500 ans du Brésil
Les 500 ans du Brésil



La colonisation

En 1500, Pedro Alvares Cabral appareilla de Lisbonne pour l'Inde via le Cap de Bonne Espérance avec 3 vaisseaux et 1200 hommes.
Mais ses lentes caravelles furent sujettes au fort courant équatorial et furent détournées de leur route initiale. C'est le 22 avril que Cabral mouilla dans l'actuel Porto Seguro et c'est ainsi, dit-on, que fut découvert le Brésil.



En 1531, le roi João III du Portugal envoya ses premiers colons au Brésil. En 1534, craignant l'ambition des autres pays européens, le roi divisa la côte en 16 capitaineries parallèles. Ce fut l'une des premières tentatives européennes pour établir une colonie sous les tropiques. Le projet du roi visait à minimiser les coûts pour la Couronne tout en verrouillant la vaste côte par la colonisation. Les capitaineries furent attribuées aux Fidalgos (petite noblesse) qui n'avaient pas les moyens de surmonter les obstacles liés à leur installation. Ils étaient gênés par le climat, l'hostilité des indiens et les concurrences française et hollandaise.

En 1549, le roi nomma Tome de Sousa, premier gouverneur du Brésil; il devait centraliser l'autorité et sauver les quelques capitaineries restantes. Bien que les indiens aient récemment chassé les portugais de la région, le roi choisit Bahia comme capitale.



Dix navires et 1000 colons accostèrent, parmi lesquels des fonctionnaires, des soldats, des prisonniers, des nouveaux chrétiens (juifs reconvertis) et 6 prêtres jésuites. Les colons découvrirent rapidement que le sol et le climat se prêtaient à la culture de la canne à sucre. Le sucre était très demandé en Europe où on l'utilisait en médecine et comme condiment. Il ne manquait que la main d'œuvre. La culture et la transformation de la canne à sucre était un travail pénible que les portugais n'entendaient pas faire eux-mêmes.
C'est ainsi que la capture et la revente d'esclaves indiens devinrent le second commerce du Brésil. Des expéditions appelées "bandeiras", dont la bravoure n'avait d'égal que leur brutalité, partirent de São Paulo pour chasser les indiens dans l'arrière-pays, explorant et s'appropriant au passage de grands territoires au nom du Portugal.


Sucre et esclavage

Les plantations étaient adaptées à une production à grande échelle.
Dans les années 1550, les planteurs les plus aisés commencèrent à acheter les esclaves africains. Ils travaillaient mieux et étaient plus résistants aux maladies européennes qui décimaient les indiens plus rapidement que les armées portugaises.


Au cours du 16ème siècle, les noirs remplacèrent les indiens dans les plantations. Au début des années 1600, environ 1500 esclaves arrivaient chaque années. Entre 1550 et 1850, trois millions et demi d'esclaves africains ont débarqué au Brésil, soit 38% du contingent envoyé au Nouveau-Monde. Ceux qui avaient survécu au transport, soit 80%, étaient promis à une vie courte et brutale.



Le travail dans les plantations était dur et fastidieux. En saison, les esclaves travaillaient de 15 à 17 heures par jour. C'était les conditions de travail et de vie plutôt que le travail lui-même qui étaient responsables du taux de mortalité élevé des esclaves. Aussi les maladies sévissaient.

Les planteurs dirigeaient le Brésil colonial et les esclaves dépendaient entièrement de leur maîtres, parfois humains, souvent cruels, voir sadiques. Les relations sexuelles entre maîtres et esclaves étaient tellement fréquentes qu'une population métisse vit rapidement le jour. Les familles d'esclaves étaient couramment séparées. Les maîtres blancs choisissaient des esclaves de tribus différentes par crainte d'une rébellion collective. La résistance se manifestait sous des formes variées. Certains réagissaient à leur malheur par le Banzo, la nostalgie de l'Afrique menait à un lent suicide. Beaucoup d'esclaves arrêtèrent de manger et dépérirent. D'autres s'enfuirent. Des mères tuaient leurs bébés. Sabotages, vols, baisse de cadence, grèves et révoltes étaient monnaie courante. Ceux qui survivaient à cette vie trouvaient réconfort dans leur religion et leur culture, leurs chants et leurs danses.


Révoltes et abolition de l'esclavage

L'esclavage au Brésil ne fut aboli qu'en 1888.
La résistance se développa tout au long de 19ème siècle et le Spectre d'Haïti (où une révolte d'esclaves avait réussi pour la première fois) hantait les planteurs brésiliens qui devinrent encore plus brutaux. Plusieurs insurrections urbaines eurent lieu à Bahia entre 1807 et 1835, la plupart menées par des noirs musulmans.

En 1807, le Portugal est envahit par Napoléon et le roi Jean VI s'exile au Brésil. En 1820, à la suite de la révolution, le roi retourna dans son pays. Son fils resta au Brésil et proclama l'indépendance en 1822. Sous le nom de Pedro Ier il se fit coronner Empereur. En 1825, le Portugal reconnut l'autonomie du Brésil. En 1840, le fils de l'empereur gravit les marches du trône sous le nom de Pedro II. Sage, perspicace et décidé, il contribua au développement et à la prospérité du pays. Pedro II avait sévèrement interdit l'importation d'esclaves. En 1871, il proclama libres les enfants des esclaves et il admit le rachat en faveur de ces derniers. Mais il s'opposa à la suppression subite et complète de l'esclavage.

La lutte des esclaves contre les oppresseurs se manifestait sous des formes diverses et beaucoup purent échapper à leurs maîtres. Les Quilombos, communautés d'esclaves évadés réparties sur tout le territoire, étaient fréquentes à l'époque coloniale. Les Quilombos combattaient les portugais sous forme de guérilla.

La fille de Pedro II, la Princesse Isabelle, prononça l'abolition de l'esclavage sans indemnisation en 1888, alors qu'elle dirigeait momentanément les affaires de l'Etat. Ruinés, les grands propriétaires se dressèrent contre l'empereur, qu'ils obligèrent à abdiquer. Il se retira le 15.11.1889, date de la naissance de la république des "Etats-Unis" du Brésil. Après l'abolition de l'esclavage, les Noirs libérés émigrèrent vers les grands centres urbains dans l'espoir d'acquérir une liberté économique et financière.



Mais par faute de scolarisation, de qualification professionnelle adaptée aux grandes villes, le peuple noir se trouva rejeté par la société et tomba dans la marginalité.
Il se trouva acculé par la misère et sans possibilité d'améliorer son niveau de vie.