african masks

A fine Eastern Pende Panya-Gombe African mask. Coll.: David Norden

African Art books I like | Genuine African Masks

Brulez les collectionneurs ? par George Ortiz


groupe de discussion sur l'Art Africain

Par amour pour l'Art Africain.

Merci George Ortiz  pour votre texte qui mieux que personne explique pourquoi Unidroit et l' Unesco n'arrivent pas a faire fonctionner la protection de la diversité culturelle, et ce qui devrait être fait. 

 Read also his Unesco text (about the Irak museum pillage).  David Norden

Google

Nok from the George Ortiz collection
Terracotta
H : 19 cm
From Nok (Northern Nigeria)
Nok Culture
c. 500 B.C.-A.D. 200 
Collection George Ortiz

par George Ortiz  translator ?

George Ortiz worked together with Unidroit, you can find his texts on the official Unidroit site, or read a copy below.

Lees ook :Nok beelden artikel in de Morgen (in Flemish)

also : Nok statues

lire: La préservation du passé pour les générations à venir' - extrait

       Brulez les collectionneurs

       Unidroit    La réalité

The 1970 UNESCO and 1995 Unidroit Conventions

George Ortiz UnidroitGeorge Ortiz http://www.georgeortiz.com

see his African Art pieces: http://www.georgeortiz.com/AFRICA/index.html 

In 1970, Unesco issued a Convention concerning "the measures to be adopted to forbid and prevent the importation and the transfer of the illicit property of cultural goods." In 1984, Unesco gave rise to Unidroit, which issued the final draft of its Convention in June 1995. These Conventions aim to define the norms by which works of art that are considered to be cultural patrimony may move - or rather not move - from one nation to another. Clear and qualified definitions of "illicit" and "cultural patrimony," which are crucial to the interpretation and implementation of the Conventions, are left in abeyance. The lawyers and government officials who conceived of the Conventions did so, by most accounts, without taking into consideration the realities surrounding art and the experience of those involved in its preservation, circulation and study. 

As a humanist and collector, I passionately oppose the Conventions as drafted, believe that their creators are misled by the Utopian idea that every created object has its perfect or natural location and must remain in situ, overlooking the fact that art is cross cultural and, in many aspects, timeless. If disseminated widely, as in the past, art is a major contributor to progress, to our intellectual development, and to mutual understanding among peoples. Art must be preserved.  All those involved must work together to forge a Convention to stop art theft in the classical sense - the pilfering of architectural complexes, the destruction of ancient sites, and the circulation of forgeries.

La préservation du passé pour les générations à venir' - extrait

need a free translation? Or an English (shorter version) : http://www.unidroit.com/Burn.htm

(George Ortiz: Table ronde ´Regards croisés sur les ‘Arts Primitifs’ - Musée Galerie de la Séota, Paris, 15 avril 2000)

Ceci étant, l’Européen a eu un rôle de colonisateur déplorable en Afrique, divisant les ethnies et portant atteinte à leurs structures sociales et politiques, responsable de détourner ces peuples de leurs croyances et de leurs expressions artistiques.

Les musées d’Afrique ont été élaborés par les Européens, ne sommes-nous pas encore une fois en train de coloniser ces pays d’Afrique par notre approche idéologique, par notre façon de faire et de voir?

Pour beaucoup d’Africains, leurs sculptures, œuvres d’art à nos yeux, sont considérées comme un blocage au progrès matériel et à la modernisation de leur pays. Par contre, pour tous ceux qui croient encore à la magie et à l’animisme inhérent à ces œuvres, les voir derrière des vitrines de musées les dérangent et les rend mal à l’aise (Par exemple le Nigéria, où l’Islam est en croissance, estime qu’accorder un intérèt à ces objets et les valoriser en vitrine est une offense à la religion musulmane ( en revanche pour les traditionalistes, qui sont encore nombreux, ces objets enfermés dans des vitrines ont perdu leur efficacité et ne leur sont plus d’aucun secours.)

´UNIDROITª – footnote 2

Par exemple le Nigéria, où l’Islam est en croissance, estime qu’accorder un intérèt à ces objets et les valoriser en vitrine est une offense à la religion musulmane; en revanche pour le traditionalistes, qui sont encore nombreux, ces objets enfermés dans des vitrines ont perdu leur efficacité et ne leur sont plus d’aucun secours.

En ce qui concerne l’ICOM, pourquoi n’a-t-elle pas agi avant l’arrivée de Kabila et les troubles qui ont suivi, facilement prévisibles, à savoir le pillage du musée. Pourquoi ses membres n’ont-ils pas, par l’UNESCO ou par tout organisme de leur choix, fait pression pour que des dispositions soient prises afin d’empécher ce désastre ?

