Nothobranchius jubbi Wildekamp & Berkenkamp, 1979

&

Nothobranchius cyaneus Seegers, 1981

Dernière mise à jour 19 octobre 2000

Note d'Introduction

Faisant suite à son étude de 1986 sur différentes populations de N.jubbi et de N.cyaneus Wildekamp arriva à la conclusion que les deux espèces devraient en réalité être considérées comme identiques. Du fait que N.jubbi avait été décrit antérieurement, ce nom devrait recevoir la priorité dans la dénomination de l'espèce. N.cyaneus Seegers, 1981 devrait dès lors être considéré comme un synonyme récent de N.jubbi Wildekamp & Berkenlamp, 1979. Considérant que nous ne sommes pas entièrement convaincu de tous les arguments avancés pour procéder à la mise en synonymie de ces deux espèces et considérant que nous pensons que dans ce cas spécifique [par opposition à ce qui est observé chez N.korthausae, N.eggersi, N.ugandensis ou chez d'autres espèces de Nothobranchius], il doit y avoir plus qu'un simple polychromatisme [existence au sein d'une même espèce de plusieurs formes à livrée différente] chez les mâles, les deux "espèces" (quelque soit leur statut) sont présentées ci dessous l'une à côté de l'autre. Ceci constituerait la première espèce ou aussi bien polymorphisme [différentes formes de corps] que polychromatisme [différentes formes de livrée] coexisteraient l'un à côté de l'autre.

 

Jusqu'à présent, l'aspect du polymorphisme n'a reçu que très peu d'attention [dans l'étude de Wildekamp de 1986 les mensurations furent prises sur différents groupes de taille et d'âge], outre le fait que rien ne soit mentionné au sujet de la sous-espèce N.jubbi interruptus. Également la "définition" de formes intermédiaires [basée principalement sur différents gradients de la couleur rouge dans la nageoire caudale] ne nous apparaît pas satisfaisant; les deux "espèces" pourraient avoir chacune leur forme rouge comme observé chez de nombreux autres espèce de Nothobranchius. En outre, certaines populations se reproduisent de manière conséquente [aussi bien en ce qui concerne la couleur qu'en ce qui concerne la forme du corps] sur plusieurs générations sans que jamais des formes intermédiaires n'apparaissent.

Sur la base de références bibliographiques publiées et sur la base d'expériences pratiques de reproduction avec les deux "espèces", nous tendons à favoriser l'idée qu'il pourrait s'agir soit d'espèces en "création" soit de deux sous-espèces (comme proposé par Seegers, 1985) ayant des formes intermédiaires forts similaires. La définition d'une espèce requière que les hybrides éventuels soient stériles, mais ce que l'on a l'habitude d'appeler des hybrides ou des formes intermédiaires dans ce cas pourraient en réalité correspondre à des mâles subordonnés des deux "espèces". Les formes chromatique non rouge chez N.guentheri et N.foerschi sont bien moins dominantes et bien moins agressives que les morphes [formes] à caudale rouge. Lorsque placés ensemble dans une même bac les morphes non rouge se verront toujours repousser et ne participeront à une reproduction réussie que si suffisamment d'espace est mis à disposition. Bien que non encore suffisamment étudié, il semblerait que chez Nothobranchius la couleur rouge soit, d'une manière ou d'une autre, étroitement liée à un comportement agressif et territorial, et donc au succès de la reproduction. Chez ces deux espèces, les formes rouges et non rouges maintiennent cependant une même forme générale du corps, définie par l'ensemble du génome de l'espèce. Il semblerait donc que plus de recherches soient nécessaires dans ce domaine - chez les poissons, la couleur est également influencée par le milieu et par les états relationnels. Que dire de la forme générale du corps?

