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Le BLAIREAU en BELGIQUE

Le blaireau (Meles Meles) est un carnivore appartenant à la famille des mustélidés. Cette famille comprend les fouines, martres, belettes, hermines, putois ainsi que les loutres. En Belgique, il est notre plus grand carnivore à l'état sauvage. Qu'on se rassure: son régime d'omnivore opportuniste est très varié selon les saisons et les régions qu'il occupe. Terreur des lombrics qui constituent plus de 50% de sa diète, il consomme également insectes, amphibiens, oeufs, végétaux, fruits, céréales et ne dédaignera pas l'une ou l'autre charogne. Sa taille est d'environ 1 mètre, y compris une queue d'environ 15 cm. On le reconnaît à sa tête blanche rayée de 2 bandes latérales noires qui vont du museau aux oreilles. Son pelage est plutôt gris sombre, clair sur le dos avec des nuances ocre/beige. Son habitat idéal est constitué de pâtures dont l'herbe rase lui procure un accès aisé aux lombrics et de zones boisées pour le complément. Il creuse ses terriers (1 ensemble principal et quelques terriers secondaires) en lisière forestière, généralement dans des talus de sol meuble et sec. C'est un nocturne qui arpente son territoire selon des itinéraires bien tracés reconnaissables à des coulées de ±20cm de large (il est plantigrade). C'est aussi un animal social vivant en clans familiaux de 3 à 12 individus dont un mâle et une femelle dominants. Adulte vers 2 ans, la femelle met au monde 2 à 3 blaireautains à la fin de l'hiver (février). Les petits émergent seulement en avril. Contrairement aux idées reçues, il n'hiberne pas. Cependant, il lui arrive de rester quelques jours au logis en période de gel intense.

Animal totalement protégé en Belgique, sa sédentarité le rend vulnérable. Il importe donc d'éviter les dérangements et de s'abstenir de toute interférence avec les abords immédiats des terriers.

Impact sur l'homme et ses activités

Le blaireau ne chasse pas et les rares dégâts aux cultures sont limités aux périodes de sécheresse estivale extrêmes. En Grande-Bretagne, seuls 5% des agriculteurs estiment sa présence une nuisance importante alors que leur densité de population y est 10x supérieure.

Il est discret et bien peu d'habitants des campagnes ont pu l'apercevoir si ce n'est une dépouille en bord de route.

Populations

La population de blaireaux en Belgique est estimée à 3.000 individus dont 90% en Wallonie au sud du sillon Sambre-et-Meuse. A titre de comparaison, la Grande Bretagne en compte environ 280.000.

Massacres

Les populations survivantes étaient très réduites dans les annés cinquante et il était déjà absent de nombreuses régions quand en 1966 survint une nouvelle épidémie de rage (comme cela se produit régulièrement depuis plus de 4.000 ans). Pas moins de 13 campagnes de gazage de terriers furent conduites entre 1967 et 1983 avec l'aide de l'armée! On trouve encore de nos jour aux bouches de certains terriers les cartouches bleues ayant contenu le gaz zyklon-B (de sinistre mémoire...).

Bien sûr, les renards étaient principalement visés mais l'on sait aujourd'hui que ces méthodes étaient totalement inefficaces et aboutissaient à l'effet inverse: les populations de renards se reconstituaient très rapidement et le déplacement des animaux colonisant des territoires vidés de leur occupants entraînaient une avance décuplée de la maladie!

Et demain?

Beaucoup moins prolifiques que les renards et de moeurs sédentaires, il aura fallu plus de 15 ans pour que les populations de blaireaux se reconstituent dans les zones à habitat favorable où ils étaient encore présents. L'isolation de nombreux noyaux de populations en l'absence de maillage écologique constitue une grave menace au point de vue de la diversité génétique à long terme. Leur retour naturel dans les régions dont ils sont aujourd'hui absents (Hainaut, Brabant et ensemble de la Flandre sauf Limbourg) est encore plus problématique.

Au Pays-Bas

Depuis 1980, les autorités (Ministerie van Verkeer en Waterstaat) financent des passages souterrains pour réduire le nombre de blaireaux écrasés aux Pays-Bas. Pour 300 points noir identifiés en 1990 (blaireaux écrasés régulièrement), l'objectif est que 40% soient résolus en 2000, 90% en 2010. Près de 600 tunnels ont été installés et près de 400 km de grillage de protection posés. De 1200 en 1960, la population est passée à 2200 en 1995 et le recensement de 2000 avoisinera 3000 blaireaux aux Pays-Bas.

Des recherches sur l'utilisation par les animaux de ces passages ont été conduites (95-99) par des bureaux d'étude specialisés. Ils conseillent le Ministère sur les emplacements optimaux à choisir pour les passages souterrains. Intérêt: comment ne pas réinventer la roue en Belgique... (en Belgique il existe moins de10 tunnels, tous dans le Limbourg, à l'initiative du Likona).

Contacts:
Jean-Claude Van der Auwera - Ch de Roodebeek 254 - 1200 Bruxelles - 02/7624070
Daniel-Etienne Ryelandt - rue Cl. Brasseur 7A - 5555 Oizy - 061 511989
e-mail: jc.vander@chello.be
Site web: http://users.chello.be/cr29123/blaireau/home.htm

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Mise à jour: 4/12/2000