Nothobranchius {Aphyobranchius} janpapi Wildekamp, 1977
Aphyobranchius
: Sous-genre de Nothobranchius proposé par R. H. Wildekamp en 1977 (Wildekamp, 1977). Le nom est dérivé des racines grecques Aphye- (petit poisson) et -branchion (branchies/poumons).janpapi
: Nom de dédicace en l'honneur de Jan Pap {Pays-Bas}, qui découvrit l'espèce en 1975 et envoya des spécimens à des aquariophiles en Hollande.Description première
R. H. Wildekamp
, 1977 - "Nothobranchius lourensi spec. nov. und Nothobranchius janpapi spec. nov., zwei neue Rivulinen aus Ostafrika" - Das Aquarium, Heft 98, August 1977:326-331; 7 tabs. ;6 figs.Terra Typica
Est de la
Tanzanie, environ 80 km à l'ouest de Dar Es Salaam. Collecté pour la première fois par Jan Pap en 1975 et puis par Jan Lourens début Juillet 1976, dans une mare le long de la route principale reliant Morogoro à Dar Es Salaam, entre le pont sur la rivière Ruvu et le village de Kwaraza.|
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Terra Typica de Nothobranchius janpapi près de Kwaraza, 80 km à l'ouest de Dar-Es-Salaam, sur la route principale de Dar-Es-Salaam à Morogoro. |
Wildekamp
, (1977) rapporte que le Terra Typica de N.lourensi et de N.janpapi est une mare d'environ 10-15 mètres de large. Une autre mare, située un peu plus loin, du côté opposé de la chaussée, avait un diamètre d'environ 5-7 m. Les deux mares étaient connectées sous un petit pont. Le 12 Juillet 1976, la profondeur des deux mares mesurait environ 70 cm. Les berges étaient densément couvertes d'herbes et de buissons d'épineux. L'eau elle même ne contenait pas de végétation. La température de l'eau le 11 Juin à 18:15 heures était de 27°C, avec une température de l'air de 25°C. Le pH variait entre 6.5 et 7.0, la dureté de l'eau ne fut pas mesurée.Dans cette partie de la
Tanzanie, la saison des pluies dure de novembre à mai, avec une réduction des précipitations en janvier et février. En 1975 Jan Pap, et en 1976 Jan Lourens, observèrent que ces mares s'asséchèrent entièrement. N.lourensi et N.janpapi ne pouvaient être trouvés que dans les deux mares liées. Toutes les autres mares ne contenaient que l'espèce, connue en cette époque sous le nom de N.guentheri, N.melanospilus et des poissons non annuel (Wildekamp, 1977).|
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Profil météorologique de la Tanzanie (Source: FAOCLIM) |
Il est dès lors supposé que ces mares ne sont pas uniquement remplies d'eau de pluies, mais qu'elles doivent également recevoir d'importantes quantités d'eau de la rivière
Ruvu elle-même, lorsque, durant la grande saison des pluies, elle inonde cette vaste zone marécageuse. Selon Wildekamp (1977), la présence de poissons non strictement annuels dans ces mares (tels que Clarias mossambicus Peters, 1852; Alestes affinis Günther, 1894 et Barbus usambarae (?) Lönnberg, 1907) confirme cette supposition.Données Méristiques & Morphologiques
Karyotype
: n= ..La première description de l'espèce en 1977 par Wildekamp mentionne: la hauteur du corps est comprise 4,1 à 4,9 fois dans la longueur totale et 3,3 à 3,9 fois dans la longueur du corps. La longueur de la tête est comprise 3,7 à 3,9 fois dans la longueur du corps et 1,1 à 1,5 fois dans la distance inter-orbitale. Le pédoncule caudal est 1,7 à 1,9 fois plus long que haut.
