
Le Fort a la forme d'un trapèze, dont la petite base constitue le front de tête (A), la grande base le front de gorge (B) et les deux côtés les fronts latéraux (C). Il est entouré par un fossé de 40 à 50 m de largeur (D), précédé d'une berme de contrescarpe (E) qui est abritée derrière une pente douce : le glacis (F). Deux caponnières conjuguées casematées (G) assurent la défense du fossé. La superstructure du Fort est couronnée par la crête de feu d'infanterie (H) et les coupoles.
On entre dans le Fort par la batterie traditore (I) avec à gauche et à
droite la caserne de gorge (J). Un couloir central mène vers le bâtiment
du front de tête (K). Deux cours intérieures permettent à l'air et la
lumière de pénétrer dans le bâtiment. Un certain nombre de couloirs
mènent vers les coupoles et les caponnières.
Fort Liezele vzw
Hoogstraat 29
B-2870 Puurs
Tel: +32 (0)3 890 76 18
Fax: +32 (0)3 890
76 92
fort.liezele@puurs.be
Un fort est une partie de terrain aménagée par le défenseur de telle
manière que sa possession lui donne un avantage marqué sur l'assaillant;
il s'agit donc d'une partie de champ de bataille organisée au préalable.
Une telle fortification doit être adaptée à l'état de la technologie
militaire et surtout aux possibilités de l'artillerie du moment.
Le Fort de Liezele, construit entre 1908 et 1914, présente les
caractéristiques suivantes:
le flanquement des intervalles entre les forts et redoutes est réalisé
par une batterie traditore.
A l'époque où le Fort a été conçu, la pièce
d'artillerie de siège la plus puissante, qui peut être déplacée par la route
par traction hippomobile, est le mortier français de 27 cm. Les charges doivent
être limitées à environ 5 tonnes, sinon les attelages des chevaux deviennent
trop grands. Des expérimentations en Belgique et à l'étranger déterminent l'épaisseur
nécessaire aux voûtes en béton pour résister au 27 cm.
Les forts d'Anvers sont construits avec les spécifications
suivantes :
portée
maximum
5,5 m
voûte
(elliptique)
2,5 m
murs
extérieurs
2,0m
murs
exposés
4,0m
murs
intérieurs
1,4m
Les façades apparentes avec des ouvertures de fenêtres
se trouvent détournées de la direction d'attaque et les fenêtres doivent être
blindées au moyen de poutrelles en acier. La couche supérieure de béton de
1,25m d'épaisseur comporte 400 kg de ciment par m3, le reste 180
kg/m3.
Lors du siège en 1914 les Allemands engageront des mortiers de 30,5 cm et 40 cm, déplacés par des locomobiles à vapeur. Les forts ne pourront y résister. Lors de l'impact d'un projectile de 30,5 cm un morceau de la voûte intérieure se détache ; lors de l’impact d’un projectile de 42 cm la voûte est percée.
Les coupoles protègent l'artillerie du Fort. Il s'agit
de coupoles tournantes, pivotant autour d'une colonne centrale, avec un champ de
tir de 360°. Elles sont tous du type Cockerill Modèle 1909 (description voir
annexe).
La calotte à la forme d'un segment de sphère a composé
d'acier chrome-nickel de 22 cm d'épaisseur. Des embrasures sont ménagées dans
cette calotte. Grace à la suspension spéciale des canons, ces embrasures sont
aussi réduites que possible; on parlera "d'embrasures minima". Un
avant-cuirasse protège la base de la coupole contre des impacts et autour de
cet avant-cuirasse est coulé un anneau en béton. Lors d'essais en 1912 à
Otchakoff (Russie), il était apparu que l'avant-cuirasse offrait une protection
insuffisante. Les anneaux en béton non-armé seront remplacés par des anneaux
en béton armé. Ces travaux n'étaient par terminés en 1914, comme on peut le
constater sur le Fort.
Le Fort de Liezele est un fort de deuxième ordre (un
fort de premier ordre avait plus d'armement) et possède l'artillerie suivante.

