Non-voyants, mal-voyants et voyants :
tous égaux devant la NDE (1)


par Evelyn Elsaesser-Valarino

Depuis les années 80 déjà, une rumeur tenace circulait parmi les chercheurs explorant les expériences de mort imminente: elle disait que les aveugles, même de naissance, voient pendant leur NDE (2) ! Un frémissement parcourut la communauté des investigateurs impliqués dans l'étude de ce phénomène fascinant. Tenaient-ils là enfin la preuve irréfutable que les expériences de mort imminente ne sont ni des hallucinations, ni des rêves mais qu'elles se produisent bien en dehors du système sensoriel, en-dehors du cerveau, en-dehors de la matière ? Ecoutons ce que le psychiatre Stanislav Grof (3), grand spécialiste de la psychologie transpersonnelle et des états modifiés de conscience, a écrit en 1994 à ce sujet:

"Il existe des cas documentés décrivant des individus dont la cécité due à des lésions organiques de leur système optique a été établie médicalement et qui, pendant leur état de mort clinique, ont pu voir leur environnement. De tels événements, contrairement à presque tous les autres aspects de l'expérience de mort imminente, peuvent être soumis à des vérifications objectives. Ainsi, ces événements représentent la preuve la plus convaincante que ce qui se passe pendant une NDE est plus qu'une fantasmagorie hallucinatoire de cerveaux physiologiquement altérés" (4) (5) .

Il semblait certain que la confirmation de cette rumeur était susceptible de légitimiser définitivement les NDE et de leur donner la dernière touche l'authenticité que certains leur refusaient encore. Pour ce faire, il fallait maintenant passer d'une hypothèse, d'une rumeur, à des faits. Kenneth Ring (6) s'est attelé à cette tâche avec la collaboration de Sharon Cooper (7) . Le résultat de cette étude est décrit dans un chapitre de l'ouvrage Lessons from the Light (8) et dans une étude plus académique intitulée Mindsight (9) .

Les deux chercheurs ont commencé par poser trois questions:

1) est-ce que les aveugles vivent des expériences de mort imminente ? 2) Si tel est le cas, est-ce que ces NDE sont identiques ou différentes de celles des personnes voyantes ? 3) Est-ce que les aveugles qui ont vécu une NDE revendiquent-ils des perceptions visuelles ?

Méthodologie

Pour recruter les individus qui devaient participer à l'étude, Ring et Cooper ont contacté onze institutions américaines pour aveugles aux niveaux nationale et régionale. Parallèlement, des annonces de recrutement ont été placées dans les revues Vital Signs et les Newsletter of the International Association for near-death studies.

Les personnes ainsi détectées ont été contactées par les deux chercheurs. Lors d'un premier appel téléphonique, ils ont défini le degré de cécité du sujet et déterminé si, selon des critères qu'ils avaient établis au préalable, il avait effectivement vécu une NDE ou une OBE (10) .

46 personnes ont fait l'objet d'un entretien téléphonique, 31 seulement correspondaient aux critères pré-établis et ont été retenues pour participer à l'enquête.

Il s'agissait de 20 femmes et 11 hommes, âgés de 22 à 70 ans.

16 de ces sujets avaient vécu une NDE 5 sujets avaient vécu une NDE et, à d'autres occasions, une ou plusieurs OBE Ainsi, 21 personnes en tout avaient vécu une NDE et une ou plusieurs OBE.

En plus, 10 sujets avaient seulement expérimenté une ou plusieurs OBE.

Circonstances qui étaient à l'origine de l'expérience de mort imminente:

13 cas: maladie ou opération chirurgicale 6 cas: accident (majoritairement accidents de voiture) 2 cas : bagarres 1 cas: viol 1 cas: combat 1 cas: tentative de suicide

Nous sommes en présence d'un total de 24 NDE puisque trois personnes ont vécu deux NDE qui sont comptées séparément.

La majorité des OBE sont intervenues en situation de relaxation psychique et corporel, mais quelques-unes ont été provoquées de manière violente par des chutes ou des viols.

Statut visuel des personnes étudiées (11)

L'ensemble des 31 sujets, comprenant les personnes ayant vécu une NDE et/ou une OBE, se décompose comme suit:

14 des sujets étaient aveugles de naissance 11 personnes souffraient d'une cécité adventive, c'est-à-dire qu'elles avaient perdu la vue après l'âge de cinq ans. 6 sujets étaient fortement malvoyants (12)

Afin de déterminer si les expérienceurs (13) bénéficient de la vue pendant une NDE, Ring et Cooper ont exclu les sujets qui n'ont vécu qu'une OBE et se sont ainsi limités aux 21 expérienceurs mentionnés plus haut, soit 12 femmes et 9 hommes.

Réponse aux trois questions initiales

L'étude effectuée sur les 21 expérienceurs a abouti au résultat suivant:

1) Est-ce que les aveugles vivent des NDE ? La réponse est oui.

2) Est-ce que ces NDE sont identiques ou différentes de celles des personnes voyantes ? Ces NDE sont en tous points identiques à celles des personnes qui bénéficient de la vue.

3) Est-ce que les aveugles qui ont vécu une NDE revendiquent-ils des perceptions visuelles ?