Une fois le mal fait, ils ont envoyé des circulaires aux antiquaires, à Interpol et à la police. s’agit-il de négligence inadmissible de leur part, de manque de vrai intérèt pour ces œuvres ou voulaient-ils alimenter leurs thèses que le marché est responsable des vols et pillages et ainsi étayer l’idéologie qu’ils poursuivent?

A propos de cet espace

Article trouvé sur: http://www.unidroit.com/Bruler.htm

Faut-il brûler les collectionneurs ?

 

"Le vrai probleme" Intervention de George Ortiz, intitulée "Le vrai problème" lors de la table ronde : Faut-il brûler les collectionneurs? tenu à l’Institut Culturel d’Italie, à Paris le 25.10.1995.

Le titre "Faut-il brûler les collectionneurs" m'a beaucoup choqué, mais la question a le mérite d'être claire: on aurait pu passer directement à l'acte.

Quel est le rôle des collectionneurs? Celui de l'Unidroit qui les persécute? Que cachent les trouvailles archéologiques? Quelle est la valeur scientifique de l'objet par rapport à l'œuvre d'art? Le patrimoine national s'oppose-t-il au patrimoine universel? Je conclurai en parlant de l'individu et de l'Etat et de la responsabilité morale de chacune des parties.

1. Les collectionneurs et leur rôle

Le collectionneur est un individualiste passionné. Il est à la source des musées et des collections publiques. Pourrait-on s'en passer? Les collectionneurs trient, filtrent et réunissent. Tôt ou tard leurs ensembles ou leurs meilleurs éléments passent aux institutions publiques: ils remplissent une fonction sociale.

Derrière les plus beaux ensembles des plus grands musées se cache toujours un collectionneur: pour le Haut Moyen Age, Pierpont Morgan au Metropolitan et Martin Le Roy au Louvre, pour l'art grec Käppeli et Ludwig à l'Antikenmuseum à Bâle; s'il y a des Impressionnistes à l'Ermitage et au Pouchkine c'est grâce à Morozov et Shchukin.

La collection n'est pas seulement faite par des personnes fortunées. J'ai connu dans les faubourgs de Paris un petit appartement rempli d’objets des Iles Marquises qu’Emile Bouchard, marchand de bonbons, a rassemblés pendant toute sa vie. Tous étiquetés avec amour, avec leur provenance et avec des informations détaillées.

La collection c'est l'amour. James Hooper, était collectionneur d'ethnographie du Pacifique, d'Amérique et d’Afrique. Inspecteur à motocyclette des cours d’eau (dans le Oxfordshire), toute sa vie il a cherché des objets, les préservant de la destruction et de l’oubli, il les a réunis. Il avait son petit musée (dans le Sussex) qu'il faisait visiter à tout le monde. Après sa mort ses objets ont été mis en vente publique, ils sont aujourd'hui dans des musées ou d'autres collections. 

Le collectionneur partage ses objets avec d'autres, avec les savants, avec les musées, contribuant ainsi à l'étude et la connaissance. L'homme a de tous temps acquis des objets provenant d'ailleurs: les Hyksos entre les 15e et 16e dynasties avaient des peintures crétoises dans leur grand palais à Avaris à l'époque d'Ahmose (18e dynastie) qui lui possédait des objets keftiu (crétois), et on a trouvé un pot égyptien dans le palais de Minos près d'Héraklion de l'époque de Sheshonk de la 22e dynastie (890 av. J.C) qui lui-même avait un bracelet en or avec un sceau cylindrique mésopotamien de la période d'Akkad, 2300 av. J.C.

Le collectionneur possède par excellence un don intuitif pour l'art, une perception vraie qui lui permet de comprendre les objets avant qu'ils ne deviennent reconnus. Quand les structures étatiques collectionnent, c'est presque toujours après coup. Leur rôle n'est pas de concurrencer le collectionneur dans l'acte de création. Si elles acquièrent des tableaux contemporains, comme en Hollande depuis vingt ans, elles se trompent et ne savent aujourd'hui que faire: ces tableaux ne valent rien, personne n'en veut, c'est l'argent du contribuable qui les a payés.

Collectionner n'est pas une poursuite rationnelle ni intellectuelle. Nier le collectionneur c'est nier la sensibilité. Rationaliser l'acte de collectionner et en faire une poursuite intellectuelle c'est nier l'homme.

