Anna de Noailles
Anna Brancovan de Noailles (1876 - 1933)
Portrait par Ignacio Zuloaga (1870 - 1945)
Huile sur toile, juin 1913
Musée de Bilbao

Recueil:

À présent que j’ai bien connu


À quoi veux-tu songer?


Ah ! j’avais bien raison de craindre


Ai-je imprudemment souhaité


Ami parmi tous les amis


Automne pluvieux


Ce fut long


Ce n’est pas une tendre chose


Ce que je voudrais


Combien de fois aurais-je dû


En ce moment tu ne sais pas


En ton absence


En vain la peur d’un joug


Enfin la première nuit froide


Fais ce que tu veux


Il est doux d’aimer faiblement


J’ai puissamment goûté l’orgueil


J’ai travesti


J’ai vraiment vécu des jours-tels


J’aime d’un amour clandestin


Jadis je me sentais unique


L’amour et ses élans pudiques


L’hiver aux opaques parois


Ô suave ami périssable


Peut-être faut-il accepter


Peut-être que ton corps charmant


Pourquoi ce besoin fort et triste


Un soir où tu ne parlais pas


Un triste orgue de Barbarie


Vis sans efforts et sans débats


Bi(bli)ographie


'Poème de l'amour'

Es-tu bon ? Oui, puisque je t’aime
Et que tu vis. Je puis tenir
Tout acquiescement de toi-même:
L’amour n’a pas d’autre problème
Que d’autoriser le désir…


À présent que j’ai bien connu


À présent que j’ai bien connu
  Ton visage calme et suave,
  Et, dans leur repos triste et brave,
  L’allongement de tes doigts nus,
 
Comment voudrais-tu qu’autre chose
  Ne provoquât pas mon dédain?
  Comment aimer encor la rose
  Vaine et fringante des jardins?
 
Comment goûter avec folie,
  Comme je faisais autrefois,
  Les grandes feuilles amollies
  Qui forment le dôme des bois?
 
Comment vanter l’azur? Ah! puis-je
  Chanter,encor les vastes cieux,
  Moi qui chancelle du vertige
  De voir, dans le bleu de tes yeux,
  Le profond espace!
  Ô prunelles
 
Anxieuses, au fond desquelles
  Tournoie une noire hirondelle…

À quoi veux-tu songer?
À quoi veux-tu songer? À toi. Songeons à toi. Non, je ne juge pas ton amer caractère; Rien de ton cœur serré ne me parait étroit Si sur toi j’ai plié mon amour de la terre, Mon amour des humains, de l’infini, des cieux, Ma facile allégresse à répandre ma vie, À rejoindre d’un bond, par les ailes des yeux, L’éther qui m’appartient et dont tous ont envie! Qu’y a-t-il de plus sûr et de meilleur que toi, Ou, du moins, que l’amour brisant que tu m’inspires? — Le souci, les regrets, la mort sous tous les toits, L’ambition qui râle et l’ennui qui soupire ! — Moi je suis à l’abri! Je n’ai, pour me tuer, Pour me faire languir, pour créer ma détresse, Que l’anxieux regard dans tes yeux situé, Que l’accablant désert où souvent tu me laisses. C’est assez! Ah! c’est trop ! Ou bien c’est suffisant! Ces suprêmes chagrins m’ont d’autres maux guérie; Et quelquefois je sens se réjouir mon sang Quand tu ris comme l’eau dans la fraîche prairie!

Ah ! j’avais bien raison de craindre
Ah ! j’avais bien raison de craindre Le mol printemps et sa douceur ! — Le beau soir tiède a ta tiédeur. Tout est humain, tout semble peindre, Par l’azur, le rêve, l’odeur, Ta personne. Dans le silence Envahissant, mouvementé, De ce soir proche de l’été, C’est ta grâce qui se balance. Et le vent chaud sur le chemin — Ô désir ! mémoire ! espérance ! – À la vive et secrète aisance Des belles veines de tes mains…

Ai-je imprudemment souhaité
Ai-je imprudemment souhaité Guérir de toi? Quelle ignorance M’irritait contre ma souffrance! — Ah! Que rien ne me soit ôté De la détresse qui me cache Le passé, le lendemain! Sois La seule chose que je sache Et qui blesse ! Rien ne déçoit Dans la sombre et féconde ivresse D’un désir encore ascendant. — Lèvres rêveuses sur les dents, Regard qui se meut ou se pose, Gardez votre pouvoir ardent, Vous qui, dans une chambre close, Par le souvenir obsédant, M’inondez d’une odeur de roses!