Avant de répondre à cette troisième question qui est cruciale, examinons le cas de Vicki Umipeg. Vicki est une aveugle de naissance de 43 ans qui a vécu deux NDE. La première s'est produite à l'âge de 12 ans suite à une appendicite dégénérée en péritonite. La deuxième NDE est intervenue dix ans plus tard, à l'âge de 22 ans, suite à un accident de voiture. Vicki était une grande prématurée, née à 22 semaines seulement. Elle était mise en couveuse et, comme cela arrivait malheureusement souvent à cette époque, le débit de l'oxygène qui lui était administré était mal réglé et son nerf optique fut irrémédiablement endommagé, entraînant une cécité complète.

Selon ses propres paroles, avant sa NDE, Vicki n'avait jamais bénéficié d'aucune perception visuelle. Voici comment elle décrit sa vie d'aveugle:

Ring: Pouviez-vous voir quelque chose ? Vicki: Non rien, jamais. Pas de lumière, pas d'ombre, rien du tout, jamais. Ring: Ainsi, le nerf optique a été détruit dans vos deux yeux ? Vicki: Oui, complètement. Voyez-vous, je n'ai jamais été capable de comprendre ce que les gens entendent par le concept de lumière. (14)

Pourtant, pendant la deuxième NDE de Vicki, une chose extraordinaire s'est produite. Cette expérience de mort imminente est intervenue lors d'un grave accident de voiture pendant lequel Vicki a été très grièvement blessée. Elle souffrait de multiples fractures dont une du crâne, de blessures à la nuque, au dos et à une jambe. L'accident entraîna une très longue convalescence et Vicki pouvait se tenir debout sans s'évanouir un an seulement après avoir quitté l'hôpital.

En décrivant sa NDE, Vicki explique avoir quitté son corps et s'être retrouvée dans un corps non-matériel qui avait pourtant une forme distincte et était "comme fait de lumière". Elle n'a aucun souvenir de son transport en ambulance à l'hôpital mais se rappelle s'être retrouvée au plafond dans une salle d'opération de l'hôpital. Elle observait un médecin et une femme s'affairer autour de son corps. Elle ne pouvait pas préciser si la femme était également médecin ou infirmière. Vicki essayait avec désespoir de dire à ces deux personnes de ne pas s'acharner sur son corps en expliquant qu'elle était bien et en paix, mais elle ne parvint pas à communiquer avec elles.

C'est à cet instant qu'intervint l'épisode qui était source d'étonnement pour Vicki qui, rappelons-le, n'a jamais eu aucune perception visuelle dans sa vie. Elle le décrit ainsi:

"... Je savais que c'était moi. A l'époque, j'étais assez maigre. J'étais très grande et maigre. Au début, je voyais simplement qu'il y avait un corps étendu là-bas, mais je n'avais pas encore réalisé que c'était le mien. En même temps je me rendais compte que je me trouvais au plafond et je me suis dit "Tiens, c'est curieux. Qu'est-ce que je fais ici ?" Je me suis dit "Eh bien, ça doit être moi. Est-ce que je suis morte ?" Puis j'ai aperçu ce corps là-bas et... j'ai compris que c'était le mien parce que je n'étais pas dans mon corps, donc ça devait être le mien.(15) "

Presque immédiatement après cet épisode, elle monta à travers les plafonds de l'hôpital et finit par traverser le toit. Depuis cette perspective, elle jouissait d'une vue panoramique des alentours. Elle se sentait toute excitée et se réjouissait énormément de ce sentiment de liberté qu'elle expérimenta. En même temps, elle entendit une musique exquise, tendre et harmonieuse. Ensuite, elle s'est sentie aspirée dans un tunnel. D'abord, elle était plongée dans l'obscurité mais très vite elle vit une lumière au bout. Quand elle s'approcha du bout du tunnel, la musique s'intensifia. A cet instant précis, elle sortit du tunnel et se retrouva étendue dans l'herbe, entourée de fleurs magnifiques ainsi que de nombreuses personnes. L'endroit était inondé de lumière et Vicki expliqua qu'elle pouvait aussi bien voir que sentir la lumière. Cette lumière était faite d'amour ainsi que les personnes lumineuses qui s'y trouvaient. "Tout était fait de lumière", dit Vicki "moi aussi, j'étais faite de lumière. Et l'amour était partout. C'est comme si l'amour jaillissait de l'herbe, des oiseaux, des arbres, de partout" (16).

Vicki reconnut alors cinq personnes qu'elle avait fréquentées pendant sa vie terrestre et qui étaient venues l'accueillir. Il y avait Debby et Diane, deux camarades de classe, aveugles comme elle, décédées à l'âge de 11 ans et 6 ans respectivement. De leur vivant, elles étaient gravement handicapées mentalement en plus de leur cécité, mais lors de cette rencontre, elles étaient rayonnantes et belles, en bonne santé et pleines de vitalité. Elles n'étaient plus des enfants mais des adolescentes.

Vicki aperçut également deux personnes qui s'étaient occupées d'elle pendant son enfance, décédées également. Finalement, Vicki rencontra sa grand-mère, morte deux ans plus tôt, qui s'approcha d'elle pour la prendre dans ses bras. Lors de toutes ces rencontres, il n'y avait aucune communication par la parole mais uniquement un échange d'amour et de bienvenue. Ensuite, Vicki vit un être qui rayonnait mille fois plus que les personnes qu'elle venait de rencontrer. Avec le soutien bienveillant de cet être de lumière, elle expérimenta une revue de vie et visionna également son avenir en compagnie de ses enfants auxquels elle allait donner naissance dans le futur. Finalement, cet être de lumière lui signifia qu'elle devait retourner sur terre pour y enseigner l'amour et le pardon.