L'acceptation de la différence entre les hommes et d'une perception inhabituelle est à la base du progrès. Dans la mesure où une manifestation individuelle n'est pas contraire à l'éthique ou au bien-être général, la supprimer est contraire à une évolution positive de l'humanité.

Le collectionneur est protecteur, éducateur, un mécène - il offre le produit de son travail, son œuvre, à tous quels que soient ses motifs personnels. Et demander si l'art a besoin de collectionneurs est presque aussi absurde que demander si les enfants ont besoin de leur mère.

 
 

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II. Unidroit (24 juin 1995)

Je veux maintenant évoquer Unidroit. Qu'est-ce que Unidroit?

L'Unidroit est la suite de la convention de l'UNESCO de 1970, mentionnée par le Prof. Renfrew. Déjà la convention de la Haye de 1954 avait pour but de protéger la propriété culturelle de tous les peuples, l'héritage culturel de l'humanité, des dégâts de la guerre.

Quels sont leurs objectifs?

La protection du patrimoine culturel mondial.

Promouvoir les échanges culturels et la diffusion de la culture pour le bien-être de l'humanité, le progrès de la civilisation et la compréhension entre les peuples.

Préoccupé par le trafic illicite des biens culturels et les dommages qui en sont la conséquence pour le patrimoine commun de tous les peuples, renforcer et promouvoir ce qui précède et lutter contre le trafic illicite.

Mais la réalité de la réglementation est une hypocrisie morale dont les conséquences vont à l'encontre des buts prétendus. C'est cela qui est important.

Unidroit ne définit pas "le vol" dont l'extension du terme est irréelle. Il ne différencie pas les biens meubles et immeubles. Il n'impute aucune responsabilité aux pays sources: leur devoir de s'assumer, de protéger leurs sites et collections, d'informer sur les objets volés, etc. d' adopter des dispositions et des lois, raisonnables et pragmatiques.

Unidroit est d'approche idéologique et simpliste.

Ceux concernés par la fabrication de ce règlement, pour la plupart des juristes, ont négligé de s'informer de la réalité dont ils traitaient et des suites des dispositions qu'ils envisageaient. Ils ont donné la primauté à l'intérêt national de rétention sur les considérations de conservation, de vérité et d'accès. L'application de cette législation serait déplorable moralement, contre-productive dans la pratique et criminelle dans ses conséquences pour la culture mondiale.

Conséquences de la ratification d'Unidroit :

Pas de marché, pas de débouché d'où destruction massive des restes archéologiques. Infrastructures insuffisantes, ethnies qui ont changé, manque d'intérêt, d'où destructions fréquentes des objets rendus aux pays sources.

Perte pour la science de tout le matériel en mains privées locales qui sera évidemment caché ou détruit.

Atteinte à l'activité des musées dans l'avenir puisqu'ils ne pourront plus jamais acquérir des objets archéologiques qui ne sont pas de chez eux, puisque tout objet sous terre est considéré par tous les pays, même ceux aussi évolués que l'Italie, la Grèce, la Turquie, et tous les pays sous-développés comme leur propriété. En Italie le sous-sol n'appartenait pas à l'Etat. C'est Mussolini qui a changé ceci, le fasciste Mussolini que l'on a tant décrié, dans la loi no. 1089 du 1er juin 1939; mais elle n'a jamais été abrogée cette loi.

Atteinte à l'activité d'exposition, qui pourra exposer? La recherche scientifique dans nos pays sera retardée.

C'est presque mettre l'art et la culture au cachot.

Une loi doit être morale et applicable, ce qui veut dire constructive.

Pourquoi cette loi?

Parce que les responsables ont pêché par utopisme qui est le contraire du réalisme, parce qu'ils se sont laissés influencer par les pays sources et la ténacité des idéologues employant tous les moyens, puisqu'aux yeux de ceux-ci la fin les justifie; parce qu'ils ont cédé à l'accommodement politique plutôt que de poursuivre la recherche de la vérité; et que devant la tâche colossale d'harmonisation de toutes les législations mondiales en un document applicable, ils ont crée un bébé, presque un monstre, qui est devenu une fin en soi.

Comment en sont-ils arrivés là?

Par naïveté, par refus d'accepter une réalité qui est contraire à ce qu'ils auraient voulu qu'elle soit, et un empêchement à la fin recherchée; ils se sont laissés désinformer et ont contribué et participé à cette désinformation dans leurs réunions de travail, dans leurs conférences et par la presse.

