Louïse Labé - 24 sonnets d'amour
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Louïse Labé
Louïse (Loise) Labé (Labbé) - 'Lionnoize' 
(°Lyon ca. 1520; †Parcieux-en-Dombes 1566)
La belle cordière

Sonnets et Dialogue poétique

SONNET I

Si jamais il y eut plus clairvoyant qu'Ulysse,
Il n'aurait jamais pu prévoir que ce visage,
Orné de tant de grâce et si digne d'hommage,
Devienne l'instrument de mon affreux supplice.

Cependant ces beaux yeux, Amour, ont su ouvrir
Dans mon coeur innocent une telle blessure,
-Dans ce coeur où tu prends chaleur et nourriture-
Que tu es bien le seul à pouvoir m'en guérir.

Cruel destin ! Je suis victime d'un Scorpion,
Et je ne puis attendre un remède au poison
Que du même animal qui m'a empoisonnée !

Je t'en supplie, Amour, cesse de me tourmenter !
Mais n'éteins pas en moi mon plus précieux désir,
Sinon il me faudra fatalement mourir.


SONNET II

Ô beaux yeux bruns, ô regards détournés, Ô chauds soupirs, ô larmes épandues, Ô noires nuits vainement attendues, Ô jours luisants vainement retournée ! Ô tristes plaints, ô désirs obstiné, Ô temps perdu, ô peines dépendues, Ô milles morts en mille rets tendues, Ô pires maux contre moi destiné ! Ô ris, ô front, cheveux bras mains et doigts ! Ô luth plaintif, viole, archet et voix ! Tant de flambeaux pour ardre une femelle ! De toi me plains, que tant de feux portant, En tant d'endroits d'iceux mon coeur tâtant, N'en ai sur toi volé quelque étincelle.


SONNET III

Ô longs désirs, ô espérances vaines,
Tristes soupirs et larmes coutumières
À engendrer de moi maintes rivières,
Dont mes deux yeux sont sources et fontaines !

Ô cruautés, ô durtés inhumaines,
Piteux regards des célestes lumières,
Du coeur transi ô passions premières
Estimez-vous croître encore mes peines ?

Qu'encor Amour sur moi son arc essaie,
Que de nouveaux feux me jette et nouveaux dards,
Qu'il se dépite et pis qu'il pourra fasse :

Car je suis tant navrée en toute part
Que plus en moi une nouvelle plaie
Pour m'empirer, ne pourrait trouver place.


SONNET IV

Depuis qu'Amour cruel empoisonna Premièrement de son feu ma poitrine, Toujours brûlai de sa fureur divine, Qui un seul jour mon coeur n'abandonna. Quelque travail, dont assez me donna, Quelque menace et prochaine ruine, Quelque penser de mort qui tout termine, De rien mon coeur ardent ne s'étonna. Tant plus qu'Amour nous vient fort assaillir, Plus il nous fait nos forces recueillir, Et toujours frais en ses combats fait être ; Mais ce n'est pas qu'en rien nous favorise, Cil qui des Dieux et des hommes méprise, Mais pour plus fort contre les forts paraître.


SONNET V

Claire Vénus, qui erres par les Cieux, Entends ma voix qui en plaints chantera, Tant que ta face au haut du Ciel luira, Son long travail et souci ennuyeux. Mon oeil veillant s'attendrira bien mieux, Et plus de pleurs te voyant jettera. Mieux mon lit mol de larmes baignera, De ses travaux voyant témoins tes yeux. Donc des humains sont les lassés esprits De doux repos et de sommeil épris. J'endure mal tant que le soleil luit ; Et quand je suis quasi toute cassée, Et que me suis mise en mon lit lassée, Crier me faut mon mal toute la nuit.


SONNET VI

Deux ou trois fois bienheureux le retour De ce clair Astre, et plus heureux encore Ce que son oeil de regarder honore. Que celle-là recervrait un bon jour Qu'elle pourrait se vanter d'un bon tour, Qui baiserait le plus beau don de Flore, Le mieux sentant que jamais vis Aurore, Et y ferait sur ses lèvres séjour ! C'est à moi seule à qui ce bien est dû, Pour tant de pleurs et tant de temps perdu ; Mais, le voyant, tant lui ferai de fête, Tant emploierai de mes yeux le pouvoir, Pour dessus lui plus de crédit avoir, Qu'en peu de temps ferai grande conquête.


