Aspects médicaux
 
 Un si long voyage, sous des climats si variés ne pouvait être que néfaste pour la santé de l'équipage. L'hygiène était très précaire. Pour purifier l'air Claude Roblet "parfumait" cinq à six fois par mois (voir "la vie à bord").
Il empêchait l'équipage de se coucher avec des vêtements mouillés.
Il n'y eu qu'un seul décès. Celui de BARRY,le maître d'hôtel, décèdé le 4 janvier 1792 "d'apoplexie sanguine ayant entraîné le décès par mort subite".
Il n'y eu également que quatre cas de Scorbut dont un seul cas grave: celui de Jacques TESSIER, boulanger.
Nous savons d'après "le journal des traitemens et pansemens" de Claude Roblet la nature des maladies et accidents dont souffraient l'équipage. Les plus fréquentes étaient: les contusions et plaies, les atteintes scorbutiques, et les maladies vénériennes.
 
 

Les contusions et plaies

A son départ de Marseille "Le Solide" était plein comme un oeuf, avec ses 50 membres d'équipage, ses animaux et ses provisions ( voir "la vie à bord"). Puis à chaque escale les provisions étaient reconstituées, et les biens troqués (peaux et fourrures) stockés. Difficile de manoeuvrer sans se heurter. Les contusions et plaies étaient donc fréquentes.Leurs complications redoutables étaient l'infection et le tétanos; la médecine du XVIIIéme siècle étant impuissante contre ses deux fléaux.
Sur les contusions était appliqué une "fomentation résolutive" puis un bandage.
Les plaies étaient traitées par un "cataplasme d'onguent suppuratif", puis un bandage.
Sur le tétanos, Claude Roblet avait fait plusieurs observations.

 

 
Le Scorbut

C'était la maladie des navigateurs, cause de nombreux décès.
Le scorbut aigüe ou chronique est dû a un manque de vitamine C (acide ascorbique). La vitamine C n'est pas stokable dans l'organisme. Des doses quotidiennes doivent être apportées par l'alimentation. Ce sont surtout les fruits et les légumes frais qui sont riches en acide ascorbique.
Les symptômes du scorbut sont divers:
manifestation hémoragique, trouble de l'ossification, altération des gencives,oedèmes, grande fatigabilité, moindre résistance aux infections et violentes douleurs. C'est une maladie mortelle.
De nos jours, en l'an 2000, on rencontre encore cette maladie en Europe.
Avant le départ du Solide de Marseille, Claude Roblet fait préparer avec grand soins des aliments anti-scorbutiques: cresson et oseille, navets, carottes, choux et cornichons conservés dans du vinaigre. Ces aliments confits sont distribués tout au long du voyage, en complement des rations alimentaires, ainsi qu'une boisson faite à base d'eau, de sucre, et de moût de bière. Il emmene également de Marseille deux caisses de citron.
A chaque escale des fruits et légumes frais, ainsi que de la viande fraiche renouvelent l'alimentation de l'équipage et leur fourni un apport en vitamine. Il est à noter que les escales sont fréquentes et réparties régulièrement.

 

Les maladies vénériennes

Ce sont les navigateurs qui ont ramené la syphilis de l'île d'Hispagnola (Haïti).
Cette maladie s'est rapidement propagée en Europe, jusqu'à devenir un problème de santé publique résolu grâce à l'apparition de la péniciline.
Je vais rapeller en quelques mots les modes de transmition et les symptômes de la syphilis:
La transmition se fait essentiellement par voie sexuelle, lors de rapports; mais également lors de la grossesse, et par le lait maternel.
Les symptômes sont des lésions indolores "chancres", qui guérissent spontanément au bout de quelques semaines; s'en suit de la fièvre et une augmentation de la grosseur des ganglions; puis la syphilis se manifeste par des atteintes occulaires, des troubles de la personnalité, délires, hallucinations, confusion et désorientation. Ces troubles apparaissent plusieurs années après la contamination initiale.
L'équipage du Solide a eu de nombreuses relations sexuelles avec les autochtones. On remarque d'ailleurs une recrudescence des maladies vénériennes aprés l'escale faite aux îles Marquises (6 cas).
Le traitement de la syphilis consistait en une tisane émoliante et nitrée avec des pillule de thérébentine cuite accompagnée selon la gravitée par des lavements, et saignées.