Ce témoignage ainsi que d'autres cas étudiés par Ring et Cooper permettent de répondre à la troisième question: oui, les aveugles, même de naissance, ont des perceptions visuelles qui concernent aussi bien notre monde physique que cette autre dimension à laquelle la NDE donne accès.

Fréquence des perceptions visuelles chez les aveugles qui vivent une NDE:

Rappelons que 21 expérienceurs ont été inclus dans l'enquête de Ring et Cooper.

De cet échantillon: 15 personnes ont bénéficié de la vue pendant leur NDE 3 personnes ne sont pas sûres d'avoir vu pendant leur NDE 3 personnes n'ont pas eu de perceptions visuelles du tout, dont deux aveugles de naissance.

Il convient cependant de se poser la question si les trois personnes mentionnées en dernier n'ont réellement rien vu pendant leur NDE ou si elles ne savent tout simplement pas ce que "voir" signifie. Un homme qui a été comptabilisé dans la troisième catégorie, celle des trois personnes qui affirment n'avoir eu aucune perception visuelle, dit ceci "Je ne sais pas ce que vous entendez par "voir" (17) . Quoi qu'il en soit, il ressort clairement de cette étude qu'une majorité d'aveugles ont bénéficié de la vue pendant leur NDE, tandis qu'une minorité seulement n'est pas sûre d'avoir eu des perceptions visuelles ou n'en a effectivement pas eues. Signalons que cette proportion est encore plus importante parmi les aveugles qui ont expérimenté une OBE : 9 sur 10 ont bénéficié de la vue pendant leur décorporation.

Ainsi, 25 personnes ont témoigné d'une sorte de perception visuelle pendant leur NDE ou leur OBE, soit 80% sur l'ensemble des sujets examinés. Même chez les aveugles de naissance, 9 sur 14 ont bénéficié de la vue, soit 64 %.

Mais qu'est-ce que ces personnes voient-elles exactement ?

Les expérienceurs non-voyants ou mal-voyants voient exactement les mêmes choses que les expérienceurs voyants:

- dans notre monde physique : 10 des 21 expérienceurs aveugles ont vu leur corps depuis l'extérieur. 7 des 10 personnes aveugles qui ont fait une OBE font le même constat. D'autres perceptions visuelles dans notre monde physique sont rapportées avec maintes détails comme celles concernant l'équipe médicale qui s'affaire autour du corps de la personne concernée, la description de la salle d'opération, les gestes médicaux exécutés, les détails de l'accident qui a provoqué la NDE, etc.

La description que les aveugles font du déroulement de la NDE dans l"autre dimension" est en tous points identique à celle des expérienceurs voyants.

Les aveugles sont les premiers étonnés de voir pendant leur expérience de mort imminente comme l'exprime cette femme devenue entièrement aveugle à l'âge de 22 ans, suite à une maladie:

Je pouvais voir et pourtant j'étais supposée être aveugle ! Je pouvais tout voir. Quand j'étais en dehors de mon corps, tout était parfaitement clair. Je pouvais voir tous les détails" (18).

De nombreux expérienceurs décrivent leurs perceptions visuelles comme étant parfaitement nettes. Un homme qui a perdu la vue lors d'un accident de voiture intervenu à l'âge de 19 ans dit ceci:

"Evidemment, je ne vois plus rien depuis la destruction totale de mes yeux intervenue lors de cet accident. Pourtant, ma vision était parfaitement claire et distincte pendant cette expérience (de mort imminente)" (19).

Comment décrire ce que l'on n'a jamais vu auparavant ?

La description des événements qui se produisent pendant la décorporation pose de nombreux problèmes. Comment un aveugle de naissance pourrait-il décrire par exemple les gestes entrepris lors de sa réanimation ou les circonstances et l'organisation des secours lors son accident ? Souvenons-nous que l'étude de Ring et Cooper indique que plusieurs expérienceurs n'étaient pas sûrs s'ils avaient eu des perceptions visuelles ou non (sujets mis dans la catégorie des personnes sans perceptions visuelles). Vicki l'a bien expliqué: la vue est une notion abstraite, totalement inconnue pour les aveugles de naissance, et mettre en paroles ce qu'ils ont vu est extrêmement difficile pour eux. Vicki a même dit que le fait de voir l'avait effrayé au début. Communiquer ce qu'elle a vécu est très laborieux, elle ne sait par exemple pas comment décrire les couleurs et parle de "différents degrés de luminosité". Pour les personnes qui jouissent de la vue, décrire une NDE est déjà très difficile, car elles disent ne pas disposer de paroles adéquates pour dépeindre cette autre dimension et cette expérience fondamentalement différente de tout ce que nous connaissons dans notre monde physique. Toute description de NDE est ainsi une traduction par la parole d'un vécu essentiellement incommunicable avec nos mots à trois dimensions et, comme pour toute traduction, une adéquation à cent pour-cent est impossible. Pour des aveugles, décrire une NDE est d'autant plus problématique qu'ils ne disposent pas de références visuelles sur lesquelles s'appuyer pour décrire leur expérience. Vicki l'exprime ainsi:

"C'était difficile pour moi de le croire (le fait de pouvoir voir). C'était vraiment très difficile pour moi de me rendre compte que je pouvais voir parce que cela ne m'était jamais arrivé auparavant. C'était très étrange... comment expliquer cela avec des mots ? C'était comme entendre des paroles et ne pas être en mesure de les comprendre, tout en sachant qu'il s'agit bien de paroles, en partant du principe qu'avant on n'avait jamais rien entendu. Il s'agissait de quelque chose de complètement nouveau pour moi, quelque chose qui n'avait absolument aucune signification pour moi auparavant" (20).