SONNET VII

On voit mourir toute chose animée,
Lors que du corps l'âme subtile part :
Je suis le corps, toi la meilleure part :
Où es-tu donc, ô âme bien aimée ?

Ne me laissez pas si longtemps pâmée :
Pour me sauver après viendrais trop tard.
Las ! ne mets point ton corps en ce hasard :
Rends-lui sa part et moitié estimée.

Mais fais, Ami, que ne soit dangereuse
Cette rencontre et revue amoureuse,
L'accompagnant, non de sévérité,

Non de rigueur, mais de grâce amiable,
Qui doucement me rende ta beauté,
Jadis cruelle, à présent favorable.

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SONETT VII

Man sieht vergehen die belebten Dinge,
sowie die Seele nicht mehr bleiben mag.
Du bist das Feine, ich bin das Geringe,
ich bin der Leib : wo bist du, Seele, sag ?

Lass mich so lang nicht in des Ohnmacht. Trage
Sorge für mich und rette nicht zu spät.
Was bringst du deinen Leib in diese Lage
und machst, dass ihm sein Köstlichstes enträt ?

Doch wirke so, dass dieses Sich-Begegnen
in Fühlbarkeit und neuem Augenschein
gefahrlos sei : volliehs nicht in verwegnen

und herrischen Erschütterungen : nein,
lass sanfter in mich deine Schönheit gleiten,
die gnädig ist, um länger nicht zu streiten.

Übersetzung von R.M. Rilke (1875-1926)

Rilke
Rainer Maria Rilke

SONNET VIII

Je vis, je meurs: je me brûle et me noie,
J'ai chaud extrême en endurant froidure;
La vie m'est et trop molle et trop dure,
J'ai grands ennuis entremélés de joie.

Tout en un coup je ris et je larmoie,
Et en plaisir maint grief tourment j'endure,
Mon bien s'en va, et à jamais il dure,
Tout en un coup je sèche et je verdoie.

Ainsi Amour inconstamment me mène
Et, quand je pense avoir plus de douleur,
Sans y penser je me trouve hors de peine.

Puis, quand je crois ma joie être certaine,
Et être en haut de mon désiré heur,
Il me remet en mon premier malheur.


SONNET IX

Tout aussitôt que je commence à prendre Dans le mol lit le repos désiré, Mon triste esprit, hors de moi retiré, S'en va vers toi incontinent se rendre. Lors m'est avis que dedans mon sein tendre Je tiens le bien où j'ai tant aspiré, Et pour lequel j'ai si haut soupiré Que de sanglots ai souvent cuidé fendre. Ô doux sommeil, ô nuit à moi heureuse ! Plaisant repos plein de tanquillité, Continuez toutes les nuits mon songe ; ET si jamais ma pauvre âme amoureuse Ne doit avoir de bien en vérité, Faites au moins qu'elle en ait en mensonge.


SONNET X

Quand j'aperçois ton blond chef, couronné D'un laurier vert, faire un luth si bien plaindre Que tu pourrais à te suivre contraindre Arbres et rocs ; quand je te vois orné, Et, de vertus dix mille environné, Au chef d'honneur plus haut que nul atteindre, Et des plus haut les louanges éteindre, Lors dit mon coeur en soi passionné : Tant de vertu qui te font être aimé, Qui de chacun te font être estimé, Ne te pourraient aussi bien faire aimer ? Et, ajoutant à ta vertu louable Ce nom encor de m'être pitoyable, De mon amour doucement t'enflammer ?


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SONNET XI

Ô doux regards, ô yeux pleins de beauté
Petits jardins pleins de fleurs amoureuses
Où sont d'Amour les flèches dangereuses,
Tant à vous voir mon oeil s'est arrêté !

Ô coeur félon, ô rude cruauté,
Tant tu me tiens de façons rigoureuses,
Tant j'ai coulé de larmes langoureuses,
Santant l'ardeur de mon coeur tourmenté !

