Poèmes érotiques et sensuels
 Poèmes érotiques  

François Boucher - L’odalisque blonde (1752) 
Huile sur toile - Pinakothek Munich
François Boucher (1703-1770) - Pinakothek Munich


Aimons, foutons, ce sont des plaisirs


Aimons, foutons, ce sont des plaisirs 
Qu’il ne faut pas que l’on sépare; 
La jouissance et les désirs 
Sont ce que l’âme a de plus rare. 
D’un vit, d’un con et de deux cœurs 
Naît un accord plein de douceurs 
Que les dévots blâment sans cause. 
Amaryllis, pensez-y bien : 
Aimer sans foutre est peu de chose, 
Foutre sans aimer, ce n’est rien.

Jean de La Fontaine  (1621-1695)



Les poètes l'ont si bien dit...


Je te salue, ô merveillette fente,
Qui vivement entre ces flancs reluis;
Je te salue, ô bienheureux pertuis,
Qui rend ma vie heureusement contente!

C'est toi qui fais que plus ne me tourmente
L'archer volant qui causait mes ennuis;
T'ayant tenu seulement quatre nuits
Je sens sa force en moi déjà plus lente.

Ô petit trou, trou mignard, trou velu,
D'un poil folet mollement crespelu,
Qui à ton gré domptes les plus rebelles:
Tous vers galans devraient, pour t'honorer,
A beaux genoux te venir adorer,
Tenant au poing leurs flambantes chandelles! 

   Pierre de Ronsard  (1524 - 1585)



Le Lendemain


" Enfin, ma chère Eléonore,
Tu l'as connu ce péché si charmant.
Que tu craignais même en le désirant :
En le goûtant, tu le craignais encore.
Eh bien, dis-moi, qu'a-t-il de si effrayant?
Que laisse-t-il après lui dans ton âme?
Un léger trouble, un tendre souvenir,
L'étonnement de sa nouvelle flamme,
Un doux regret, et surtout un désir "

Evariste de Forges de Parny  (1753-1814)



La Frayeur


Te souvient-il, ma charmante maîtresse,
De cette nuit où mon heureuse adresse
Trompa l'Argus qui garde tes appas ?
Furtivement j'arrivai dans tes bras.
Tu résistait ; mais ta bouche vermeille
A mes baisers se dérobait en vain ;
Chaque refus amenait un larcin.
Un bruit subit effraya ton oreille,
Et d'un flambeau tu vis l'éclat lointain.
Des voluptés tu passas à la crainte ;
L'étonnement vint resserrer soudain
Ton faible coeur palpitant sous ma main ;
Tu murmurais ; je riais de ta plainte ;
Je savais trop que le dieu des amants
Sur nos plaisirs veillait en ces moments.
Il vit tes pleurs ; Morphée, à sa prière,
Du vieil Argus que réveillaient nos jeux
Ferma bientôt et l'oreille et les yeux,
Et de son aile enveloppa ta mère.
L'Aurore vint, plus tôt qu'à l'ordinaire,
De nos baisers interrompre le cours ;
Elle chassa les timides Amours :
Mais ton sourire, peut-être involontaire,
Leur accorda le rendez-vous du soir.

Ah ! si les dieux me laissaient le pouvoir
De dispenser la nuit et la lumière,
Du jour naissant la jeune avant-courrière
Viendrait bien tard annoncer le Soleil ;
Et celui-ci dans sa course légère
Ne ferait voir au haut de l'hémisphère
Qu'une heure ou deux son visage vermeil.
L'ombre des nuits durerait davantage,
Et les amours auraient plus de loisirs.
De mes instants l'agréable partage
Serait toujours au profit du plaisir.
Dans un accord réglé par la sagesse,
A mes amis j'en donnerais un quart ;
Le doux sommeil aurait semblable part,
Et la moitié serait pour ma maîtresse.