L'aspect tactile est important dans les impressions décrites par les expérienceurs aveugles car le sens du toucher est très développé et fondamental pour les personnes privées de la vue. Ecoutons Vicki à ce sujet:

"Au début, c'était effrayant. J'avais de la peine à établir un lien entre ce que je voyais et percevais et ce que j'avais l'habitude de reconnaître par le toucher. Voir ne correspondait en rien à ce que j'avais connu pendant toute ma vie" (21).

Pourtant, au fur et à mesure que la NDE se déroule, les aveugles semblent s'adapter rapidement à ce nouvel état de fait, même si sa description pose problème lors du retour à la vie. Un autre témoin aveugle de naissance interrogé par Ring le décrit dans ces termes:

"C'était comme si j'avais toujours été capable de voir. C'était si naturel, presque comme si j'avais pu voir pendant toute ma vie. D'ailleurs, je n'ai jamais compris pourquoi je n'arrivais plus à voir une fois que j'étais retourné dans mon corps, parce que c'était tout à fait normal de voir. Je me suis dit que je devrais pouvoir ramener cela avec moi en revenant à la vie. Comme si la vue était quelque chose que j'avais toujours eu, je me sentais tout fait à l'aise avec le fait de voir (22).

Examinons maintenant comment les personnes très fortement malvoyantes ressentent leur NDE. Rappelons-nous que six sujets examinés par Ring et Cooper appartiennent à cette catégorie. Bien que moins spectaculaire que la vision chez les aveugles, ces cas sont néanmoins très intéressants. Pour illustrer mon propos, je citerai le cas de Marsha. Comme Vicki, elle était prématurée et née à six mois de grossesse. Marsha souffre de réthinopatie de prématuré. Elle bénéficie d'un résidu de vision dans l'oeil droit qui lui permet d'apercevoir des ombres floues, mais elle est incapable de lire et ne se déplace qu'avec son chien d'aveugle. Voici son témoignage:

Ring: Pouvez-vous décrire ce que vous avez vu ? (en parlant de son corps qu'elle contemplait depuis l'extérieur). Pouvez-vous le décrire en détail ? Marsha: Oui, cela me ressemblait. J'avais l'air endormie. Ring: Comment était votre vision quand vous vous êtes regardée étendue là-bas ? Marsha: Je voyais tout à fait bien, tout à fait normalement. Ring: Quand vous dites "normal", voulez-vous dire "net" ? Marsha: Oui, tout, je pouvais tout voir. Il n'y avait aucun problème avec cela" (23).

En ce qui concerne les perceptions visuelles dans l'autre dimension elle dit ceci:

Ring: Est-ce que pendant votre NDE vous aviez une meilleure vue que celle dont vous disposez normalement dans notre monde physique ? Marsha: Ah oui, absolument. Je pouvais tout voir, absolument tout, les gens, je voyais tout. Ring: Pouvez-vous préciser ? Marsha: C'était parfait, comme ça ne pourrait jamais être le cas ici-bas. Il n'y avait absolument aucun problème. Je pouvais tout voir, absolument tout. Mais pas avec mes yeux. Je ne sais pas ce qu'une vision normale pourrait être. Je ne voyais pas avec mes yeux. De toute façon, cela ne pouvait pas être avec mes yeux, car mes yeux étaient là-bas dans mon corps. Ring: Comment expliquez-vous le fait que vous pouviez voir pendant votre NDE ? Marsha: Voyez-vous, c'est vrai que je voyais, mais je ne pense pas que c'était mes yeux qui voyaient. Je ne sais pas du tout comment cela fonctionnait puisque mes yeux étaient là-bas dans mon corps, mais de toutes les façons comme mes yeux ne voient pas bien et que la vision que j'avais pendant mon expérience était parfaite, je pense qu'il s'agissait d'une autre manière de voir très spéciale" (24).

Ainsi, comme les aveugles, les malvoyants également bénéficient non seulement d'une vision normale pendant leur NDE, mais d'une vision supérieure à la normale dans sa netteté et son acuité.

Revenons aux trois questions initiales:

Les questions 1 et 2 ont trouvé une réponse: les aveugles ont des NDE et ces NDE ne diffèrent en rien de celles des expérienceurs voyants. Ceci est vrai pour les trois catégorie de sujets examinés: les aveugles de naissance, les personnes souffrant de cécité adventive et les malvoyants.

Question 3: l'étude de Ring et Cooper démontre clairement que les aveugles bénéficient de la vue pendant leur NDE ou OBE, mais nous entrons ici dans le coeur du problème: il serait sans doute erroné de dire que les aveugles "voient" lors de leur NDE ou OBE, car ce qui est en jeu est bien plus complexe qu'une simple perception visuelle.

