Baudelaire
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Les chats

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Les chats

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L' albatros

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Ma maîtresse

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Enivrez-vous

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Chant d'automne

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Au lecteur

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J'aime le souvenir

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La chevelure

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Tableaux parisiens

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Femmes damnées

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Le serpent

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Le goût du néant


Charles Baudelaire - Poésie
Baudelaire

L'horloge


L'horloge


Horloge ! dieu sinistre, effrayant, impassible, 
Dont le doigt nous menace et nous dit : " Souviens-toi ! 
Les vibrantes Douleurs dans ton coeur plein d'effroi 
Se planteront bientôt comme dans une cible, 

Le plaisir vaporeux fuira vers l'horizon 
Ainsi qu'une sylphide au fond de la coulisse ; 
Chaque instant te dévore un morceau du délice 
A chaque homme accordé pour toute sa saison. 

Trois mille six cents fois par heure, la Seconde 
Chuchote : Souviens-toi ! - Rapide, avec sa voix 
D'insecte, Maintenant dit : Je suis Autrefois, 
Et j'ai pompé ta vie avec ma trompe immonde ! 

Remember ! Souviens-toi, prodigue ! Esto memor ! 
(Mon gosier de métal parle toutes les langues.) 
Les minutes, mortel folâtre, sont des gangues 
Qu'il ne faut pas lâcher sans en extraire l'or ! 

Souviens-toi que le Temps est un joueur avide 
Qui gagne sans tricher, à tout coup ! c'est la loi. 
Le jour décroît ; la nuit augmente, souviens-toi ! 
Le gouffre a toujours soif ; la clepsydre se vide. 

Tantôt sonnera l'heure où le divin Hasard, 
Où l'auguste Vertu, ton épouse encor vierge, 
Où le repentir même (oh ! la dernière auberge !), 
Où tout te dira : Meurs, vieux lâche ! il est trop tard.



La cloche fêlée


Il est amer et doux, pendant les nuits d'hiver,
D'écouter, près du feu qui palpite et qui fume,
Les souvenirs lointains lentement s'élever
Au bruit des carillons qui chantent dans la brume,

Bienheureuse la cloche au gosier vigoureux
Qui, malgré sa vieillesse, alerte et bien portante,
Jette fidèlement son cri religieux,
Ainsi qu'un vieux soldat qui veille sous la tente !

Moi, mon âme est fêlée, et lorsqu'en ses ennuis
Elle veut de ses chants peupler l'air froid des nuits,
Il arrive souvent que sa voix affaiblie

Semble le râle épais d'un blessé qu'on oublie
Au bord d'un lac de sang, sous un grand tas de morts,
Et qui meurt, sans bouger, dans d'immenses efforts.



René Magritte 
La Trahison des Images (1928-29) 
Los Angeles County Museum of Art


La pipe


Je suis la pipe d'un auteur ; 
On voit, à contempler ma mine 
D'Abyssinienne ou de Cafrine, 
Que mon maître est un grand fumeur.

Quand il est comblé de douleur,
Je fume comme la chaumine 
Où se prépare la cuisine
Pour le retour du laboureur.

J'enlace et je berce son âme 
Dans le réseau mobile et bleu 
Qui monte de ma bouche en feu,

Et je roule un puissant dictame 
Qui charme son coeur et guérit 
De ses fatigues son esprit.


Charles Baudelaire 
(1821-1867)



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Baudelaire - Femmes damnées
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