La forme générale du corps est allongée; la ligne dorsale seulement légèrement courbée. La plus grande profondeur du corps se trouve à hauteur des nageoires ventrales. La nageoire dorsale est positionnée plus en arrière, elle démarre à hauteur des 5ième ou 6ième rayons de la nageoire anale. Les deux sexes ont des nageoires arrondies. La nageoire dorsale chez les mâles est longue et pointue vers l'arrière du corps. Chez les mâles, la nageoire dorsale aplatie s'étend loin au-delà du pédoncule caudal, chez les femelles elle atteint à peine le pédoncule caudal. L'ouverture de la bouche est petite et dirigée vers le haut.
Sous les yeux, il n'y a qu'une rangée d'écailles. La position des écailles sur la tête se rapproche du type G régulier. Sur la tête, les canaux de neuromastes post- et supra-orbitaux sont interrompus, et il ne découlent pas des écailles de type F comme chez le genre Aphyosemion. Sur la lèvre dorsale, il y a un grand nombre de petites papilles. Egalement, chez les mâles, sur les rayons de la dorsale et de l'anale il y a de petites papilles; sur la dorsale, uniquement sur le quart distal externe, dans l'anale, le long des 3/4 de la partie distale.
Tableau 1: Données Méristiques de
Nothobranchius janpapi{Selon
Wildekamp, 1977. - Toutes les mesures en % de la longueur standard}|
Caractéristiques |
Holotype |
Allotype |
Paratypes |
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Longueur totale |
124.9 |
122.8 |
134.8-124.5 |
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Hauteur du corps |
28.2 |
25.3 |
25.1-30.1 |
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Hauteur tête |
27.0 |
27.3 |
25.5-28.7 |
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Hauteur pédoncule caudal |
13.9 |
10.7 |
10.6-14.9 |
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Longueur pédoncule caudal |
23.1 |
20.1 |
20.6-20.9 |
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Diamètre de l'oeil |
9.2 |
9.0 |
9.3-9.6 |
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Largeur Interorbitale |
13.6 |
9.3 |
10.8-12.8 |
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Longueur museau |
9.2 |
7.6 |
7.8-8.7 |
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Distance Dorsale-pointe museau |
64.7 |
69.2 |
69.1-63.6 |
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Distance Anale-pointe museau |
57.6 |
65.1 |
57.3-65.2 |
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Distance Ventrale-pointe museau |
42.7 |
48.8 |
42.1-47.2 |
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Caractéristiques |
Holotype |
Allotype |
Paratypes |
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N° rayons dorsale |
13 |
12 |
12-14 |
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N° rayons anale |
19 |
17 |
17-18 |
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N° rayons pectorales |
16 |
15 |
14-15 |
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N° écailles ligne latérale |
28 |
27 |
26-28 |
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N° écailles verticales à hauteur anale |
8.5 |
8.5 |
8.5 |
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N° écailles sur pédoncule caudal |
5.5 |
5.5 |
5.5 |
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N° écailles distance pré-dorsale |
17 |
16 |
16-17 |
Les différences notoires existantes aussi bien dans la morphologie générale que dans les valeurs méristiques entre
N.janpapi et le morpho-type Nothobranchius ont conduits Wildekamp (1977) à proposer un sous-genre particulier pour ce premier représentant du nouveau sous-genre: chez les spécimens adultes de N.janpapi la disposition des écailles céphaliques est régulière; il y a une forte similitude avec le patron d'implantation céphalique des écailles du Type G comme observé chez les espèces Aphyosemion, pourtant sans les écailles F et H; l'espace pré-orbital est petit et dépourvu d'écailles; le système de neuromastes supra- et post-orbital est interrompu; Les quatre neuromastes du museau sont ensevelis dans deux canaux séparés et en forme de V; chez les deux sexes, il y a de nombreuses papilles, densément implantées sur la mâchoire supérieure.En outre, en comparaison au morpho-type
