Henri Cantel
Auguste Renoir (1841-1919)
Les Grandes Baigneuses (1884-1887)
Huile sur toile (115 cm × 170 cm)
Les modèles principaux sont Aline Charigot, 
la blonde et Suzanne Valadon, la brune.
Aline Charigot va devenir sa femme en 1890. 
Philadelphia Museum of Art, Philadelphia
Auguste Renoir :  Les grandes Baigneuses (ca. 1887)
Philadelphia Museum of Art

Poèmes lesbiens


Les tribades

La Louve

Aline

Conseil

Columbatim

Les tribades


Les filles de Lesbos dorment entrelacées,
Comme deux jeunes fleurs sur un même rameau;
Elles dorment ! Leur sein éblouissant et beau,
Se gonfle au souvenir de leurs folles pensées.

D'un mutuel amour leurs lèvres caressées
Semblent prêtes encor pour un baiser nouveau;
Et demain dans ce lit, voluptueux tombeau,
Le plaisir rouvrira leurs corolles lassées.

Leur corps n'est entouré d'aucun voile jaloux;
J'écoute soupirer leur souffle, et je me penche
Pour mieux voir les contours de leur nudité blanche.

Mais je ne suis qu'un homme, et je pleure à genoux:
Sur elles, pour tromper ma flamme inapaisée,
Mon désir verse à flots sa brûlante rosée.



La Louve


Les yeux creux, Léona, plus pâle que la lune,
Tout les jours, erre seule, au hasard et remplit
Les sentiers et les bois de sa plainte importune.

La solitude accroît encor son infortune,
La nuit, elle soupire et déserte son lit,
Pour rafraîchir au vent sa gorge ardente et brune.

Quel est son mal ? Elle aime ! Elle aime et veut mourir,
Car elle sait le gouffre où se débat son âme:
L'objet de son amour, horreur ! c'est une femme
Dont pour elle les bras ne doivent pas s'ouvrir ?

Elle sèche et languit, elle crie aux étoiles:
"Toi que j'aime aujourd'hui, que j'aimerai demain,
Vierge, oh ! viens, sois à moi ! Mes lèvres et ma main
De ta virginité déchireront les voiles !"



Aline


Aline sommeillait. Un matin, Léona,
Voyant la blonde vierge en fleur et demi-nue,
Dans ses veines sentit sa force inconnue
Courir, comme la foudre éclatant sous la nue.

Sa folle passion soudain se déchaîna;
Elle trembla, rougit, pâlit. ivre et farouche,
Elle enlaça sa proie, et lui ferma la bouche
D'un baiser. Lors l'enfant se dressa sur sa couche !

"Aline, mon cher cœur et mon rêve adoré,
Va ! ne crains rien, c'est moi, ta Léona ! Je t'aime
Et brûle d'infuser mon amour en toi-même !

Mes lèvres vont cueillir ton fruit tant désiré !"
La victime, n'osant fuir l'œil noir qui la couve,
Se taisait sous les dents puissantes de la louve.



Conseil


Sous les berceaux ou sur les tombes,
Colombes,
Soupirez et becquetez-vous !

Entrelacez, ö tourterelles !
Vos ailes
Pour dormir dans vos nids si doux !

Vierges toute en fleur, qu'effarouche
le jour,
l'amour
Rit dans ton coeur, rit sur ta bouche

Ouvre aux baisers du bien-aimé
Ton âme
O femme !
Tes bras et ton sein parfumé !



Columbatim


Dans ce lit, aux molles clartés
Tombant d'une lampe d'albâtre,
Voyez s'entrelacer, s'ébattre
Deux serpents, deux jeunes beautés.

Des serpents ! non ce sont des cygnes
Par la grêce et par la fraîcheur,
L'aile frémit en sa blancheur,
Brisant les ombres et les lignes.

Pourquoi ces soupirs, ces sanglots,
Couple ardent, dont le sein palpite ?
La fureur de Sapho t'agite:

Ensemble vous videz à flots
Vos coupes de chair, loin de l'homme,
O précieuses de Sodome !


Henri Cantel
'Amours et priapées'  (1869)

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