Doncques, mes yeux, tant de plaisir avez,
Tant de bons tours par ces yeux recevez ;
Mais toi, mon coeur, plus les vois s'y complaire,

Plus tu languis, plus en as de souci.
Or devinez si je suis aise aussi,
Sentant mon oeil être à mon coeur contraire.


SONNET XII

Oh, si j'étais en ce beau sein ravie De celui-là pour lequel vais mourant : Si avec lui vivre le demeurant De mes courts jours ne m'empêchait envie : Si m'accolant me disait : chère Amie, Contentons-nous l'un l'autre ! s'assurant Que jà tempête, Euripe, ni Courant Ne nous pourra disjoindre en notre vie : Si de mes bras le tenant accolé, Comme du lierre est l'arbre encercelé, La mort venait, de mon aise envieuse, Lors que, souef*, plus il me baiserait, Et mon esprit sur ses lèvres fuirait, Bien je mourrais, plus que vivante, heureuse.

*souef: doucement

SONNET XIII

Luth, compagnon de ma calamité, De mes soupirs témoin irréprochable, De mes ennuis contrôleur véritable, Tu as souvent avec moi lamenté ; Et tant le pleur piteux t'a molesté Que, commençant quelque son délectable, Tu le rendais tout soudain lamentable, Feignant le ton que plein avais chanté. Et si tu veux efforcer au contraire, Tu te détends et si me contrains taire : Mais me voyant tendrement soupirer, Donnant faveur à ma tant triste plainte, En mes ennuis me plaire suis contrainte Et d'un doux mal douce fin espérer.


SONNET XIV

Tant que mes yeux pourront larmes épandre
A l'heur passé avec toi regretter :
Et qu'aux sanglots et soupirs résister
Pourra ma voix, et un peu faire entendre :

Tant que ma main pourra les cordes tendre
Du mignard Luth, pour tes grâces chanter :
Tant que l'esprit se voudra contenter
De ne vouloir rien fors que toi comprendre :

Je ne souhaite encore point mourir.
Mais quand mes yeux je sentirai tarir,
Ma voix cassée, et ma main impuissante,

Et mon esprit en ce mortel séjour
Ne pouvant plus montrer signe d'amante :
Prierai la mort noircir mon plus clair jour.


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SONNET XV

Pour le retour du Soleil honorer, Le Zéphir l'air serein lui appareille, Et du sommeil l'eau et la terre éveille, Qui les gardait, l'une de murmurer En doux coulant, l'autre de se parer De mainte fleur de couleur nonpareille Jà les oiseaux ès arbres font merveille, Et aux passants font l'ennui modérer Les nymphes jà en milles jeux s'ébattent Au clair de lune, et dansant l'herbe abattent. Veux-tu Zéphir, de ton heur me donner, Et que par toi toute me renouvelle ? Fais mon Soleil devers moi retourner, Et tu verras s'il ne me rend plus belle.


SONNET XVI

Après qu'un temps la grêle et le tonnerre Ont le haut mont de Caucase battu, Le beau jour vient, de luer revêtu. Quand Phébus a son cerne fait en terre, Et l'Océan il regagne a grand'erre ; Sa soeur se montre avec son chef pointu. Quand quelque temps le Parthe a combattu, Il prend la fuite et son arc il desserre. Un temps t'ai vu et consolé plaintif, Et défiant de mon feu peu hâtif ; Mais maintenant que tu m'as embrassée Et suis au point auquel tu me voulais, Tu as ta flamme en quelque eau arrosée, Et es plus froid qu'être je ne soulais.


SONNET XVII

Je fuis la ville, et temples, et tous lieux Esquels, prenant plaisir à t'ouïr plaindre, Tu pus, et non sans force, me contraindre De te donner ce qu'estimais le mieux. Masques, tournois, jeux me sont ennuyeux, Et rien sans toi de beau ne me puis peindre; Tant que, tâchant à ce désir étreindre, Et un nouvel objet faire à mes yeux, Et des pensers amoureux me distraire, Des bois épais suis le plus solitiare. Mais j'aperçois, ayant erré maint tour, Que si je veux de toi ëtre délivre, Il me convient hors de moi-mëme vivre; Ou fais encor que loin sois en séjour.