Nothobranchius, le sous-genre proposé Aphyobranchius, est caractérisé par un nombre inférieur de rayons dans la dorsale et une implantation beaucoup plus postérieure de la nageoire dorsale (Wildekamp, 1977).Suite à la description de
N.willerti en 1992, le troisième représentant découvert de ce sous-genre après N.luekei (Seegers, 1984), Wildekamp (1992) donne un diagnostic révisé des caractères typiques du sous-genre Aphyobranchius: taille plus petite; forme plus fine du corps; implantation postérieure de la nageoire dorsale; nageoire anale rectangulaire chez les mâles; écailles cténoïdes chez les mâles uniquement dans la partie inférieure de l'opercule et du pré-opercule; écaillure céphalique régulière du type G, et sélection d'un habitat près de la surface de l'eau.Synonymes
Aucun
Aphyobranchius
est un sous-genre de Nothobranchius composé de formes pélagiques (= préférant la surface de l'eau). Les quatre uniques représentants de ce sous-genre connus à ce jour, comprennent: le très rarement trouvé N.luekei Seegers, 1984 (jusqu'à présent capturé à une seule occasion, à 40-km au sud de Dar-Es-Salaam, sous le pont sur la rivière Mbezi, sur la route menant à Kibiti, Tanzanie), N.willerti Wildekamp, 1992 (découvert dans le système de la basse Tana, plaines côtières du Kenya), N.janpapi Wildekamp, 1977 (Tanzanie) et N.sp. "Ifakara" TAN 95/4 (Tanzanie).Selon
Wildekamp (1992), N.willerti ne présente pas le caractère diagnostique de la fréquentation des eaux de surface comme les 3 autres représentants du sous-genre Aphyobranchius. Il préfère en effet occuper les couches inférieures et moyennes de la colonne d'eau. Egalement, les caractères diagnostiques d'un corps plus fin et d'une implantation plus postérieure de la nageoire dorsale sont moins développés dans cette espèce. Wildekamp (1992) considère que Nothobranchius {Aphyobranchius} willerti représente dès lors une forme moins spécialisée que les autres représentants du sous-genre et pourrait donc être considérée comme la forme la plus primitive du sous-genre Aphyobranchius.N.janpapi
et N.luekei sont très proche. Des expériences de croisement entre les deux espèces n'ont cependant pas produits de descendants. A partir de ces résultats, Seegers (1987) décida de créer une nouvelle espèce et de la nommer N.(Aphyobranchius) luekei, en honneur de Mr. Lüke (Allemagne), qui le premier parvint à reproduire cette difficile espèce.Selon
Seegers (1984), N.luekei se distingue également de N.janpapi par un corps plus svelte et plus compressé latéralement; sa taille plus petite que N.janpapi; une implantation encore plus postérieure des nageoires dorsale et anale; sa dorsale qui commence clairement après l'origine de l'anale. Chez N.luekei le nombre de rayons dans ces nageoires est supérieur à N.janpapi et il y plus d'écailles dans la ligne longitudinale et dans la longueur pré-dorsale. La dorsale a plus de rayons, alors que l'anale en a moins que chez N.janpapi. Les deux espèces présentent également des différences dans les couleurs (Seegers, 1984).Selon
Van Der Zee (1985), le patron du chorion de l'oeuf chez N.luekei, comparé à celui chez N.janpapi et chez les autres espèces du genre, est visiblement différent. En tant que seul représentant du groupe d'espèce Nothobranchius, N.luekei présente un patron hexagonal, qui est très commun chez le genre Aphyosemion. Chez N.luekei, des structures en forme de cheveu, longues et éparses, sont visibles sur la membrane extérieure de l'oeuf, tandis que chez les autres espèces, le chorion possède de nombreuses structures courtes et densément implantées (Van der Zee, 1985).Populations
N.
janpapi "Kwaraza " TAN 76/?; TanzanieHolotype
Mâle adulte (33,7 mm longueur totale; 21,1 mm longueur standard); collecté par
Rob van Haarlem, Jan Lourens, Theo Steinfort et R. H. Wildekamp le 11 et 12 Juin 1976, dans la même mare que N.lourensi, sur la route principale de Morogoro à Dar Es Salaam, entre le pont sur la rivière Ruvu et le village de Kwaraza.Allotype
Femelle adulte (35,5 mm longueur totale; 28,9 mm longueur standard); collectée en même temps que l'holotype.