Comment expliquer que les aveugles voient pendant leur NDE ? : tentatives d'élucidation

Revenons à la question centrale de l'étude de Ring et Cooper: comment est-il possible que les aveugles et les mal-voyants voient pendant une NDE ou une OBE? En posant la question ainsi, nous partons du principe que les aveugles voient effectivement pendant leur expérience. Leurs témoignages semblent l'attester mais il faut sans doute nuancer cette affirmation. Il serait certainement plus juste de poser la question ainsi: si on peut affirmer effectivement que les aveugles voient d'une certaine manière pendant leur NDE ou leur OBE, quelle est exactement la nature de cette perception visuelle ?

Avant de répondre à cette question, il faut nous pencher sur les conditions dans lesquelles les chercheurs qui étudient les NDE ont accès à l'information. Après réflexion, on s'aperçoit qu'ils ne sont en fait que des auditeurs, des confidents privilégiés, certes, mais néanmoins des personnes externes au mystère de la NDE. Les expérienceurs traduisent leur vécu sous forme linguistique, aussi fidèlement que possible assurément, mais la reconstitution verbale ne traduira jamais totalement le ressenti de la personne. En d'autres termes, avant que le témoignage n'arrive sous forme cohérente et formulée aux oreilles du chercheur, il a déjà subi le passage par plusieurs filtres, le filtre de la remémoration et le filtre linguistique.

Vu sous cet angle, on doit se reposer la question si les perceptions visuelles des aveugles sont effectivement identiques ou semblables à notre vision physique à nous tous, personnes voyantes. Voici ce qu'une relecture attentive des témoignages nous fait comprendre:

- quelques expérienceurs aveugles interrogés ont hésité à affirmer que ce qu'ils avaient perçu pendant leur NDE était à proprement parler "visuel", d'abord parce que quelques-uns d'entre eux étaient aveugles de naissance et ne savaient donc pas à quoi ressemble la perception visuelle, mais aussi parce qu'ils savaient parfaitement bien qu'il était absolument impossible qu'ils aient vu avec leurs yeux physiques. Voici un témoignage qui illustre bien ce propos:

"Ce n'était pas visuel. C'est réellement très difficile à décrire parce que ce n'était pas visuel. C'était presque comme quelque chose de tactile, sauf qu'il était évidemment tout à fait impossible que j'aurais pu toucher quoi que ce soit depuis là-haut. En tout cas, ce n'était pas visuel parce que je n'ai plus de vision du tout...Cela s'apparentait plutôt à une mémoire tactile...Je ne peux pas dire littéralement que je "voyais" ce qui se passait et pourtant j'étais entièrement conscient de ce qui se passait, je percevais tout cela dans mon esprit... Mais je ne m'en souviens pas en détail. C'est bien pour cela que je suis réticent de le décrire comme une perception "visuelle". Je veux dire par là que j'étais conscient. Je ne sais pas si c'était à travers la vision que j'étais conscient. Je n'en suis pas sûr. Tout ce que je sais c'est que... d'une certaine manière j'étais conscient de toute cette information et de toutes ces choses qui se déroulaient et dont normalement je n'aurais pas pu être conscient à travers la vision. C'est pour cela que je choisis mes mots avec beaucoup de précaution, parce que je ne suis pas très sûr d'où cela venait. Je dirais plutôt qu'à mon avis, cela ne venait pas à travers la vision et pourtant, je n'en suis pas tout à fait sûr" (25).

Avant d'aller plus loin, revenons brièvement sur le témoignage d'un aveugle de naissance nommé Brad qui a fait une NDE à l'âge de 8 ans quand il vivait dans un centre de Boston pour enfants aveugles. Son expérience est intervenue à l'occasion d'une pneumonie aiguë qui le faisait suffoquer. Après sa NDE, les infirmières du centre qui le soignaient confirmaient que son coeur s'était arrêté de battre pendant au moins quatre minutes avant qu'il ait pu être réanimé. Brad se souvient que, quand il n'arrivait plus à respirer, il se détacha du lit et flotta à travers la chambre en direction du plafond. Depuis là-haut, il vit son corps apparemment inanimé étendu sur son lit. Il aperçut également son compagnon de chambre, aveugle comme lui, et l'observa quand il sortit de la chambre pour aller chercher du secours. Brad traversa rapidement les plafonds et le toit. A ce moment-là, il se rendit compte qu'il voyait de manière très distincte. Quand tout cela se produisit, il estima qu'il devait être entre 6 heures 30 et 7 heures du matin. Le ciel était nuageux et sombre. La veille, une tempête de neige avait balayé la ville et Brad aperçut de la neige partout, sauf sur les routes qui avaient été dégagées mais qui restaient néanmoins détrempées par la neige. Par la suite, Brad fut capable de donner une description tout à fait minutieuse de la neige. Il vit une voiture qui passa et également une partie de la cour dans laquelle il jouait habituellement et un petit talus sur lequel il grimpait souvent. Quand Ring lui demandait s'il "voyait" ces détails ou s'il savait simplement qu'ils étaient là, Brad répondait "Je les voyais très clairement, je me souviens que je les voyais très distinctement (26)" . Ensuite, il s'engagea dans un tunnel et une NDE typique se déroula.