SONNET XVIII

Baise m'encor, rebaise moy et baise:
Donne m'en un de tes plus savoureus,
Donne m'en un de tes plus amoureus:
Je t'en rendray quatre plus chaus que braise.

Las, te pleins tu ? ça que ce mal j'apaise,
En t'en donnant dix autres doucereus.
Ainsi meslans nos baisers tant heureus
Jouissons nous l'un de l'autre à notre aise.

Lors double vie à chacun en suivra.
Chacun en soy et son ami vivra.
Permets m'Amour penser quelque folie:

Tousjours suis mal, vivant discrettement,
Et ne me puis donner contentement,
Si hors de moy ne fay quelque saillie.



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SONNET XIX

Diane étant en l'épaisseur d'un bois, Après avoir mainte bête assénée, Prenait le frais, de Nymphe couronnée. J'allais rêvant, comme fais mainte fois, Sans y penser, quand j'ouïs une vois Qui m'appela, disant : Nymphe étonnée, Que ne t'es-tu vers diane tournée ? Et, me voyant sans arc et sans carquois : Qu'as-tu trouvé, Ô compagne en ta voie, Qui de ton arc et flêches ait fait proie ? - Je m'animai, réponds-je, à un passant, Et lui jetai en vain toute mes flêches Et l'arc aprés ; mais lui les ramassant Et les tirant, me fit cent en cent brêches.


SONNET XX

Prédit me fut que devait fermement Un jour aimer celui dont la figure Me fut décrite ; et sans autre peinture Le reconnus quand vis premièrement. Puis le voyant aimer fatalement Pitié je pris de sa triste aventure, Et tellement je forçais ma nature, Qu'autant que lui aimai ardentement. Qui n'eût pensé qu'en faveur devait croître Ce que le ciel et destins firent naître ? Mais quand je vois si nubileux apprêts, Vents si cruels et tant horrible orage, Je crois qu'étaient les infernaux arrêts Que de si loin m'ourdissaient ce naufrage.


SONNET XXI

Quelle grandeur rend l'homme vénérable ? Quelle grosseur ? quel poil ? quelle couleur ? Qui est des yeux le plus emmielleur ? Qui fait plus tôt une plaie incurable ? Quel chant est plus à l'homme convenable ? Qui plus pénètre en chantant sa douleur ? Qui un doux luth fait encore meilleur ? Quel naturel est le plus amiable ? Je ne voudrais le dire assûrément, Ayant Amour forcé mon jugement ; Mais je sais bien, et de tant je m'assure, Que tout le beau que l'on pourrait choisir, Et que tout l'art qui aide la Nature, Ne sauraient accroître mon désir.


SONNET XXII

Luisant Soleil, que tu es bienheureux De voir toujours t'Amie la face ! Et toi, sa soeur, qu'Endymion embrasse, Tant te repais de miel amoureux ! Mars voie Vénus ; Mercure aventureux De Ciel en Ciel, de lieu en lieu se glace ; Er Jupiter remarque en mainte place Ses premiers ans plus gais et chaleureux. Voilà du Ciel la puissante harmonie, Qui les esprits divins ensemble lie ; Mais s'ils avaient ce qu'ils aiment lointain, Leur harmonie et ordre irrévocable Se tournerait en erreur variable, Et comme moi travaillerait en vain.


SONNET XXIII

Las! que me sert que si parfaitement
Loua jadis ma tresse dorée,
Et de mes yeux la beauté comparée
A deux Soleils, dont Amour finement

Tira les traits causes de son tourment ?
Où êtes-vous, pleurs de peu de durée ?
Et mort par qui devait être honorée
Ta ferme amour et itéré serment ?

Doncques c'était le but de ta malice
De m'asservir sous ombre de service ?
Pardonne-moi, Ami, à cette fois,

Etant outrée et de dépit et d'ire;
Mais je m'assur', quelque part que tu sois,
Qu'autant que moi tu souffres de martyre.

