Louïse Labé 
(°Lyon ca. 1520; †Parcieux-en-Dombes 1566)

La belle cordière

Las !


Las ! cettui jour, pourquoi l'ai-je dû voir, 
Puisque ses yeux allaient ardre mon âme ? 
Doncques, Amour, faut-il que par ta flamme 
Soit transmué notre heur en désespoir ! 

Si on savait d'aventure prévoir 
Ce que vient lors, plaints, poinctures et blâmes ; 
Si fraîche fleur évanouir son bâme 
Et que tel jour fait éclore tel soir ; 

Si on savait la fatale puissance, 
Que vite aurais échappé sa présence ! 
Sans tarder plus, que vite l'aurais fui ! 

Las, Las ! que dis-je ? O si pouvait renaître 
Ce jour tant doux où je le vis paraître, 
Oisel léger, comme j'irais à lui !




"Le plus grand plaisir qu'il soit après l'amour,
c'est d'en parler".
Louïse Labé




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