Maroc en cours d’année et j’ai passe mes deux premiers
certificats de licence d’Anglais a Rabat.
J’ai termine ma licence en Anglais en fait a San Francisco, dix ans plus tard
en 1969, par écrit, avec un examen oral de jury a Bordeaux.
Avec cette maîtrise, j’ai continue mes études en philologie et lettres
Françaises a Stanford, en Californie, et plus tard, j’ai poursuivi une
licence en psychologie et des études doctorales en Anthropologie a la même
université.
•L’un de vos parents est kabyle ... ?
Ma mère et ma famille maternelle proviennent de Kabylie, de Dellys et d’Alger.
Mon grand-père maternel émigra au Maroc seul, après la première guerre
mondiale, et fit ensuite venir son épouse et ses six enfants. Ma mère grandit
au Quartier des Roches Noires à Casablanca.
Mon père a quitte son village natal de Prats-de-Mollo (Pyrénées Orientales)
et il est arrive au Maroc a l’age de 19 ans, ou il fut adopte par un Amazigh a
Marrakech, le seul grand-père que j’ai vraiment connu.
Grand-père Mustapha a vécu avec nous depuis ma plus tendre enfance a Oujda
jusqu’a l’age de dix onze ans a Fez, et il a eu une influence énorme sur
mes premières connaissances.
•Avez vous conservé des souvenirs de la Kabylie ?
Non, je suis née et j’ai grandi au Maroc, à Oujda, à Fez et enfin à Rabat.
Dans mon enfance, j’ai visite l’Algérie en compagnie de ma mère, à un
très jeune age, et je n’ai que quelques petits souvenirs familiaux.
Par contre, tous mes souvenirs d’enfance et de jeunesse à l’intérieur du
Maroc sont très clairs, a partir de l’age de 4-5 ans.
•Comment jugez-vous la revendication amazighe en ce troisième millénaire ?
C’est une juste cause, malheureusement assez méconnue dans le monde, surtout
le monde anglo-saxon, et qui a besoin de continuer a se manifester sur tous les
plans.
La formation d’organismes a l’échelle internationale a apporte de nouvelles
dimensions a cette lutte.
•A-t-elle fait des avancées ou... ?
Oui, d’énormes avancées dues au développement phénoménal d’informations
et publications de toutes sortes, de sites internent nombreux, et d’une
floraison d’associations culturelles au cours des dix dernières années.
Je rencontrais encore il y a quelques années des Kabyles qui n’avaient aucune
idée de l’ampleur des traditions Amazighes au Maroc, par exemple. Ce n’est
plus le cas, je pense.
•Quel est votre opinion sur la situation en Kabylie ?
La situation en Kabylie est une tragédie de très graves proportions qui
concerne tous les Algériens, qu’ils en soient conscients ou pas.
Certainement, les yeux de la presse internationale doivent être ouverts sur les
événements qui s’y déroulent, pour diffuser toute information possible sur
le combat identitaire en cours, les revendications d’un peuple entier, les
mesures oppressives et la politique meurtrier du régime contre ce mouvement,
enfin sur la réalité des conditions sociales et économiques de l’Algérie
et surtout de la Kabylie.
Notre tache est de mettre fin au silence de la presse Européenne et Américaine
sur cette lutte.
•Pensez vous l’émergence de mouvements comme celui des Aarchs est une
évolution positive ou plutôt un phénomène de renfermement et replis de la
Kabylie sur elle même ?
Le mouvement citoyen est une des composantes les plus importantes du combat
identitaire et civil de la Kabylie.
La comite des Aarchs est une continuation historique des assemblées locales de
gouvernance traditionnelle.
Il m’est arrive d’entendre certains propos qui dénigrent les fondations
traditionnelles Amazighes au profit des modèles de démocratie provenant de l’extérieur,
issus de la pensée Européenne, par exemple, comme si cette pensée était
supérieure a la sagesse et l’efficacité des modèles traditionnels d’Afrique.
Il advient quelquefois que lorsque un individu devient avocat ou professeur a l’école
Française, il lui arrive de dénoncer toute représentation de l’Amazighité
sous son coté rural et traditionnel.
Il ne voudrait pas que l’image de l’Amazighité soit représentée comme si
c’était une image folklorique qui amoindrit les capacités intellectuelles et
les accomplissements divers des Imazighen dans tous les domaines de production
artistique, culturelle, et sociale.
Moi, bien au contraire, et je donne ici mon humble opinion, je pense que ce sont
ces origines mêmes qui détiennent toutes les cartes, psychiquement et
moralement.
C’est à partir même de ces traditions, les vraies racines, qu’un certain
renouvellement peut se faire.