Parce que les collectionneurs sont des individus agissant isolément. Ils ne forment pas de groupes de pression et n'ont aucune plateforme pour les représenter.

Les archéologues des pays acquéreurs en grande majorité se solidarisent avec leurs collègues dans les pays sources. Pourquoi? Mais c'est évident. Ils sont dans une situation épouvantable. Ils ont leurs collègues qui disent "regardez ces objets qui arrivent sur le marché, c'est la fouille, c'est le pillage de nos sites archéologiques, c'est notre héritage, c'est notre passé". Et alors la lâcheté de la plupart de ces archéologues qui veut que, pour être reçus l'été pendant leurs vacances, pour être reçus dans les missions de travail, dans l'espoir d'avoir le droit de publier des objets appartenant à la Grèce, la Turquie ou l'Italie, dans l'espoir d'être bien vus, dans l'espoir d'avoir une information, dans l'espoir de voir des objets des réserves, dans l'espoir de voir des objets non publiés, non inventoriés, non répertoriés, non soignés, non montrés, enfin bref, pour toutes ces raisons - il y a un comportement compréhensif, mais quand même peu souhaitable.

Prenez par exemple le Musée du Louvre. Quelle est la mission du conservateur en chef d'un département? Enrichir les collections. Et que font ces conservateurs, certains sous-conservateurs, leurs assistants qui sont souvent de très bons archéologues - voyez les contradictions.

Il y a en effet autre chose, il y raz de marée contre toute idée de collections personnelles - seuls les archéologues et les nations sources ont droit de parole. Ainsi, ceux concernés préservent leurs privilèges de fonctionnaires à l'exclusion de tout autre, leur position devient un monopole. Dans une certaine mesure cette attitude d'Unidroit est motivée par l'envie, la jalousie et le désir de contrôler et d'augmenter leur pouvoir. Le collectionneur est vu comme dérangeant - une menace.

Campagne de désinformation: deux poids, deux mesures

Les collectionneurs sont les victimes de campagnes de désinformation. J'ai fait l'exposition de ma collection à la Royal Academy au début de 1994. La grande majorité de la presse était extrêmement favorable: mais par la suite certaines personnalités des médias n'ont considéré que les critiques contenues dans deux articles défavorables - attaques suscitées par l'ignorance, la jalousie et l'envie. Par exemple, le soin religieux que je mets à respecter les objets fait que l'on a accusé leur aspect 'virginal' d'être le fruit de leur trouvaille récente!

Dans "Le Journal des Arts", "The Art Newspaper", et même à la télévision anglaise, le Prof. Elia de Boston et le Prof. Renfrew de Cambridge, répandent la rumeur que ma collection était controversée, que les collectionneurs sont les voleurs, que la source des objets de collection sont des sites archéologiques spoliés, que le pillage commence et finit avec les collectionneurs qui sont les vrais pillards. Récemment Renfrew dans le "Journal of Financial Crime", repris par et le "Times" et le "Evening Standard", affirmait que le trafic des antiquités était lié au trafic de la drogue, évoquant le chiffre de £3 milliards par an.

J'ai essayé de m'informer sur le trafic de la drogue, ce qui n'est pas facile. Les chiffres doivent avoisiner à 20% près $500 milliards par an. Et qui dit drogue dit crime. Crime horrible contre nos enfants, contre nous tous.

Vous voyez l'allusion calomniatrice pour les collectionneurs. Mais le marché des objets de fouille, des objets de fouille fraîchement trouvés, à combien s'élève-t-il? En étant immensément généreux je dirais $150 millions par an. Mais pourquoi? Parce que $75 à 100 millions de ces objets viennent de Chine, cette immense Chine avec 1 milliard 200 millions d'habitants, cette Chine qui représente au moins la moitié sinon deux tiers de ce chiffre. Comparez les trouvailles fortuites commercialisées à la drogue - 1 à 1000 ! En voulant les faire passer pour la même chose n'est-ce pas une déformation idéologique épouvantable?

Pour renchérir dans ce sens, "The Art Newspaper" dans diverses éditions en plusieurs langues a repris le cri de bataille désinformateur de l'illégitimité de ma collection sans provenance. Et dans son édition no. 40 de juillet/septembre 1994, concernant l'exposition des bijoux du monde classique au British Museum il dit "because the British Museum exhibition has limited itself to pieces with a firm provenance, the catalogue will stand as a basis for further research." J'ai pris le catalogue de cette exposition que je n'ai malheureusement pas pu voir et j'ai pris mon propre catalogue.

