Quai Branly
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groupe de discussion sur l'Art Africain
Par amour pour l'Art Africain.
Librairie d'Art Africain
La sélection de David Norden.
Le
musée du quai Branly à Paris
Inauguré en 2006, ce musée nouvellement créé
avec le soutien de Jacques Chirac et dont l’architecture originale est signée
Jean Nouvel, regroupe 3 500 objets issus des arts dits « premiers » et
provenant des quatre coins du monde.
Les « arts exotiques » du Quai-Branly
regards miroirs
"Tête de Nègre", par Jean-Antoine Gros et statue magique "nkisi",
Kongo (Rép.du Congo) rapportée par un médecin de marine en 1891.
Livres sur le Musée du Quai Branly
Musée des Arts derniers à PAris
ouverture
Branly: Extraits du discours de Jacques Chirac pour l'inauguration du Musée
du quai Branly. Près de 9 000 personnes ont visité vendredi le musée du quai Branly...
groupe de discussion sur l'Art Africain
Par amour pour l'Art Africain.
Musée du quai Branly
222 rue de l'Université
Au pied de la tour Eiffel
http://www.quaibranly.fr
Les
arts premiers à l'épreuve des techniques d'analyse scientifiques.
Ils sont de pierre, de métal, de plumes, de bois ou d'autres matériaux
naturels. Avec leurs couleurs ternes ou au contraire bariolées, leurs formes
humbles ou surprenantes, ils s'apprêtent à rejoindre les vitrines et les «
boîtes », inventées pour eux par l'architecte Jean Nouvel. Eux, ce sont les
objets des collections du musée du Quai Branly, qui sera inauguré le 23
juin. Certains ont été acquis par le nouveau musée, mais la plupart d'entre
eux proviennent de l'ancien Musée national des arts d'Afrique et d'Océanie
de la porte Dorée et du musée de l'Homme. Or, les collections de ces musées
n'ont pas toujours été présentées et stockées dans des conditions idéales
au regard des critères actuels. D'où la nécessité d'en restaurer un
certain nombre.
Deux cent soixante-douze des 3.800 pièces sélectionnées pour être exposées
ont été confiées aux soins du Centre de recherche et de restauration des
Musées de France (C2RMF). Les analyses réalisées en préalable à la
restauration des collections ont été complétées par des études destinées
à mieux comprendre ces oeuvres. Dans le cas de civilisations sans écriture,
souvent mal connues, elles sont déterminantes. Avec, à la clef, quelques
belles surprises.
Le savoir de l'ancêtre
Une des plus étonnantes concerne un reliquaire d'ancêtre Kota originaire
de la région d'Ogooué, au Gabon. Issu des réserves du musée de l'Homme, il
est constitué d'un panier, en partie dissimulé sous une sorte de pagne fait
de cordelettes de peau tressées, d'où émerge une tête stylisée de métal
ouvragé coiffée de plumes. La radiographie du panier a permis de découvrir
qu'il contenait un bric-à-brac de matériaux animaux ou végétaux, ainsi que
des ossements de l'ancêtre défunt et des bracelets métalliques - ce qui
indique qu'il s'agissait d'un personnage très important. C'est lui qui est
représenté par l'effigie en métal qui clôt et surmonte le panier. «
Les matériaux contenus dans le panier n'y sont pas par hasard, explique
Jean-Pierre Mohen, directeur des collections du musée du Quai Branly. Ils
témoignent de la connaissance qu'avait l'ancêtre de leurs propriétés.
Ainsi, seul l'ancêtre est capable d'ordonner la Nature dont l'homme fait
partie (1). » Comme le signale la bouche ouverte de l'effigie,
c'est à lui que l'officiant prête sa voix lors de la cérémonie au cours de
laquelle il transmet aux initiés sa connaissance de la vie.
« Dans ces cultures, explique Jean-Pierre Mohen, la conception de
l'oeuvre d'art est très différente de la nôtre. Les objets ne sont pas
faits pour être contemplés dans une optique purement esthétique. Ils ont
une fonction symbolique et, quand ils sont beaux, c'est uniquement parce que
cela participe de leur rôle. Ce n'est jamais de façon gratuite, comme dans
la culture occidentale. Le design automobile haut de gamme ou la haute couture
seraient peut être, chez nous, ce qui se rapproche le plus de cette
conception de l'oeuvre d'art. »
Humanisme profond
Comment faut-il alors comprendre la statuette dite d'« El Angel », aussi
appelée l'« Homme articulé d'or » ? Est-ce une statue funéraire ou représente-t-elle
un très haut personnage ? « Rien chez cette statuette masculine des
hautes terres de la province de Carchi, au nord de l'Equateur, n'évoque une
quelconque fonction dignitaire ou divine, reconnaît Jean-Pierre Mohen. Ce
qui touche en elle, au contraire, c'est plutôt l'humanisme profond qu'elle dégage.