 

Description Première

Terra Typica

Données Méristiques & Morphométriques

 

Tableau 1: Données méristiques de N.jubbi (d'après Wildekamp & Berkenkamp, 1979)
[valeurs exprimées en % de la longueur standard, moyenne pour les Paratypes]

Caractéristiques

Holotype

Moyenne des Paratypes

Mâles

Femelles

Longueur totale

44,5

-

-

Hauteur du corps

28,6

28,6

25,4

Longueur de la tête

29,7

31,3

29,3

Longueur pédoncule caudal

22,8

20,8

24,1

Hauteur pédoncule caudal

14,2

13,9

14,4

Diamètre de l'oeil

8,1

8,1

8,2

Distance interorbitale

13,3

13,2

11,9

Longueur museau

8,3

7,0

5,3

Distance museau - origine dorsale

53,6

56,7

60,0

Distance museau - origine anale

58,9

59,0

63,1

Distance museau - origine ventrales

48,6

47,0

48,5

Tableau 2: Données morphométriques de N.jubbi (d'après Wildekamp & Berkenkamp, 1979)

Caractéristiques

Intervalle

Rayons nageoire dorsale

15 - 16

Rayons nageoire anale

16 - 18

Écailles en ligne longitudinale latérale

29 - 32

Écailles autour du corps en avant des nageoires ventrales

23 - 25

Selon Wildekamp (1986), J. J. Scheel (1981 et 1983, comm. pers. à Wildekamp) effectua quelques études cytologiques sur des spécimens vivants de N.cyaneus provenant de Shalanbod et de Sunguni [phénotype bleu], Somalie, et sur des spécimens des formes intermédiaires de N.jubbi et de N.cyaneus provenant d'Azenda Bader, Somalie. Elles furent comparées à des formes de N.jubbi de Malindi, Kenya, et de N.cyaneus de Warfa [N. sp. Warfa Bleu], Somalie. Ces études démontrèrent l'étroite relation existant entre N.cyaneus et N.jubbi. Les deux "espèces" avaient un karyotype "identique" ayant 2n= 34 chromosomes. Tous les éléments possédaient distinctement 2 bras, et une paire dérivée typique de chromosome métacentrique. Selon Wildekamp (1986), ces karyotypes semblaient être identique à ceux de N.cyaneus Warfa et de N.jubbi de Malindi étudié précédemment et qui donnaient un nombre haploïde de n=17 chromosomes.

Tableau 3: Données méristiques de N.cyaneus (d'après Seegers, 1981)
[valeurs exprimées en % de la longueur standard, les moyennes sont pour les 9 Paratypes]

Caractéristiques

Holotype

Intervalle

Moyennes Paratypes

Longueur totale

121,6

119,1-126,2

122,5

Hauteur du corps

31,9

24,8-33,2

30,0

Longueur de la tête

34,7

31,2-34,9

33,2

Hauteur du pédoncule caudal

12,5

12,4-14,9

13,5

Diamètre de l'oeil

9,4

8,3-10,6

9,3

Distance interorbitale

15,8

14,8-18,0

16,5

Longueur du museau

8,8

7,3-10,3

8,6

Distance museau - nageoire dorsale

60,8

60,2-67,8

65,3

Distance museau - nageoire anale

64,4

63,0-68,5

66,2

Distance museau - nageoires ventrales

52,0

52,0-55,6

54,0

Tableau 4: données en % de la longueur de la tête chez N.cyaneus (d'après Seegers, 1981)

Caractéristiques

Holotype

Intervalle

Moyennes Paratypes

Longueur du museau

25,4

21,2-30,5

25,8

Diamètre de l'oeil

27,2

25,2-31,3

28,0

Distance interorbitale

45,6

44,3-53,4

49,8

Tableau 5: Données morphométriques de N.cyaneus (d'après Seegers, 1981)

Caractéristiques

Holotype

Intervalle

Moyennes Paratypes

Rayons nageoire dorsale

17

17-19

17,7

Rayons nageoire anale

19

18-20

19,0

Écailles en ligne latérale longitudinale

29

27-30

28,6

 

Description

Seegers (1981) décida de définir la nouvelle espèce N.cyaneus sur la base d'un nombre différent de rayons dans les différentes nageoires entre N.jubbi, N.interruptus et N.cyaneus (Tableau 6).

