Jean-Jacques Goldman: La vie par procuration

Dernière mise à jour: 23 fév. 1998
musique - page principale - e-mail

LA VIE PAR PROCURATION

Elle met du vieux pain sur son balcon
Pour attirer les moineaux, les pigeons
Elle vit sa vie par procuration
Devant son poste de télévision

Levée sans réveil,
Avec le soleil
Sans bruit sans angoisse,
La journée se passe
Repasser, poussière,
Y'a toujours à faire
Repas solitaires
En point de repère

La maison si nette,
Qu'elle en est suspecte
Comme tous ces endroits
Où l'on ne vit pas
Les êtres ont cédé,
Perdu la bagarre
Les choses ont gagné,
C'est leur territoire

Le temps qui nous casse
Ne la change pas
Les vivents se fanent,
Mais les ombres pas
Tout va, tout fonctionne
Sans but, sans pourquoi
D'hiver en automne,
Ni fièvre, ni froid

Elle met du vieux pain sur son balcon
Pour attirer les moineaux, les pigeons
Elle vit sa vie par procuration
Devant son poste de télévision
Elle apprend dans la presse à scandale
La vie des autres qui s'étale

Mais finalement de moins pire en banal
Elle finira par trouver ca normal
Elle met du vieux pain sur son balcon
Pour attirer les moineaux, les pigeons

Des crèmes et des bains
Qui font la peau douce
Mais ca fait bien loin
Que personne la touche
Des mois des années
Sans personne à aimer
Et jour après jour
L'oubli de l'amour

Ses rêves et désirs
Si sages et possibles
Sans cri sans délire,
Sans inadmissible
Sur dix ou vingt pages
De photos banales
Bilan sans mystère
D'années sans lumière


musique - page principale - e-mail