Pourtant Brad, dont le témoignage initiale semblait si évident à première vue, affine ses dires lors d'un deuxième entretien:

"Toutes ces descriptions physiques de ma NDE que j'ai faites lors de notre premier entretien... en fait, je ne peux pas dire que je les ai réellement vues physiquement à travers mes yeux. Voyez- vous, il ne faut pas oublier que je suis aveugle de naissance et pour cette raison je ne sais pas si tout cela était "visuel" ou non. Cela s'apparentait plutôt au sens du toucher, comme si je pouvais littéralement sentir avec les doigts de mon esprit. Pourtant, je ne me souviens pas avoir touché la neige. La seule chose dont je sois sûr concernant ces images c'est qu'elles venaient à moi via ma conscience et que j'étais conscient de ces images d'une manière que je ne m'explique toujours pas à ce jour. Je ne pourrais pas vraiment dire qu'elles étaient visuelles parce que je n'avais jamais rien connu de tel auparavant. Mais je peux vous affirmer que tous mes sens étaient en éveil et que ma conscience était extrêmement alerte. J'expérimentais une prise de conscience très forte et mes sens du toucher, de l'odorat et même du goût étaient également en alerte" (27).

Voir ou savoir ?

Une étude plus approfondie, une analyse plus fine des récits ont ainsi amené Ring et Cooper à constater que ce qui est en jeu est une conscience d'une nature très complexe issue de plusieurs sens et non pas une simple perception visuelle.

Les expérienceurs aveugles sont hésitants, mal à l'aise, empruntés quand on les pousse à analyser leurs perceptions visuelles. "Oui", répondent-ils, "bien sûr j'ai tout vu, l'équipe médical, mon corps disloqué, la voiture qui tombait dans le ravin, les gens qui couraient dans tous les sens, j'ai tout vu mais pourtant je ne suis pas convaincu que "voir" est le terme juste". Quand Ring demanda à Vicki si elle pensait que sa NDE se situait plutôt au niveau de la vue ou du savoir, elle répondait sans aucune hésitation "C'était les deux, Ken, c'était en même temps voir et savoir (28)"

Voici comment un autre témoin le formule: "Comme je n'avais pas d'yeux (puisque je n'étais pas dans mon corps), je "voyais" avec toute ma conscience".

Il devient évident que les expérienceurs non-voyants et mal-voyants ont accès à une sorte de connaissance, basée sur une prise de conscience généralisée issue d'une multitude d'impressions sensorielles, y compris tactiles. Ce savoir leur donne accès aux informations situées aussi bien dans notre monde physique que dans l'autre dimension.

Il est important de bien comprendre qu'ils n'ont pas deviné ce qui s'est passé pendant leur expérience de mort imminente, ils l'ont bel et bien vu, mais ce voir est plus vaste que nos perceptions visuelles habituelles, ce voir englobe un savoir qui donne à la vision une puissance et une acuité impossible à obtenir par une perception visuelle habituelle.

Ce qui est en jeu est une omniscience qui ne semble accessible que dans un état de conscience élargie, dans notre cas - mais pas forcément toujours - lié à un état de mort imminente.

La subtilité de cette problématique est évidente, comme bien d'autres aspects de l'expérience de mort imminente qui me passionne précisément à cause de sa complexité.

Pour approfondir leur analyse, Ring et Cooper citent une expérience de médiation:

"A cette époque, je méditais tous les jours. Pendant un de ces états de méditation profonds j'ai vécu une expérience extrêmement saisissante et intense. Bien que mes yeux étaient fermés, je pouvais tout à coup tout voir - toute la pièce et moi au milieu - et je serais incapable de vous dire depuis quel endroit je voyais tout cela ! Je ne voyais pas avec mes yeux ou depuis un seul point de vue ou angle. C'était comme si je voyais tout depuis partout ! C'était comme s'il y avait des yeux dans chaque cellule de mon corps et dans chaque particule qui m'entourait. Je pouvais voir simultanément depuis un point situé devant moi, en dessus de moi, en dessous de moi, derrière moi etc. Tout ce passait comme s'il n'y avait aucun observateur séparé de ce qui était vu. Il y avait simplement une prise de conscience parfaite de toute chose (29)"

Cette description est intéressante à double titre. Premièrement, elle explique bien la puissance tout à fait étonnante de ce type de vision. D'ailleurs, il convient de souligner que la conscience semble fonctionner de manière omnidirectionnelle. Deuxièmement, elle illustre un point essentiel qui n'est habituellement pas suffisamment souligné, à savoir que ce qui se passe pendant une NDE peut se produire également dans d'autres états élargis de conscience, par exemple pendant la méditation.