Tableau 6: Distinction entre N.jubbi, N.interruptus et N.cyaneus (d'après Seegers, 1981)

Nageoires

N.jubbi

N.interruptus

N.cyaneus

Nageoire dorsale

15-16

14-16

17-19

Nageoire anale

16-18

14-17

18-20

 

D'autres caractères discriminatoires ayant conduit à la description de la nouvelle espèce comprenaient le fait que N.cyaneus n'avait pas un corps aussi élevé que chez N.jubbi, mais avait plutôt un corps plus mince et élancé et que les nageoires impaires apparaissaient être plus courtes. En outre, les mâles chez N.cyaneus ont une nageoire caudale bleue et les femelles présentent, sur la partie distale [en arrière] du corps, des marques sombres en forme de chevrons, pointant vers l'arrière du corps et de la nageoire caudale. Les lignes sombres en forme de chevron sont également connues chez certaines populations appartenant au groupe d'espèce du 'complexe' N.guentheri [N.annectens, N.guentheri, N.rubripinnis, N.palmqvisti et N.patrizii].

En 1983, l'aquariophile Néerlandais T. Hannink obtint dans un groupe de N.cyaneus provenant de Warfa, Somalie, des spécimens avec du rouge dans la nageoire caudale, qui s'intensifia progressivement à la seconde génération {KFN, 15(1): 16-17}. Le rapport ne mentionne cependant pas si le caractère de la forme "mince et allongée du corps" se modifia également vers le morphe à corps "plus profond" observé chez N.jubbi.

Également, dans un article publié en 1984, Forstner (1984) rapporta sur des expériences de reproduction croisée entre N.jubbi et N.cyaneus provenant du système de drainage de la basse Tana, Kenya. L'auteur n'était pas en mesure de séparer avec 100% de certitude les femelles des deux "espèces" capturées en même temps. Il sépara alors les femelles selon son appréciation personnelle et les soumis, avec les mâles correspondant, à une session de reproduction. Après une période de 2 semaine de reproduction, les mâles furent échangés. De nombreux oeufs furent envahis par les moisissures, mais également de nombreux oeufs parvinrent à éclosion. Parmi la centaine d'alevins qu'il obtint, 3 pouvaient être identifiés comme forme intermédiaire; le reste appartenait indubitablement soit au type N.jubbi soit au type N.cyaneus, qui, au fils de reproduction successives, restèrent pures [Wildekamp (1986) mentionne qu'aucune reproduction ne fut effectuée avec ces supposés hybrides].

La découverte de formes intermédiaires dans le nord-est du Kenya et dans le sud-est de la Somalie confirma l'appréciation de scheel que les deux espèces étaient étroitement liées. Dans les zones mentionnées ci haut, on peut trouver des spécimens entièrement bleu de même que des spécimens ayant une tache rouge dans leur nageoire caudale. Les phénotypes découverts le plus au nord semblaient toujours être entièrement bleu. Ceci s'applique également aux formes du sud, qui se retrouvent ensemble avec N.jubbi. Sur la base des résultats des expériences de reproduction croisée avec N.melanospilus, Scheel n'exclus pas une éventuelle proche relation entre N.cyaneus et N.melanospilus et N.interruptus. De ce fait, N.cyaneus, et également N.jubbi, pourraient appartenir au groupe d'espèce N.melanospilus.

Des recherches effectuées par Wildekamp (1986) sur différentes formes locales ont conduits à la mise en synonymie de la forme bleue de N.cyaneus de Gongoni décrite par Seegers (1981) avec N.jubbi. Selon Wildekamp (1986), tout deux, N.jubbi et N.cyaneus, devraient dès lors être considéré comme synonymes, avec N.cyaneus représentant un synonyme plus récent de N.jubbi. N.jubbi fut la troisième espèce du genre, après N.korthausae et N.eggersi, où un polymorphisme [plus correctement un polychromatisme] fut identifié.

Wildekamp (1986) compara les données méristiques de 16 populations de N.jubbi et de N.cyaneus provenant de presque l'entièreté de l'aire de distribution de 'l'espèce' [Tableau 7et Tableau 8].