Paratypes
Un mâle adulte (40 mm longueur totale; 32,1 mm longueur standard); deux femelles adultes (35,2 mm et 35,6 mm longueur totale; 28,2 et 28,6 mm longueur standard); collectés en même temps que l'holotype.
Tous les types adultes furent gardés en vie dans des aquariums durant 5 mois. Ils furent ensuite conservés le 13-XI-1976 et donnés au Muséum Royal pour l'Afrique Centrale à
Tervuren, Belgique.Taille
Les mâles peuvent atteindre jusqu'à 55-mm tandis que les femelles restent plus petites, 50-mm.
Code
Jan
Distribution & Habitat
Le Terra Typica se situe dans l'est de la
Tanzanie, environ 80-km à l'ouest de Dar Es Salaam, dans une mare le long de la route principale allant de Dar Es Salaam à Morogoro, entre le pont sur la rivière Ruvu et le village de Kwaraza. La mare faisait environ 10-15 mètres de large. Une autre mare, située quelque peu plus loin de l'autre côté de la route, avait un diamètre d'environ 5-7 m. Les deux mares étaient en connexion sous un petit pont. Le 12 Juillet,1976, la profondeur dans les deux mares comportait seulement 70-cm. Les rives étaient densément couvertes d'herbes et de buissons d'épineux. L'eau elle même, ne contenait pas de végétation. La température de l'eau le 11 Juin à 18:15 heures était de 27°C, avec une température de l'air de 25°C, le pH était entre 6,5 et 7,0 (Wildekamp, 1977).Seegers
collecta 3 Nothobranchius différents vivant en synpatrie dans la même mare, le longe de la rivière Ruhoi. Il s'agit de N.janpapi, N.melanospilus et N.eggersi "Ruhoi" (Seegers, 1985).En 1995,
Wildekamp, Sainthouse et Watters collectèrent N.janpapi près de Bagamoyo, sur la route menant au ferry sur l'estuaire de la rivière Ruvu, le long d'une berge rehaussée en terre. Des deux côtés de la route rehaussée s'étendaient des plaines herbacées plates. La dense végétation rendit difficile l'immersion et la manipulation des filets dans l'eau. Bien que peu commun, ils y trouvèrent N.melanospilus et N.janpapi et N.foerschi (Sainthouse, 1996)En Mai 1997,
Wildekamp, Watters et Cooper collectèrent N.janpapi dans la localité de Kitonga Nord TAN 97/9. Dans cette localité, ils découvrirent N.janpapi vivant en synpatrie avec N.lourensi et N.fuscotaeniatus.|
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Sites de collecte de N.janpapi en Tanzanie: 1: "Kwaraza" TAN 76/? et TAN 95/14; 2: "Rufiji River Camp" TAN 95/07; 3: "Ndundu" TAN 95/10 et TZ 97/57; 4: "Bagamoyo" TAN 95/13 et TAN 97/39; 5: "Soga" TAN 97/45 et TAN 98/14; 6: "Kitonga Nord" TAN 97/9; 7: "Kikongo" TAN 98/09; 8: "Ruhoi River" TZ?/?. |
Egalement en Mai 1997,
Wildekamp, Watters et Cooper collectèrent trois Nothobranchius différents de la localité Soga TAN 97/45. Un était Paranothobranchius ocellatus, le second N.janpapi et le troisième N.foerschi (Watters, Juin 1998, Killietalk).En 1997, mais en juillet,
N.janpapi fut recueilli dans la même mare d'où N.fuscotaeniatus fut collecté pour la première fois par Seegers (1998). Seegers (1998) rapporte que venant d'un voyage de collecte fructueux dans le sud de la Tanzanie, il décida de passer quelque temps dans la réserve naturelle du Selous. Comme le petit ferry à hauteur d'Utete était en panne, il du revenir sur une distance de 60 km en passant par Ndundu, traverser la rivière Rufiji à cette hauteur, et, sur une route secondaire plus longue passant par Kibiti, atteindre la rive opposée du fleuve à Utete d'où il pu progresser en direction de l'amont le long de la rive nord, pour atteindre l'entrée du Selous Game Reserve.A hauteur de
