Ronsard a cinquante quatre ans quand il rencontre Hélène de Surgères,
une des filles de la Cour. Elle vient de perdre dans la guerre civile, capitaine
Jacques de La Rivière, dont elle était éprise. La reine Catherine de Médicis
invite le poète à consoler Hélène...
Le sonnet 'Adieu, cruelle, adieu' exprime la révolte du poète contre l’amour courtois
que l’amoureux doit faire à 'la dame' dont il s’est fait le serviteur. Elle s’est montrée
"cruelle", c’est-à-dire silencieuse, hautaine et indifférente.
Probablement Ronsard n’était pas vraiment amoureux d'elle. C’est la reine qui l’avait
invité à immortaliser 'La belle Hélène'...
Adieu, cruelle, adieuAdieu, cruelle, adieu, je te suis ennuyeux C'est trop chanté d'Amour sans nulle récompense. Te serve qui voudra, je m'en vais, et je pense Qu'un autre serviteur te servira mieux. Amour en quinze jours m'a fait ingénieux, Me jetant au cerveau de ces vers la semence : La raison maintenant me rappelle et me tance : Je ne veux si longtemps devenir furieux : Il ne faut plus nourrir cet Enfant qui me ronge, Qui les crédules prend comme un poisson à l'hain, Une plaisante farce, une belle mensonge, Un plaisir pour cent maux qui s'envole soudain : Mais il se faut résoudre, et tenir pour certain Que l'homme est malheureux, qui se repaît d'un songe. |