Tableau 7: Intervalle des mensurations chez diverses populations de N.jubbi- Exprimées en % de la Longueur Stand (LS)
(d'après
Wildekamp, 1986)

Population

Longueur

Standard [mm]

Longueur de

la tête

Hauteur

du corps

Diamètre

de l'oeil

Distance

interorbitale

Longueur

du museau

Longueur

prédorsale

Longueur

préanale

1

31,8 - 37,7

27,1 - 33,6

25,0 - 29,5

7,1 - 9,1

11,5 - 14,5

4,4 - 8,2

53,6 - 62,3

55,5 - 65,8

2

30,5 - 41,3

28,2 - 30,9

31,9 - 34,5

8,8 - 10,5

10,1 - 14,5

5,2 - 6,9

56,9 - 62,6

56,2 - 63,9

3

34,0 - 49,6

27,4 - 28,6

28,6 - 30,0

8,3 - 9,1

12,4 - 14,1

5,6 - 6,9

54,4 - 59,4

56,3 - 61,8

4

30,7 - 42,9

29,7 - 32,1

30,9 - 33,2

8,1 - 10,7

10,3 - 13,1

8,1 - 11,5

58,2 - 62,6

58,5 - 64,7

5

31,0 - 32,9

31,2 - 34,9

24,8 - 33,2

8,3 - 10,6

14,8 - 18,0

7,3 - 10,3

60,2 - 67,8

63,0 - 68,5

6

20,2 - 25,3

29,8 - 33,7

27,5 - 32,7

9,2 - 10,9

11,5 - 13,4

6,0 - 7,5

56,0 - 60,4

55,0 - 60,9

7

27,3 - 28,8

29,7 - 30,6

25,7 - 26,0

8,0 - 8,1

11,0 - 12,5

5,5 - 5,9

57,3 - 58,2

57,3 - 58,2

8

22,4 - 30,0

29,7 - 31,3

24,7 - 32,2

8,3 - 10,0

13,3 - 15,6

5,9 - 7,6

55,7 - 61,7

56,4 - 64,7

9

28,4 - 45,9

27,2 - 31,3

26,9 - 30,2

8,7 - 9,9

11,9 - 14,2

5,8 - 7,2

57,7 - 62,0

55,8 - 63,9

10

27,7 - 33,2

28,0 - 32,5

28,5 - 29,0

9,0 - 10,1

13,3 - 14,8

6,3 - 6,9

54,2 - 57,8

55,7 - 58,8

11

39,7 - 60,4

26,4 - 30,7

25,5 - 35,0

7,8 - 9,5

13,1 - 16,7

4,8 - 8,0

54,2 - 61,3

56,1 - 64,0

12

35,1 - 43,2

29,1 - 34,4

26,5 - 32,7

8,2 - 10,1

12,4 - 15,6

6,1 - 8,0

56,3 - 62,4

56,1 - 65,8

13

27,4 - 35,7

29,0 - 30,5

28,4 - 31,0

9,0 - 10,2

11,2 - 13,2

4,8 - 6,8

59,6 - 63,1

56,4 - 61,3

14

22,9 - 40,0

29,7 - 30,0

24,5 - 25,3

8,8 - 10,9

13,1 - 13,8

5,7 - 7,5

57,6 - 59,8

56,8 - 61,5

15

41,3 - 67,9

29,0 - 33,3

30,0 - 34,0

7,9 - 9,2

13,9 - 15,2

5,3 - 7,8

57,4 - 64,6

57,1 - 66,2

16

44,7 - 60,4

26,6 - 33,8

30,0 - 37,9

5,9 - 9,7

12,1 - 15,9

5,2 - 7,6

56,0 - 63,9

54,5 - 64,6

Origine des populations étudiées:

  1. Phénotype rouge - matériel Type de N.jubbi, BMNH 1962.7.9:4-14, collecteur J.H.E. Leaky [11 spécimens]
  2. Phénotype rouge - Malindi, Kenya, MRAC 79-07-P-156-162, collecteur E. Holler [6 spécimens]
  3. Phénotype rouge - Nord de Malindi, Kenya, collecteur M. Forstner & M. Willert [2 spécimens]
  4. Phénotype rouge - population d'aquarium provenant de la collection de Leaky [8 spécimens]
  5. Phénotype bleu - Type matériel of N.cyaneus, SMF 16397-16402 and BMNH 1981.9.30:2-5, collecteur K.Lung
  6. Phénotype bleu - Shalanbod, Somalie, MRAC 84-50-P-25-39, collecteur R.Wildekamp & al. [11 spécimens]
  7. Phénotype bleu - Durbane, Somalie, BMNH 1983.3.14:77-78 and NAS collection [10 spécimens]
  8. Phénotype bleu - Dur e Kalin, Somalie, MRAC 84-50-P-11-19 and BMNH 1984.5.9:56-59, [13 spécimens]
  9. Phénotype bleu - Nord de Garsen, Kenya, collecteur M. Forstner & M. Willert [4 spécimens]
  10. Phénotype bleu - Dekta, Somalie, MRAC 84-50-P-20-24, collecteur R. Wildekamp & Al. [3 spécimens]
  11. Phénotype bleu - Warfa, Somalie, collecteur R. Haas [10 spécimens]
  12. Phénotype bleu - Haya, Somalie, collecteur R. Haas [10 spécimens]
  13. Phénotype intermédiaire - Goba, Somalie, MRAC 84-50-P-1-5, collecteur R. Wildekamp & Al. [5 spécimens]
  14. Phénotype intermédiaire - Sud de Garsen, Kenya, collecteur M. Forstner & M. Willert [2 spécimens]
  15. Phénotype intermédiaire - Halima Adai, Somalie, collecteur R. Haas [10 spécimens]
  16. Phénotype intermédiaire - Afmadu, Somalie, collecteur R. Haas [18 spécimens]

 

Tableau 8: Comptage des rayons et des écailles dans diverses populations de N.jubbi- (distribution nord-sud d'après Wildekamp, 1986)

Population

Rayons de la nageoire dorsale

Rayons de la nageoire anale

Nb

Col.

15

16

17

18

19

20

X

15

16

17

18

19

20

X

Durbane, Som.

 

 

5

5

 

 

17,5

 

 

7

3

 

 

17,3

10

Bleu

Hogay, Somal.

4

7

5

 

 

 

16,1

 

4

7

4

1

 

17,1

16

Bleu

Warfa, Somalie

 

1

5

3

1

2

17,8

 

1

4

5

2

 

17,7

12

Bleu

Dekta, Somalie

 

5

6

2

 

 

16,8

 

4

5

3

1

 

17,1

13

Bleu

Dur e Kalin, So.

7

10

15

4

 

 

16,4

4

5

14

11

2

 

17,1

36

Bleu

Shalanbod, So.

 

2

10

3

 

 

16,8

 

3

6

2

4

 

17,5

15

Bleu

Azenda Bader, S

 

5

4

1

 

 

16,5

 

 

7

3

 

 

17,3

10

Inter.

Sunguni, Som.

 

2

 

 

 

 

16

 

 

1

1

 

 

17,5

2

Bleu

Afmadu, Som.

5

8

4

1

 

 

16,1

 

7

5

6

 

 

16,9

18

Inter.

Haya, Somalie

3

3

4

 

 

 

16,1

3

1

3

3

 

 

16,6

10

Bleu

Goba, Somalie

3

5

9

2

 

 

16,5

 

2

5

10

2

 

17,6

19

Inter.

Halima Adai, So.

1

6

1

2

 

 

16,4

 

 

6

3

1

 

17,5

10

Inter.

Garsen, Kenya

 

 

2

1

 

 

17,3

 

 

1

1

1

 

18

3

Bleu

Sud Garsen, K.

 

 

 

2

 

 

18

 

 

 

1

1

 

18,5

2

Inter.

N.jubbi Types

3

8

 

 

 

 

15,7

1

5

3

2

 

 

16,2

11

Rouge

Malindi, Kenya

 

2

2

2

 

 

17

 

1

1

3

1

 

17,7

6

Rouge

Pop. Aquar., Ken.

 

4

4

 

 

 

16,5

 

 

4

4

 

 

17,5

8

Rouge

Population

Écailles en ligne latérale longitudinale

Nombre

Couleur

27

28

29

30

31

32

X

Durbane, Som.

 

 

5

3

2

 

29,7

10

Bleu

Hogay, Somal.

 

 

5

8

3

 

29,9

16

Bleu

Warfa, Somalie

 

 

3

6

3

 

30

12

Bleu

Dekta, Somalie

3

1

5

3

1

 

28,8

13

Bleu

Dur e Kalin, So.

 

4

11

11

9

1

29,8

36

Bleu

Shalanbod, So.

 

 

6

5

4

 

29,9

15

Bleu

Azenda Bader, S

 

 

4

4

2

 

29,8

10

Inter.

Sunguni, Som.

 

 

1

 

 

1

30,5

2

Bleu

Afmadu, Som.

 

1

5

10

2

 

29,7

18

Inter.

Haya, Somalie

 

 

1

3

4

2

30,7

10

Bleu

Goba, Somalie

 

2

5

7

5

 

29,8

19

Inter.

Halima Adai, So.

 

2

3

4

1

 

28,4

10

Inter.

Garsen, Kenya

 

1

1

1

 

 

29

3

Bleu

Sud Garsen, K.

1

 

 

1

 

 

28,5

2

Inter.

N.jubbi Types

 

 

1

3

5

2

30,7

11

Rouge

Malindi, Kenya

 

 

2

3

1

 

29,8

6

Rouge

Pop. Aquar., Ken.

 

1

2

5

 

 

29,5

8

Rouge

 

Livrée

Cette espèce appartient au groupe de Nothobranchius de taille moyenne. Par opposition à la plus part des autres espèces du genre, N.cyaneus peut parfois être relativement monotone dans sa livrée, d'autres populations présentent des couleurs bleues claires à vertes. N.cyaneus se distingue des autres représentant du genre Nothobranchius par sa nageoire caudale typiquement bleue.

Spécimens conservés

Les spécimens mâles de N.cyaneus [conservés sous formol et préservés sous alcool] présentent une couleur de base bleu gris claire, brunâtre sur la partie dorsale. Chaque écaille du corps dispose d'un bord rouge brun créant un patron de réticulation sur tout le corps. Ce patron couvre uniformément l'entièreté du corps et génère l'impression qu'une fine couche rouge brune enveloppe le corps. Les nageoires impaires ont une base gis sombre sur laquelle courent quelques lignes gris claires, créant l'impression d'un patron plus ou moins intense. La nageoire caudale présente un fin bord marginal blanc, un peu plus large sur la partie dorsale. Une bande marginale blanche peut également être présente dans la nageoire dorsale et souvent les extrémités des rayons de la nageoire anale sont également blanches. Les nageoires ventrales sont gris sombre et les nageoires pectorales transparentes, souvent avec une bande marginale blanche (Seegers, 1981).

Les femelles préservées de N.cyaneus (Seegers, 1981) présentent un coloration de base grise brune, plus blanchâtre sur le ventre et rougeâtre brun vers le dos. Ici également le bord des écailles est marqué d'un fin bord rouge brunâtre. Sur la partie postérieure du corps, les femelles présentent des lignes circulaires en forme de chevrons, dirigés vers la nageoire caudale et couvrant la ligne latérale longitudinale. Les nageoires impaires et ventrales sont gris brun, rougeâtre à hauteur de la base et sans couleur ailleurs. Les nageoires pectorales sont entièrement sans couleurs.

Spécimens vivants

Mâles: Au moment de la première description de l'espèce en 1979, Wildekamp & Berkenkamp (1979) écrivirent que les mâles provenant du matériel de Leaky [re-découvreur de l'espèce en 1962] sont facilement reconnaissable parmi les autres espèces de Nothobranchius. "Caractéristique est une large bande gris bleu sombre dans la nageoire caudale. Chez les mâles plus vieux une fine bande marginale blanche suit souvent cette zone. La large bande grise bleu sur une caudale normalement rouge peut chez certains individus être réduite ou même manquer entièrement. Comme parfois une grande proportion des mâles avaient une nageoire caudale entièrement gris bleue, Tuner (1964) parla de polymorphisme [existence dans une même espèce de spécimens avec des formes différentes, il aurait été préférable de parler de polychromatisme (=plusieurs formes de couleur différente)]. Entre temps, il avait cependant été observé que tous les mâles sexuellement matures et actifs avaient la couleur rouge dans la partie proximale de la nageoire caudale [près du corps], et que elle occupait également une partie du pédoncule caudal" (Wildekamp & Berkenkamp, 1979).