Nyamwage, la route vers Ndundu prend un virage abrupte vers le nord. Cette route était parfois en très mauvais état et, tant à droite qu'à gauche de la route, il y avait de très nombreuses rizières de même que tantôt de petites tantôt de grandes zones inondées. La route longe de grands chenaux creusés au moment de la construction de la route. Il devînt clair à Seegers qu'il approcha le lit et l'estuaire du fleuve Rufiji. Comme il était impossible de pêcher toutes les nombreuses mares, Seegers décida d'échantillonner seulement quelques unes d'entre elles. Ceci lui procura quelques espèces intéressantes parmi lesquelles un certain nombre de Nothobranchius (Seegers, 1998).Une dernière tentative finale fut réalisée dans une mare de 2 x 10 m le long de la route (
localité TZ 97/57, 2-km au sud du ferry de Ndundu sur la rivière Rufiji). Les berges de la mare étaient couvertes de hautes herbes. Il y avait également des espaces d'eau dégagés au milieu de la mare. Dans les endroits les plus profonds de la mare, la profondeur atteignit quelque 60-cm. Sous un soleil de plomb de mi-journée, Seegers balaya sans but précis son épuisette à travers l'eau et captura une femelle Nothobranchius peu colorée. Comme il ne pouvait s'agir du très répandu N.melanospilus, il repris intérêt et balaya une nouvelle fois la mare. Cette fois-ci il captura N.janpapi, dans lequel il n'était pas du tout intéressé, car dans la zone il est presque partout tout aussi présent que N.melanospilus. A la troisième tentative, il captura un mâle de l'espèce N.fuscotaeniatus. Sous le soleil de midi, cette dernière espèce présenta sa belle couleur bleu verte, avec quelques barres transversale rouges brunes autour du corps (Seegers, 1998).Il fallait capturer plus de poissons en vue de trouver la femelle correspondante. Le prochain poisson capturé fut un mâle de
N.lourensi. Les femelles de cette dernière espèce sont également très faiblement colorées, ce qui posa le problème de savoir à quelle espèce se rattachait la première femelle capturée. Pour résoudre cette énigme, plus de femelles incolores durent être capturées; mais de prime abord, aucune distinction ne pu être faite entre elles. Enfin, Seegers captura une femelle qu'il n'avait pas encore vue précédemment et qui résolu son problème d'identification. Cette femelle de N.fuscotaeniatus était également bleu verte, mais moins prononcé que chez le mâle. Elle possédait également des bandes transversales circulaires rouge brunes le long du corps. Toutes les femelles peu colorées appartenaient toutes à N.lourensi. Il est étonnant que dans cette zone isolée du chenal longeant la route, Seegers ne pu capturer d'autres espèces, même pas le très répandu N.melanospilus (Seegers, 1998).Sur la base des lieux de collecte énoncés ci-dessus, l'aire de distribution de
N.janpapi comprend les parties moyennes et côtières basses des rivières Ruvu, Ruhoi, Mbezi et Rufiji. En réalité, cette zone forme une vaste zone marécageuse dans laquelle les poissons peuvent aisément se répandre d'un côté à l'autre de la dépression.La rivière
Ruvu qui s'écoule vers le nord prend sa source dans les monts Uluguru, près de Morogoro. En premier lieu, elle coule vers l'est avant d'atteindre une très grande dépression marécageuse située à l'est des monts Uluguru. Avant d'atteindre ce marécage, elle reçoit les eaux des rivières Rudete et Mgeta, qui prennent également leur source dans les monts Uluguru. Son cours effectue ensuite un virage vers le nord, où il atteint l'Océan Indien, au nord de Dar-Es-Salaam, à Bagamoyo.|
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Principaux bassins et systèmes fluviaux en Tanzanie. (Source FAO-ALCOM) |
Cette dépression marécageuse est également connectée à de nombreux affluents du système beaucoup plus impressionnant des rivières
