Guillaume Apollinaire

Guillaume Apollinaire 
(Rome, 25 août 1880 - Paris, 9 novembre 1918)
Guglielmo Alberto Wladimiro Alessandro Apollinare 
de Kostrowitzky.
Fils d'Angelica de Kostrowitzky et de père inconnu.
C'est l'un des principaux poètes français du début 
du XXe siècle.
Il meurt à l'âge de 38 ans de la grippe espagnole.

Lueurs des tirs

La grâce exilée


La boucle retrouvée


Refus de la colombe


Les feux du bivouac


Les grenadines repentantes


Tourbillon de mouches


L'adieu du cavalier


Photographie


Océan de terre


La grâce exilée
Va-t'en va-t'en mon arc-en-ciel Allez-vous-en couleurs charmantes Cet exil t'est essentiel Infante aux écharpes changeantes Et l'arc-en-ciel est exilé Puisqu'on exile qui l'irise Mais un drapeau s'est envolé Prendre ta place au vent de bise

La boucle retrouvée
Il retrouve dans sa mémoire La boucle de cheveux châtains T'en souvient-il à n'y point croire De nos deux étranges destins Du boulevard de la Chapelle Du joli Montmartre et d'Auteuil Je me souviens murmure-t-elle Du jour où j'ai franchi ton seuil Il y tomba comme un automne La boucle de mon souvenir Et notre destin qui t'étonne Se joint au jour qui va finir

Refus de la colombe
Mensonge de l'Annonciade La Noël fut la Passion Et qu'elle était charmante et sade Cette renonciation Si la colombe poignardée Saigne encore de ses refus J'en plume les ailes l'idée Et le poème que tu fus

Les feux du bivouac
Les feux mouvants du bivouac Éclairent des formes de rêve Et le songe dans l'entrelacs Des branches lentement s'élève Voici les dédains du regret Tout écorché comme une fraise Le souvenir et le secret Dont il ne reste que la braise

Les grenadines repentantes
En est-il donc deux dans Grenade Qui pleurent sur ton seul péché Ici l'on jette la grenade Qui se change en un oeuf coché Puisqu'il en nait des coqs Infante Entends-les chanter leurs dédains Et que la grenade est touchante Dans nos effroyables jardins

Tourbillon de mouches
Un cavalier va dans la plaine La jeune fille pense à lui Et cette flotte à Mytilène Le fil de fer est là qui luit Comme ils ceuillaient la rose ardente Leurs yeux tout à coup ont fleuri Mais quel soleil la bouche errante A qui la bouche avait souri

L'adieu du cavalier
Ah Dieu! que la guerre est jolie Avec ses chants ses longs loisirs Cette bague je l'ai polie Le vent se mêle à vos soupirs Adieu! voici le boute-selle Il disparut dans un tournant Et mourut là-bas tandis qu'elle Riait au destin surprenant

Photographie
Ton sourire m'attire comme Pourrait m'attirer une fleur Photographie tu es le champignon brun De la forêt Qu'est sa beauté Les blancs y sont Un clair de lune Dans un jardin pacifique Plein d'eaux vives et de jardiniers endiablés Photographie tu es la fumée de l'ardeur Qu'est sa beauté Et il y a en toi Photographie Des tons alanguis On y entend Une mélopée Photographie tu es l'ombre Du soleil Qu'est sa beauté

Océan de terre

A.G. de Chirico
J'ai bâti une maison au milieu de l'Océan Ses fenêtres sont les fleuves qui s'écoulent de mes yeux Des poulpes grouillent partout où se tiennent les murailles Entendez battre leur triple coeur et leur bec cogner aux vitres Maison humide Maison ardente Saison rapide Saison qui chante Les avions pondent des oeufs Attention on va jeter l'ancre Attention à l'encre que l'on jette Il serait bon que vous vinssiez du ciel Le chèvrefeuille du ciel grimpe Les poulpes terrestres palpitent Et puis nous sommes tant et tant à être nos propres fossoyeurs Pâles poulpes des vagues crayeuses ô poulpes aux becs pâles Autour de la maison il y a cet océan que tu connais Et qui ne repose jamais


 Recueil Calligrammes

Guillaume Apollinaire
(1880 - 1918)






G. Apollinaire - Poésie érotique


G. Apollinaire - Sous le pont Mirabeau


G. Apollinaire - Nuit rhénane


G. Apollinaire - Voie lactée


G. Apollinaire - Poèmes à Lou


G. Apollinaire - La jolie rousse


La maïtresse rousse


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