Evariste de Forges Parny  (1753-1814)



Le cabinet de toilette

 
Voici le cabinet charmant
où les grâces font leur toilette.
Dans cette amoureuse retraite
j' éprouve un doux saisissement.
Tout m' y rappelle ma maîtresse,
tout m' y parle de ses attraits,
je crois l' entendre, et mon ivresse
la revoit dans tous les objets.
Ce bouquet, dont l' éclat s' efface,
toucha l' albâtre de son sein ;
il se dérangea sous ma main,
et mes lèvres prirent sa place.
Ce chapeau, ces rubans, ces fleurs,
qui formoient hier sa parure,
de sa flottante chevelure
conservent les douces odeurs.
Voici l' inutile baleine
où ses charmes sont en prison.
J' aperçois le soulier mignon
que son pied remplira sans peine.
Ce lin, ce dernier vêtement...
il a couvert tout ce que j' aime ;
ma bouche s' y colle ardemment,
et croit baiser dans ce moment
les attraits qu' il baisa lui-même.
Cet asile mystérieux
de Vénus sans doute est l' empire.
Le jour n' y blesse point mes yeux ;
plus tendrement mon cœur soupire ;
l' air et les parfums qu' on respire
de l' amour allument les feux.
Parois, ô maîtresse adorée !
J' entends sonner l' heure sacrée
qui nous ramène les plaisirs ;
du temps viens connaître l' usage,
et redoubler tous les désirs
qu' a fait naître ta seule image.

Chevalier de Parny (1753-1814)



Ouvre


Ouvre les yeux, réveille-toi ;
Ouvre l’oreille, ouvre ta porte :
C’est l’amour qui sonne et c’est moi
Qui te l’apporte

Ouvre la fenêtre à tes seins ;
Ouvre ton corsage de soie ;
Ouvre ta robe sur tes reins :
Ouvre qu’on voie.

Ouvre à mon coeur ton coeur trop plein
J'irai boire sur ta bouche !
Ouvre ta chemise de lin :
Ouvre qu'on touche 

Ouvre les plis de tes rideaux : 
Ouvre ton lit que je t'y traîne
Il va s’échauffer sous ton dos
Ouvre l’arène

Ouvre tes bras pour m’enlacer :
Ouvre tes seins que je m’y pose ;
Ouvre aux fureurs de mon baiser
Ta lèvre rose !

Ouvre tes jambes ; prends mes flancs
Dans ces rondeurs blanches et lisses ;
Ouvre tes genoux tremblants…
Ouvre tes cuisses

Ouvre tout ce qu’on peut ouvrir :
Dans les chauds trésors de ton ventre
J’inonderai sans me tarir
L’abîme où j’entre.

Sire de Chambley



O femme!


...Pendant que je me tords sur mon axe viril
Comme Saint Laurent  sur son gril :
- O femme! Qui dira la foule involontaire
Des pucelles qu'on fait moisir?
Qui dira les doigts blancs dont l'effort solitaire
Gratte l'écorce du plaisir?

Clitoris sans amour des vierges par devoir,
Muqueuses en rut, coeurs en peine,
C'est pour vous que j'agite et que je fais pleuvoir
Ce qui vous manque et qui me gêne.
...Car j'ai votre idéal, si vous avez le mien!
Venez. Prenez : c'est votre bien...

... J'ai la liqueur et vous le vase...
Vous tendez votre coupe à mes deux échanssons.
Moi généreux et vous avide :
Fête longue et vins chauds! A nos santés versons
Mon trop plein dans votre trop vide !

*
Rythme bien ton ardente caresse
Au gré de mon balancements,
O mon âme... Lentement,
Prolongeons l'instant d'ivresse.

Là... Vite! Plus longtemps !
Je fonds ! Attends,
Oui, je t'adore...
Va ! va ! va !
Encore.
Ha !

Sire de Chambley



Bertha


Je connais ta beauté de la nuque à l'orteil.
Bertha ! J'ai respiré ta chevelure blonde,
Léché tes yeux mi-clos, sucé ta gorge ronde,
Baisé tes dents qu'entoure un sourire vermeil.

J'ai bu même emporté par d'amoureuses fièvres,
Le sang pus de ton cou par le peigne blessé,
Et ma langue savante a souvent caressé
Le bouton qui frémit entre tes quatre lèvres.

L'un dans l'autre perdus, nous n'avons pas goûté
Tous les secrets brûlants de l'âcre volupté:
Nous avons dans nos jeux oublié quelque chose.

Tourne-moi le trésor de tes reins assouplis,
Couche-toi maintenant: sur tes trente-deux plis
Mon baiser veut lascif, faire feuille de rose.