Fig. 2. Armement principal
En raison du coût des coupoles et de la dispersion requise il n'est pas possible d'installer toute l'artillerie de la place forte dans les forts et les redoutes. L'artillerie des forts et des redoutes forme en quelque sorte "l'armement de sécurité permanent" de la forteresse et est jugée apte à arrêter une attaque par surprise. Afin de résister à une attaque normale, "l'armement de sécurité complémentaire" est mis en place dans des ouvrages de campagnes situés entre et derrière les forts. Un fois que le secteur d'attaque de l'ennemi est connu, il faut y ajouter "l'artillerie mobile de siège".
Le flanquement du fossé se fait par des canons à tir rapide de 5,7
cm, dans les caponnières casematées conjuguées (A) et depuis l'étage
inférieur de la batterie traditore (B) (fig. 12). Ainsi six canons
flanquent le front de tête, chaque front latéral et deux chacune des
parties gauche et droite du front de gorge. Ces canons sont installés
sur un affût d'embrasure fixé au mur.
Les coupoles pour canons de 5,7 cm (C) tiennent le pont et les angles
d'épaule sous leur feu. Les canons de 5,7 cm tirent à une cadence de 20
coups minute, deux types de munitions:
Quatre projecteurs mobiles de 30 cm illuminent les environs. La défense est complétée par des canons de 5,7 cm sur affût à roues et quelques mitrailleuses, qui sont tenus en réserve dans une remise derrière la coupole de 15 cm.
Pendant un bombardement les fantassins s'abritent à l'intérieur du Fort. Lors
d'une attaque Ils peuvent rapidement occuper la crête de feu en imprudent les
débouchés situés à l'avant et à l'arrière ainsi que par les rampes des cours
intérieurs.

Fig. 2. La défense rapprochée
On a attaché beaucoup d'importance au flanquement des intervalles entre les forts et redoutes, de façon à ce que la Place Forte soit entourée d'une zone de feu continue (fig. 14). Celle-ci est réalisée à partir de l'étage de la batterie traditore (de l'italien "traditore" ou traître, la "batterie traîtresse" qui tire dans le dos et le flanc de l'ennemi).
Chaque flanc de la batterie est muni des pièces suivantes :
un projecteur de 90 cm;
deux canons de 7,5
cm, en appui des redoutes voisines (Puurs et Letterheide);
deux canons de 12 cm, en appui des forts voisins (Bornem et Breendonk).
Les canons sur affût d'embrasure sont fixés au mur par des boulons. Ils tirent surtout des shrapnels. La batterie traditore constitue en même temps l'entrée du fort, qui est défendue par un pont escamotable. L'orientation des façades de la caserne de gorge permet aux pièces traditore d'intervenir sur le glacis des forts et redoutes appuyées..

Fig. 4. Le flanquement des intervalles
En temps de paix les forts sont occupés par une batterie d'une cinquantaine d'hommes; ceux-ci sont à l’entraînement et assurent l'entretien. Lors de la mobilisation, la garnison est portée à effectifs complets par des réservistes rappelés, au total 410 hommes dont 200 artilleurs et 200 fantassins. En 1914 il y avait quelque 300 hommes au Fort de Liezele.
En temps de guerre le service est réglé comme suit: les fantassins font
trois tours de 24 hrs.: garde, piquet et repos, avec la relève à 18.00
hrs. Les artilleurs ont également trois tours mais de 12 hrs. avec la
relève à 06.00 et 18.00 hrs.
Tous ces hommes sont casernés dans le fort; à cet effet il y a des
chambres des troupe, une cuisine, des douches, des latrines et même des
cachots. Les officiers disposent de leur propre cantine. Quant aux
services, à part les magasins nécessaires, il y avait deux poudrières et
une infirmerie.
Le poste de commandement se trouve au centre du front de tête avec un
central téléphonique, le bureau de tir et le logement du commandant.
Tous les locaux sont équipés d'éclairage électrique et d’une cheminée
combinée pour le chauffage et l'aération.
L'énergie pour les deux générateurs électriques (d’une puissance de 39 KW sous 70 V) , est fournie par deux machines à vapeur semi-mobiles "S.A. des Ateliers de Construction la Meuse", montées dans les deux chambres des machines. Le courant produit est utilisé, entre-autres pour le service des coupoles, les projecteurs, l'aération des bâtiments et coupoles et pou l'éclairage.
Les 26 appareils téléphoniques sont reliés à trois tableaux: le tableau
général dans le bureau de tir et deux tableaux sécondaires dans les
cloches d'observation. A l'extérieur du Fort, il y a une boîte de
jonction sur laquelle peuvent se brancher les commandants du secteur et
des intervalles, les ouvrages voisins et les observateurs d'artillerie.