Il m'arrive de me croire capable d'écrire et de faire passer des messages par ce moyen avec une marge d'erreur réduite. Si mon expérience m'a montré que je me débrouille pas trop mal dans le cadre de ce que j'appelle la communication commerciale (vous savez, les lettres qu'on termine avec "je vous prie d'agréer"), elle m'a appris aussi que je risque le foutage de gueule lorsque je tente de m'aventurer dans un domaine qui nécessite des qualités plus artistiques.
La critique se manifeste essentiellement à cause:
de la comparaison du résultat avec des oeuvres littéraires reconnues (du fait du génie de leur auteur, de leur diffusion ou du style utilisé), que certains auteurs à cinq francs comme moi essaient d'imiter ou d'égaler;
de la comparaison des motivations avec celles des paumés, éternels ou temporaires, qui écrivent pour exister ou pour exorciser un malaise;
de la difficulté à faire passer des idées essentiellement étrangères au langage usuel, dans des mots et des phrases qu'on voudrait diffuser;
du pseudo-standing social, qui veut qu'un mec qui se sent nu sans son costard-cravate ou qui se sent mal sans sa cuite hebdomadaire avec les copains du foot soit considéré comme étant plus conforme à la norme sociale que celui qui gribouille quelques mots à l'aide de ses tripes et de sa tête.
Bon, d'accord, il y a un peu de chaque dans ma démarche:
si je publie sur internet, c'est pour être lu;
étant lucide, je reconnais qu'il m'arrive d'être un peu paumé dans la vie de temps en temps (ceux qui ne le sont jamais sont aveugles ou cons), je n'écris d'ailleurs jamais mes brols quand j'ai autre chose à faire;
je prends le risque que mon lecteur (s'il en existe) ne comprenne pas;
je ne cherche pas l'intégration maximale, je suis assez social pour aller bosser et bien m'entendre avec mes collègues même si je ne poursuis pas ma démarche jusqu'à en faire forcément des amis.
Allez, bon, d'autres que moi ont ouvert la voie, lisez si vous voulez, critiquez si çà vous amuse (je répondrai, sauf aux néanderthaliens primaires), passez votre chemin si vous n'accrochez pas. Je suis libre, vous êtes libre. Profitez-en.
Janvier 1998, I (quatrains): Ne pas se perdre, Choisir, Ensemble;
Janvier 1998, II (quatrains): Nourriture, Relations publiques, Vérité;
Février 1998, I (quatrains): Plan de carrière, La démarche du koan, Poésies, Multinationales, Service clientèle, Service public, Normalité;
Septembre 1998, I (quatrains): Plan de carrière (suite), Coussin volant, Vos marques favorites, Service clientèle (suite), Prédateur, Ensemble?, Politique d'accueil, Coup d'oeil en arrière, Choix;
Octobre 1998, I (quatrains): Le petit rien qui manque, Yi-king, Le plus mauvais, Variable, Espoir, Différence;
Février 1999, I (texte): Un brin de nostalgie;
Décembre 1999, I (références): Tao-tö king;
Septembre 2000, I (références): L'art de la guerre;
Juillet 2001, I (quatrains): Déclaration d'intention (1), Le sens du devoir, Juste, Déclaration d'intention (2), Expertise, Pas là, Le Juge Ti, L'oeil, Indépendance, Droit dans mes bottes.