» Acquise par le musée de l'Homme en 1945, elle est vieille de deux
mille ans et construite à partir de feuilles métalliques, enroulées et
cousues avec des fils d'or pour le tronc et les membres et estampées pour la
tête, les pieds et les mains. C'est pour analyser la composition chimique précise
des matériaux qui la constituent qu'elle a été confiée au C2RMF. Là
aussi, la surprise est au rendez-vous. Pas sous la forme d'un objet caché,
cette fois, mais dans la découverte que les habitants d'El Angel maîtrisaient
parfaitement la technique dite de « frittage » du platine dans l'or, que
l'on croyait à une date aussi précoce réservée aux orfèvres péruviens.
L'homme, articulé d'or, est composé d'un métal constitué de 78 % d'or, de
11 % d'argent, de 8 % de cuivre et de 2,5 % de platine. « Cette présence
de platine est typique du nord des Andes, où on le trouve dans la plupart des
alluvions aurifères », remarque Jean-Pierre Mohen. Or, le platine fond
à une température trop élevée (1.772 °C), pour la puissance des foyers de
l'époque. Il ne peut donc être allié à l'or, qui fond, lui, autour de
1.000 °C. D'où l'astuce des orfèvres d'El Angel qui introduisaient les
grains de platine dans l'or en fusion pour ensuite travailler les petits blocs
de ce mélange - qui n'est pas un alliage. Pour les mettre en forme, ils
devaient ensuite les réchauffer. « Cela supposait une maîtrise parfaite
de la température du feu et de la réaction du métal, souligne
Jean-Pierre Mohen. Un savoir d'une étonnante technicité pour un objet
vieux de 2.000 ans. » Les communautés andines qui occupent toujours ces
régions ont donc bien derrière elles toute une civilisation et une histoire.
L'arbre dogon
C'est cette même vision - peut-être encore plus ancrée à propos de
l'Afrique - de peuples figés dans l'intemporel que vient remettre en question
le travail réalisé sur l'une des pièces maîtresses des collections
africaines, la statue « Djennenké », acquise en 2004 par le musée du Quai
Branly, grâce au mécénat d'AXA. Non seulement il s'agit d'une des plus
anciennes statues en bois d'Afrique, puisqu'elle a été datée au
radiocarbone entre 930 et 1020, mais encore elle présente de multiples caractéristiques
de l'art des Dogons tout en leur étant antérieure. « Ou bien la
sculpture est plus récente que le bois lui-même, ou bien nous n'avons qu'une
histoire tronquée des Dogons ou bien encore la région du plateau Bandiagara
a été occupée par des populations aux traditions artistiques fortes,
ensuite reprises par les Dogons lorsqu'ils se sont installés », en
conclut Jean-Pierre Mohen.
Du haut de ses presque deux mètres, la statue présente en effet de nombreux
détails morphologiques et décoratifs typiques de l'art dogon. Le personnage
se tient debout, les bras dressés parallèlement, avec la main gauche
ouverte, la paume tournée vers le spectateur dans une attitude typique
d'imploration du divin. Il est hermaphrodite, avec une tête masculine dotée
d'un chignon et d'une barbe pointue typiquement dogon sur un torse et un
ventre féminins ornés de colliers et de seins allongés de mère nourricière.
Des jumeaux, fille et garçon, sont sculptés à la place qu'ils occupaient à
l'intérieur du ventre. Mais, au-delà de son imposante beauté, de son
ancienneté et du mystère de ses origines qui suffisent déjà à en faire un
objet hors du commun, l'examen radiographique réalisé par le C2RMF a encore
apporté une révélation supplémentaire. « Le sculpteur a été inspiré
par la morphologie de l'arbre, observe Jean-Pierre Mohen. Il s'agit en
effet d'une sculpture d'un seul tenant où deux branches légèrement
divergentes ont été transformées en bras tendus vers le haut tandis qu'une
autre branche, courbée au milieu des deux précédentes, a donné la nuque et
la tête, torse et ventre étant eux sculptés dans le tronc. Peut on imaginer
symbole plus fort de la genèse du monde que cet arbre de vie ? »
Egalement taillé dans un tronc d'arbre, un cèdre rouge cette fois, le mât
totémique polychrome, dit « Mât de l'ours », bien connu de ceux qui fréquentaient
le restaurant du musée de l'Homme où il trônait du haut de ses 5,15 mètres,
n'a pas non plus ménagé ses surprises à l'occasion de sa restauration par
la C2RMF. Originaire de Colombie britannique et daté de la fin du XIXe ou du
début du XXe siècle, « il représente la légende de Peesunt, jeune
femme enlevée par des ours que l'on voit à la base, tenant entre ses jambes
un des jumeaux oursons dont elle a accouché », explique Christiane
Naffah, directrice du C2RMF. Au-dessus d'eux se tiennent trois figures féminines
qui seraient des descendantes de Peesunt. La grande sculpture du sommet,
enfin, est censée représenter le grizzly, époux de Peesunt, avec l'autre
jumeau entre les jambes.