Ami parmi tous les amis
Ami parmi tous les amis, De quoi voudrions-nous nous plaindre? Aucun destin n’est compromis Si l’amitié n’a pu s’éteindre. Tu penses que seuls les amants, Par la hâte et par les délices, Ignorent le dolent supplice De l’immense désœuvrement; Crois-tu que les corps et les bouches Rendent le bonheur plus entier? La passion, dès qu’on y touche Et qu’on l’observe, fait pitié! — Accepte d’un cœur moins farouche La tristesse de l’amitié…

Automne pluvieux
Automne pluvieux, mélancolique automne, Remets cet ami dans mes bras ! Que m’importent ton eau, tes râles monotones, Ton dépit, ton sombre embarras, Si, dédaignant soudain tes humides rafales, Je retrouve le tiède été Près d’un corps chaleureux, et que mon front s’installe Dans la douceur de son côté ! — Grâce d’un calme flot épandu dans une anse Qui le limite et le détient! Partage, ô mon amour, le délassant silence De mon être réduit au tien…

Ce fut long
Ce fut long, difficile et triste De te révéler ma tendresse ; La voix s’élance et puis résiste, La fierté succombe et se blesse. Je ne sais vraiment pas comment J’ai pu t’avouer mon amour ; J’ai craint l’ombre et l’étonnement De ton bel œil couleur du jour. Je t’ai porté cette nouvelle ! Je t’ai tout dit ! je m’y résigne; Et tout de même, comme un cygne, Je mets ma tête sous mon aile…

Ce n’est pas une tendre chose
Ce n’est pas une tendre chose D’aimer ! L’instinct dévorateur Pille l’âme, les yeux, l’odeur, Et puis, lassé, il se repose. — Et l’on regarde doucement Ce qui causa tant de souffrance! Et l’on est bon, l’on rit, l’on ment, L’on évite tous les tourments À ce faible et fragile amant, À cause de l’indifférence…

Ce que je voudrais
Ce que je voudrais ? Je ne sais. Je t’aime de tant de manières Que tu peux choisir. Fais l’essai De ma tendresse nourricière. Chaque jour par l’âme et le corps J’ai renoncé quelque espérance, Et cependant je tiens encor À mon amoureuse éloquence, À cet instinct qui me soulève De combler d’amour ta torpeur; — Et tandis que ton beau corps rêve, Je voudrais parler sur ton cœur…

Combien de fois aurais-je dû
Combien de fois aurais-je dû Me sentir lasse et sans courage! Mais mon cœur n’a jamais perdu Son désir pour ton beau visage. Dans mon puissant amour tu n’as Vu que ma douceur de colombe; Pourtant je veux que sur ma tombe L’on inscrive: Elle s’obstina…

En ce moment tu ne sais pas
En ce moment tu ne sais pas La force que je t’ai donnée. — Quel jour, quelle heure, quelle année, À ton midi; à ton trépas, À quel point de ta destinée Concevras-tu, triste, effrayé, Que tu n’as pas su voir briller Ce grand amour de douce louve Que jamais plus on ne retrouve ?

En ton absence
En ton absence je ne puis Être plus ou moins seule. Aucune Voix qui console, aucun appui N’atténuerait mon infortune; Il faudrait qu’un autre être soit, Qu’il brille à mes yeux! qu’il s’oppose À ton image, à tes exploits! Mais pourquoi l’espérer? Pourquoi? — Implacable métamorphose, Dans mon esprit actif, adroit, C’est toi seul qui redeviens toi !