Regardons de plus près à quoi ressemble cette vision décuplée, transcendée. Une femme a contracté une pneumonie lors de sa deuxième grossesse et, pendant son arrivée à l'hôpital, elle perdit conscience. A cet instant, elle fit une décorporation:

"Je planais au-dessus d'une civière dans l'une des salles d'urgence à l'hôpital. Je regardais la civière et me rendis compte que le corps enveloppé dans des draps était le mien, mais cela m'était bien égal. La pièce était beaucoup plus intéressante que mon corps. Et quelle belle perspective j'en avais ! Je pouvais tout voir. Et je veux dire vraiment tout ! Je pouvais voir le haut de la lampe du plafond et le dessous de la civière. Je pouvais voir les carreaux du plafond et les carreaux du sol - simultanément. Je bénéficiais d'une vision sphérique de 360°. Et elle n'était pas uniquement sphérique mais détaillée ! Je pouvais voir chaque cheveu ainsi que le follicule dont il sortait sur la tête de l'infirmière qui se trouvait à côté de la civière. A ce moment-là, je savais exactement combien de cheveux elle avait sur la tête. Ensuite, j'ai changé de perspective. L'infirmière portait des collants nylon blancs brillants. Chaque reflet et chaque scintillement se détacha avec une netteté éblouissante et de nouveau je savais exactement combien d'étincelles il y avait" (30).

Revenons une fois encore sur la troisième question posée par l'étude de Ring et Cooper:

Est-ce que les aveugles qui ont vécu une NDE revendiquent des perceptions visuelles ?

La réponse est "oui et non" ! Il serait inexacte de dire que les aveugles voient pendant leur NDE mais plus juste de constater qu'une conscience de nature complexe et insuffisamment comprise à ce jour leur donne accès aux mêmes informations que nous, personnes voyantes, obtenons à travers la vision.

Cette conscience, cette omniscience va bien au-delà de tout ce que la perception visuelle habituelle peut offrir. Il s'agit bien ici d'un état de conscience élargie, que Ring et Copper ont décidé d'appeler "conscience transcendantale".

Nous pouvons dorénavant affirmer que ce ne sont pas les yeux qui voient mais l'esprit !

Non-voyants, mal-voyants, voyants : tous égaux devant la NDE

Aucun expérienceur, non-voyant, mal-voyant ou voyant, ne perçoit les scènes qu'il observe lors de la décorporation à travers ses organes visuels, car ils sont tous inconscients lors de leur expérience de mort imminente. La seule différence réside dans le témoignage de la NDE, dans la difficulté additionnelle que rencontre l'aveugle de naissance à décrire son expérience, car il n'a jamais vu le monde auparavant.

La NDE ne peut pas être comprise si on néglige sa nature symbolique

Il est certain que la NDE est dans son essence intrinsèquement symbolique. Elle est toujours codée, présentée, mise en scène de telle manière que l'expérienceur puisse la comprendre, qu'elle fasse sens pour lui.

Pendant leur NDE, certaines personnes sentent la présence d'un proche ou de l'être de lumière, d'autres les voient et peuvent les décrire en détail, par exemple l'être de lumière rayonnant d'un éclat surnaturel tel que décrit par les symbolismes religieux ou un proche vêtu du même costume qu'il portait de son vivant. Personnellement, il me semble évident qu'il s'agit en fait d'un support visuel qui permet à la personne mourante de s'acclimater à cette autre dimension réellement inimaginale, incompréhensible sans ce support visuel qui permet de faire le lien entre le monde matériel et le monde immatériel, telle une interface dans le sens informatique du terme.

Ring et Cooper pensent que la connaissance suprasensorielle, qui se produit donc en dehors de nos sens, n'est traduite en image qu'au moment où l'expérienceur raconte sa NDE. C'est uniquement au moment où il doit transposer en paroles ce qu'il a vécu que cette omniscience, cette connaissance absolue dont il a bénéficié pendant sa NDE, devient "perception visuelle". C'est pour cette raison que tous les expérienceurs, non-voyants, mal-voyants et voyants, appellent "voir" ce qui en fait est "percevoir" grâce à une conscience transcendantale.

Comme une conscience transcendantale doit, par essence, transcender les limites des sens, il n'est pas étonnant que les expérienceurs parlent de "vision parfaite jusque dans les moindres détails, d'une perfection absolue de leur capacités visuelles".

D'ailleurs, il est significatif que diverses théories de la science moderne se rejoignent dans la certitude que la conscience est à l'origine de tout et la base même de tout être.

Quatre postulats

Ring et Cooper ont retenu quatre postulats.

Le premier postulat stipule que la conscience est primordiale et la base de tout être. Voici quelques phrases empruntées à un penseur nommé Goswami:

"Tous les événements sont des phénomènes de conscience. Au-delà de ce que nous percevons comme la réalité immédiate, il y a la réalité transcendantale. En fin de compte, toute réalité est faite de conscience. La division de la réalité en transcendance et immanence est un épiphénomène de l'expérience" (31).

Le deuxième postulat de cette même science moderne affirme que la conscience est non-localisée. Ceci signifie que l'esprit, plutôt que d'être enraciné, localisé dans un individu et assujetti au temps qui s'écoule de la naissance à la mort, n'est en fait localisé ni dans le temps, ni dans l'espace.

Le troisième postulat argumente que la conscience est unitive. Ceci signifie qu'il n'y a qu'une conscience que nous nommons Esprit, et que la notion d'esprits individuels n'est en fait rien d'autre qu'une illusion pratique que Dossey (1989) appelle sarcastiquement "l'illusion d'un moi séparé et la sensation d'un ego qui possède un esprit séparé (32)".

Le quatrième postulat profère que la conscience peut et, en effet, doit quelquefois fonctionner en dehors du cerveau. Ceci est essentiel pour comprendre pourquoi les expérienceurs aveugles sont conscients de quelque chose qui est assimilable à la perception visuelle.