J’ai vécu cette expérience parmi les Indiens des Etats-Unis.
Le combat est sorti des villes, et des jeunes éduquent dans les villes, mais
ils ont été pris en main par les traditionnels des réserves, qui ont pu
donner au Mouvement Indien son inspiration spirituelle, ses forces, et en fin de
compte, une nouvelle dignité d’identité Indienne.
Il faut revaloriser les institutions et les coutumes que la pensée coloniale s’est
acharnée à diminuer, et ne pas adopter une manière néo-coloniale de penser,
celle qui vise à glorifier l’intellect Européen et à défigurer l’image
du "natif".
Dévaloriser les montagnes et les coutumes montagnardes, de Kabylie ou de l’Atlas,
c’est faire preuve d’une pensée destructive à l’essentiel de notre
culture en somme.
•Que pensez vous des propos de Camille Lacoste Dujardin qui parle du
"danger des traditions des traditions montagnardes " (paru dans la
revue Hérodote de Novembre 2002) ?
Je vous renvoie à ma réponse précédente qui qualifie une telle pensée d’étrangère
et imposée de l’extérieur.
C’est un regard dévalorisant sur des traditions millénaires qui doivent
être protégées, car essentielles à la vitalité de notre culture. Il est
essentiel de rejeter une telle pensée, et de redevenir fier de ses montagnes et
de ses traditions montagnardes.
Elles sont fortes.
Votre père est catalan, pensez vous que les peuples amazigh doivent s’inspirer
de la catalogne dans leurs méthodes de revendication identitaire ?
Le Catalan a maintenu une identité de base, refusant l’assimilation a l’Espagnol
ou au Français, et comme l’on dit en Catalogne, le Catalan est très têtu.
Il a ce trait en commun avec les Imazighen.
Quant aux méthodes de combat identitaire, si cela nous réfère à l’insistance
sur l’essentialité de la langue en tant que véhicule du social et de l’historique,
le Catalan s’est accroche et a obtenu gain de cause. En cela, oui, ce serait
une sorte de combat a émuler.
•Comment expliquer vous le succès de la catalogne tant dans le domaine
culturel/identitaire que sur le plan économique ?
Ce succès est peut être du au caractère essentiel du Catalan : fierté de ses
montagnes et de ses traditions, fierté de sa langue unique, et une capacité
extraordinaire de l’imagination créative, qui sert a refouler les apports
culturels provenant de "l’étranger."
Oui, on a souvent dit que les Catalans étaient des paysans bourrus difficiles
à franciser par exemple.
Mais cette attitude de méfiance envers les "envahisseurs du Nord" a
beaucoup servi à la conservation d’une identité millénaire.
Economiquement, le pays est naturellement riche, en pêche, en chasse, en
vignobles, en fruits et légumes, et en sites attirant le tourisme de nos jours.
L’industrie textile, par exemple, basée sur une économie domestique qui a
été développe plus industriellement, et de nos jours l’informatique, ont
ajoute a ces richesses naturelles.
•Dans quel cadre effectuez-vous vous vos recherches ?
J’ai travaille pendant des années en tant que consultante du Mouvement Indien
aux Etats-Unis, et j’ai vécu pendant plus de trois ans sur une réserve
Indienne dans le Dakota du Sud, chez les Oglala Lakota (Sioux) de Pine Ridge.
La, avec l’assistance de jeunes et des conseils traditionnels des Anciens, j’ai
formule et dirige un Projet d’Identification Visuelle de Photos prises entre
1875 et 1940 qui identifiaient les hommes mais non les femmes et les enfants de
ce groupe.
Le résultat de ce Projet a été une Exposition ambulante en quatre parties ou
motifs, qui voyage a travers les musées de parcs nationaux et écoles aux
Etats-Unis.
Cette Expo a même parue pendant quelque temps a la Rotonde de Washington D.C.,
le Hall de l’Assemblée Nationale Américaine et a suscite de très bons
commentaires.
Depuis, j’ai concentre mon travail sur la formation de partenariats avec
groupes dits "indigènes" aux Nations Unies, et en liaison avec
certaines associations culturelles Amazighes, pour créer un réseau d’information
sur le mouvement Amazigh d’Afrique du Nord et des pays du Sahel.
"Tazzla" est membre de C.A.I.D.D.H, Coalition Amazighe Internationale
pour la Défense des Droits Humains, membre de P.I.P.E, Partenariat de Peuples
Indigènes pour l’Environnement, partenaire officiel de OVD (Vie et
Développement) TEDHILT, une ONG Tuaregue du Nord du Niger, et partenaire de
Timbuktu Heritage Institute du Mali, une organisation Amazighe pour la
préservation des anciens manuscrits de Tombouctou. Je suis aussi membre du
Comite de Directeurs d’A.C.A.A., notre organisation nationale officielle aux
Etats-Unis, Amazigh Cultural Association in America.
