
Après la chute de la Position Fortifiée de Liège, l'armée de campagne se
replie sur le Réduit National d'Anvers. Les Allemands n'attaquent pas
Anvers immédiatement mais se contentent d'y installer un corps
d'observation. Notre armée de campagne exécutera deux sorties avec comme
objectif la ligne de chemin de fer stratégique Liège-Bruxelles-Mons, par
laquelle les Allemands approvisionnent le front. Le 4 septembre 1914,
les troupes Allemandes, appuyées par de l'artillerie légère, effectuent
une attaque surprise sur Anvers. Le centre de gravité se situe sur l'axe
Walem-Breendonk. Les forts repoussent facilement cette attaque.
Le 22 septembre, après la bataille de la Marne, les Allemands attaquent
pour une deuxième fois la Place Forte d'Anvers, cette fois avec la ferme
intention de s'en emparer. Le plan d'attaque prévoit ce que l'on appelle
une attaque abrégée dans le secteur Walem-Lier, avec trois divisions en
ligne, appuyées par la puissante artillerie de siège allemande. Le
bombardement doit, dans un premier temps, éliminer l'artillerie de la
forteresse et être suivi de l'assaut des forts et des intervalles entre
les forts. Ce bombardement dure deux à trois jours. Les Allemands
engagent des calibres 30,5 cm et de 42cm. Les forts attaqués directement
et conçus pour résister aux calibres de 27 cm, sont rapidement mis hors
de combat.
Dans la soirée du 2 octobre, le Roi Albert replie l'armée de campagne
derrière la ligne Rupel-Nete. Déjà les forts sont hors jeu... Le 7
octobre l'armée de campagne abandonne la Place Forte d'Anvers et se
replie sur l'Yser, par crainte d'être coupée des Alliés les forts de la
rive droite se rend le 9 octobre et ceux de la rive gauche un jour plus
tard, ce qui signifie la fin du Réduit National.
Fort Liezele vzw
Hoogstraat 29
B-2870 Puurs
Tel: +32 (0)3 890 76 20
Fax: +32 (0)3 890
76 92
fort.liezele@puurs.be
Au cours de ces opérations le Fort de Liezele se trouvait en dehors de
la zone d'attaque allemande. Depuis le 4 août des ouvrages de campagne
ont été creusés autour de la forteresse, pour la plupart par des
ouvriers civils et ensuite par les militaires. Dans les intervalles on a
creusé des tranchées, des abris et des positions d'artillerie. Le champ
de tir est déblayé sur une profondeur de 1.200 m, et un obstacle
continue en fil de fer barbelé est installé. Le village de Liezele, des
parties considérables de Heide, du Kimpelberg et d'Essendries, sont
incendiées pour dégager le champ d'observation. Le bétonnage manquant
autour des coupoles, est achevé ou camouflé au moyen de sacs de ciment
ou de terre.
Le Cdt. Fiévez n'intervient pas lors de l'attaque allemande du 4 septembre, parce qu'il ne veut pas gaspiller ses munitions. Toutefois, impressionné par cette attaque inattendue, le Commandant prend, un jour plus tard, la décision de raser les ruines du village de Liezele. Ce même jour le Roi Albert rend visite au Fort.
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Les Belges incendient toutes les maisons dans un rayon de plus d'un kilomètre. Liezele est fortement endommagé. |
Le Fort est bombardé à plusieurs reprises, mais uniquement par l'artillerie de campagne qui occasionne peu de dégâts. L'artillerie du Fort intervient à plusieurs reprises sur des positions probables des Allemands. Lorsque la Redoute de Letterheide est abandonnée par sa garnison le 7 octobre au matin, le Commandant Fiévez, en accord avec le commandant Weyns de Breendonk, fait réoccuper la Redoute par des soldats de ces deux forts. Le soir du 8 octobre les Allemands attaquent la Redoute, mais Ils sont chassés par le feu de la coupole de 15 cm et de la batterie traditore du fort. Des parlementaires allemands, venus proposer la capitulation du Fort, sont renvoyés.
Par suite de la percée sur la ligne Walem-Lier et de la retraite de
l'armée belge, les forts du 4ième secteur, dont Liezele,
restent isolés. Sous la menace d'un bombardement de la ville d'Anvers et
après intervention des autorités de la ville, Fiévez rend le Fort le 10
octobre au moment de l'expiration de l'ultimatum allemand. Le Commandant
Fiévez est autorisé à conserver son sabre et part en captivité en
Allemagne avec ses hommes. Après la guerre il comparaîtra devant un
conseil de guerre, qui l’acquittera et même le félicitera pour son
attitude énergique.
Les Allemands occupent le Fort, pendant toute la Première Guerre Mondiale. En 1917 ils construisent des abris à proximité du fort, qui font partie d'une ligne de défense autour d'Anvers. A la fin de la Première Guerre Mondiale les Allemands font sauter les coupoles.