Henri Cantel  (1825 - 1878)



Dans la clairière

 
Pour plus d'agilité, pour le loyal duel, 
Les témoins ont jugé qu'Elles se battraient nues. 
Les causes du combat resteront inconnues ; 
Les deux ont dit : Motif tout individuel. 

La blonde a le corps blanc, plantureux, sensuel ; 
Le sang rougit ses seins et ses lèvres charnues. 
La brune a le corps d'ambre et des formes ténues ; 
Les cheveux noirs-bleus font ombre au regard cruel. 

Cette haie où l'on a jeté chemise et robe, 
Ce corps qui tour à tour s'avance ou se dérobe, 
Ces seins dont la fureur fait se dresser les bouts, 

Ces battements de fer, ces sifflantes caresses, 
Tout paraît amuser ce jeune homme à l'oeil doux 
Qui fume en regardant se tuer ses maîtresses.

Charles Cros (1842-1888)


Auguste Rodin (1840 - 1917)
Musée Rodin, Paris



Un jour


Un jour, au doux rêveur qui l'aime,
En train de montrer ses trésors,
Elle voulut lire un poème,
Le poème de son beau corps.

D'abord, superbe et triomphante 
Elle vint en grand apparat, 
Traînant avec des airs d'infante 
Un flot de velours nacarat :

Telle qu'au rebord de sa loge
Elle brille aux Italiens,
Ecoutant passer son éloge
Dans les chants des musiciens.

Ensuite, en sa verve d'artiste,
Laissant tomber l'épais velours,
Dans un nuage de batiste
Elle ébaucha ses fiers contours.

Glissant de l'épaule à la hanche,
La chemise aux plis nonchalants,
Comme une tourterelle blanche
Vint s'abattre sur ses pieds blancs.

Pour Apelle ou pour Cléomène,
Elle semblait, marbre de chair,
En Vénus Anadyomène
Poser nue au bord de la mer.

De grosses perles de Venise
Roulaient au lieu de gouttes d'eau,
Grains laiteux qu'un rayon irise,
Sur le frais satin de sa peau.

Oh ! quelles ravissantes choses,
Dans sa divine nudité,
Avec les strophes de ses poses,
Chantait cet hymne de beauté !

Comme les flots baisant le sable
Sous la lune aux tremblants rayons,
Sa grâce était intarissable
En molles ondulations.

Mais bientôt, lasse d'art antique,
De Phidias et de Vénus,
Dans une autre stance plastique
Elle groupe ses charmes nus.

Sur un tapis de Cachemire,
C'est la sultane du sérail,
Riant au miroir qui l'admire
Avec un rire de corail ;

La Géorgienne indolente, 
Avec son souple narguilhé, 
Etalant sa hanche opulente, 
Un pied sous l'autre replié. 

Et comme l'odalisque d'Ingres,
De ses reins cambrant les rondeurs
En dépit des vertus malingres, 
En dépit des maigres pudeurs ! 

Paresseuse odalisque, arrière !
Voici le tableau dans son jour,
Le diamant dans sa lumière ;
Voici la beauté dans l'amour !

Sa tête penche et se renverse
Haletante, dressant les seins,
Aux bras du rêve qui la berce,
Elle tombe sur ses coussins.

Ses paupières battent des ailes
Sur leurs globes d'argent bruni,
Et l'on voit monter ses prunelles
Dans la nacre de l'infini.

D'un linceul de point d'Angleterre
Que l'on recouvre sa beauté :
L'extase l'a prise à la terre ;
Elle est morte de volupté !

Que les violettes de Parme,
Au lieu des tristes fleurs des morts
Où chaque perle est une larme,
Pleurent en bouquets sur son corps !

Et que mollement on la pose
Sur son lit, tombeau blanc et doux,
Où le poète, à la nuit close,
Ira prier à deux genoux.