La réalité est autre:

BM bijoux du monde classique : GO exposition RA :

notices cat. : 197 282 dont 118, plus 40% proviennent de vieilles collections

avec provenance : 101 24

dit être de : 71 125 "soi-disant de"

"said to be" "allegedly from"

probablement de: 2

aucune mention : 23 58

Tous sont des objets du British Museum, du Metropolitan et de l'Ermitage, et ceux de ce dernier ont tous une provenance de contexte archéologique.

Les vieilles collections ont très rarement des provenances. Allez au Louvre, la collection Campana, allez au British Museum, allez dans n'importe quel musée, les vieilles collections n'ont pas de provenances! Le Prof. Renfrew vous le confirmera. J'ai quand même 118 objets d'anciennes collections dont 24 avec provenance. Il est impossible d'être collectionneur d'objets de fouille officielle.

En tout cas à partir d'aujourd'hui, si Unidroit est ratifié, aucun commerce licite d'objets d'antiquité archéologique de quelque ordre qu'il soit ne sera possible. Le British Museum dit "said to be" (soi-disant de) et moi "allegedly from" (proviendrait de). J'ai écrit "allegedly" pour me protéger légalement.

Réfléchissez-y.

Pour contrer cette désinformation j'ai apporté des extraits de plus de cent lettres émanant de visiteurs de mon exposition à l'Ermitage, au Pouchkine, et à la Royal Academy. Quand j'ai montré cela à un ami il a dit, 'mais ou sont les critiques?'. J'étais tout surpris. J'ai vérifié. Dans toutes les lettres que j'ai reçues des Russes et des Anglais, pas une n'a été critique, pas une ne contenait une seule phrase de critique.

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III. La réalité

Il est évident qu'il faut essayer de mettre fin à la fouille illicite, l'amputation de monuments et la contrebande sont des réalités déplorables, qui conduisent à de terribles dégâts, mais la grande majorité des objets qui alimentent le marché sont des trouvailles accidentelles dûes au développement économique que le monde connaît depuis la fin de la deuxième guerre mondiale: aménagement du territoire, construction d'autoroutes, d'immeubles, d'usines, de bâtiments publics et privés, réformes agraires, opérations militaires, guerres civiles (Afghanistan, Cambodge, Bosnie), annexions (le Tibet).

Il s'ensuit la destruction voulue de restes archéologiques trouvés au cours de projets de développement gouvernementaux, provinciaux, municipaux et privés. Mr. Weill Goudchaux l'a clairement exposé.

La perte de l'héritage culturel commun par négligence dépasse de loin l'effort combiné de tous les huaqueros et tombaroli du monde.

Le Prof. Boardman qui est à Oxford ce que le Prof. Renfrew est à Cambridge, écrit: "La plupart des fouilles ne sont jamais entièrement publiées. Comme Rhys Carpenter l'a dit : 'quelques archéologues sont lents à se rendre compte qu'ils sont en train de brûler le livre de l'histoire page à page au fur et à mesure qu'ils le lisent. Il y a plus de pertes d'informations archéologiques par la fouille officielle au nom de la connaissance que par les pilleurs de tombeaux pour les collectionneurs et les musées. Et malgré cela les fouilleurs qui ne publient pas continuent à bénéficier d'un crédit pour leurs découvertes.'"

Le Prof. M. Coe aux Etats-Unis la sommité pour l'archéologie pré-colombienne, remarque: les archéologues sont parmi les pires offenseurs car la moitié des sites fouillés ne sont jamais publiés, "réfléchissez là-dessus une minute" dit-il "des cartons de tessons dorment dans les sous-sols, celui qui les a excavés est parti il y a longtemps, ses notes sont éparpillées, les étiquettes ont disparu."

Et la non publication des fouilles officielles! Prenons le cas de Brauron dans l'Attique, site très important pour l'art grec du 4ème siècle - avec de nombreux marbres - fouillé par le Prof. J. Papadimitriou il y a près d'un demi-siècle. La fouille a été partiellement publiée. Papadimitriou est mort, sa veuve hérite des droits de publication. Qui publiera et quand? Que seront devenues ses notes? Que seront devenues les notes de trouvaille, les fiches qui appartiennent à chaque objet? Je ne sais pas. Nous attendons toujours anxieusement cette publication.

Ross Holloway un archéologue américain relate qu'à Lefkandi en Eubée on a trouvé au début des années 80 un "longhouse" du 10ème siècle avant notre ère. Le maître d'école grec local en a fait raser une grande partie parce qu'il voulait construire une maison; son projet a été arrêté mais pas la destruction.

