Asmaa
et Double You K... le même combat.
NOUS SOMMES L'AVENIR DE CE PAYS, NOUS Y CROYONS,
PENSEZ À NOUS QUAND NOUS SOMMES MALADES.
17 ANS ET LA MALADIE M'AGRESSE!
J'ai 17 ans. Depuis le 23 avril 1999 je suis victime
d'une grave maladie que l'on n'aime pas nommer mais
qui existe et qui a pour nom le cancer, la leucémie
plus précisément dans mon cas.
J'ai subi la chimiothérapie, la radiothérapie
et tous ces traitements lourds qui doivent, et qui
vont, m'aider à guérir.
Ma sur m'a permis de subir une greffe de moelle
osseuse. Mes parents font tout pour moi et me soutiennent
à fond.
Après d'autres graves problèmes comme
une cystite grave, depuis le 30 juillet 2000, je suis
de retour chez moi, à la maison.
Avant ma maladie, je fréquentais tous les
jours les cours du Centre Scolaire Ma Campagne à
la rue africaine à Ixelles. Depuis mon retour
à la maison, je n'y ai plus mis les pieds.
Et je me sens fort seule, même si fort entourée
par les miens.
Je voudrais que l'on comprenne qu'il y a beaucoup
de choses qui ne vont pas dans le monde hospitalier
et dans tout ce qui accompagne ces maladies dites
lourdes.
L'HÔPITAL, UN MONDE SI LOIN DE L'ENFANCE ET
DE L'ADOLESCENCE!
A l'hôpital, il n'y a pas assez de places.
Je me suis retrouvée avec des personnes âgées,
qui méritent tout le respect du monde, mais
qui n'étaient pas les personnes idéales
pour mon moral. Que l'on fasse des crèches
jumelées à des maisons de repos, c'est
formidable, mais il s'agit de personnes valides et
les échanges entre générations
y sont enrichissants. Dans un hôpital, ce n'est
pas vrai ! Les jeunes y ont besoin d'espoir et de
jeunesse. Pourquoi n'y pense-t-on pas ?
Les infirmières sont beaucoup trop peu nombreuses,
et pourtant combien certaines sont gentilles et dévouées !
Souvent, cependant, nous nous retrouvons avec des
infirmières intérimaires, trop peu mises
au courant de ce qui les attend et des milliers de
choses que l'on attend d'elles.
Et puis, il y a mes médecins ! Ne savent-ils
pas que nous pouvons comprendre les choses quand on
nous les explique ? Pratiquement aucun n'a jamais
eu un discours clair avec moi et je le leur reproche.
Moi aussi je veux savoir ce que j'ai et où
je vais. J'estime que c'est mon droit. Pourquoi ne
pas le respecter ?
L'ENSEIGNEMENT, UN MONDE POUR LES BIEN PORTANTS !
Cela peut paraître une évidence mais
cela ne l'est visiblement pas pour tout le monde:
Quand on est malade, on ne peut pas aller à
l'école. Et pourtant on garde un cerveau qui
fonctionne, une envie d'apprendre et un besoin de
savoir. Nous nous angoissons aussi de savoir ce que
nous allons faire lorsque nous serons guéris
et lorsque l'école nous ouvrira à nouveau
ses portes.
Que devons nous faire pour avoir une scolarité
normale ? L'école de " Ma Campagne "
est formidable et fait le maximum pour m'aider. Je
ne rendrai jamais assez hommage à ces professeurs
qui, après leurs heures, sur leur temps libre,
viennent m'aider à rester plus ou moins " à
jour ". Ils font un travail formidable,
mais ce n'est pas assez. I1 faudrait que les responsables
qui s'occupent de l'Enseignement dégagent des
moyens pour permettre à des enseignants de
nous donner des vrais cours, en rapport avec nos programmes
scolaires, qui nous permettraient de ne pas décrocher
du monde scolaire et que, lorsque notre santé
nous permet de revenir à l'école, nous
ne soyons pas totalement dépassés.
Le fait d'être malade nous éloigne
trop du monde scolaire et beaucoup d'amitiés
se diluent dans l'absence.
A l'heure où tant de gens sont à la
recherche de travail, où tant d'enseignants
sont menacés par la dépression, voilà
peut-être une nouvelle voie que le Ministère
pourrait suivre pour garder plus de monde au travail
?
Il faudrait aussi que l'on explique aux étudiants
ce que sont les maladies, ce qu'elles impliquent pour
les jeunes qui en souffrent, leur montrer que les
malades ne sont pas systématiquement des personnes
contagieuses ou dangereuses. L'ignorance fait bien
souvent beaucoup plus de dégâts que tout
autre comportement. On donne bien des explications
sur le SIDA, peut-être incomplètes, mais
des maladies comme la leucémie, le cancer ou
d'autres, quand en parle-t-on ? Et pourtant,
quand se rendra-t-on compte de l'importance qu'a,
pour le malade, le fait d'être compris ?
CONCLUSIONS...
A une époque où la science et la médecine
font tant de progrès, où, une fois par
an s'organise le TÉLÉVIE ou 48.81.00,
il serait temps de penser au quotidien des malades
en général, et des adolescents en particulier
dans le cas qui me préoccupe.
Puissiez-vous, Mesdames et Messieurs qui nous dirigent
entendre la voix de votre jeunesse pour que: