Pierre de Ronsard

Giovanni Bellini (Venise ca. 1433 - Venise 1516) 
Jeune femme (1515). Huile sur toile. 
Kunsthistorisches Museum, Vienne.

Amourette


Je veux mourir pour tes beautés, Maîtresse,
Pour ce bel oeil, qui me prit à son hain,
Pour ce doux ris, pour ce baiser tout plein
D'ambre et de musc, baiser d'une Déesse.

Je veux mourir pour cette blonde tresse,
Pour l'embonpoint de ce trop chaste sein,
Pour la rigueur de cette douce main,
Qui tout d'un coup me guérit et me blesse.

Je veux mourir pour le brun de ce teint,
Pour cette voix, dont le beau chant m'étreint
Si fort le coeur que seul il en dispose.

Je veux mourir ès* amoureux combats,
Soûlant l'amour, qu'au sang je porte enclose,
Toute une nuit au milieu de tes bras.


Ès*: vieux contraction de "dans les" ou "en matière de".
Premier livre des Amours


Je voudrais bien richement jaunissant


Je voudrais bien richement jaunissant
En pluie d'or goutte à goutte descendre
Dans le beau sein de ma belle Cassandre,
Lors qu'en ses yeux le somme va glissant.

Je voudrais bien en taureau blanchissant
Me transformer pour finement la prendre,
Quand en avril par l'herbe la plus tendre
Elle va, fleur, mille fleurs ravissant.

Je voudrais bien alléger ma peine,
Etre un Narcisse, et elle une fontaine,
Pour m'y plonger une nuit à séjour ;

Et voudrais bien que cette nuit encore
Durât toujours sans que jamais l'Aurore
Pour m'éveiller ne rallumât le jour.

Premier livre des Amours

Mon Dieu, que j'aime à baiser les beaux yeux


Mon Dieu, que j'aime à baiser les beaux yeux
De ma maîtresse, et à tordre en ma bouche
De ses cheveux l'or fin qui s'escarmouche
Si gaiement dessus deux petits cieux !

C'est à mon gré le meilleur de son mieux
Que ce bel oeil, qui jusqu'au coeur me touche,
Dont le beau noeud d'un Scythe plus farouche
Rendrait le coeur courtois et gracieux.

Son beau poil d'or, et ses sourcils encore
De leurs beautés font vergogner l'Aurore,
Quand au matin elle embellit le jour.

Dedans son oeil une vertu demeure,
Qui va jurant par les flèches d'Amour
De me guérir ; mais je ne m'en assure.

Premier livre des Amours

Ni de son chef le trésor crépelu


Ni de son chef le trésor crépelu,
Ni de son ris l'une et l'autre fossette,
Ni l'embonpoint de sa gorge grassette,
Ni son menton rondement fosselu,

Ni son bel oeil que les miens ont voulu
Choisir pour prince à mon âme sujette,
Ni son beau sein dont l'Archerot me jette
Le plus aigu de son trait émoulu,

Ni son beau corps, le logis des Charites,
Ni ses beautés en mille coeurs écrites,
N'ont esclavé ma libre affection.

Seul son esprit, où tout le ciel abonde,
Et les torrents de sa douce faconde,
Me font mourir pour sa perfection.

Premier livre des Amours

Ô doux parler, dont l'appât doucereux


Ô doux parler, dont l'appât doucereux
Ô doux parler, dont l'appât doucereux
Nourrit encore la faim de ma mémoire,
Ô front, d'Amour le Trophée et la gloire,
Ô ris sucrés, ô baisers savoureux;

Ô cheveux d'or, ô côteaux plantureux
De lis, d'oeillets, de porphyre et d'ivoire,
Ô feux jumeaux dont le ciel me fit boire
Ô si longs traits le venin amoureux;

Ô vermillons, ô perlettes encloses,
Ô diamants, ô lis pourprés de roses,
Ô chant qui peut les plus durs émouvoir,

Et dont l'accent dans les âmes demeure.
Et dea beautés, reviendra jamais l'heure
Qu'entre mes bras je vous puisse r'avoir ?

Premier livre des Amours

Amourette


Or que l'hiver roidit la glace épaisse,
Réchauffons-nous, ma gentille maîtresse,
Non accroupis près le foyer cendreux,
Mais aux plaisirs des combats amoureux.
Assisons-nous sur cette molle couche.
Sus ! baisez-moi, tendez-moi votre bouche,
Pressez mon col de vos bras dépliés,
Et maintenant votre mère oubliez.
Que de la dent votre tétin je morde,
Que vos cheveux fil à fil je détorde.
Il ne faut point, en si folâtres jeux,
Comme au dimanche arranger ses cheveux.
Approchez donc, tournez-moi votre joue.
Vous rougissez ? il faut que je me joue.
Vous souriez : avez-vous . point ouï
Quelque doux mot qui vous ait réjoui ?
Je vous disais que la main j'allais mettre
Sur votre sein : le voulez-vous permettre ?
Ne fuyez pas sans parler : je vois bien
A vos regards que vous le voulez bien.
Je vous connais en voyant votre mine.
Je jure Amour que vous êtes si fine,
Que pour mourir, de bouche ne diriez
Qu'on vous baisât, bien que le désiriez ;
Car toute fille, encor' qu'elle ait envie
Du jeu d'aimer, désire être ravie.
Témoin en est Hélène, qui suivit
D'un franc vouloir Pâris, qui la ravit.
Je veux user d'une douce main-forte.
Hà ! vous tombez, vous faites jà la morte.
Hà ! quel plaisir dans le coeur je reçois !
Sans vous baiser, vous moqueriez de moi
En votre lit, quand vous seriez seulette.
Or sus ! c'est fait, ma gentille brunette.
Recommençons afin que nos beaux ans
Soient réchauffés de combats si plaisants.

Second livre des Amours

Bonjour mon coeur, bonjour ma douce vie

         Chanson
Bonjour mon coeur, bonjour ma douce vie. Bonjour mon oeil, bonjour ma chère amie, Hé ! bonjour ma toute belle, Ma mignardise, bonjour, Mes délices, mon amour, Mon doux printemps, ma douce fleur nouvelle, Mon doux plaisir, ma douce colombelle, Mon passereau, ma gente tourterelle, Bonjour, ma douce rebelle. Hé ! faudra-t-il que quelqu'un me reproche Que j'aie vers toi le coeur plus dur que roche De t'avoir laissée, maîtresse, Pour aller suivre le Roi, Mendiant je ne sais quoi Que le vulgaire appelle une largesse ? Plutôt périsse honneur, court, et richesse, Que pour les biens jamais je te relaisse, Ma douce et belle déesse.

Second livre des Amours

Douce Maîtresse

      Chanson

Douce Maîtresse, touche, Pour soulager mon mal, Ma bouche de ta bouche Plus rouge que coral ; Que mon col soit pressé De ton bras enlacé. Puis, face dessus face, Regarde-moi les yeux, Afin que ton trait passe En mon coeur soucieux, Coeur qui ne vit sinon D'Amour et de ton nom. Je l'ai vu fier et brave, Avant que ta beauté Pour être son esclave Du sein me l'eût ôté ; Mais son mal lui plaît bien, Pourvu qu'il meure tien. Belle, par qui je donne A mes yeux, tant d'émoi, Baise-moi, ma mignonne, Cent fois rebaise-moi : Et quoi ? faut-il en vain Languir dessus ton sein ? Maîtresse, je n'ai garde De vouloir t'éveiller. Heureux quand je regarde Tes beaux yeux sommeiller, Heureux quand je les vois Endormis dessus moi. Veux-tu que je les baise Afin de les ouvrir ? Ha ! tu fais la mauvaise Pour me faire mourir ! Je meurs entre tes bras, Et s'il ne t'en chaut pas ! Ha ! ma chère ennemie, Si tu veux m'apaiser, Redonne-moi la vie Par l'esprit d'un baiser. Ha ! j'en sens la douceur Couler jusques au coeur. J'aime la douce rage D'amour continuel Quand d'un même courage Le soin est mutuel. Heureux sera le jour Que je mourrai d'amour !

