Ce thème reste boudé par la plupart des collectionneurs (et donc des marchands) car cette exposition qui attira 13 millions de visiteurs a évidemment attiré les éditeurs de cartes postales qui ont édité des milliers de cartes postales pour un volume gigantesque de cartes dont (presque) personne ne veut car il en reste quelques centaines de milliers dans les stocks des marchands et collections privées. Paradoxalement ce thème est difficile à collectionner car aucun particulier ni marchand ne prend la peine de prendre sa lourde caisse de "1910" aux foires ou bourses d'échange puisque qu'elle n'intéressera personne.
En contre-partie il ne faut généralement pas dépenser des sommes folles pour obtenir ces cartes même si certains ignorent encore que des belles cartes comme les moet et chandon, crème lion noir, Courvoisier et autres ont été distribuées à la pelle aux visiteurs et donc se retrouvent en grosse quantité sur le marché. Le seul conflit se rencontrera dans les cartes thématiques comme les voitures, trams, illustrateurs, machines, petits métiers, publicitaires ou encore les fans d'éditeurs comme D.V.D. ou Marcovici qui rendent ces cartes plus difficiles à acquérir. Dans ces cas l'équilibre entre l'offre et la demande est moins favorable à l'acheteur.
La carte postale faisait réellement partie de la stratégie publicitaire
de l'exposition : extrait de l'organe officiel page 82:
"L'exposition de Bruxelles va stimuler encore l'activité de nos graveurs et de nos
dessinateurs. La carte postale va triompher une fois encore et par son intermédiaire
notre World's fair sera connue aux confins du monde. C'est la grâce que nous lui
souhaitons."
Lors de l'incendie le comité exécutif a fait imprimer des dizaines
milliers de cartes de propagandes montrant que l'incendie n'était que limité.
Il existe beaucoup d'erreurs comme les cartes imprimées à l'envers ou des mauvaises attributions de nom aux pavillons ou aux rues. Certains pavillons ont changé de propriétaires ou de localisation durant l'exposition.
Tout comme l'exposition de Paris de 1900 les professionnels évaluent le nombre de cartes de 1910 à plus de 3000 sans compter les variantes de présentations (couleur, cadre, titres). Personnellement je placerais la barre au delà de 5000 car il y avait 27000 exposants. Ce chiffre peut paraître énorme mais il contient tous les exposants y compris chaque éleveur de pigeons, chèvres et autres animaux ayant participé aux différents concours. Hors à cette époque chaque stand se devait d'avoir sa carte et la plupart des exposants éditaient différentes cartes. De plus certains clichés de la série valentine existent en une dizaine de variantes. Il existe également différents carnets, des formats géants, des cartes accordéons et même des cartes en liège.
Il s'agit d'une époque charnière oú la belle carte dans le sens esthétique classique trouve son essort et la belle carte dans le sens de la collection disparaît. C'est à dire que les cartes animées et spontanées commencent à être proscrites, les personnages, véhicules et accessoires superflus sont gommés au profit d'une plastique lisse et morte.
Néanmoins chaque exposant se devait d'avoir sa carte postale représentant son pavillon au même titre que chaque société digne de ce nom a eu son porte-clé fin des années 60, son auto-collant dans les années '70 , son pin's dans les années 80 ou son site internet et sa carte téléphonique pour la fin de ce siècle.