Le Prof. Mussche était à la tête du département d'archéologie de l'Université de Gand. Il rendit visite à l'Ephore de l'Attique (il y a quarante-cinq ans déjà). Un paysan du Sounion est entré dans son bureau avec un merveilleux vase géométrique. Le paysan demande respectueusement "Monsieur le Directeur, Monsieur l'Ephore, je voudrais six cents drachmes pour ce vase." A l'époque, un paysan gagnait trente drachmes par jour, c'est-à-dire $1.50. L'Ephore des antiquités d'Attique a répondu "jamais, ce vase est à nous! Il est volé." Alors le paysan osa ajouter "mais j'ai perdu deux jours de travail et j'ai dépensé cinq drachmes de transport; pouvez-vous rembourser mes frais, soixante-cinq drachmes?". Il a été jeté hors du bureau de l'Ephore devant le Prof. Mussche. C'est Mussche lui-même qui m'a raconté l'affaire. Que va faire le paysan la prochaine fois quand il trouvera une antiquité en labourant son champ? Il va la casser, et vite! Et il aura malheureusement, raison.

Les Grecs refusent de publier d'importants kouroi. Connaissez-vous la condition déplorable de nombreux sites archéologiques dans le monde méditerranéen, la Mésopotamie et l'Egypte, et les peintures pompéiennes laissées à l'intempérie à Pompéi. Le musée du Caire où il y a encore des objets en caisse, des momies entassées, des tissus de la tombe de Toutankhamon, sont encore selon les dires de la presse non ouverts, non soignés? Il y a des exemples comme cela partout: au Musée de Madras des bronzes merveilleux ont la gangrène.

Je reviens d'un voyage de douze jours au Yunnan. Depuis la "Longue Marche" deux cents millions de Chinois sont morts des suites du totalitarisme. Mais rappelez-vous, dans la France des années 50, si quelqu'un avait osé dire que des dizaines de millions de Russes étaient morts de faim, à cause des réformes agraires et des procès de Staline, personne n'y aurait cru. On aurait dit "désinformation", mais c'est nous qui étions victimes de la désinformation.

Eh bien, cette Chine, 90% de son paysage culturel a été détruit par la révolution culturelle. J'étais là en '58. Je reviens de Kunming, la capitale du Yunnan, trois millions d'habitants. La ville ancienne était un rêve, je connais des personnes qui l'ont vue, des maisons de deux étages d'une qualité merveilleuse. On a massacré leurs occupants au nom du marxisme, on a rasé toutes les maisons. J'ai visité Jinning, dans la même province, avec une ethnie minoritaire de 250'000 personnes, le palais royal a été entièrement brûlé, et le parc qui était ouvert au peuple sous la monarchie, les gardes rouges l'ont saccagé, ils ont même démoli les ponts, ils ont abîmé les arbres. Alors, si des objets sont sortis de Chine avant la révolution culturelle, clandestinement, de quelque façon que cela soit, n'ont-ils pas été sauvés? Ces colonialistes affreux, les comptoirs anglais, français, allemands, hollandais, c'est vrai ont eu des comportements inadmissibles, mais ces objets qu'ils ont sortis, ils les ont quand même sauvés.

Une grande partie des collections extraordinaires du British Museum sont ces objets. Alors, Lord Colin Renfrew a raison, il a raison quand il déclare que la moralité a changé. Mais attention: porter des manteaux de fourrure implique la mort d'animaux, espèces en voie de disparition. Il a parfaitement raison. Il faut que cela cesse. Mais, acheter des antiquités, même si elles sortent clandestinement - compte tenu de leur provenance dont Mr. Weill Goudchaux vient d'expliquer la source - le plus souvent c'est sauver ces objets, c'est les sauver.

Les objets tibétains qui sont sortis du Tibet avant l'annexion par les Chinois sont sauvés. Il y a quand même eu 800 tonnes d'objets en argent, en or et en bronze doré qui ont été acheminés à Pékin lors de l'invasion pour être fondus. Le pillage, le sac, la destruction au Tibet est colossal.

Que se passe-t-il par exemple en Indonésie? L'île de Java était bouddhiste jusqu'en l'an 1000, ensuite hindoue, et puis à partir de 1400 musulmane. Des statuettes bouddhistes en or sont trouvées de temps à autre lors de travaux agricoles. Celles-ci, n'ayant aucune portée religieuse pour les habitants, sont toujours fondues pour la valeur du métal. Récemment, certaines ont été sauvées grâce à la connaissance de l'existence d'un marché.