Rufiji/Ruaha, procurant d'amples opportunités à des échanges d'ichthyofaune entre les deux systèmes fluviaux.De similaires anciennes connections entre le système de la rivière
Rufiji et des rivières avoisinantes des Ruhoi et Mbezi pourraient également être responsable de l'actuelle présence de N.janpapi dans ces systèmes. L'aire de distribution générale de N.janpapi à l'est de la Tanzanie est présenté à la figure suivante.N.luekei
, qui est très proche de N.janpapi (comme observé ci-dessus), n'a jusqu'à présent en fait été capturé qu'une seule fois sous le pont sur la rivière Mbezi (40-km au sud de Dar-Es-Salaam sur la route menant à Kibiti) par Seegers et Wischmann durant la transition des années 1982-1983, malgré qu'en trois occasions précédentes, Seegers eu déjà pêché dans cette localité sans succès (Van der Zee, 1985). La collecte de N.janpapi auprès de Kitonga (localité: "Kitonga Nord" TAN 97/9, également sous l'influence de la rivière Mbezi) par Watters, Wildekamp & Cooper en 1997, laisse entrevoir qu'il serait théoriquement possible que N.janpapi et N.luekei puissent être trouvés vivant près l'un de l'autre dans le même système fluvial. La définition écologique d'une espèce implique donc que soit il y a une très forte compétition entre les deux espèces là où elles se rencontrent soit elles évitent la compétition ouverte par la sélection d'une niche écologique spécifique qui éviterait trop de compétition. Une éventuelle future collecte synpatrique des deux espèces dans la rivière Mbezi serait dès lors d'une valeur scientifique certaine.|
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Sites de collecte et aire de distribution présumée de N.janpapi en Tanzanie:1: "Kwaraza" TAN 76/? et TAN 95/14; 2: "Rufiji River Camp" TAN 95/07; 3: "Ndundu" TAN 95/10 et TZ 97/57; 4: "Bagamoyo" TAN 95/13 et TAN 97/39; 5: "Soga" TAN 97/45 et TAN 98/14; 6: "Kitonga Nord" TAN 97/9; 7: "Kikongo" TAN 98/09; 8: "Ruhoi River" TZ?/?. |
Coloration
Mâles
: La couleur de base est bleu violet, brunâtre sur le dos, blanchâtre sur le ventre, la gorge est jaune. Les écailles portent un bord rouge brun fin. La nageoire dorsale est jaune verte, avec quelques tâches brunes, à la base changeant en gris bleu. Dans la partie distale il y a un petit bord bleue blanchâtre. La nageoire caudale est jaune verte, sur la partie proximale, tant au-dessus qu'en dessous, il y a deux bandes rouges. La base de la nageoire anale est jaune, changeante en rouge orange profond. Les nageoires pectorales sont sans couleurs et possèdent une bande externe bleu claire. L'iris des yeux est bleu.Femelles: elles sont grises brunes; le ventre et l'iris des yeux sont argenté; toutes les nageoires sont transparentes.
Maintenance &Reproduction
N.
{Aphyobranchius} janpapi est atypique pour le groupe d'espèce Nothobranchius car ils habitent de préférence les couches superficielles de leur habitat, plutôt que près du fond. Aussi bien les alevins que les subadultes sont souvent vus à la recherche de nourriture à la surface de l'eau. Dans leur milieu naturel, les adultes préfèrent occuper la zone pélagique ouverte ou se cantonner entre les branches immergées des buissons.L'espèce peut aisément être reproduite et maintenue dans de l'eau ayant les caractéristiques suivantes: pH of 6,8 à 7,0; dureté de l'eau entre 9-16 et température entre 23 et 25°C. Une eau d'une telle composition peut facilement être obtenue en ajoutant de l'eau de pluie à l'eau du robinet. Des températures de maintenance trop élevées réduiront substantiellement leur espérance de vie. L'addition de sel non iodé [1 cuillère à café pour 10 litres d'eau] est également recommandé comme mesure préventive contre la maladie des "points dorés".