Théophile Gautier (1811-1872)



L'affinité des chairs


Je ne l'entendais pas, tant je la regardais
Par sa robe entr'ouverte, au loin je me perdais,
Devinant les dessous et brûlé d'ardeurs folles :
Elle se débattait, mais je trouvai ses lèvres !
Ce fut un baiser long comme une éternité
Qui tendit nos deux corps dans l'immobilité
Elle se renversa, râlant sous ma caresse ;
Sa poitrine oppressée et dure de tendresse
Haletait fortement avec de longs sanglots.
Sa joie était brûlante et ses yeux demi-clos ;
Et nos bouches, et nos sens, nos soupirs se mêlèrent
Puis, dans la nuit tranquille où la campagne dort,
Un cri d'amour monta, si terrible et si fort
Que des oiseaux dans l'ombre effarés s'envolèrent
Ainsi que deux forçats rivés aux mêmes fers
Un lien nous tenait, l'affinité des chairs.

Guy de Maupassant  (1850 - 1893)



Elvire aux yeux baissés


Quand le désir d'amour écarte ses genoux
Et que son bras plié jusqu'à sa bouche attire,
Tout à l'heure si clairs, si baissés et si doux,
On ne reconnaît plus les chastes yeux d'Elvire.

Eux qui s'attendrissaient aux roses du jardin 
Et cherchaient une étoile à travers le feuillage, 
Leur étrange regard est devenu soudain
Plus sombre que la nuit et plus noir que l'orage.

Toute Elvire à l'amour prend une autre beauté;
D'un souffle plus ardent s'enfle sa gorge dure,
Et son visage implore avec félicité 
La caresse trop longue et le plaisir qui dure...

C'est en vain qu'à sa jambe elle a fait, sur sa peau,
Monter le bas soyeux et que la cuisse ajuste, 
Et qu'elle a, ce matin, avec un soin nouveau,
Paré son jeune corps délicat et robuste.

La robe, le jupon, le linge, le lacet,
Ni la boucle ne l'ont cependant garantie
Contre ce feu subtil, langoureux et secret
Qui la dresse lascive et l'étend alanguie.

Elvire! il a fallu, pleine de déraison,
Qu'au grand jour, à travers la ville qui vous guette,
Peureuse, vous vinssiez obéir au frisson
Qui brûlait sourdement votre chair inquiète;

Il a fallu laisser tomber de votre corps
le corset au long busc et la souple chemise
Et montrer à des yeux, impurs en leurs transports,
Vos yeux d'esclave heureuse, accablée et soumise.

Car, sous le rude joug de l'amour souverain, 
vous n'êtes plus l'Elvire enfantine et pudique 
Qui souriait naïve aux roses du jardin 
Et qui cherchait l'étoile au ciel mélancolique.

Maintenant le désir écarte vos genoux,
Mais quand, grave, contente, apaisée et vêtue,
Vous ne serez plus là, vous rappellerez-vous
Mystérieusement l'heure où vous étiez nue?

Non! Dans votre jardin, doux à vos pas lassés, 
où, parmi le feuillage, une étoile palpite,
De nouveau, vous serez Elvire aux yeux baissés
Que dispense l'oubli du soin d'être hypocrite.

Henri de Régnier  (1864-1936)



Couturière


Sous la planche de fer ses jambes semblent moudre,
Elles se croisent, vont, viennent, en haut, en bas,
Et scandent pied à pied, d'un geste faible et las,
Le mouvement rythmé de la machine à coudre.

Mais les cuisses à nu se frôlent ardemment.
Le clitoris s'éveille et s'excite et raidit.
C'est encore le désir de baiser qui grandit,
La rage d'être jeune et chaude et sans amant.

O joie ! au frottement la vulve s'exaspère;
La masturbation clandestine s'opère;
Dans l'atelier causeur personne n'en sait rien.
Et l'étau convulsif des cuisses opprimées
Fait jaillir au hasard dans les jupes fermées
La pâle écoulement du flot vénérien.

