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Scarifications

 
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« Les cicatrices des scarifications me rendent plus africain.»

Avocat près le Tribunal pénal international pour le Rwanda, l'écrivain burkinabè Titinga Frédéric Pacere explique le sens de ce rite chez les Mossé.
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BURKINA FASO - 28 décembre 1999 - par PROPOS RECUEILLIS PAR MAMADOU BAH trouvé sur http://www.jeuneafrique.com 

Avocat de profession, Titinga Frédéric Pacere, 56 ans, est aussi l'une des figures de la littérature burkinabè. Toute son oeuvre (poésie et essais surtout) est centrée sur la culture mossé. Scarifié lui-même, il livre ici son expérience.

Jeune Afrique : La pratique des scarifications est-elle courante dans votre pays, le Burkina ?

Titinga Frédéric Pacere : Sur la soixantaine d'ethnies que compte le pays, la moitié pratique les scarifications. Parmi elles, les Mossé, les Bobos, les Gourmanchés, les Markas. Mais la situation est souvent plus complexe. Ainsi, dans l'ethnie à laquelle j'appartiens, les Mossé [improprement appelés Mossis], cette tradition est limitée à la frange des Nakombsé, qui regroupe environ trois millions de personnes.

J.A. : Pour prendre le cas des Mossé, quel est le sens des scarifications ?

T.F.P. : La pratique a été instituée sous le mogho Naba Warga [22e empereur suprême des Mossé, ayant régné entre la fin du XVIIe et le début du XVIIIe siècle]. Si, à la frontière de l'Empire, un négrier s'emparait d'un Moagha (singulier de Mossé), le tam-tam local lançait le message suivant : « Un homme blanc a pris un porteur de cicatrices en esclavage. » Le message était répercuté aux armées pour assurer la protection des frontières ; le négrier était rattrapé, sinon tué, et l'homme porteur de cicatrices, libéré. C'est pour cela, raconte-t-on, que la traite esclavagiste a relativement épargné les Mossé.

J.A. : Les scarifications avaient-elles d'autres fonctions ?

T.F.P. : Oui, car une loi coutumière de la même époque [XVIIe siècle] édictait : « On ne peut appliquer à un porteur de cicatrices que la coutume des pères. » On retrouve ici le principe de la non-rétroactivité du droit que l'Occident ne connaîtra qu'un siècle plus tard. Les scarifications ne correspondent pas à une recherche esthétique, mais servent à l'identification et à la protection sociale. Elles constituent la carte d'identité, le passeport de l'Africain.

Dans mon groupe social, quand on regarde un visage, et uniquement à partir du visage, on peut dire si l'homme [ou la femme] vient du Centre, du Nord, de l'Est ou de l'Ouest. On peut savoir s'il s'agit ou non d'un prince : une information d'importance pendant les périodes de guerre, car si l'on tue un prince, les négociations et l'armistice deviennent impossibles.

J.A. : Vous portez vous-même des scarifications sur le visage. Pouvez-vous nous en parler ?

T.F.P. : J'avais environ 3 ans quand on m'a apposé ces marques en même temps qu'à mes camarades d'âge. L'acte était pratiqué par un homme rompu à son art, l'exerçant dans le respect des règles médicales, culturelles, religieuses et sociales du milieu.

J'ai trois traits du front au menton en passant par les joues, un autre trait à droite sur le visage et d'autres marques signifiant que je suis fils de chef. Chez les Mossé, on peut aussi avoir des petites lignes sur les joues, des incisions serrées rappelant les marques d'un mille-pattes, d'autres évoquant des pattes de poulets, des dessins en forme de demi-lune, trois traits sous le menton, etc.

J.A. : Vous voyagez énormément. Avez-vous connu des désagréments à cause de vos cicatrices ?

T.F.P. : En France, à l'université, j'ai connu en effet des phénomènes de rejet. Un professeur m'a clairement signifié de quitter son cours parce que je portais des cicatrices raciales, donc j'étais « plus noir » que les autres. Mais, par la suite, je n'ai plus souffert d'ostracisme. J'ai même souvent bénéficié d'une considération particulière, du fait de mes cicatrices.

J.A. : Regrettez-vous personnellement de porter des scarifications ? Pensez-vous que cette pratique doit continuer ?

T.F.P. : Je ne le regrette nullement. Je me sens plus africain ainsi. Avec l'état civil moderne, la véritable justification des scarifications a certes disparu. Il ne faut cependant pas interdire la pratique, ne serait-ce qu'au nom du droit de la personne à disposer de son corps.

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