Le bac de maintenance devrait préférablement être densément planté de mousse/fougère de java ou de plantes aquatiques similaires en vue de procurer aux femelles et aux mâles de second rang des occasions de fuites et de repos. Il est également nécessaire d'effectuer de réguliers changements d'eau pour le bien-être des poissons.
Les mâles ne sont pas très agressifs envers l'un l'autre. Les spécimens les plus robustes pousseront cependant les plus faibles vers les parties les plus éclairées du bac. Lorsque le bac est suffisamment grand, on observe rarement les morsures de nageoires et les poissons endommagés. Dans un grand bac on peut garder plusieurs mêles si on procure à chacun d'entre eux environ 10-15 litres d'eau. Il faut toujours éviter de placer dans un petit bac 2 mâles ensemble; dans ce cas le plus vigoureux poursuivra incessamment le plus faible et pourrait même le tuer.
Pour la reproduction, on peut utiliser un trio mais il est toujours préférable d'utiliser plusieurs femelles pour un mâle [3 à 4 ♀ par ♂] et de reproduire en groupes de plusieurs individus adultes simultanément.
Particulier à cette espèces est également le fait que les parents ne recherchent pas la présence du fond pour émettre leurs cellules reproductives. La reproduction peut se faire n'importe où dans le bac, de préférence en eau ouverte ou entre deux eaux. Avec cette espèce il n'y a donc pas besoin de couvrir le récipient de ponte. Au contraire, il est préférable d'utiliser un récipient largement ouvert, couvrant la plus grande partie possible du fond de l'aquarium de ponte. Le soucis ici n'est pas de concentrer les oeufs, mais plutôt de les attraper. Il faudra faire avec les excréments dans la tourbe. Souvent les parents préfèrent pondre les oeufs au-dessus ou dans les environs de la couche de tourbe plutôt que sur un fond vierge du bac.
Une couche de tourbe d'une épaisseur de 2 à 5-mm, maintenue dans le récipient en plastique ouvert est utilisée comme substrat de ponte. Dans un tel ensemble, les poissons peuvent être laissé en ponte pour une période de 5 à 7 jours, après quoi, la tourbe est retirée, pressée légèrement et laissée à sécher un peu plus jusqu'à ce qu'elle obtienne la consistance bien connue du tabac humide (couches extérieures devenant brun clair). Finalement, le substrat de ponte contenant les oeufs est placé dans un sachet en plastique fermé et étiqueté, avec suffisamment d'air pour la longue période d'incubation. Les oeufs de
N.janpapi sont conservés pour une période de 2,5 à 3 mois, à température constante d'environ 24°C. J'ai observé une éclosion réussie après une période d'incubation prolongée jusqu'à 7 mois, chez la génération F4, de la population TAN 97/9 "Kitonga Nord".L'éclosion des oeufs développées peut se faire dans une eau de robinet âgée ordinaire (ayant stagné une semaine) et fraîche (18°C). Cette eau est versé sur la tourbe contenant les oeufs développées, le mélange est ensuite remué pour donner la possibilité aux oeufs de tomber sur le fond. Ensuite, la tourbe qui flotte encore en surface est retirée au moyen d'une épuisette pour que les alevins puissent plus facilement atteindre la surface ouverte de l'eau pour y remplir leur vessie natatoire d'air.
Dans le récipient d'éclosion final, qui devrait avoir une capacité minimale d'au moins 5 litres, les oeufs sont couverts d'une couche d'eau de 20 à 50-mm d'épaisseur. Parfois, 24 heures d'immersion sont nécessaires avant que les premiers alevins n'apparaissent, les derniers alevins peuvent nécessiter plusieurs jours d'immersion.