Primauté à l'authenticité
Ce mât a été acheté en 1929 par l'ethnologue canadien Marius Barbeau et
offert au musée de l'Homme. Si l'on soupçonnait sa polychromie de dater des
années 1930, où les employés des chemins de fer canadiens chargés de son
transport l'auraient repeint pour le rendre plus conforme aux attentes du
public de l'époque, la question était de savoir si on pouvait retrouver les
traces d'une polychromie antérieure au moins sur certaines parties, comme les
yeux, lèvres ou museaux, qui sont souvent rehaussés de couleurs. « L'étude
menée au C2RMF a, contre toute attente, conclu par la négative avec
plusieurs hypothèses explicatives, détaille Christiane Naffah. Soit
il existait bien une polychromie mais elle n'était pas présente à l'endroit
des prélèvements, soit elle avait été enlevée avant l'application des
couleurs en 1930, soit, finalement, le «Mât de l'ours» n'a jamais été
peint. » L'autre découverte faite à l'occasion de la restauration de ce
mât concerne son sommet. « Les oreilles du grizzly ont été ajoutées
pour «terminer» le totem après la suppression d'un élément dans la partie
supérieure, poursuit Christiane Naffah. Un assemblage de pièces de
bois rapportées masque en effet une cavité correspondant vraisemblablement
à l'emplacement de la figure sculptée, disparue avant l'envoi du mât en
France. »
On est, aujourd'hui, heureusement loin de ces pratiques de remodelage destinées
à faire coïncider les objets avec les attentes du public. La recherche de
l'authenticité prévaut et c'est au public de faire l'effort de s'intéresser
aux objets, même si leur aspect est moins séduisant. Le travail de
restauration réalisé sur une bordure de manteau funéraire Nasca datant
vraisemblablement du Ier siècle après J.-C., acquis récemment par le musée
du Quai Branly, est emblématique de cette nouvelle attitude face aux objets
non européens. Il s'agit d'une frise en broderie au point bouclé, réalisée
sur une bande de coton brun représentant une série de vingt colibris
butinant au sein d'une végétation luxuriante et colorée.
La pièce était en très mauvais état de conservation (textile cassant,
taché et poussiéreux, tendance de la broderie à se détricoter par
endroits) et a dû être démontée de son support. « On a alors découvert
qu'elle était composée de plusieurs morceaux mis bout à bout de façon
assez approximative », explique Christiane Naffah. En effet, les oiseaux
représentés de profil n'étaient pas tous tournés dans la même direction,
alors qu'ils le sont habituellement sur ce type de textile. Après de soigneux
relevés graphiques, les fils de coton entre chaque élément de la frise ont
été coupés en vue de leur remontage sur un nouveau support. « Les
restaurateurs se sont alors retrouvés à la tête de ce qui ressemblait fort
à des pièces de puzzle, et confrontés à l'exercice de patience constituant
à les refixer une à une, dans le bon ordre et dans le bon sens », ce
type de bordure étant, selon les spécialistes, conçu pour être double
face.
« Cette attention et ce respect portés aux objets d'art des cultures non
européennes sont très nouveaux, poursuit Christiane Naffah. On
aimerait qu'ils s'étendent également aux hommes qui, aujourd'hui, tentent
tant bien que mal de faire vivre ces cultures. » Certains d'entre eux ont
manifesté leur désir d'assister à l'ouverture du musée du Quai Branly. Espérons
que leurs voeux seront exhaussés. Après les pillages de l'ère coloniale,
nous leur devons bien ça.
CATHERINE DUCRUET
| En pratique
Voir
Au musée du Quai Branly : inauguration le 23 juin.
Outre les collections permanentes, des expositions temporaires débutent
également à cette date : « Nous avons mangé la forêt », Georges
Condominas au Vietnam, jusqu'au 15 décembre 2006 ; « Ciwara, chimères
africaines », jusqu'au 15 décembre 2006 ; «Qu'est-ce qu'un corps ? »,
jusqu'au 25 novembre.
Lire
« Arts premiers, le temps de la reconnaissance », Marine Degli et Marie
Mauzé (collection Découvertes Gallimard). Fidèle à la formule de cette
collection, ce petit livre fournit une vision synthétique du sujet avec
un soin particulier apporté à l'iconographie.
Pour ceux qui ont envie d'aller plus loin, un « beau livre » : « Arts
premiers, l'évolution d'un regard », de Lionel Richard (Editions du Chêne).
Une réflexion sur l'évolution de l'art et des musées aujourd'hui. |
Musée du quai Branly, Paris
Le musée du quai Branly qui ouvrira ses portes le 23 juin 2006 présentera au
public des oeuvres illustrant les grands espaces géographiques de notre planète
: Océanie, Afrique, Amériques.
En attendant, ce site présente de nombreuses informations et illustrations
grâce à différentes thématiques :
"musée", "magazine", "exploration",
"les portes du monde", "éducation",
"chercheurs"...
Il présente également les trois prochaines expositions :
"Nous avons mangé la forêt : Georges Condominas au Vietnam",
"Ciwara, chimère africaines" (de juin à décembre 2006)
et
"Qu'est ce qu'un corps ?" (du 23 juin au 25 novembre 2006)
et
un magazine qui sélectionne des expositions, livres et revues, des disques
ou encore des spectacles en rapport avec les thématiques principales du musée.
lire aussi :
| |
african art | home
| african art shop
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Tel +32 3 227 35 40
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