En vain la peur d’un joug
En vain la peur d’un joug tendre et fatal Vient m’adjurer d’être de toi guérie: Un corps, aimé est comme un lieu natal, Un vif amour est comme une patrie ! Je ne veux plus occuper ma raison À repousser ta permanente image. J’attends ! — Parfois la plus chaude saison Boit la fraîcheur du survenant orage. — Mais quand ma vie au souhait insistant Est par ta voix jusqu’aux veines mordue, J’arrache un cri à mon cœur haletant, Comme un poignard dont la lame est tordue…

Enfin la première nuit froide
Enfin la première nuit froide Plus de vents dansants, amollis. L’atmosphère est tendue et roide, Le beau ciel d’argent dépoli Allonge sa paix où se creuse Le puits des étoiles neigeuses. — Va-t-il enfin me protéger, Ce climat soudain sans tendresse, De ton beau visage étranger Sur lequel mon amour s’abaisse Comme ces œillets las, déteints, Qu’englobent les pleurs du matin ?…

Fais ce que tu veux
Fais ce que tu veux, désormais. Va-t-en, reviens, ne viens jamais ! — Mon cœur, qui lentement déchoit, Fait semblant de t’offrir ce choix; Pourtant, je sais bien, tu le penses ! Que tu n’as nulle obéissance… — Je devrais, en ces sombres jours, Songer aux poignantes amours Qu’en des fronts plus purs je suscite. Mais il n’est pas de réussite Contre ces guerriers bien armés Qui, massés dans mon cœur qui rêve, Sans égards, sans pitié, sans trêve, Me contraignent tous à t’aimer…

Il est doux d’aimer faiblement
Il est doux d’aimer faiblement, Quand, ayant vaincu sa puissance, L’amour dès son commencement Ressemble à la convalescence. Quand on songe à ce qu’eût été Cette tempête meurtrière, Et qu’à présent, malgré l’été, Malgré la chaleur, la lumière, Malgré la musique, malgré Ce point fascinant d’un visage, On a doucement enterré, Entre l’ardeur et le courage, — Noirs cyprès d’un clair paysage Le désir dans un tombeau sage…

J’ai puissamment goûté l’orgueil
J’ai puissamment goûté l’orgueil D’avoir reçu de la nature L’éclat bondissant d’un bel œil, Archer double de la figure; J’ai souvent, devant des miroirs, Ressenti la force contente De m’arrêter, d’apercevoir Une héroïne palpitante; Mais combien faible est la valeur D’un visage pur et vainqueur, Alors que je t’offre un tel cœur !

J’ai travesti
J’ai travesti, pour te complaire, Ma véhémence et mon émoi En un cœur lent et sans colère. Mais ce qui m’importe le plus Depuis l’instant où tu m’as plu, C’est d’être un jour lasse de toi ! — Je perds mon appui et mon aide, Tant tu me hantes et m’obsèdes Et me deviens essentiel ! Je ne vois la vie et le ciel Qu’à travers le vitrail léger Qu’est ton nuage passager. — Je souffre, et mon esprit me blâme, Je hais ce harassant désir ! Car il est naturel à l’âme De vivre seule et d’en jouir…

J’ai vraiment vécu des jours-tels
J’ai vraiment vécu des jours-tels, Si longs, si lourds par la souffrance, Que je songe avec complaisance Que rien d’humain n’est immortel ! N’être plus ! ni moi, ni toi-même ! Oui, ni toi ! par qui j’ai connu L’horreur de craindre ce qu’on aime ! — Ignorer combien tu m’as plu, Et que tu fus l’homme suprême Par qui tout autre était exclu, — Toi dont j’ai baisé le bras nu !…

J’aime d’un amour clandestin
J’aime d’un amour clandestin. Ce que de toi nul n’a aimé: Le sourd battement enfermé De ton cœur et de ton instinct. Nul n’a songé avec douleur À ces beaux secrets écorchés Du mouvement intérieur, Puissant, indomptable et caché ! — Mais moi je sais que c’est ton sang Qui te fait net, pur, précieux, Et mon rêve en ton corps descend Comme vers de plus sombres cieux…