Citant la description originale de l'espèce par
Wildekamp & Berkenkamp (1979): la couleur du corps des mâles N.jubbi est grise bleu, le dos plus sombre, le ventre plus clair à blanchâtre. Les écailles sont bordées d'une fine lisière sombre, ce qui crée un patron de réticulation sur le corps. La nageoire dorsale est bleu grise avec de nombreuses taches sombres qui parfois se fondent en lignes irrégulières. La nageoire "dorsale" [il faudrait lire en réalité anale] est gris bleu claire, avec quelques taches sombres dans sa partie postérieure. Le pédoncule caudal et la partie antérieure de la nageoire caudale sont rouge (chez les jeunes mâles gris bleu), faisant suite à ceci apparaît une large bande grise bleu sombre (chez les vieux mâles cette bande est absente ou fortement réduite). Les nageoires ventrales sont bleu claire, les pectorales sont sans couleur avec une lisière bleu clair.

Les mâles de
N.jubbi peuvent avoir un patron de couleur rouge, bleue ou une couleur intermédiaire. Les différentes populations qui s'identifient sur la base de leur origine peuvent facilement être reconnu appartenir à N.jubbi comme par exemple N.jubbi "bleu" de Dur-e-Kalin/Somalie et N.jubbi "rouge" des environs de Garsen/Kenya. Les nageoires pectorales et anales sont sans couleurs avec une bande marginale bleu claire à blanche. Les nageoire ventrales possèdent une bande marginale sombre qui court le long de la base de la nageoire. Une bande sombre similaire peut se trouver courant le long de la base de la nageoire dorsale. Ces bandes se déroulent d'abord sous forme de taches, plus tard, vers l'extrémité de la nageoire, sous forme d'une série de petites taches. La nageoire caudale possède un bord marginal blanchâtre et à sa base deux bandes circulaires rouge sombre à rouge profond. Les écailles ont des lisières rouge profond à sombre.

Par contre, les mâles vivants de N.cyaneus une coloration uniforme bleu vert claire sur le corps. L'intensité de la couleur bleue peut varier selon les populations. Autour des écailles on distingue une fine lisière rouge brun. La couleur de ces lisières est moins vivace que chez des spécimens préservés. Elles sont partiellement plus larges sur la partie postérieure du corps où elles forment des lignes en forme de chevrons. Ces marques sont présente chez la plus part des populations. Chez les populations du sud, la partie inférieure de la tête est généralement bleu ciel, chez les populations du bas Uebi Scebeli, jaunâtre clair. La zone de la gorge est jaune. La nageoire caudale est également bleu gris avec de vagues marques plus sombres constituées de petites taches, formant également des bandes concentriques partielles. Son extrémité varie toujours entre le bleu ciel et le blanc. Autour de sa base, on peut trouver, chez les populations du nord, des taches rouges qui peuvent fondre ensemble pour former une bande unique. Chez les populations présentant des caractéristiques intermédiaires tendant vers N.jubbi, des taches rouges peuvent apparaître dans la partie centrale de la nageoire caudale. Les nageoires dorsales et anales ont une couleur similaire à la nageoire caudale, tandis que les populations intermédiaires ne présentent jamais de marques de couleur rouge. Le bord blanc dans les nageoires caudale et dorsale est également présent chez les spécimens vivants.

Femelles:
Selon la description originale de l'espèce par
Wildekamp & Berkenkamp (1979) le corps des femelles N.jubbi est clair grisâtre. Une fine lisière grise, apparaissant parfois sous forme de taches, borde les écailles. Toutes le nageoires sont transparentes, l'exception étant la nageoire dorsale qui peut présenter à sa base quelques taches plus sombres.

Les femelles de
N.jubbi présentent une couleur du corps variant du bleu clair au brun clair. Au niveau de la moitié du corps, sur la partie inférieure, il y a de petites taches sombres. Sur la partie distale du corps courent de fines lignes verticales sombres. Les nageoires sont transparentes et les rayons des nageoires dans la nageoire anale et la caudale sont souvent légèrement dorés. Sur l'opercule on trouve quelques écailles brillantes réfractantes. Scheel étudia une partie du matériel de 1962 de Leaky provenant de Malindi au Kenya et observa que les femelles avaient une petites poche épidermique autour de la papille génitale, comme observable chez certaines espèces de Fundulus (Wildekamp et al., 1979). Cette structure, qui englobe également la base des premiers rayons de la nageoire anale, peut en fait se retrouver chez les femelles sexuellement actives de toutes les espèces de Nothobranchius. Cette structure doit soit jouer un rôle au niveau de la conduite de l'oeuf au travers du canal formé par la nageoire anale au moment de la ponte (Wildekamp et al., 1979) soit au niveau du durcissement de l'enveloppe externe de l'oeuf juste après la ponte et la fécondation et avant sur largage dans le substrat.