Je travaille toujours avec International Indian Treaty Council (ONG Ameridienne
aux Nations Unies) et aussi a l’occasion avec Tamaynut, reseau associationnel
Amazigh au Maroc.
Un de leurs membres, Ahmed Lachgar est Conseiller pour Tazzla Institute.
•Parlez nous de cette association « Tazzla » ?
J’ai fondé Tazzla Institute for Cultural Diversity (une organisation dite
charitable et educationelle, sans-profit,) en 1993 et c’est à travers cet
Institut et ses projets que j’ai commencé un travail principalement d’informations
audio-visuelles et écrits sur le mouvement Amazigh.
•Comment aider « Tazzla Institute » ?
De plus amples informations sur les Projets de Tazzla Institute sont disponibles
sur le site URL http://www.tazzla.org où sont décrits en détail, par exemple,
le Projet Hydraulique des Touaregs de l’Air, et leurs Ecoles du Désert.
La, vous trouverez également l’adresse de l’organisation, ou toute aide,
soit pour Tazzla, soit pour les Ecoles du Désert de l’Air, peut être
envoyée.
Tous les quelques mois, nous envoyons un certain montant modeste a ces écoles
pour l’achat de chèvres, la construction de puits d’eau (très urgente) et
autres besoins pressants pour abriter et nourrir les élèves de familles
nomades qui sont pris en charge dans ces écoles crées par l’organisation OVD
TEDHILT présidée par notre grand et cher ami, Issyad Ag Kato, militant Amazigh,
ancien combattant de la résistance de l’Air, et un des organisateurs de la
Flamme de la Paix au Niger.
•Pourriez vous nous donner des détails ces "anciens manuscrits de
Tombouctou" ?
Des milliers de manuscrits précieux, écrits par des érudits de Tombouctou a l’ère
de la floraison de cette Université, et datant de plusieurs siècles, sont
restes dans les mains de familles Touaregs du Nord du Mali.
Les érudits de cette époque firent des copies de leurs manuscrits qui
restèrent dans les mains de leurs familles, certaines très belles et ornées
de calligraphie de toute beauté.
Ces manuscrits ont été passes de main en main d’une génération a une autre
dans ces familles. Apres des siècles, ces manuscrits sont devenus fragiles et
sont en risque de disparaître. Les intempéries du temps et le manque de
mesures de conservation en ont fait un patrimoine extraordinaire en danger.
Le Mali s’est inquiète de cet état de choses, en plus du fait qu’un
marché noir international de plusieurs années a également affecte ce
patrimoine précieux.
Pour les préserver, le Mali a institue un projet de Bibliothèque (Ahamed Baba)
avec l’aide d’UNESCO et de quelques chercheurs internationaux.
Toutefois, jusqu’a présent, aucune autorité et aucun responsable
universitaire ou international n’a prêté attention a la provenance
Touarègue (Amazigh) de ces manuscrits qui sont détenus par des familles
Touarègues, et dont les auteurs ont souvent été des Kel Tamasheq (la liste d’auteurs
indique 50% de noms avec la particule "Ag" - fils de, en Kel Tamasheq
-).
De plus, ces manuscrits peuvent être divises en deux catégories, les traites
scientifiques, mathématiques, philosophiques, et théologiques, d’une part,
(principalement des textes Islamiques) et les documents traitant de la vie de
tous les jours dans les oasis, sur le commerce trans-Sahara, etc.. Ces derniers
sont d’une valeur extraordinaire pour l’histoire et la culture Amazighes.
L’intérêt que Tazzla Institute porte a ces documents est de sauvegarder la
représentation Amazighe au niveau des recherches, de la traduction, et du
projet de préservation.
Enfin, le Projet de l’Héritage de Tombouctou sur lequel nous travaillons
spécifie que le travail de restauration et de préservation doit être dans les
mains des Touaregs de la population locale a tous les niveaux.
Nous travaillons avec Mr. Issa Ag Mohammed, Président de « Timbuktu Heritage
Institute » du Mali et de Californie, qui est natif de la région et sous le
mandat du Cercle des Erudits, du Maire, et de l’Imam de Tombouctou.
Ultimement, c’est aussi un projet qui pourrait assurément aider un peu a l’économie
locale des groupes Touarègues démunis ou en chômage, tout en sauvegardant le
plus précieux de leur passe.
•Qui vous supporte dans cette noble entreprise ?