Second livre des Amours
 

Ma maîtresse est toute angelette

            Chanson
Ma maîtresse est toute angelette, Toute belle fleur nouvelette, Toute mon gracieux accueil, Toute ma petite brunette, Toute ma douce mignonnette, Toute mon coeur, toute mon oeil. Toute ma grâce et ma Charite, Toute belle perle d'élite, Toute doux parfum indien, Toute douce odeur d'Assyrie, Toute ma douce tromperie, Toute mon mal, toute mon bien. Toute miel, toute reguelyce, Toute ma petite malice, Toute ma joie, et ma langueur, Toute ma petite Angevine, Ma toute simple, et toute fine, Toute mon âme, et tout mon coeur. Encore un envieux me nie Que je ne dois aimer m'amie : Mais quoi ? Si ce bel envieux Disait que mes yeux je n'aimasse Penseriez-vous que je laissasse, Pour son dire, à n'aimer mes yeux ?

Second livre des Amours

A son âme

Amelette Ronsardelette,
Mignonnelette doucelette,
Treschere hostesse de mon corps,
Tu descens là bas foiblelette,
Pasle, maigrelette, seulette,
Dans le froid Royaume des mors :
Toutesfois simple, sans relors
De meurtre, poison, ou rancune,
Méprisant faveurs et tresors
Tant enviez par la commune.

Passant, j'ay dit, suy ta fortune
Ne trouble mon repos, je dors.

Second livre des Amours

En haut

Ce jour de Mai

Ce jour de Mai qui a la tête peinte,
D'une gaillarde et gentille verdeur,
Ne doit passer sans que ma vive ardeur
Par votre grâce un peu ne soit éteinte.

De votre part, si vous êtes atteinte
Autant que moi d'amoureuse langueur,
D'un feu pareil soulageons notre coeur,
Qui aime bien ne doit point avoir crainte.

Le Temps s'enfuit, cependant ce beau jour,
Nous doit apprendre à demener l'Amour,
Et le pigeon qui sa femelle baise.

Baisez-moi donc et faisons tout ainsi
Que les oiseaux sans nous donner souci :
Après la mort on ne voit rien qui plaise.

Second livre des Amours

Quand je suis tout baissé sur votre belle face

Quand je suis tout baissé sur votre belle face,
Je vois dedans vos yeux je ne sais quoi de blanc,
Je ne sais quoi de noir, qui m'émeut tout le sang,
Et qui jusques au coeur de veine en veine passe.

Je vois dedans Amour, qui va changeant de place,
Ores bas, ores haut, toujours me regardant,
Et son arc contre moi coup sur coup débandant.
Las ! si je faux, raison, que veux-tu que j'y fasse ?

Tant s'en faut que je sois alors maître de moi,
Que je vendrais mon père, et trahirais mon Roi,
Mon pays, et ma soeur, mes frères et ma mère :

Tant je suis hors du sens, après que j'ai tâté
A longs traits amoureux de la poison amère,
Qui sort de ces beaux yeux, dont je suis enchanté.

Second livre des Amours
 

Vu que tu es plus blanche que le lis

      Chanson

Vu que tu es plus blanche que le lis, Qui t'a rougi ta lèvre vermeillette D'un si beau teint ? Qui est-ce qui t'a mis Sur ton beau sein cette couleur rougette ? Qui t'a noirci les arcs de tes sourcils ? Qui t'a bruni tes beaux yeux, ma maîtresse ? Ô grand beauté remplie de soucis, Ô grand beauté pleine de grand liesse ! Ô douce, belle, honnête cruauté, Qui doucement me contraint de te suivre, Ô fière, ingrate, et fâcheuse beauté, Avecque toi je veux mourir et vivre.

Second livre des Amours

Quand je pense à ce jour, où je la vey si belle

Quand je pense à ce jour, où je la vey si belle
Toute flamber d'amour, d'honneur et de vertu,
Le regret, comme un trait mortellement pointu,
Me traverse le coeur d'une playe eternelle.

Alors que j'esperois la bonne grace d'elle,
L'Amour a mon espoir que la Mort combattu :
La Mort a mon espoir d'un cercueil revestu,
Dont j'esperois la paix de ma longue querelle.

Amour tu es enfant inconstant et leger .
Monde, tu es trompeur, pipeur et mensonger,
Decevant d'un chacun l'attente et le courage.

Malheureux qui se fie en l'Amour et en toy :
Tous deux comme la Mer vous n'avez point de foy,
L'un fin, l'autre parjure, et l'autre oiseau volage.

