Tradition

    Les lettres de nouvel an.

 

La Belgique est un très petit pays. Il est néanmoins très grand sur un sujet spécifique. Nous écrivons et lisons des lettres de nouvel an. Une coutume qui n’existe nulle part ailleurs dans le monde !

C’était au 15ème siècle que cette habitude s’est intégrée chez des familles riches et industrielles.

Jusqu’au 19ème , ces lettres étaient seulement écrites par des jeunes, des riches parvenus et, bien qu’on parle le néerlandais en Flandre, la bourgeoisie les écrivait en langue française.

L’homme simple ne pouvait pas se permettre les beaux exemplaires avec des images en relief et en or. C’est seulement au 20ème siècle, et plus précisément à l’introduction de l’obligation scolaire le 19 mai 1914, que la coutume s’est intégrée dans les écoles et que tous les enfants pouvaient écrire des lettres de nouvel an.

Ecrire ces lettres de nouvel an était une tâche très lourde pour les petites filles et les petits garçons. Ils devaient l’écrire en calligraphiant, et des taches ou des éclaboussures étaient exclues.

Le contenu de la lettre de nouvel  an montrait beaucoup de respect pour les parents, le parrain et la marraine. La croyance en Jésus, Marie et les saints était très présente. Les lettres formulaient beaucoup de souhaits pour conserver ou retrouver une bonne santé, bien étudier a l’école,  être sage, bref, de bonnes résolutions comme les adultes en font encore maintenant au 1er janvier comme « j’arrête de fumer, de boire, je vais faire plus de sport etc.…. ».

C’était, et c’est toujours seulement au 1er janvier que les enfants lisent leur lettre pour leurs parents, leur marraine et leur parrain et c’est souvent en bafouillant, bégayant,  avec des genoux  fléchissants, des mains tremblantes, des joues rouges, mais parfois aussi avec le fou rire qu’ils lisent la lettre à haute voix. En présence de toute la famille c’est pour l’enfant un moment cérémonieux, qui le rend très nerveux.

Après la lecture de la lettre, on recevait spontanément des applaudissements, on remettait la lettre à celui pour qui l’on avait écrite, et en retour  on recevait de l’argent ou un beau cadeau.  Après avoir dégusté un bon morceau de gâteau et une boisson, la belle journée était passée.

Je me rappelle encore très bien comme j’étais fière et heureuse au moment qu’on pouvait écrire des lettres de nouvel an. Notre maman nous donnait de l’argent pour aller acheter les lettres dans une papeterie.  C’était très difficile de choisir, mais je n’oublierai jamais les jolis exemplaires aux étincelles ou les paysages d’hiver… Je suis très contente d'avoir de tels exemplaires dans ma collection.

Jamais je n’aurai pu imaginer que ma collection privée prendrait une telle importance et que je pourrai disposer de pièces de 1838,1851 et 1852. Le bon sentiment que j’ai en regardant ma collection est indescriptible.  Ca me tranquillise, me touche et me rend heureuse.

Je crois que le jour, (il y a maintenant  9 ans environ) où j’ai retrouvé au grenier les lettres de nouvel an de mes propres enfants, une idée lumineuse m’est venue : commencer une collection de lettres de nouvel an.

Quand je fais une exposition et je constate que les visages des gens âgés s’éclairent en se rappelant leur jeunesse, ma journée est parfaite et du coup j’ai un sentiment très satisfaite. Je suis fière et contente que je puisse rendre des gens heureux.

Quand vous regardez les lettres de la fin des années 20 jusqu'à 1945, vous voyez qu’elles sont toutes décorées avec des images dépliables, dont des bouquets, des enfants avec des fleurs, des images saintes, etc., chacune plus jolie que la précédente. Les porte-bonheur sont également très à la mode, comme des fers à cheval, des coccinelles, des trèfles à quatre feuilles, des champignons, des violettes etc.………

Encore de nos jours, en 2008, les enfants lisent des lettres de nouvel an, mais il est dommage que le contenu ne soit plus si respectable ; de la croyance religieuse, on ne parle plus, ce sont maintenant plus souvent de poèmes. Et, ces temps-ci, c’est devenu beaucoup plus compliqué pour les enfants, car  ils ont souvent deux pères et deux mères.

J’espère quand même que la tradition pourra continuer à exister en Belgique car elle est unique, on la retrouve nulle part ailleurs.

Au Pays-Bas  on écrivait aussi ces lettres  beaucoup plus tôt, et, après avoir pris des informations, il semble que cette habitude a disparu depuis longtemps, de même que chez les Belges francophones. C’est donc un grand honneur, pour nous flamands, d’être les seuls à conserver la tradition de la lettre de nouvel an.

 Je veux remercier mon  cher mari d’avoir constitué un site sur ma passion des lettres de nouvel an. Un grand merci également à mon amie Christine, qui a pris la traduction en français à son compte, pour  avoir la possibilité d’atteindre plus de gens, afin qu’ils puissent ainsi  profiter de la culture de la lettre de nouvel an.

Nelly Haelterman

www.nieuwjaarsbrieven.be

 

 

Nelly Haelterman

   www.nieuwjaarsbrieven.be