Si j’ai une aide essentielle et énorme, c’est de la part de ma famille et
certains amis, qui croient en mon travail et contribuent à maintenir le petit
budget de l’Institut. Ca et la, j’ai pu obtenir quelques fonds minimes pour
un projet ou un autre, et maintenir ma production de programmes de télévision.
En particulier, depuis 1995, j’ai crée, produit, édite, et montre a la
télévision plus de quarante demi-heures de programmes, les uns sur les Indiens
de Californie, les autres sur des questions de l’environnement, et toute une
série sur la culture Amazigh du Maroc,"Tamazgha, Berber land of Morocco,"
avec quelques programmes sur l’identité Amazigh en général, deux
célébrations annuelles de Tafsut Imazighen (Amazigh Spring) en 1998 et 1999 a
San Francisco, et maintenant l’ébauche d’une nouvelle série télévisée
intitulée "The People of Tamazgha" (Les Gens de Tamazgha.)
•Comment se procurer ces programmes vidéo ?
Vous trouverez, dans le site Tazzla (http://www.tazzla.org) sous la rubrique
"Boutique" la liste de programmes vidéo que vous pouvez acheter.
.Vous vous intéressez plus particulièrement aux berbères d’Égypte ?
Non pas vraiment, au départ. C’est tout a fait accidentel ! Un samedi en
1999, par hasard, j’ai rendu visite a un Musée de Los Angeles, et j’ai
assiste a une conférence sur les Momies du Désert de Libye. J’ai été
sidérée par les inexactitudes présentées a l’audience Américaine sur l’origine
de ces momies (ou l’absence d’informations sur les origines probables, c’est
a dire "Libyennes") et j’ai fait part de mes inquiétudes sur «
amazigh-net », un forum international.
J’ai reçu beaucoup de réponses, et en particulier des encouragements de la
part de collègues d’écrire quelque chose a ce sujet, ce qui m’a conduite a
faire des journées, des semaines, des mois (et maintenant quatre ans) de
recherches sur l’archéologie, l’art rupestre, la préhistoire et l’histoire
de la vallée du Nil, de l’Est de la Libye et toutes les Oasis de la région
Ouest du Nil.
J’ai entrepris le déchiffrage de l’écriture hiéroglyphique, dans lequel j’ai
avance petit a petit. Finalement, avec l’aide extraordinaire de collègues qui
sont des linguistes Amazighes distingues comme Dr. Hassan Ouzzate (a l’époque
d’Ibn Zhor Université a Agadir, et Professeur Mohammed Chafik de l’Académie
Royale au Maroc- qui a été récemment nomme Directeur de L’Institut Royal d’Etudes
Amazighes a Rabat -et Dr. Tufiq Iheddaden Mostefaoui , un astrophysicien Kabyle
aux Etats-Unis, j’ai publie un petit livre intitule "The Shining Ones, An
Etymological Essay on the Amazigh Roots of Egyptian Civilization," en
2000/2001.
Pourriez-vous nous en parler avec plus de détails ?
Tout d’abord, c’est le premier livre en Anglais publie aux Etats-Unis par
un(e) Amazigh, sur la culture Amazigh.
Le sujet est la démonstration principale d’un symbolisme Egyptien archaïque
(néolithique) qui a donne lieu a des siècles de traditions spirituelles et
sociales en Egypte Ancienne, c’est a dire celle des dynasties pharaonnes, et
qui a des affinités extraordinaires et incontestables avec la préhistoire du
Sahara, de la Libye et de l’Afrique du Nord.
Le lien est établi a partir d’une recherche très suivie de l’archéologie
de ces régions qui donne un nombre de données communes, et de l’art rupestre
qui révèle des motifs identiques.
Ensuite, en ce qui concerne ma méthode de recherches, je me suis penchée
pendant des heures innombrables sur un "Dictionnaire Géographique de l’Egypte"
publié en 1879, qui est un travail gigantesque du chercheur très connu
Heinrich Brugsch publie en Français, en conjonction avec d’autres textes et
nombreux ouvrages historiques, et des inscriptions en hiéroglyphes des textes
pyramidaux (les plus anciens) ; j’ai fait des listes de termes de faune, de
flore, de lieux géographiques et sites religieux dits "archaïques,"
"obscurs" et "d’origine barbare."
Ce sont les listes que j’ai fournies à mes collègues pour élucider certains
principes linguistiques et des rapprochements avec le Tamazight, Tachelhit,
Tamasheq ou Kabyle moderne.
C’est la que certaines données ont été très impressionnantes....
Pour ne fournir qu’un exemple parmi de nombreux exemples très intéressants,
le miel en Egyptien archaïque était appelle "Tammnt," le mot en
existence aujourd’hui en Afrique du Nord pour ce produit d’une antiquité
incontestable.