Second livre des Amours

Odelette à une jeune maîtresse


Pourquoi, comme une jeune Poutre,
De travers guignes-tu vers moi ?
Pourquoi, farouche, fuis-tu outre,
Quand je veux approcher de toi ?

Tu ne veux pas que l'on te touche,
Mais si je t'avais sous ma main,
Assure-toi que dans la bouche
Bientôt je t'aurais mis le frein.

Puis, te voltant à toute bride,
Soudain je te ferais au cours,
Et te piquant, serais ton guide
Dans la carrière des Amours.

Mais par l'herbe tu ne fais ore
Que suivre des prés la fraîcheur,
Parce que tu n'as point encore
Trouvé quelque bon chevaucheur.

Les Odes

En haut

Madrigal


Si c'est aimer, Madame, et de jour, et de nuit
Rêver, songer, penser le moyen de vous plaire,
Oublier toute chose, et ne vouloir rien faire
Qu'adorer et servir la beauté qui me nuit :

Si c'est aimer que de suivre un bonheur qui me fuit,
De me perdre moi même et d'être solitaire,
Souffrir beaucoup de mal, beaucoup craindre et me taire,
Pleurer, crier merci, et m'en voir éconduit :

Si c'est aimer que de vivre en vous plus qu'en moi même,
Cacher d'un front joyeux, une langueur extrême,
Sentir au fond de l'âme un combat inégal,
Chaud, froid, comme la fièvre amoureuse me traite :

Honteux, parlant à vous de confesser mon mal !
Si cela est aimer : furieux je vous aime :
Je vous aime et sait bien que mon mal est fatal :
Le coeur le dit assez, mais la langue est muette. 

Sonnets pour Hélène

Maîtresse, embrasse-moi, baise-moi, serre-moi

Maîtresse, embrasse-moi, baise-moi, serre-moi,
Haleine contre haleine, échauffe-moi la vie,
Mille et mille baisers donne-moi je te prie,
Amour veut tout sans nombre, amour n'a point de loi.

Baise et rebaise-moi ; belle bouche pourquoi
Te gardes-tu là-bas, quand tu seras blêmie,
A baiser (de Pluton ou la femme ou l'amie),
N'ayant plus ni couleur, ni rien semblable à toi ?

En vivant presse-moi de tes lèvres de roses,
Bégaie, en me baisant, à lèvres demi-closes
Mille mots tronçonnés, mourant entre mes bras.

Je mourrai dans les tiens, puis, toi ressuscitée,
Je ressusciterai ; allons ainsi là-bas,
Le jour, tant soit-il court, vaut mieux que la nuitée.

Sonnets pour Hélène

Quand vous serez bien vieille,
au soir, à la chandelle

Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle,
Assise aupres du feu, devidant et filant,
Direz, chantant mes vers, en vous esmerveillant :
Ronsard me celebroit du temps que j'estois belle.

Lors, vous n'aurez servante oyant telle nouvelle,
Desja sous le labeur à demy sommeillant,
Qui au bruit de mon nom ne s'aille resveillant,
Benissant vostre nom de louange immortelle.

Je seray sous la terre et fantaume sans os :
Par les ombres myrteux je prendray mon repos :
Vous serez au fouyer une vieille accroupie,

Regrettant mon amour et vostre fier desdain.
Vivez, si m'en croyez, n'attendez à demain :
Cueillez dés aujourd'huy les roses de la vie.

Sonnets pour Hélène

Pourtant si ta maîtresse est un petit putain

Pourtant si ta maîtresse est un petit putain,
Tu ne dois pour cela te courroucer contre elle.
Voudrais-tu bien haïr ton ami plus fidèle
Pour être un peu jureur, ou trop haut à la main ?

Il ne faut prendre ainsi tous péchés à dédain,
Quand la faute en péchant n'est pas continuelle ;
Puis il faut endurer d'une maîtresse belle
Qui confesse sa faute, et s'en repent soudain.

Tu me diras qu'honnête et gentille est t'amie,
Et je te répondrai qu'honnête fut Cynthie,
L'amie de Properce en vers ingénieux,

Et si ne laissa pas de faire amour diverse.
Endure donc, Ami, car tu ne vaux pas mieux
Que Catulle valut, que Tibulle et Properce.

