Lisbonne at African Antiques
|
Lisbonne, la belle métisseChers lecteurs, Je participe à la Biennale des Antiquaires de Lisbonne du 18 au 26 mars 2006.
| ||||||||||||||||||||||||||
|
||||||||||||||||||||
|
|
Pour l'heure le Musée de la Société de géographie est fermé, pour dépoussiérage, "sans prévision de délai" , précise le portier en uniforme avec une nonchalance apparente c'est plutôt de la lucidité, de celle dont parle Amalia Rodrigues, la voix du fado, comme d'une qualité portugaise.
Lisbonne a gagné, en 1995, un musée d'ethnographie moderne, bien tenu, bien classé, dirigé par un grand amateur de
fado. Le bâtiment moderne est perché en haut de Belém, point de départ des aventuriers des
mers, et temple du pastel de nata, petit gâteau rond, pâte presque feuilletée, garniture de flanc au
lait, jamais aussi craquant qu'à la Casa dos Pasteis de Belém murs en
azulejos, les carreaux de faïence, bleus et blancs.
Si, au Rossio, on est privé du capharnaüm muséal, la bibliothèque des géographes demeure
ouverte. Avec ses cartes posées sur les tables, son grand escalier précédé d'un tableau
peint, en 1898, par Velos Salgado : Vasco de Gama devant le zamor in (gouverneur local) de
Calicut, turban, peau ambrée, ors et brocards.
Presque en face, ouverts sur la rue des Portes de Saint Antoine, le Sem Rival et le Francisco Espinheira servent de la giginha , cerises à l'eau de vie, aux touristes et aux Lisboètes. Là, sur les trottoirs de céramiques
bicolores, règne une intense activité téléphonique portables, cartes à
gratter, tout ce qui sert à appeler le pays.
Pré carré de l'africanité lisboète depuis le XVIe siècle des Noirs y proposaient déjà leurs services, pour passer les murs des maisons à la chaux , les alentours de l'église de Santo Domingos et de la place Dom Pedro V ont été rebaptisés
"ambassade de Guinée" . C'est le point de rendez-vous communautaire des Guinéens de Bissau et des
Angolais, libérés de leurs attaches coloniales après la révolution du 25 avril 1974 et l'arrêt brutal de quarante ans de
salazarisme.
Sur la place Dom Pedro V, près de la pâtisserie Suiça, trop rénovée, une échoppe à
l'ancienne, comptoir et vitrine de bois foncé, vante toujours ses chapeus coloniais (chapeaux
coloniaux) et propose d'authentiques panamas crème.
Les vendeuses de fèves, de poisson ou de moules, et les lavandières s'agglutinent au bord du
Tage, sur le Cais do Sodré près de l'embarcadère des bateaux qui traversent le fleuve pour relier les cités-dortoirs de Barreiras où vivent beaucoup d'Afro-Européens.
Impossible d'appréhender Lisbonne en oblitérant son métissage. Que disent les statistiques ? De 1450 à 1500, entre 700 et 900 prisonniers africains sont vendus chaque année au Portugal. Au XVIIe siècle, ils sont plus de 100 000 à vivre en terres
portugaises. En 1620, on dénombre 10 470 Noirs, esclaves ou libres, à
Lisbonne.
Les esclaves étaient chargés de la corvée de l'eau. Des tableaux d'époque représentent l'effervescence colorée qui règne autour des chafariz , un mot d'origine arabe qui désigne la fontaine : charafiz d'El
Rey, chafariz de Dentro, au pied de l'Alfama, face au Musée du fado, autre genre marqué de négritude.
Au début du XIXe siècle, la famille royale s'exile au Brésil devant l'arrivée des troupes napoléoniennes. Elle en revient avec un contingent de serviteurs noirs, et d'habitudes
lascives, comme celle du lundum , d'où naquit le fado. Des colonies arrivent
Angolais, Mozambicains, Guinéens, Cap-Verdiens.
En 1974, commerçants métis, fonctionnaires, soldats, entrepreneurs blancs, de retour des colonies, sont imbibés de culture africaine comme
Mariza, star du nouveau fado, née en 1972 à Lourenço Marques, aujourd'hui Maputo, capitale du Mozambique.
On apprécie tous ces brassages au Chapito, école de cirque, restaurant, lieu de croisements citoyens et
alternatifs, qui, depuis les flancs du château Saint-Georges, domine le Tage. Plus haut encore, sur l'un des promontoires spectaculaires de
Lisbonne, l'Igreja da Graça, Notre-Dame de la Grâce, et ses saints noirs, dont sainte Iphigénie et saint
Elesbao, sont aussi chéris qu'à Salvador de Bahia.