Toute la civilisation Egyptienne et le trône Egyptien étaient sous l’égide
de l’abeille.
Entre parenthèse, l’abeille était le symbole de la Grande Déesse Primaire,
Neith, clairement identifiée comme étant la Déesse Mère et Grand-Mère de
tous les divinités, née a Tritonis en Libye, une déesse dite
"Libyenne." Son symbole, l’abeille, est attache a la couronne de l’empire
égyptien et a tous les pharaons pendant des siècles : ces pharaons se
nommaient tous "fils de l’abeille" et régnaient sous la tutelle de
Neith. Voila un grand symbole.
Mais je ne vous donne ici qu’une toute petite fenêtre sur la foule de
détails symboliques reliant la civilisation Egyptienne a ses souches d’Afrique
du Nord. Les croyances de base, la cosmologie, le culte des ancêtres, les noms
de lieux sacres archaïques (Taouz, Siwa,Tamazer, etc..) ont des parallèles
surprenants avec les coutumes Amazighes et la géographie du Sahara et d’Afrique
du Nord (lorsque les noms ne sont pas Arabises, bien sur).
Il y a en particulier un trait symbolique que je retrace depuis l’origine
préhistorique et néolithique de la Vallée du Nil, le geste des orants avec
les bras levés, le geste sacre de l’ Egyptien dit "Kha," et "Aza"
le symbole Amazigh que nous connaissons tous.
Je fais le trace a l’aide de documents précis, et d’illustrations, depuis
le néolithique Egyptien jusqu’a l’iconographie moderne Amazighe. La
continuité a travers des siècles de ce geste traditionnel et sacre dans le
symbolisme Egyptien et celui d’Afrique du Nord est impressionnant.
•Y aurait-il un lien entre les berbères d’Égypte et les Coptes ?
Les Coptes sont des populations Egyptiennes en grande partie de l’Ouest de la
Vallée du Nil qui adoptèrent la religion chrétienne. Etant donne que cette
région était indéniablement Libyque a l’origine, mais a l’ère
chrétienne probablement mixte, il est difficile de déterminer la relation
exacte entre "Berbères" (identité culturelle) et "Coptes"
(identité religieuse.)
De plus, les Coptes semblent avoir figé une langue déjà très lointaine de l’Egyptien
classique et certainement de l’Egyptien archaïque.
Le Grec a supplante l’Egyptien dans certaines couches de la population, après
l’arrivée d’Alexandre le Grand et la lignée des Pharaons Grecs, les
Ptolémées.
Je voudrais ajouter ici, en une sorte de parenthèse, que certains Egyptiens
contemporains, comme Dr. Zahi Hawass, archéologue de renommée mondiale, et
certains de ses collègues du Caire, parlent constamment de leurs ancêtres les
Egyptiens.
Hors, ces personnes sont d’origine Arabe, descendants des envahisseursArabesdu
VIIe siècle, et donnent vraimentune fausse impression à l’échelle
internationale, d’être les héritiers légitimes de la civilisation
Egyptienne antique.
Mais cela est très, très faux.
Les coutumes Arabes n’ont absolument rien à voir avec les coutumes d’Egypte
ancienne.
Chaque fois que l’un(e) d’eux mentionne cet héritage, ou cette continuation
de moeurs et coutumes de l’age pharaonique a l’ère Arabe contemporaine, je
frémis, car c’est absolument imaginaire et faux.
•Où peut-on trouver les Imazighens en Égypte ?
Sans aucun doute, l’oasis de Siwa.
Pour moi, et pour certains de mes collègues Amazighes, cette oasis parait être
un centre Amazigh de grande antiquité et à une époque très archaïque, voir
même le centre de toute autorité religieuse.
Il reste un travail énorme a faire autour de Siwa et de ses environs. C’est
de son oracle que provenait toute légitimité au trône de l’Egypte, a
travers les prêtres d’Amon.
Le Pharaon d’Egypte recevait le nom de fils d’Amon durant l’ultime
cérémonie de coronation, avant d’être présente au peuple. Ce titre lui
était donne par les prêtres d’Amon.
La croyance Egyptienneétait que le Pharaon devait être physiquement le
descendant du Dieu Amon et le symbolisme de cette cérémonie lui donnait cette
filiation directe par son symbolisme.
Or, si l’on rapproche l’origine Libyenne de cette divinité Amon, et le nom
de fils d’abeille (déesse NT, dite "Libyenne") qui fait partie du
nom royal, ainsi que la nécessite de transmission directe ou symbolique de
cette descendance, avec le culte prononce d’ancêtres lointains, l’origine
Libyenne d’Afrique du Nord est abondamment claire.
