Le 18 septembre 2000, la Fraternelle
du Corps de Volontaires pour la Corée ( FCVC) a organisé à
Bruxelles les cérémonies du 50è anniversaire de la création du Corps
de Volontaires pour la Corée. A cette occasion a été publié le
présent article consacré à celle-ci.

Le 25 juin 1950, l'armée nord-coréenne envahit le sud du pays avec des
centaines de chars et l'appui de nombreux avions, dans le but de réaliser
une unification forcée du pays sous régime communiste.
Comment était-on arrivé à cette
situation?
Après la défaite du Japon en 1945, la Corée fut
libérée après 40 ans d'occupation nipponne. Le monde était alors
divisé en deux zones d'influence opposées. (Conférence de YALTA en
février 1945). L'URSS occupa la partie nord du pays; les Américains
étendant leur influence dans la partie sud de la Corée.
Les Nations Unies décidèrent d'organiser des élections démocratiques
dans tout le pays, mais se heurtèrent au refus de l'URSS et en 1948
naissait après des élections dans la partie sud, la République de
Corée du Sud.
Au nord, les communistes créèrent la République "Démocratique
" de Corée. Le rideau de fer tomba entre les deux parties du pays,
le long d' une ligne de démarcation suivant à un peu près le 38è parallèle.
Les communistes mirent sur pied une armée de dix divisions équipées de
centaines de chars et d'avions soviétiques. En Corée du Sud, environ 500
conseillers militaires américains (KMGA) constituaient le cadre d'une
armée mal entraînée et sous-équipée. Et c'est cette armée , qui après avoir livré de violents combats de retardement,
se vit forcée au bout de trois jours, de laisser la capitale Séoul aux mains de l'ennemi.
Intervention des Nations Unies
Le jour même, le 25 juin 1950, les États-Unis demandèrent la réunion
du Conseil de Sécurité de l'ONU. Celui-ci, en l’absence de l’URSS,
condamna l’agression communiste et demanda aux pays membres de soutenir
la Corée du Sud, quoique ce pays ne soit pas membre des Nations Unies.
Vingt-deux pays répondirent à cet appel : 17 fournirent des forces
armées terrestres, aériennes et navales ; les 5 autres un appui
médical.
Les États-Unis furent chargés du commandement de toutes les forces armées
de l’ONU.
Intervention
de la Belgique
Le principe adopté par les Nations Unies était que
toute intervention des forces de l'un de ses membres devait comprendre au
moins la valeur d'un bataillon.
En plus de l'effort de réarmement de l'armée belge qui était en cours, la Belgique
décida de fournir une unité
opérationnelle pour la Corée.
Comme la Constitution Belge interdit l'envoi de miliciens sur des
théâtres d'opérations hors frontières, le gouvernement décida la formation
d'une unité de volontaires de la force d'un bataillon d'infanterie.
Il faut par ailleurs noter que les mesures d'assistance décidées par la
Belgique le 22 juillet 1950, prévoyaient également la participation
de trois appareils DC-4 au "Pacifique Air
lift". De nombreux volontaires furent d'ailleurs
transportés soit à l'aller soit au retour de Corée, par ces avions
SABENA qui rentraient régulièrement en Belgique pour révision.
Le Corps de Volontaires pour la
Corée
Plus de 2000 candidats ont été examinés aux
Centres de sélection de Gand et de Namur et c'est le 18 septembre 1950
que les Officiers et les Sous-officiers arrivèrent au Centre des
Commandos de Marche-les-Dames pour y subir un premier et rude
entraînement.
Le 2 octobre, les volontaires agréés, au nombre de +/- 700 rejoignirent
le camp de Bourg-Léopold et le 7 octobre, l'unité de régime linguistique
bilingue - un bataillon à l'organisation légèrement modifiée - reçut la
dénomination de "Corps de Volontaires pour la Corée" (
En Corée, le commandement américain le baptisera BUNC, Belgian United Nations
Command). Peu après, le bataillon belge fut rejoint par un peloton constitué de Volontaires du
Grand-Duché de Luxembourg
. Le 3 novembre 1950, un drapeau lui fut attribué ; il lui sera remis solennellement le 8 novembre 1950 par le Prince Royal
BAUDOUIN.
. Le 11
novembre 1950, le Bataillon complet défila à Bruxelles devant le Soldat
Inconnu.
L'instruction se termina aux camps d'Elsenborn et de Brasschaat où des
exercices à balles réelles et feux de barrage furent mis sur pied. Enfin, le
18 décembre 1950, le bataillon belgo-luxembourgeois quitta le port d'Anvers
pour une longue traversée sur le peu confortable KAMINA pour arriver à
PUSAN le 31 janvier 1951.

Entre-temps, suite à l'intervention chinoise, les forces de
l'ONU avaient connu de graves revers en Corée du Nord. Durant la traversée les Belges se demandèrent
d'ailleurs s'ils n' allaient pas arriver en pleine débâcle ou trop tard. Heureusement, le Bataillon
aura l'occasion, en de nombreuses circonstances, de faire preuve de son esprit
combatif et de sa capacité professionnelle conquérant ainsi l'estime et la confiance de toutes
les unités alliées.
Le bataillon
Ces chefs
- au combat
Sa participation
à cette guerre "locale" mais
totale et meurtrière
Le Bataillon mena toutes ses opérations offensives
et défensives sur un terrain difficile, très accidenté, sous un climat
défavorable, avec des étés brûlants et poussiéreux, des hivers
sibériens, des averses de 24 h et l'omniprésente boue due à la mousson.
L'ennemi était fanatique, de loin supérieur en nombre et mieux
adapté au climat . Il était très actif, ce qui a exigé des Belges une exceptionnelle
résistance physique et psychique.
)Ses
effectifs
Plus de trois milles volontaires belges et luxembourgeois
s'engagèrent pour la Corée, dont 2400 participèrent effectivement aux
combats. Cent dix-sept Belges, Luxembourgeois et Sud-Coréens
incorporés au bataillon furent tués. Cinq Volontaires ont
été portés disparus
et trois cent cinquante d'entre eux furent blessés ou mutilés.
)3171
Volontaires s'engagèrent pour la Corée
2803 Volontaires s'engagèrent une
fois pour la Corée
352 Volontaires
s'engagèrent deux fois pour la Corée
18 Volontaires s'engagèrent trois
fois pour la Corée
Aujourd'hui 1334 d'entre eux nous
ont déjà quittés
La guerre contre l'absolutisme communiste a exigé un lourd tribut: la
Corée du Sud eut environ 1.300.000 victimes à déplorer tandis que les Nations Unies
comptèrent 187.000 morts et 800.000 blessés.
Le pays fut entièrement dévasté.
Conclusion
Ces sacrifices n'ont pas été vains. La Corée de Sud
put se relever de ses ruines et se développer pour
devenir un des pays les plus modernes de l'Extrême-Orient. La poussée communiste fut stoppée.
Plus de 40 ans plus tard, en Europe le système communiste s'est
effondré tandis qu'en Corée aussi les signes de rapprochement sont
évidents. Espérons que nous connaîtrons,
ainsi que nos descendants, une période d'entente et de PAIX DURABLE.
Quant au Corps de Volontaires belges
pour la Corée, il fut dissous dès son retour en Belgique en
Juillet 1955. Son drapeau fut remis au
3 Bataillon Parachutistes qui perpétue ses traditions.
Le Quartier du 3 Para à Tielen porte le nom du
Lieutenant GAILLY
PIERRE, tué au combat
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Le Lieutenant Gailly, Pierre,
mort au combat
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Le Quartier du 3 Para à Tielen porte son nom
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