Pierre Louÿs  (1870 - 1925)



Mon très cher petit Lou je t'aime


Mon très cher petit Lou je t’aime
Ma chère petite étoile palpitante je t’aime
Corps délicieusement élastique je t’aime
Vulve qui serre comme un casse-noisette je t’aime
Sein gauche si rose et si insolent je t’aime
Sein droit si tendrement rosé je t’aime
Mamelon droit couleur de champagne non champagnisé je t’aime
Mamelon gauche semblable à une bosse du front d’un petit veau qui vient de naître je t’aime
Nymphes hypertrophiées par tes attouchements fréquents je vous aime
Fesses exquisément agiles qui se rejettent bien en arrière je vous aime
Nombril semblable à une lune creuse et sombre je t’aime
Toison claire comme une forêt en hiver je t’aime
Aisselles duvetées comme un cygne naissant je vous aime
Chute des épaules adorablement pure je t’aime
Cuisse au galbe aussi esthétique qu’une colonne de temple antique je t’aime
Oreilles ourlées comme de petits bijoux mexicains je vous aime
Chevelure trempée dans le sang des amours je t’aime
Pieds savants pieds qui se raidissent je vous aime
Reins chevaucheurs reins puissants je vous aime
Taille qui n’a jamais connu le corset taille souple je t’aime
Dos merveilleusement fait et qui s’est courbé pour moi je t’aime
Bouche Ô mes délices ô mon nectar je t’aime
Regard unique regard-étoile je t’aime
Mains dont j’adore les mouvements je vous aime
Nez singulièrement aristocratique je t’aime
Démarche onduleuse et dansante je t’aime
Ô petit Lou je t’aime je t’aime je t’aime.

Guillaume Apollinaire (1880-1918) - Poèmes érotiques



Epithalame


Tes mains introduiront mon beau membre asinin
Dans le sacré bordel ouvert entre tes cuisses
Et je veux l'avouer, en dépit d'Avinain,
Que me fait ton amour pourvu que tu jouisses ?

Ma bouche à tes seins blancs comme de petits suisses
Fera l'honneur abject des suçons sans venin.
De ma mentule mâle en ton con féminin
Le sperme tombera comme l'or dans les sluices.

O ma tendre putain ! tes fesses ont vaincu
De tous les fruits pulpeux le savoureux mystère,
L'humble rodondité sans sexe de la terre.

La lune chaque mois, si vaine de ton cul,
Et de tes yeux jaillit, même quand tu les voiles,
Cette obscure clarté qui tombe les étoiles.

Guillaume Apollinaire (1880-1918) - Poèmes érotiques



Ode au vagin


"Mais les cuisses s'ouvrent. Victoire !
Voici le con dans son beauté,
Sous sa frisure blonde ou noire
Adorablement abrité,
Humide comme une prunelle,
Frissonant déjà comme une aile.
La main de l'amant t'entre-baille
Vivante rose de cypris,
Et tout de suite elle travaille
D'un doigt léger, le clitoris."

Clovis Hugues  (1901)



L'épouse adultère et le gitan


Je la pris près de la rivière
Car je la croyais sans mari
Tandis qu'elle fut adultère
Ce fut le Saint-Jacques la nuit
Par rendez-vous et compromis
Quand s'éteignirent les lumières
Et s'allumèrent les cri-cris
Au coin des dernières enceintes
Je touchai ses seins endormis...
Ses cuisses s’enfuyaient sous moi
Comme des poissons effrayés
Une moitié toute embrasée
L'autre moitié pleine de froid
Cette nuit me vit galoper
De ma plus belle chevauchée
Sur une jument nacrée
Sans bride et sans étriers.
...........................

Je ne voulais pas tomber amoureux
Avec une femme adultère,
Mais nous fûmes voluptueux
Quand je la pris près de la rivière.

Federico Garcia Lorca  (1898 - 1936)



Evariste Parny - Eleonore

Henri Cantel - Poèmes lesbiens

G. Apollinaire - Poèmes sensuels

Pierre de Ronsard - Florilège

Pierre de Ronsard - Marie

Pierre de Ronsard - Ode à Cassandre

Pierre de Ronsard - Sonnet à Hélène

Pierre de Ronsard - Adieu, cruelle, adieu

Pierre de Ronsard - Elegie

Evariste Parny - Eléonore

Evariste Parny - Délire

Evariste Parny - Elégie

Gustave Nadaud - M'aimez-vous ?

Charles Baudelaire - Florilège

Charles Cros - Poèmes d'amour

Henri Cantel - Un poème très sensuel

Paul Verlaine - Florilège

Paul Verlaine - Femmes

Arthur Rimbaud - Le bateau ivre

Arthur Rimbaud - Florilège

Arthur Rimbaud - Les réparties de Nina

Poèmes d'amour - Top 10

Paul Verlaine - In het Nederlands

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