Les Grecs appelaient les Siwan "Amonnoi." L’origine du mot
"Siwa" est Amazigh, ayant trait a l’oiseau de proie, la racine
"SW" est très distinctement apparenté au Tamazight"aswu"(cigogne)
et "aswwan" qui désigne un petit oiseau de proie. L’oiseau de proie
fut le symbole premier de l’autorité ancestrale de cette oasis ou le culte d’Amon
semble avoir eu ses origines, et de certaines traditions religieuses
égyptiennes.
J’ai aussi appris durant cette étude que le mot ’Anoobish" en Siwan
moderne signifie "roseaux." Le thème des roseaux est essentiel à la
compréhension du mythe d’Isis et Osiris, du paysage mythologique et de la
cosmologie Egyptienne. C’est un thème lie a toute la mythologie dite "Osirienne,"
dont la divinité qui préside a l’entrée dans ces lieux est
"Anubis."
Il faut noter ici que les termes "Isis," "Osiris," et
"Anubis" sont des termes grecs, donc plus récents. Osiris était la
divinité connue sous d’autres noms plus Amazighes, "Aser, Azer, Azir,
Aziri".
On peut ici rapprocher sans nul doute les rites d’Anzar de cette grande
divinité, Azer, que les Egyptologues estiment être très archaïque. En effet,
"AZR" est une composante de "A" (homme, particule masculine)
et Djer/Ser/Zer/Zir/Ziri (ZR : "roseau" ou "tige fragrante,"
au centre du mythe reliant lune, eau et végétation) très proche -
étymologiquement et par son sens symbolique - de "Anzar." (A-N-ZR. )
Une autre preuve de continuité d’esprit et de pensée provient de l’ère
Romaine. J’ai écrit un article a ce sujet, publie aussi dans Amazigh Voice
aux USA. Le grand Philosophe et Auteur Apulée, un Amazigh natif de Madauros,
qui a écrit en Latin, (Métamorphoses, L’ Ane d’Or) était un adepte et
prêtre des Mystères d’Isis et Osiris.
A l’époque Romaine, le culte de ces divinités était très répandu en
Afrique du Nord et avait un aspect Africain très ancien.
J’espère pouvoir développer ce thème "Libyen" de l’origine de
certaines divinités Egyptiennes dans un prochain livre.
• Quel est Le statut des Berbères d’Égypte ?
L’Oasis est parait-il très pauvre. Je ne pense pas qu’il y ait aucune
considération pour l’ethnicité et les droits des Siwans sous le régime
Arabe d’aujourd’hui.
Les Siwans parlent une forme de Tamazight.
•Y a t’il un rapport quelconque entre les Imazighen d’Egypte et des Îles
Canaries ?
Un très, très grand rapport.
Récemment, une équipe archéologue de Britanniques et de Canariens ont
entrepris de rapporter les similitudes du procède de momification chez les
Guanches des Iles Canaries et chez les Egyptiens.
Le documentaire arrive essentiellement aux mêmes conclusions que les miennes
par l’intermédiaire d’une étude sur les détails identiques de
momification, l’art rupestre, et le symbolisme de cet art commun a certains
sites Guanches et sites d’Afrique du Nord et du Sahara.
Ils vont chercher la clef du mystère liant les Guanches aux Egyptiens dans le
désert du Sahara, non loin de Taouz,(frontière du Maroc et de l’Algérie) un
endroit que j’ai moi même visite et qui a eu un effet énorme sur moi.
Je recommande ce documentaire (Les Momies Guanches) qui a déjà paru a la
télévision Française(NDLR :diffusé sur la chaine par cable planete).
•Ces recherches semblent faire apparaître des liens entre les techniques de
momifications des anciens égyptienset des Guanches des îles canaries, Cela
vous semble donc crédible ?
Je suis en complet accord avec cette hypothèse pour plusieurs raisons citées
ci-dessus.
Je suis ravie que ces travaux confirment des hypothèses avancées
indépendamment dans mon ouvrage un an avant, par un autre acheminement de
pensée.
Les résultats convergent vers les mêmes conclusions.
•Vous avez écrit un livre "The Shining Ones". Que signifie le titre
?
Le titre de mon livre relève du vocabulaire du "Livre des Morts" qui
est une série de textes hiéroglyphiques très anciens, décrivant les
péripéties spirituelles du voyage qui mène chaque défunt le long d’un
chemin initiatique jusqu’asa transformation en "étoile."
Les aïeux, qui sont supposes être la source de toute sagesse et connaissance,
sont des êtres "illumines" ("étoiles" ou
"astres").
