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La sélection de David Norden
collection mestach at African Antiques
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Mestach l'Africain dévoile ses trésors inédits
Masque kwese, 27 cm.(Pierre Bergé & Associés)La collection de cet octogénaire, l'une des plus importantes au monde, est présentée pour la première fois en Europe. 111 chefs-d'oeuvre choisis dans son antre bruxelloise.
« POUR mieux comprendre les motivations de l'oeuvre des»Peuples
sans écritures*, symbolique par choix ou par nécessité et pénétrer le
sens du»graphisme* anthropologique de l'idée devenue image dans les
trajets de la pensée primordiale, il nous faut redécouvrir»l'intelligence
du coeur* des truismes initiaux que l'instinct n'a jamais oublié, réapprendre
à»lire* ce qui n'est pas écrit. » Cette quête où seule la
sensibilité conduit aux chemins de la connaissance anime depuis
toujours le Bruxellois Willy Mestach. Sur les pas de son maître André
Breton persuadé que seul « le seuil émotionnel peut donner
accès à la voie royale », ce collectionneur engagé, qui vient
de fêter 83 ans de vie de rébellion et de sagesse, de coups de chance et
de coups de gueule, s'est pris d'une passion sans fin pour les arts
premiers.
Ce « roi des Songyes » comme il aime plus volontiers se faire appeler, n'avait pas les moyens de continuer à acheter la grande statuaire classique comme les Byieris ou les Fangs, dont il a gardé toutefois un modèle suintant, superbe ! Son aventure de peintre évoquée à l'entrée de l'exposition par un portrait cubiste de sa mère, qui lui a « insufflé le goût de la collection », l'a conduit vers des objets aux formes abstraites, tantôt douces, tantôt brutales, puissantes par leur simplicité et leur symbolique. Autant de nuances de contrastes que les trois commissaires de cette exposition - Patrick Mestdagh, président de Bruneaf (17e édition bruxelloise consacrée aux arts premiers), Marc Leo Felix et Patrick Didier Claes - ont mis en scène dans un parcours privilégiant les affinités de formes et d'esprits. 111 objets au total, et non pas 100 comme prévu, pour être sous la protection de ce chiffre bénéfique vanté par un sage chinois. Le dialogue est aussi subtil que l'oeil de Willy qui « a toujours eu le flair pour dénicher la pièce maîtresse » estime ses proches, tous admiratifs de cet homme « au caractère bien trempé, au verbe sans retenue, à l'exigence pointilleuse comme tout amateur de renom ». Le parcours débute tendrement par les couples comme cette paire de Lubas du Kasai fondatrice du clan et se termine sous la force brutale des fétiches songyes, tel celui provenant du sous-groupe Bena-Kibeshi ramené en 1920 par le gouverneur général Heenen. Entre les deux : un couloir de masques songyes tous différents selon la fonction et la région, tous impressionnants par les contours et couleurs géométriques. Un hommage à la modernité de ces objets expressionnistes pour la plupart disparus avec les razzias « arabes » de la fin du XIXe siècle. Identité culturelle perdue C'est ce côté surréel qui a attiré notre collectionneur. De la sculpture bicéphale Lobi du Ghana en bois et croûte sacrificielle, au bois semi-odorant, en forme de main ouverte, à cinq petites branches comme des doigts de Tanzanie. De ce masque luba, singe stylisé aux joues gonflées par des réserves de nourriture, au masque circulaire yela blanc avec ses courbes pour les yeux et ses obliques pour les joues. Du bouclier songye en forme de haricot gravé de sillons, à la canne nyamwezie de Tanzani, emblème de pouvoir matériel comme celui du « meneur de troupeau » des civilisations à élevage, ou spirituel comme celui du « guide pastoral ». C'est le seul objet avec lequel Willy partirait sur une île déserte. « Hors de son milieu, retiré de son contexte, non seulement géographique mais aussi social, l'objet perd son identité culturelle » explique le collectionneur dans l'épais catalogue fort bien documenté et, pour une fois, accessible à tous. De la panoplie du»colonial* au mur du»collectionneur* associé aujourd'hui à l'art contemporain, on tend à oublier la relation de l'objet africain avec son milieu d'origine, faisant abstraction de l'évidente implication ethnologique. » Après des années passées à comprendre l'intelligence des formes des arts premiers - titre du catalogue riche en réflexions intimes recueillis à partir des petits bouts de papiers conservés avec soin par sa femme Marthe -, Willy Mestach s'est mis à « explorer le primordial, au travers du chamanisme, par un retour à la nature dans ses formes, ses matières et ses mythes. Ce mystique a retrouvé cette « Terre mère ; matrice originelle, dont nous sommes issus et où finalement, l'on retourne ». Jusqu'au 29 juin, de 10 heures à 19 heures, chez Pierre Bergé & Associés, 40, place du Grand-Sablon, 1000 Bruxelles. Tel : + 32 2 504 80 30 et www.bruneaf.be En complément
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