Maurice Maeterlinck
Maurice Maeterlinck
°Gand, le 29 août 1862 - †Nice, le 5 mai 1949
Essayiste scientifique, dramaturge et poète 
Belge francophone, d'origine flamande.
Il reçoit le Prix Nobel en 1911.
L'actrice de théâtre Georgette Leblanc 
fut sa compagne pendant 23 ans. Ensuite 
il maria la jeune actrice Renée Dahon.

Serres chaudes


Serre chaude

Oraison

Serre d'ennui

Feuillage du coeur

Lassitude

Ennui

Ame de serre

Ame de nuit

Serre chaude
O serre au milieu des forêts ! Et vos portes à jamais closes ! Et tout ce qu'il ya sous votre coupole ! Et sous mon âme en vos analogies ! Les pensées d'une princesse qui a faim, L'ennui d'un matelot dans le désert, Une musique de cuivre aux fenêtres des incurables. Allez aux angles les plus tièdes ! On dirait une femme évanouie un jour de moisson; Il y a des postillons dans la cour de l'hospice; Au loin, passe un chasseur d'élans, devenu infirmier. Examinez au clair de lune ! (Oh rien n'y est à sa place !) On dirait une folle devant les juges, Un navire de guerre à pleines voiles sur un canal, Des oiseaux de nuit sur des lys, Un glas vers midi, (Là-bas sous ces cloches !) Une étape de malades dans la prairie, Une odeur d'éther un jour de soleil. Mon Dieu ! Mon Dieu ! quand aurons-nous la pluie, Et la neige et le vent dans la serre !

Oraison
Mon âme a peur comme une femme. Voyez ce que j'ai fait, Seigneur, De mes mains, les lys de mon âme, De mes yeux, les cieux de mon cœur ! Ayez pitié de mes misères ! J'ai perdu la palme et l'anneau ; Ayez pitié de mes prières, Faibles fleurs dans un verre d'eau. Ayez pitié du mal des lèvres, Ayez pitié de mes regrets ; Semez des lys le long des fièvres Et des roses sur les marais. Mon Dieu ! d'anciens vols de colombes Jaunissent le ciel de mes yeux, Ayez pitié du lin des lombes Qui m'entoure de gestes bleus !
Serre d'ennui
O cet ennui bleu dans le coeur ! Avec la vision meilleure, Dans le clair de lune qui pleure, Et mes rêves bleus de langeur ! Cet ennui bleu comme la serre, Où l'on voit closes à travers Les vitrages profonds et verts, Couvertes de lune et de verre; Les grandes végétations Dont l'oubli nocturne s'allonge, Immobilement comme un songe, Sur les roses des passions; Où de l'eau très lente s'élève, En mêlant la lune et le ciel En un sanglot glauque éternel, Monotonement comme un rêve.
Feuillage du coeur
Sous la cloche de cristal bleu De mes lasses mélancolies, Mes vagues douleurs abolies S'immobolisent peu à peu: Végétations de symboles, Nénuphars mornes des plaisirs, Palmes lentes de mes désirs, Mousses froides, lianes molles. Seul, un lys érige d'entre eux, Pâle et rigidement débile, Son ascension immobile Sur les feuillages douloureux, Et dans les lueurs qu'il épanche Comme une lune, peu à peu, Elève vers le cristal bleu Sa mystique prière blanche.
Lassitude
Ils ne savent plus où se poser ces baisers, Ces lèvres sur des yeux aveugles et glacés; Désormais endormis en leur songe superbe, Ils regardent rêveurs comme des chiens dans l'herbe, La foule des brebis grises à l'horizon, Brouter le clair de lune épars sur le gazon, Aux caresses du ciel, vague comme leur vie; Indifférents et sans une flamme d'envie, Pour ces roses de joie écloses sous leur pas; Et ce long calme vert qu'ils ne comprennent pas.
Ennui
Les paons nonchalants, les paons blancs ont fui, Les paons blancs ont fui l'ennui du réveil; Je vois les paons blancs, les paons d'aujourd'hui, Les paons en allés pendant mon sommeil, Les paons nonchalants, les paons d'aujourd'hui, Atteindre indolents l'étang sans soleil, J'entends les paons blancs, les paons de l'ennui, Attendre indolents les temps sans soleil.
Ame de serre
Je vois des songes dans mes yeux; Et mon âme enclose sous verre, Eclairant sa mobile serre, Affleure les vitrages bleus. O les serres de l'âme tiède, Les lys contre les verres clos, Les roseaux éclos sous leurs eaux, Et tous mes désirs sans remède ! Je voudrais atteindre, à travers L'oubli de mes pupilles closes, Les ombelles autrefois roses De tous mes songes entr'ouverts... J'attends pour voir leurs feuilles mortes Reverdir un peu dans mes yeux; J'attends que la lune aux doigts bleus Entr'ouvre en silence les portes.
Ame de nuit
Mon âme en est triste à la fin; Elle est triste enfin d'être lasse, Elle est lasse enfin d'être en vain, Elle est triste et lasse à la fin Et j'attends vos mains sur ma face. J'attends vos doigts purs sur ma face, Pareils à des anges de glace, J'attends qu'ils m'apportent l'anneau; J'attends leur fraîcheur sur ma face, Comme un trésor au fond de l'eau. Et j'attends enfin leurs remèdes, Pour ne pas mourir au soleil, Mourir sans espoir au soleil ! J'attends qu'ils lavent mes yeux tièdes Où tant de pauvres ont sommeil ! Où tant de cygnes sur la mer, De cygnes errants sur la mer, Tendent en vain leur col morose, Où, le long des jardins d'hiver, Des malades ceuillent des roses. J'attends vos doigts purs sur ma face, Pareils à des anges de glace, J'attends qu'ils mouillent mes regards, L'herbe morte de mes regards, Où tant d'agneaux las sont épars !

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