Tous les rites et toutes les prières du Livre des Morts, le livre sacre de
cette mythologie égyptienne de l’« après-vie », accompagnent la
transformation de l’être qui émane du corps inanimé, en oiseau libre.
Cet être transforme dans l’apres-vie devient comme une source libre de
lumière, d’ou le nom de "Shining Ones" (ceux qui émanent la
lumière, qui brillent).
Le terme désignait les ancêtres des temps lointains, que le récent mort
allait rejoindre dans l’éternité du ciel maternel étoile.
Je vous donne ici une explication assez brève d’une très belle conception du
trajet de l’âme noble survivant la durée ephemerale du corps.
Essentiellement, les ancêtres vénères sont les "lumières" et le
but est de les joindre et de devenir soi-meme une lumière.
Ces êtres "illumines" sont aussi les ancêtres lointains qui vivaient
autrefois dans leurs cavernes de cristal.
Cela en dit long quant aux origines, d’autant plus qu’il existe toute une
série de cavernes en Afrique du Nord ou des rites très anciens ont survécu
pendant des millénaires, et dont toutes les indications démontrent leur
parente avec ceux des Egyptiens archaïques.
•Qu’est ce qui vous a amené à écrire un tel livre ?
Une recherche qui a commence avec quelques éléments et m’a fortement
passionnée.
Ce fut une découverte à chaque pas.
L’idée n’est vraiment pas venue de moi.
On m’a demande d’écrire un article au sujet des Momies du Désert de Libye,
et cet article a été publie dans "Amazigh Voice," le journal de
notre association (ACAA).
Cela m’a conduite a vérifier certains détails et a lire tout ce que pouvais
trouver a ce sujet, et une époque de recherches dont les résultats étonnants
m’ont pousse a rédiger un essai qui est devenu un livre.
•Les anciens égyptiens seraient donc berbères .... ?
De plus en plus, en effet, certains chercheurs commencent a arriver a cette
conclusion.
Il faut faire très attention, cependant, ici.
Nous parlons d’une époque très lointaine, du temps ou certains groupes du
Sahara, au moment de la désertification de cette région, ont émigre vers le
Nord et l’Ouest, c’est a dire l’ Océan Atlantique et la Méditerranée,
et l’Est, c’est-à-dire la Libye et la Vallée du Nil.
La, ces groupes ont fonde la base néolithique de la civilisation Egyptienne.
Comme celle-ci fut essentiellement la constante élaboration de mythes
primaires, on peut dire que cette civilisation doit beaucoup aux premiers
habitants de la région, qui furent certainement une branche des "proto-Berberes."
La langue Egyptienne et le Tamazight, il est reconnu, ont une origine commune,
et des racines proches en tant que langues Hamitiques, Afro-asiatiques, ou
Africaines.
Peu de chercheurs cependant, étant donne leur formation Européenne ou Arabe,
ont poursuivi les liens linguistiques et symboliques entre l’Egypte et l’Afrique
du Nord.
Les hypothèses allaient toujours a l’Orient pour la question des origines de
cette civilisation.
De nos jours, les recherches prennent un autre tournant et se penchent de plus
en plus sur l’origine Africaine de cette civilisation.
La, ces chercheurs se trouvent face a face a l’évidence de la culture Libyque
et proto-Berbere du Sahara et du Nord de l’Afrique.
Il faut souligner également ici que les Grecs avaient déjà indique dans leurs
écrits que l’origine des dieux se trouvait en "Libye" (Les Grecs
ont donne le nom de "Libye" a toute l’Afrique du Nord).
L’age des Titans est représente comme ayant lieu autour des montagnes de l’Atlas.
Et les premières divinités proviennent toutes des alliances et mariages entre
ces divinités premières.
Le Jardin des Hespérides se trouve dans l’Atlas.
Par exemple, je voudrais parler un peu d’une coïncidence qui me préoccupe :
Selon les Grecs, le premier homme dieu, celui qui a invente la presse pour
fabriquer l’huile d’olive et le vin, qui a domestique le chien pour la
chasse, et a enseigne au reste de l’humanité a domestiquer les abeilles pour
obtenir le miel non sauvage, est ne également sur les bords du Lac Triton, non
loin des montagnes de l’Atlas, c’est-à-dire dans la région de l’Ouest de
la Tunisie et l’ Est de l’Algérie, la région ou le Soleil s’est marie a
l’Eau pour créer l’univers.