Second livre des Amours

Chanson

Le printemps n'a point tant de fleurs,
L'autonne tant de raisins meurs,
L'este tant de chaleurs halées,
L'hyver tant de froides gelées,
Ny la mer a tant de poissons,
Ny la Beauce tant de moissons,
Ny la Bretagne tant d'arènes,
Ny l'Auvergne tant de fonteines,
Ny la nuict tant de clairs flambeaux,
Ny les forests tant de rameaux,
Que je porte au coeur, ma maitresse,
Pour vous de peine et de tristesse.

Second livre des Amours

Odelette à sa maistresse

Je veux aymer ardentement, 
Aussi veus-je qu'egallement 
On m'ayme d'une amour ardente :
Toute amitié froidement lente 
Qui peut dissimuler son bien 
Ou taire son mal, ne vaut rien, 
Car faire en amours bonne mine 
De n'aymer point c'est le vray sine*.

Les amans si frois en esté 
Admirateurs de chasteté, 
Et qui morfondus petrarquisent, 
Sont toujours sots, car ils meprisent 
Amour, qui de sa nature est 
Ardent et pront, et à qui plest 
De faire qu'une amitié dure 
Quand elle tient de sa nature.

(*) signe
Les meslanges


Amour

Amour, je prends congé de ta menteuse école,
Où j'ay perdu l'esprit, la raison et le sens,
Où je me suis trompé, où j'ay gasté mes ans,
Où j'ay mal employé ma jeunesse trop folle,

Malheureux qui se fie en un enfant qui vole,
Qui a l'esprit soudain, les effets inconstants,
Qui moissonne nos fleurs avant nostre printans,
Qui nous paist de créance et d'un songe frivole.

Jeunesse l'allaicta, le sang chaud le nourrit,
Cuider l'ensorcela, Paresse le pourrit
Entre les voluptés vaines comme fumées.

Cassandre me ravit, Marie me tint pris,
Ja grison à la Cour, d'une autre je m'espris,
L'ardeur d'Amour ressemble aux pailles allumées.


Ah longues nuicts d'hyver
de ma vie bourrelles

Ah longues nuicts d'hyver de ma vie bourrelles,
Donnez moy patience, et me laissez dormir,
Vostre nom seulement, et suer et fremir
Me fait par tout le corps, tant vous m'estes cruelles.

Le sommeil tant soit peu n'esvente de ses ailes
Mes yeux tousjours ouvers, et ne puis affermir
Paupiere sur paupiere, et ne fais que gemir,
Souffrant comme Ixion des peines eternelles.

Vieille umbre de la terre, ainçois l'umbre d'enfer,
Tu m'as ouvert les yeux d'une chaisne de fer,
Me consumant au lict, navré de mille pointes :

Pour chasser mes douleurs ameine moy la mort,
Ha mort, le port commun, des hommes le confort, 
Viens enterrer mes maux je t'en prie à mains jointes.

Derniers vers

Pierre de Ronsard  (1524-1585)

Il est né au Château de la Possonnière dans le Vendômois
(Loir et Cher) le 11 Septembre 1524.
Ronsard fut nommé page du fils aîné du roi, François, puis
de son frère le Duc d'Orléans.
Quand Madeleine de France (1520-1537) épousa James V d'Ecosse,
de Ronsard fut attaché au service du Roi et vécut 3 ans en
Grande-Bretagne.
Il se consacra à ses études quand sa carrière diplomatique
prometteuse fut stoppée par une attaque de surdité.
A la fin de sa vie Pierre de Ronsard demeurait au Prieuré
de St. Cosme près de Tours. Il y fut enterré le 24 Décembre
1585.
On lui doit la création du mouvement littéraire La Pléiade
qui regroupait 6 autres écrivains (Joachim du Bellay, Jacques
Peletier du Mans, Rémy Belleau, Antoine de Baïf, Pontus de Tyard
et Étienne Jodelle).

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Marie

Pierre de Ronsard
Ode à Cassandre

Pierre de Ronsard
Sonnet à Hélène

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Adieu, cruelle, adieu

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Pierre de Ronsard
Les Bacchanales

Pierre de Ronsard
Amourette

Pierre de Ronsard
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Dernière mise à jour: 11-08-2017.