L'heure verteComme bercée en un hamac La pensée oscille et tournoie, A cette heure où tout estomac Dans un flot d'absinthe se noie. Et l'absinthe pénètre l'air, Car cette heure est toute émeraude. L'appétit aiguise le flair De plus d'un nez rose qui rôde. Promenant le regard savant De ses grands yeux d'aigues-marines, Circé cherche d'où vient le vent Qui lui caresse les narines. Et, vers des dîners inconnus, Elle court à travers l'opale De la brume du soir. Vénus S'allume dans le ciel vert-pâle.Recueil : Le coffret de santal Dans notre vie âcre et fiévreuseDans notre vie âcre et fiévreuse Ta splendeur étrange apparaît, Phare altier sur la côte affreuse; Et te voir est joie et regret. Car notre âme que l'ennui creuse Cède enivrée à ton attrait, Et te voudrait la reine heureuse D'un monde qui t'adorait. Mais tes yeux disent, Sidonie, Dans leur lumineuse ironie Leur mélancolique fierté, Qu'à ton front, d'où l'or fin rayonne, Il suffit d'avoir la couronne De l'idéale royauté. Sonnet cabalistique Comme bercée en un hamac, La pensée oscille et tournoie, A cette heure où tout estomac Dans un flot d'absinthe se noie. Il était un amateur d'absinthe, comme beaucoup d'artistes de son époque. |