Les Grecs lui ont donne trois noms, l’un d’eux était Aristaios, l’autre
Agreos. Je recherche tous liens entre les manifestations de ce "premier
homme dieu" (Aristaios) avec la sanctitude des lieux et rites mortuaires de
la région des Pyramides et grand centre religieux de l’Ouest de la Vallée du
Nil, qui pour les Egyptiens étaient dénommes du nom sacre "R-ST-AU."
Je suis persuadée qu’il y a un lien étroit entre le complexe religieux
Egyptien et la "Libye" des origines dans ce seul nom qui a pour racine
dans les deux cas "R-ST".
C’est un travail d’hypothèse, qui est en cours.
•Quel sont les éléments qui vous permettent de faire un lien entre les
anciens Egyptiens et les Imazighen ?
Les éléments fournis par l’archéologie ; l’art rupestre ; les noms de
lieux archaïques, en particulier du Delta de l’Ouest, de la région du Fayum
et des oasis de l’Ouest vers le désert de Libye ; les textes funéraires
sacres ; et la formation de mots essentiels, c’est a dire des racines
identiques de vocabulaire entre certains mots-clefs Egyptiens et le Tamazight ou
Tamasheq modernes ...
Ma recherche dans ce sens n’est qu’une ébauche, et beaucoup de travail
reste encore a faire, en étymologie, et dans le déchiffrement de pétroglyphes
nombreux du désert et des oasis.
Je n’ai fait que le premier pas de défrichage.
J’ai eu le plaisir de recevoir pas mal de courrier provenant de jeunes dont
les recherches vont dans ce sens la.
Cela est très, très encourageant.
La revue "Sahara" à récemment publie d’excellents articles se
rapportant à ce sujet.
•Envisagez vous une version en français de ce livre ?
Des que je pourrais disposer de quelques semaines.
•Comment se procurer se livre ?
Le livre "The Shining Ones" peut être acheté électroniquement a
Amazon.com, berders.com, barnes and noble.com, et XLibris.com.
Il y a un lien direct à XLibris.com disponible sur le site de Tazzla Institute
(http://www2.xlibris.com/bookstore/bookdisplay.asp ?bookid=12803).
• Quels sont vos projets pour l’avenir ?
J’ai déjà un monceau important de notes accumulées durant des mois de
recherche plus approfondie sur l’importance de la Déesse Neith en Egypte et
son origine en Afrique du Nord.
C’est le livre que j’aimerais écrire très bientôt.
•Le mot de la fin .... ?
Je remercie ceux et celles qui ont contribue au choix des questions qui m’ont
été posées, et souhaite a tous et toutes le courage de longue haleine que
toute lutte identitaire demande.
Le combat des citoyens et citoyennes Kabyles d’Algérie est observé de très
près par les Imazighen du Maroc, qui le supportent et qui eux aussi poursuivent
cette même cause juste et noble dans un autre contexte politique, mais avec des
enjeux semblables : obtenir égalité de droits, liberté entière d’expression,
et plénitude de citoyenneté dans une nation ou la diversité culturelle est
non seulement respectée, mais valorisée.
Source : kabyle.com
date_jnum7 octobre 2004, par Adnane
Salut Madame,
J’ai lu avec attention votre intervention, Je vous remecie pour l’effort
extraordinaire que vous faites au service de l’identité et la cause amazigh.
Cependant, je ne suis pas d’accord avec vous quand vous assimilez le cas des
indiens américains avec celui des Imazighen Marocains, car ces derniers non
seulement sont trés majoritaires au Maroc, mais aussi ont contribué largement
dans la civilisation marocaine aprés l’arrivée de trés peu d’arabes (Oumayades,
Béni hilal, Béni soleim).
Ainsi, les dynasties les plus brillantes dans l’histoire du maroc étaient
amazighophones. Les Almoravides, Almohades, les Mérinides et enfin les
Ouattasside étaient amazighophones.
Il ne faut pas oublier également l’origine amazigh de la plupart des
arabes marocains de nos jours, contrairement au cas des indiens américains.
cordialement
> Entretien avec Hélène Hagan, une berbère américaine née au
Maroc.
date_jnum26 mai 2004
Extraordinaire ! Passionnant ! Merci, Dr H. Hagan, pour toutes ces révélations
historiques et archéologiques que vous développez dans vos recherches ! Il y a
encore tant de choses à découvrir sur notre lointain passé Amazigh, d’où
nous venons et les origines de notre langue et de nos coûtumes, qui
disparaissent à cause de la désinformation et de la négligence.
Merci à vous de contribuer à donner un souffle nouveau à une civilisation
millénaire laissée à l’abandon. Vous êtes un exemple pour toutes les
nouvelles générations des Imazighens qui redécouvrent et revalorisent leurs
racines.
Makses Aït- Ulahyane, Amazigh marocain