Jadis je me sentais unique
Jadis je me sentais unique, Je vivais sous mes propres lois. Aujourd’hui j’échange avec toi La vie orageuse et mystique. Songe, à ce transfert magnifique ! Par ce tendre appauvrissement Je n’ai plus rien qui soit vraiment Ma solitude et ma défense; Et même quand la nuit commence, Solitaire, avec le fardeau De ta vague et pesante absence, Le glissant enchevêtrement Des sombres cheveux sur mon dos N’appartient plus à mon repos, Mais me rattache à toi. — Je pense À ta suave bienfaisance, Quand tu jettes à demi-mot, À travers la grâce et l’offense, Sur mon cœur bandé de sanglots, Un chant moins long que mon écho…

L’amour et ses élans pudiques
L’amour et ses élans pudiques Ont, dans leurs songes réticents, Les noblesses de la musique. La passion aux cris puissants, Par ses sommets et ses abîmes Mêle à ses vœux des pleurs décents. — Mais il est de secrètes cimes Où s’élaborent sourdement L’espoir, le but, le mouvement, Où gît, ardent, supplicié, Invincible, au destin lié, Mais tremblant qu’on ne le bafoue, Le désir! — que jamais l’on n’avoue…

L’hiver aux opaques parois
L’hiver aux opaques parois N’a pas de brises ni d’arômes; Tu respires en quelque endroit Et pour moi l’univers embaume ! On voit, dans le froid firmament, Les étoiles aux feux fidèles; Mon regard recherche laquelle Met sur toi son scintillement. Axe élu, pour moi tu traverses Le globe d’un trait idéal. — Ainsi trompe et nous bouleverse Un amour fortuit et fatal…

Ô suave ami périssable
Ô suave ami périssable, Tu ne pourras laisser de traces Que le temps mobile n’efface Comme fait le vent sur les sables ! Tes doux jeux, charmants, éphémères, Sont faits d’écume et d’âme amère. Et cependant, quoi que tu fasses, Il restera que je t’aimais, Que j’ai dit ta grâce à l’espace, Et penché sur tes yeux ma face Où le soleil se résumait !

Peut-être faut-il accepter
Peut-être faut-il accepter, Dans la détresse de l’amour, Ces grandes douleurs sans contours Pareilles à la sainteté. — Je ne veux pas que l’on retire À mon cœur, sans autre habitude Désormais que ce doux martyre, L’affligeante béatitude !

Peut-être que ton corps charmant
Peut-être que ton corps charmant, qui me tourmente Par la grâce des mains, des lèvres et de l’œil, Établit en moi seule une saison démente Où l’instinctif élan est grave comme un deuil. Je l’ai lu dans un juste et saisissant recueil: «La beauté de l’amant n’est qu’au cœur de l’amante» C’est donc moi qui te fais un excessif accueil ! — Alors, pourquoi ce rare et précis esclavage ? Mais mon mal est sacré puisque le sort le veut ! Et c’est mon besoin fol comme mon besoin sage De préférer au monde un seul de tes cheveux !

Pourquoi ce besoin fort et triste
Pourquoi ce besoin fort et triste De voir haleter et languir Dans la détresse du plaisir Le corps rêveur que l’on assiste ? Espère-t-on ainsi capter La part de l’âme inviolable, Et voler, par la volupté, A l’être épars et dévasté, Sa solitude insaisissable ? — Ah ! pouvoir excéder mes droits, Pouvoir te dérober dans l’ombre Ton secret, tes forces, tes lois, Et sentir que ton désarroi Appartient à mon âme sombre Plus que je n’appartiens à toi !

Un soir où tu ne parlais pas
Un soir où tu ne parlais pas, Où tu me regardais à peine, Mes yeux erraient à petits pas Sur ton visage aux belles peines, Et j’ai fait avec ton ennui Un étrange et mystique pacte Où tout me dessert et me nuit; Et, depuis, mes rêves, mes actes, A travers les jours et les nuits, L’éloignement, l’atroce ennui, S’en vont, résolus, invincibles, Vers ton corps que j’ai pris pour cible…

Un triste orgue de Barbarie
Un triste orgue de Barbarie Enfonce dans l’air du matin, Comme à coups de couteau qui crie, Un vulgaire, un pointu refrain, Et même cela, cela même, Ce triste chant malade et maigre, Dans la rue où souffle un vent aigre, Me fait songer au bleu foyer De ton regard droit et noyé, Et m’indique combien je t’aime !