L'église fut cruellement atteinte par le tremblement de terre de 1755, et le Largo do Pelourinho la place du Pilori , où se tenait le commerce des
esclaves, près de la Praça do Municipio de l'Hôtel de ville fut balayée par le raz de marée et les incendies qui
s'ensuivirent.
La statue de pierre du géant Adamastor domine le belvédère de Santa Catarina. Ambiance beatnik des grandes années, vue
imprenable. Adamastor a surgi de l'inconscient du poète classique Luis de
Camoes, dont Les Lusiades , parues en 1572, narrent l'épopée de Vasco de Gama. Camoes voyagea de par le monde, fut soldat aux
Indes, à Goa, puis creva la faim au Mozambique, deux ans durant. Adamastor est celui qui surgit face aux Portugais pour barrer le passage des
Indes, et qui va jusqu'à réduire une famille chrétienne à l'esclavage, près du cap de
Bonne-Espérance.
La présence mythique de l'Afrique mène insensiblement vers le quartier de Sao Bento, et sa rue créole, le Poço dos
Negros, le puits des Nègres, où, au XVIe siècle, le roi Manuel exigea que les
"Guinéens" soient enterrés. Les pavés noirs, les loupiotes aux fenêtres des façades blanches, les arrière-cours, les bistrots allongés vers les
profondeurs, ont longtemps brillé d'autres feux : de la joie, de l'amour, du grogue , le rhum
cap-verdien, et de la catchupa, le cassoulet des îles, avec son piment.
Cesaria Evora y eut ses quartiers, et son producteur des années 1970, le chanteur
Bana, y tient un restaurant et un magasin de cassettes. Sao Bento est encore marqué de ces virées nocturnes, et des sons de la coladeira enlevée, mais la communauté a déménagé vers les banlieues lisboètes, telle Cova da
Moura, surnommée "la onzième île du Cap-Vert", archipel qui en compte
dix.
Bana a changé de quartier et a installé un nouveau restaurant au Rato, près de B.
Leza, la boîte de nuit qui porte le nom du plus renommé des compositeurs
cap-verdiens. Parquets cirés, salle à arcades, lustres antédiluviens, le B.
Leza, temple de la nuit africaine à Lisbonne, est, pendant la journée, le siège de la Casa Pia Atletico
Clube, un club sportif.
Catchupa, xabeu, moamba, kalulu de poisson se méritent à Lisbonne, ville bigarrée, où tout est mélange. Les Portugais ont prôné le métissage comme principe de
colonisation.
Le grand brassage mondial de la flore comme le définissait Fernand Braudel en témoigne au jardin botanique
(l'un des plus importants en Europe pour sa végétation subtropicale), en
implantant, par exemple, le manioc brésilien en Afrique, et en imposant la banane à l'Amérique du
Sud.
A Lisbonne, les provinces ont gardé leurs "casas", des maisons, qui sont aussi des restaurants, des coopératives artisanales de
l'Alentejo, de Madère, du Minho, etc. Celle du Cap-Vert fait danser les mardis et mercredis midi les travailleurs des services du
centre-ville, sans distinction d'origine.
Véronique Mortaigne
lisez aussi Lisboa-Fair (en anglais)
marchands d'Art Tribbal à Lisbonne:
Dear African Art Collectors,
Discover the African Art books I like
African Antiques is the archive and not growing much anymore but still updated.
Visit African Art for recent African Art News.
For extended news about Lisbonne join our African Art Club and become an insider, to enter you'll need to pay a small monthly fee .
And if you are a collector of African Art, have a look at our exclusive African Art Collection .
David Norden
--------------------------------------
african art | home | african art shop
Mail
David Norden
Sint-katelijnevest 27
ANTWERPEN-Belgium
Any questions?
Call us at +32 3 227 35 40
In
this section:
partners
:
zemanek | Buy African Antiques | discussion group En | groupe de discussion Fr
The
Tribal Arts of Africa
Author: Jean-Baptiste Bacquart
Sites Roll:
African Art Amazon books | African Art Books
African Arts news , Oceanic, Pre-Columbian
African Art Club Join today, be an insider !
Buy African Art from known collections.
diamonds
news is good news.
|
Is there life after Lisbonne ?
Also in this section : mail David Norden phone +32 3 227.35.40 |