Et puis il ne faut pas oublier l'abondance du réservoir archéologique. Mme Vermeule, grande archéologue, a fouillé au nord de Chypre trois tombeaux contenant chacun plus de 1500 vases. Les musées de Chypre n'ont pas la place pour ces vases - trois tombeaux seulement, plus de 4500 vases!

La dépradation archéologique par la fouille clandestine est lamentable, mais ce n'est qu'une très faible fraction des dépradations, comme Mr. Weill Goudchaux l'a expliqué, de ce qui se trouve accidentellement, sauvé par l'existence d'un marché.

Le Prof. Renfrew nous a montré le trésor de Sevso. Savez-vous ce qui se serait passé s'il n'y avait pas eu un marché? Il aurait été immédiatement fondu, pour la valeur de l'argent, mais immédiatement, il n'a aucun autre débouché. Et ce n'est pas une fouille clandestine, je crois qu'il y a toutes les apparences d'une trouvaille accidentelle. Sans cela, il y aurait eu des rumeurs. J'ai essayé par tous les moyens de savoir d'où il provenait, sans succès. C'est une trouvaille accidentelle.

Prenez Ban Chiang, en Thailande, découvert je crois accidentellement et fouillé par les villageois. Fouilles clandestines donc. Et les vases ont été dispersés. Quand les archéologues finalement ont fouillé le site ils ont encore inventorié 16 tonnes de matériel!

Le Prof. Renfrew nous a montré le plus bel exemple de trouvaille archéologique à mon avis depuis au moins soixante ans; la tombe de Philippe de Macédoine, père d'Alexandre. C'est une trouvaille exceptionnelle, je ne vois guère un tombarolo tombant dessus. Et si un tombarolo tombait dessus, peut-être en effet le scénario catastrophe de Lord Renfrew se réaliserait. Mais je ferai remarquer que le merveilleux manteau de pourpre aux abeilles d'or qu'il nous a à peine montré a été noyé dans un bain de cellulose dans la restauration à l'époque, ce qui fait qu'il est devenu rigide alors qu'il était souple et qu'il ne retrouvera jamais son état originel. Le sortir de cette cellulose le détruirait. Mais, il aurait dû être mis sur un fond, un tissus inorganique, et maintenu sous verre dans des conditions appropriées. Ainsi il aurait été sauvé et dans son état originel. Je ne sais pas combien de temps cette cellulose moderne durera. Hélas ce manteau de pourpre de Philippe II trouvé officiellement ne survivra peut-être pas très longtemps.

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IV. La portée ou la valeur de l'objet

Le matériel archéologique n'est pas seulement un contexte à l'intérieur de la stratigraphie. L'archéologie c'est aussi et même d'abord l'art, la création artistique. Parce que l'on ne saurait pas d'où vient une sculpture de Michelange, cela voudrait-il dire qu'elle a très peu de valeur? Est-ce qu'un chef-d’œuvre d'art grec, un chef-d’œuvre d'art égyptien, un chef-d’œuvre d'art sumérien ne porte pas un message humaniste? Qui va bien au-delà d'un nationalisme rétentionnel? Je me le demande, je vous le demande?

Dans la logique aristotélienne de cause à effet qu'est-ce qui est plus important, la curiosité ou la joie spirituelle? La curiosité est nécessaire à l'homme, c'est comme cela qu'il apprend, mais faire d'un témoignage du passé, d'une des grandes civilisations, uniquement un témoignage ethnique, uniquement une donnée scientifique, c'est nier l'âme de l'homme.

Une des premières choses que l'homme ait faite c'est l'art quand il faisait des peintures dans les cavernes. Alors la science est supérieure disent beaucoup, mais est-ce que la contemplation n'est pas la chose la plus proche de l'expérience mystique et moralement supérieure. Qu'est ce qui est plus important, ressentir une œuvre d'art et son message ou considérer l'œuvre uniquement comme une évidence ou quelque chose? Et puis les archéologues et leurs groupes sont lents à publier, lents à exposer. Est-ce qu'il n'y a pas là dommage scientifique au progrès dans l'appréciation de l'art?

Expliquez-moi pourquoi la musique, un poème, la littérature, la peinture, la sculpture nous émeuvent. Cela est une dimension essentielle.

Diotimè dans Le Banquet de Platon suggère que l'intuition intellectuelle du beau est un don divin. Il s'ensuit donc que l'artiste relie le divin à l'homme.

V. Patrimoine

Nationalisme culturel équivaut à rétention, à négligences destructives souvent dans les pays du tiers monde aussi bien qu'en Occident. Nous avons tous des exemples en tête.