Vis sans efforts et sans débats
Vis sans efforts et sans débats, Garde tes torts, reste toi-même, Qu’importent tes défauts? Je t’aime Comme si tu n’existais pas, Car l’émanation secrète Qui fait ton monde autour de toi Ne dépend pas de tes tempêtes, De ton cœur vif, ton cœur étroit, C’est un climat qui t’environne, Intact et pur, et dans lequel Tu t’emportes, sans que frissonne Ton espace immatériel: — L’anxieux frelon qui bourdonne Ne peut pas altérer son ciel…


Recueil: "Poème de l'amour"



Anna de Noailles
Anna Brancovan de Noailles (1876—1933).
Par Philip Alexis de Laszlô (1869-1937). 
Huile sur toile. 
Musée d'Orsay.

Biographie

D'origine roumaine par son père, le prince Grégoire Bassaraba
de Brancovan, et grecque par sa mère, Raluka Musurus. Anna était
née à Paris et passait une enfance heureuse sur les bords du lac
Léman. Elle épousait Comte Mathieu de Noailles et devenait
célèbre comme poète avec "Le Cœur innombrable".
Anna de Noailles était l'ami de Colette, Marcel Proust, Jean Cocteau,
Maurice Barrès Paul Claudel, André Gide, Frédéric Mistral, Paul
Valéry, Jean Cocteau, Edmond Rostand et Alphonse Daudet.
Elle entretint aussi une liaison avec le poète Henri Franck et va
devenir sa muse.
Anna de Noailles était largement inspirée par le lac Léman. Elle
passait ses vacances d'été à Amphion, entre Evian et Thonon.
Son œuvre qui au début, célèbrait l'amour et la nature, devenait
suite à une maladie, un chant douloureux. Elle écrit trois romans,
une autobiographie et un grand nombre de poèmes.
En 1904, avec d’autres femmes, elle crée "Vie heureuse ", qui
deviendra plus tard "Le prix fémina", récompensant la meilleure
œuvre française écrite en prose ou en poésie.
Anna de Noailles était la première femme à devenir commandeur
de la Légion d'honneur et membre de l'Académie française.

Bibliographie

Le Cœur innombrable, poèmes (1901).
L'ombre des jours, poèmes (1902).
La Nouvelle Espérance, roman (1903).
Le visage émerveillé, roman (1904).
La Domination, roman (1905).
Les éblouissements, poèmes (1907).
Les vivants et les morts, poèmes (1913).
Les forces éternelles, recueil de poèmes (1921).
Les Innocentes, recueil de proses poétiques (1923).
L'honneur de souffrir, poèmes (1927).
Le livre de ma vie, mémoires (1932).






Anna de Noailles - Le coeur innombrable


Anna de Noailles - Éblouissement


Anna de Noailles - Bittô


Louise Labé - XXIV sonnets


M. Desbordes Valmore - Amour


M. Desbordes Valmore - Florilège


M. Desbordes Valmore - Fleur d'enfance


Mélanie Waldor - Dors à mes pieds


Renée Vivien - Florilège 1


Renée Vivien - Florilège 2


Renée Vivien - Florilège 3


Louise Ackermann - Poèmes


Marie Nizet - La torche


Cécile Sauvage - Tu tettes le lait pur


Lucie Delarue - Poèmes lesbiens


Lucie Delarue - Poèmes échequéens


Lucie Delarue - Le Normandie


Sappho - (Nederlands - English - Français)


Club des poétesses


Dead Poetesses Society



Homepage


Pageviews since 21-03-2002
©  Gaston D'Haese: 06-02-2013.
Dernière mise à jour: 11-03-2016.