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Henri Cassiers illustreerde heel wat literaire werken. De Parijse uitgever Henri Piazza doet hiervoor meermaals beroep op hem, dit tot eenieders tevredenheid. In 1905 verzorgt Cassiers voor deze uitgever de illustraties van 'Trois femmes de Flandre' van de auteur Camille Mauclair. Op onovertroffen wijze illustreert hij vijf jaar later 'Contes Des Pays-Bas' van Cyriel Buysse.
Na de Eerste Wereldoorlog volgen er een aantal werken van Emile Verhaeren die deel uitmaken van de reeks 'Toute la Flandre': Les villes à pignons (1922), La guirlande des dunes (1927), Les plaines (1934) en Les tendresses premières (1942). Zijn favoriete thema's komen hierin aan bod zoals de zee, vissers, begijnhoven, leven op het platteland, dorpskernen, windmolens en kerktorens.
Bij Piazza illustreert hij nog Le charme de Bruges (1926), Le charme de Venise (1930) en Le charme de la Hollande (1932) en La maison dans la dune van Maxence Van Der Meersch (1937). In 1933 verleende hij nog zijn medewerking aan de illustratie van het werk van Stijn Streuvels 'Sous le ciel de Flandre' dat verscheen bij Editions du Nord.
De schrijver Camille Mauclair omschrijft het werk van Cassiers als volgt: ' Men zou denken dat de tekst en de etsen van één en dezelfde auteur zijn: men zou net zo goed kunnen stellen dat de verhalen geschreven zijn om de reeks aquarellen te benadrukken.' Maar laten we daar zelf over oordelen in wat nu volgt.


Le charme de Bruges

La vie du silence

Il n'y a point, apparemment, de notion plus simple que celle du silence: elle est pourtant très complexe. Il semble facile de définir le silence: la cessation ou l'absence de tout bruit. Mais c'est là une définition théorique et vaine, car la cessation totale du bruit n'existe nulle part où il y a vie, même nocturne, même enclose. Le silence n'est point la mort, le silence n'est point l'absence, le silence est une présence particulière, et un élément. On ne peut pas nier que la langue germanique n'ait trouvé une très belle expression pour désigner ce que la langue française appelle, avec inexactitude et pauvreté, une "nature morte". L'Allemand dit Stilleben, c'est-à-dire "la vie du silence, le mutisme qui vit". Et il affirme ainsi par un mot composé la foi dans l'énergie animique des choses, que n'évoque point la mauvaise locution française. Une ville comme Bruges est une immense "nature morte" de pierres sculptées, de frondaisons et d'eaux vives ou dormantes: elle est stilleben pour qui sait la comprendre. Le silence est un des éléments qui composent sa vie secrète.

Cygnes

 

Ils sont un des charmes de Bruges. On les voit partout. Ils glissent sur les eaux mortes. Ils se reposent avec une majesté tranquille dans l'herbe des berges et des placettes. Ils n'ont rien à craindre. Ils sont tutélaires et sacré ... Bruges a ses cygnes, sa flotte de cygnes, petites galères de rêve, blanches nefs, images de temps de gloire où les escadres de voiliers s'avançaient de la pleine mer vers Damme et apportaient jusqu'au coeur de la cité ducale du Nord leurs gages de richesses et de puissance.

Camille Mauclair


Les villes à pignons


 

Chaland

Sur l'arrière de son bateau
Le batelier promène
Sa maison naine
Par les canaux.

Elle est joyeuse, et nette, et lisse et glisse
Tranquillement sur le chemin des eaux.
Cloisons rouges et porte verte,
Et frais et blancs rideaux
Aux fenêtres ouvertes.

Et, sur le pont, une cage d'oiseau
Et deux baquets et un tonneau;
Et le roquet qui vers les gens aboie,
Et dont l'êcho renvoie
La colère vaine vers le bateau.
Le batelier promène
Sa maison naine
Sur les canaux
Qui font le tour de la Hollande,
Et de la Flandre et du Brabant.
Il a touché Dordrecht, Anvers et Gand,
Il a passé par Lierre et par Malines.
Et de la Flandre et du Brabant.

Il a touché Dordrecht, Anvers et Gand,
Il a passé par Lierre et par Malines.
Et le voici qui s'en revient des landes
Violettes de la Campine.
Il transporte des cargaisons,
Pas tas plus hauts que sa maison:
Sacs de pommes vertes et blondes,
Fèves et pois, choux et raiforts,
Et quelquefois des seigles d'or
Qui arrivent du bout du monde.

 

Il sait par coeur tous les pays
Que traversent l'Escaut, la Lys
La Dyle et les Deux Nèthes;
Il fredonne les petits avis de fête
Et les tarillonnes chansons
Qu'entrechoquent, en un tic-tac de sons,
Les carillons.

Quai du Miroir,quai du Refuge
A Bruges;
Quai des Bouchers et quai des Tisserands,
A Gand;
Quai du Rempart de la Byloque,
Quai du Sabots et quai aux Loques,
Quai des Carmes et quai des Récollets,
Il vous connaït.
Et Mons, Tournay, Condé et Valenciennes
L'ont vu passer, en se courbant le front,
Sous les arches anciennes
De leurs grands ponts;
Et la Durme, à Tilrode; et la Dendre à Termonde,
L'ont vu, la voile au clair, faire sa ronde
De l'un à l'autre bout des horizons.

Oh! la mobilité des paysages
Qui tous reflètent leurs visages
Autour de son chaland!
La pipe aux dents,
D'un coup de reins massif et lent,
Il manoeuvre son gouvernail oblique;
Il s'imbibe de pluie, il s'imbibe de vent,
Et son bateau somnambulique
S'en va, le jour, la nuit,
Où son silence le conduit.

Emile Verhaeren
Les villes à pignons


 

 


Le charme de la Hollande

Le pays sauvage et pur de la mer. Des îles. Crépuscule. L'horizon s'embrase. Les tuiles des métairies saignet parmi les oseraies. La plaine aréneuse s'embrume en loin. Des mouettes passent, lancent des cris, est-ce un gouvernail qui grince? est-ce la chaïne d'une ancre mal huileé? mais leur plainte gémit. Du sein des ces mouvantes solitudes, de ces prés glauques peuplés de houle, émergent de menus villages de bois, agglomérations goudronneés, hameaux endormis sous des tuiles rouges ou des chaumes roussis, et poussés comme des bouquets de morilles dans la blondeur verdâtre des dunes. Cernées des moires liquides de l'océan, doublées de remous de nacre rose, les petites terres de Zélande offrent le vermillon de leurs toitures au bleu humide et onctueux du ciel, empli de somptueux écroulements de nuages.

Maurice Gauchez


Les Plaines


Le Charme de Venise

Camille Mauclair


Dans l'atmosphère brumeuse et glacée du Nord, douaniers et contrebandiers s'affrontent. Une maison isolée dans la dune, c'est là que Sylvain rencontrera Jacqueline.

La maison dans la dune, le premier roman de Maxence Van Der Meersch, est publié en 1932. Van Der Meersch est né le 4 mai 1907 à Roubaix et disparaissait le 14 janvier 1951.