Du fait que les jeunes alevins sont réellement très petits {1,5-mm de long et plus petits que ceux de
N.patrizii ou de N.rachovii} il est impérieux d'ajouter de "l'eau verte" contenant des infusoires et des micro-organismes en abondance. Même les alevins les plus grands ne seront jamais capable d'ingurgiter même les plus petites nauplies d'Artemia, même les plus fraîchement écloses. Il leur faudra au moins 2 semaines de séjour dans une "eau verte" avant que les alevins de N.janpapi soient capable de manger les plus petites nauplies d'Artemia- fraîchement écloses. Il est donc nécessaire que l'on soit préparé à l'éclosion en s'assurant d'une disponibilité immédiate d'une eau riche en Paramécies ou d'une "eau verte" au moment de l'éclosion. Si une eau riche en micro-organismes n'est pas disponible au moment de l'éclosion, il est souvent trop tard que pour ne s'en fabriquer une en vitesse et c'est la maintenance de l'espèce même qui est dès lors menacée. Il est donc de bonne augure de pouvoir disposer, quelque part dans le jardin ou sur le balcon, d'un récipient ou bocal contenant de l'eau âgée avec quelques feuilles en décomposition. Après quelque temps, ce milieu générera les micro-organismes nécessaires aux plus petits alevins.Il est cependant préférable d'utiliser les grandes
Paramécies qui furent recueillies, quelque part au début des années 90, au Cameroun, par des aquariophiles Allemands. Cette culture de Paramécies, propre et non odorante, peut très facilement se maintenir durant toute l'année dans de l'eau de robinet âgée, dans un bac/cruche ouverte de 5 litres de contenance, en ajoutant chaque semaine 1 à 2 gouttes de lait à la culture (ne pas ajouter trop de lait car la culture se détruirait). Ainsi, on est en mesure de toujours pouvoir disposer d'une culture de grandes Paramécies prête à l'emploi. Ce milieu de culture est très riches en Paramécies facilement visibles à l'oeil nu sous forme de nuage diffus. Lorsque le nombre de Paramécies dans le bac à alevins commence à baisser, quelque 10-20 centilitres du milieu de culture est verser directement dans le bac contenant les alevins. L'utilisation de cette culture accélérera le taux de croissance des alevins d'au moins une semaine.Pour l'éclosion, j'utilise de l'eau propre âgée dans un bac de 2 litres. Une fois que les petits alvins nagent librement, ils sont transférés dans un bac plus grand contenant soit de l'eau verte recueillie dans l'étang de jardin à tortues de ma fille, et apportée à une température correcte, soit de l'eau de la culture de
Paramécies mentionnée plus haut. Les avantages d'utiliser un bac de plus grande dimension sont: il est moins susceptible de pollution, il offre une quantité de micro-organismes en suffisance et, il procure un environnement de croissance beaucoup plus stable. J'ajoute également souvent une à deux feuilles froissées et sèches. En outre, un bac de plus grande taille requiert moins de changements d'eau dont le niveau peut être augmenté régulièrement sans avoir à perturber les alevins.L'utilisation d'un grand bac stabilisé procure un environnement stable pour les très petits alevins. La présence, plusieurs heures par jour, d'une lumière incandescente vive au-dessus du bac est nécessaire pour que les jeunes alevins puissent localiser visuellement les minuscules proies vivantes. Dans une telle mise en scène, il n'y a nullement besoin de filtration ni d'ailleurs de générer de faibles mouvements des couches superficielles de l'eau. La plupart des micro-organismes se concentreront sous la surface, créant une couche superficielle trouble qui ne devrait pas être retirée. Cette couche est utilisée par les alevins à la recherche de nourriture.
Après 1 à 2 semaines, une fois que les alevins sont capables d'avaler les plus petites nauplies d'
Artemia fraîchement écloses, la plupart des problèmes sont généralement résolus. Il s'agit d'une espèce à croissance très lente et les taux de croissance observés chez Nothobranchius ne seront jamais atteints chez Aphyobranchius. Après environ 3-4 mois les premiers mâles commencent à présenter leurs premières couleurs et ils deviennent sexuellement actifs à environ 5-6 mois.Ils forment un complément intéressant à un aquarium communautaire d'espèces limitées au genre
Nothobranchius, car ils y occuperont les couches superficielles et moyennes de l'aquarium, tout comme le feraient les Aphyosemions.Littérature