Est-ce que le nationalisme n'est pas réactionnaire puisqu'il traite les citoyens comme des membres d'une tribu (d'une chose), plutôt que comme des êtres humains? Dans la mesure où l'art est l'héritage de toute l'humanité, tous les hommes seront concernés par sa préservation.

La "culture" a toujours été internationale et le nationalisme culturel est une force rétrograde, un non-sens dans l'Europe qui est la nôtre désormais.

Nécessité du choix

Bien que le nationalisme ait des racines issues de l'âge des lumières, cette direction est dangereuse, elle a permis le concept du "Volksgenosse" (l'homme qui partage votre sang, votre langue, votre histoire et vos aspirations nationales), fondement du nazisme. Et le romantisme byronien, l'attribution d'un caractère national à la culture, est un sentiment qui en effet est très puissant. C'est ainsi que le "mana" des Polynésiens devient le "mana" d'une nation.

Les restes des cultures anciennes: Egypte, Grèce, Chine et Mexique n'ont aucune fonction contemporaine religieuse, cérémoniale ou communautaire. Ne sont-ils pas des restes qui appartiennent à l'humanité?

Le nationalisme culturel peut servir à construire des nations. Il est exploité par des démagogues et c'est pour cette raison que l'exportation de la propriété culturelle est réprimée. Evidemment il y a violente opposition entre nationalisme culturel et la notion d'héritage culturel de l'humanité.

La propriété culturelle doit être préservée, sauvée.

Mais la rétention ou la négligence possessive est criminelle si elle amène la destruction de l'œuvre. La préservation doit passer avant le contexte.

Puisque l'information est mondialement instantanée, la technologie est presque identique à travers le globe, si nous nous dirigeons vers des éco-systèmes et la créativité individuelle qui sont mobiles et en mouvement perpétuel, contrôler ceci par des règlements étroits d'esprit est voué à l'échec ou nous mènera à des idéologies réactionnaires destructrices.

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VI. L'individu et l'Etat

Pour conclure, la responsabilité individuelle est garante de notre liberté. La liberté enrichit et n'appauvrit pas. Si nous devons trouver nos racines il ne faut pas que ce soit des racines différentes parce que cela mène au Rwanda, à la Bosnie, cela mène aux guerres de religion comme il y a trois cents ans en Europe. Les racines doivent être trouvées en nous-mêmes. Car c'est en nous-mêmes qu'elles se trouvent car nous sommes tous sur cette terre la même espèce biologique doués d'une intelligence supérieure caractérisée par des éléments de spiritualité. Notre patrimoine est la totale créativité intellectuelle et matérielle du monde.

Comme Pic de la Mirandole (1463-1494) dans "De la dignité de l'Homme" dont la grande idée était une convergence des doctrines, pour atteindre un humanisme universel, je crois que l'art est le meilleur moyen de permettre cet entendement parmi les peuples.

Comme lui j'aimerais être cet homme digne, vagabond de la vérité. La liberté responsable garantit la dignité de l'homme.

J'aimerais répéter une chose que j'ai déjà dite: "L'art est beaucoup plus que commerce, l'art est une manifestation matérielle de la plus noble expression de l'homme. C'est idéalisme rendu matière, c'est un message de communication. Si nous essayons de faire un monde où les idées circulent, l'expression de ces idées manifestée à travers l'art doit aussi circuler librement."

Ce n'est pas légiférer qui est nécessaire mais éduquer, rendre conscient et éveiller un sens d'éthique dans l'humanité.

Il incombe aux législateurs de rendre les citoyens conscients et responsables et non de les réglementer en tout.

George Ortiz

Humaniste et Collectionneur

Intervention de George Ortiz, intitulée "Le vrai problème" lors de la table ronde : Faut-il brûler les collectionneurs ? tenu à l’Institut Culturel d’Italie, à Paris le 25.10.1995.

Les 3 autres intervenants :

Collin Renfrew " The endangered past- shameful dealings and changing responsibilities"

Giancarlo Ligabue "Il collezionismo fra possesso e rivendicazione culturale"

Guy Weill Goudchaux "Qui veut noyer son chien… l’accuse de la rage"

Textes publiés dans ‘Mezzavoce’ N°3-4 Décembre 1995, intitulé ‘Patrimoine — Beni culturali’ Appendice 2 : page 145-165

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Read more: http://www.unidroit.com/KeyPoints.htm 

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also : Nok statues

Visit the George Ortiz site: http://www.georgeortiz.com/ 

 

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