Dossey l'exprime ainsi "Si l'esprit est non-local, il est forcément indépendant du cerveau et du corps qui, eux, sont locaux. Si l'esprit est non-local, séparé du cerveau et du corps, donc pas entièrement assujetti à l'organisme physique, alors la possibilité de la survie de l'esprit lors de la mort du corps devient une possibilité" (33).

Comme Dossey et beaucoup d'autres théoriciens l'ont exprimé, bien que l'esprit ne soit pas un produit du cerveau, ceci n'exclut pas qu'il fonctionne par moments dans le corps, à travers le cerveau, afin de fournir notre représentation quotidienne du monde.

La conscience transcendantale

Voici la conclusion à laquelle Ring et Cooper sont arrivés au terme de leur recherche:

L'étude des NDE chez les aveugles a démontré que nous avons affaire à une prise de conscience sans perceptions visuelles. Ce que nous avons pris pour une perception visuelle au premier abord s'est révélé être tout autre chose: une conscience transcendantale. Cette conscience transcendantale fonctionne indépendamment du cerveau mais doit, pour être nommée, nécessairement être filtrée par lui et par un deuxième filtre qui est celui du langage. Ainsi, jusqu'à ce que le vécu de l'expérienceur, (non-voyant, mal-voyant ou voyant), arrive chez nous, observateurs, l'expérienceur l'a traduit en "perception visuelle". Mais en fait, il s'agit de tout autre chose, de quelque chose d'une essence si inhabituelle qu'il est excessivement difficile de le décrire avec nos mots de tous les jours.

La recherche sur la conscience, s'appuyant notamment sur les découvertes de la physique quantique, est certainement une des clés capables d'ouvrir la porte de ce royaume si mystérieux et si fascinant.


Publications de l'auteur

Evelyn Elsaesser-Valarino

Al otro lado de la vida : explorando el fenómeno de la experiencia ante la cercanía de la muerte; Madrid : Ed. Internacionales Universitarias, 1999, 236 p. ; 24 cm.

D'une vie à l'autre : des scientifiques explorent le phénomène des expériences de mort imminente. - Paris : Ed. Dervy, 1999. - 350 p. ; 22 cm

Erfahrungen an der Schwelle des Todes : was erlebt ein sterbender Mensch ? : Wissenschaftler untersuchen das Nahtod-Phänomen. - Weyarn : Seehamer, Neudruck 2000. - 292 p. ; 22 cm

On the other side of life : exploring the phenomenon of the near-death experience. - New York [etc.] : Plenum Press, then Perseus, cop. 1997.- XIII, 353 p. ; 22 cm. Insight books.

Kenneth Ring et Evelyn Elsaesser-Valarino

Het licht gezien : bijna-doodervaringen. - Deventer : Uitgeverij Ankh-Hermes, cop. 1999. - 295 p. ; 24 cm

Im Angesicht des Lichts : was wir aus Nah-Tod-Erfahrungen für das Leben gewinnen. - Kreuzlingen : Hugendubel, 1999. - 323 p. ; 23 cm

Lessons from the light : what we can learn from the near-death experience. -Portsmouth New Hampshire : Moment Point Press, 2000. - XXII, 340 p. ; 23 cm.

1 Dans cet article, j'utilise le terme "voyant" non pas dans le sens d'une personnes qui prétend posséder la vision surnaturelle des événements passés, présents ou futurs mais simplement pour désigner une personne qui bénéficie de la vue
2 Near-death experience (NDE) = expérience de mort imminente (EMI) ou expérience aux frontières de la mort (EFM)
3 Chercheur polonais émigré aux Etats-Unis, fondateur de la "psychologie transpersonnelle" et des techniques de "respiration holotropique".
4 Mindsight, p. 1
5 Toutes les citations de Mindsight ont été traduites par Evelyn Elsaesser-Valarino
6 Professeur Emeritus de psychologie, Université du Connecticut, USA
7 Docteur en psychologie, Université de New York, USA
8 Lessons from the Light par Kenneth Ring, en collab. avec Evelyn Elsaesser-Valarino, Perseus Books, Reading, Mass. USA, 1998, chapitre 3
9 Mindsight par Kenneth Ring, en collab. avec Sharon Cooper, William James Center for Consciousness Studies - Institute of Transpersonal Psychology, Palo Alto CA, 1999
10 Out of body experience = sortie hors du corps ou décorporation
11 Pour des raisons de clarté rédactionnelle, j'utilise le terme "aveugle" pour me référer à ces trois catégories de sujets.
12 Les personnes mal-voyantes incluses dans cette étude doivent pratiquement être assimilées à des aveugles, leur statut visuel ne le permettant que très peu d'autonomie visuelle
13 Terme emprunté à la littérature spécialisée anglo-américaine désignant une personne qui a vécu une expérience de mort imminente
14Mindsight, p. 23
15Ibid, p. 25
16Ibid, p. 26
17Ibid, p. 74
18Ibid, p. 76
19Ibid, p. 76
20Ibid, p. 42
21Ibid, p. 153
22Ibid, p. 67
23Ibid, p. 71
24Ibid, p. 71-72
25Ibid, p. 153
26Ibid, p. 30
27Ibid, p. 152
28Ibid, p. 153
29Ibid, p. 161
30Ibid, p. 162
31Ibid, p. 171
32Ibid p. 172
33Ibid, p. 172