SONNET XXIV

Ne reprenez, Dames, si j'ai aimé,
Si j'ai senti mille torches ardentes,
Mille travaux, mille douleurs mordantes.
Si, en pleurant, j'ai mon temps consumé,

Las ! que mon nom n'en soit par vous blamé.
Si j'ai failli, les peines sont présentes,
N'aigrissez point leurs pointes violentes:
Mais estimez qu'Amour, à point nommé,

Sans votre ardeur d'un Vulcain excuser,
Sans la beauté d'Adonis accuser,
Pourra, s'il veut, plus vous rendre amoureuses,

En ayant moins que moi d'occasion,
Et plus d'étrange et forte passion.
Et gardez-vous d'être plus malheureuses !

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Dialogue poétique
entre Louïse Labé et Olivier de Magny

Louïse Labé  Olivier de Magny
     Louïse Labé et son amant Olivier de Magny

O beaus yeus bruns, ô regars destournez,
O chaus soupirs, ô larmes espandues,
O noires nuits vainement atendues,
O jours luisans vainement retournez:

O tristes pleins, ô désirs obstinez,
O tems perdu, ô peines despendues,
O mile morts en mile rets tendues,
O pires maus contre moi destinez.

O ris, ô front, cheveux, bras, mains et doigts:
O lut pleintif, viole, archet et vois:
Tant de flambeaus pour ardre une femelle!

De toy me plein, que tant de feus portant,
Et Tant d’endrois d’iceus mon cœur tatant,
N’en est sur toy volé quelque estincelle.

Louïse Labé – Œuvres (1555)



O beaux yeux bruns, ô regards destournez,
O chaults souspirs, ô larmes espandues,
O noires nuicts vainement attendues,
O jours luysans vainement retournez:

O tristes pleints, ô désirs obstinez,
O tens perdu, ô peines despendues,
O mille morts en mille retz tendues,
O pire maulx contre moy destinez:

O pas espars, ô trop ardente flame
O douce erreur, ô pensers de mon ame,
Qui ça, qui là, me tournez nuict et jour,

O vous mes yeux, non plus yeux mais fonteines,
O dieux, ô cieux et personnes humaines,
Soyez pour dieu tesmoins de mon amour.


Olivier de Magny – Les Souspirs (1556)


Lyon
Lyon (XVIe siècle)

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Biographie
Louise Labé par Pierre Woériot. 
Woériot (°1530; †1589) était sculpteur, 
orfèvre et graveur. Il s'installe à Lyon en 1554, 
et est l'auteur du seul portait authentifié 
de Louise Labé (°ca. 1520; †1566).


Louïse Labé (ca. °1520; †1566) était née à Lyon dans une famille
de cordiers. On la marie également à un cordier (de trente ans
son aîné).
Elle était une femme cultivée et d'une beauté célèbre. Louise
apprenait le latin, l’italien, la musique ( "La dame au luth"), mais
aussi tous les arts des armes traditionnellement réservés aux hommes.
Elle trouva dans la fortune de son mari un moyen de satisfaire sa
passion pour les lettres. Dans un temps où les livres étaient rares
et précieux, elle eut une bibliothèque composée des meilleurs
ouvrages grecs, latins, italiens et français. Elle possédait aussi
des jardins spacieux près de la place Bellecour.
Louïse Labé tenait un salon qui attirait chez elle l'élite de la société
Lyonnaise. Son caractère indépendant et ses liaisons avec le poète
Olivier de Magny et Claude Rubys lui firent une réputation de
femme légère.
A l'encontre de ce que l'on trouve chez ses contemporains (et chez
Dante & Pétrarque), c'est la femme qui souffre et l'homme qui est
l'objet du désir.

Oeuvres


24 "Sonnets" dont un en langue italienne.
3 "Elégies".
"Débats de folie et d'amour".


"Le plus grand plaisir qu'il soit après l'amour,
c'est d'en parler".

Louïse Labé

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Labé - Sonnet XXII

Labé - Élégies

Labé - Las !

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© Gaston D'Haese: 13-03-2002.
Dernière mise à jour: 12-09-2017.