Les femelles vivantes de N.cyaneus présentent une couleur grise brune claire à grise jaunâtre et, sur la partie postérieure du corps, des taches ou des marques diffuses grises. Les nageoires sont transparentes à jaune clair. Selon Seegers (1981) la couleur de la femelle est typique; le brun du corps peut être plus jaunâtre et les marques sombres circulaires en forme de chevron sur la partie postérieure du corps sont bien visibles [ces lignes en forme de chevron peuvent également être retrouvées chez les femelles de certaines populations de N.patrizii].

Synonymes

Pour N.jubbi:

Nothobranchius neumanni "Malindi" Leaky, 1962
Nothobranchius spec. "Malindi" Wildekamp, 1977
Nothobranchius jubbi jubbi Wildekamp & Berkenkamp, 1979
Nothobranchius cyaneus Seegers, 1981
Nothobranchius spec. "Warfa Blue" - Somalie.
Nothobranchius jubbi K96/23 - Kenya

Pour N.cyaneus:

Nothobranchius neumanni, sensu Goldstein (1972)
Nothobranchius spec. "Warfa-blue", sensu Haas (1981)

La découverte de plusieurs populations de Nothobranchius dans le nord-est du Kenya et dans le sud de la Somalie, présentant des mâles dont certains étaient proche de N.jubbi alors que d'autres étaient proche de N.cyaneus fut initialement expliqué par un polymorphisme ou polychromatisme (Turner, 1964; Goldstein, 1972), plus tard, ceci fut expliquer comme étant le résultat d'une hybridation entre deux espèces vivants en synpatrie (Seegers, 1981 & 1985; Willert 1984). La plus part de ces populations comportaient des mâles présentant un patron de couleur intermédiaire entre N.jubbi et N.cyaneus, la taille de la tache rouge dans la nageoire caudale, allant d'un tache minuscule à une nageoire caudale presque entièrement rouge, bordée de bleu gris (Wildekamp, 1986). En 1985, Seegers (1985) considéra que le morphe bleu constituait une sous-espèce de N.jubbi, notamment N.jubbi cyaneus, se distinguant de la forme rouge de N.jubbi jubbi par une forme générale du corps plus mince et allongée et un nombre de rayons plus élevé dans les nageoires impaires et un nombre plus élevé d'écailles en ligne latérale longitudinale.

Comme mentionné par Wildekamp (1986), il est évident que dans les cas ou un polychromatisme est présent, l'utilisation de la livrée comme facteur discriminant entre les espèces de Nothobranchius, comme suggéré par Jubb (1969 & 1975), est d'une applicabilité réduite.

Wildekamp (1986) rapporte les résultats d'expériences de reproduction croisée avec des populations "intermédiaires" provenant d'Azenda Bader et de Goba A, Somalie. Il mentionne que "les spécimens de la génération F-1 ressemblaient aux parents avec un patron de couleur de la nageoire caudale allant de entièrement bleu comme chez le phénotype N.cyaneus à une nageoire caudale presque entièrement rouge comme chez le phénotype N.jubbi. La majorité des spécimens de la génération F-1 avaient le type de livrée intermédiaire, avec des taches rouges de taille différente. Dans la population de Goba A, des résultats similaires furent obtenus au cours des générations successives. Toute la gamme de forme de couleur intermédiaire étaient présente et produirent des descendants viable". Bien que traitant de l'aspect du polychromatisme, les observations ci dessus passent sous silence l'aspect de la variabilité du polymorphisme [différentes formes du corps], qui aurait également du être présent au cas ou N.jubbi et N.cyaneus formeraient une seule et même espèce.

Apparemment, un type d'expérience n'a pas encore été mené [ou ne m'est pas encore connu]: la reproduction croisée de spécimens appartenant à des populations différentes et non intermédiaires telle que un croisement entre la population bleu mince et allongée de N.cyaneus Warfa 'bleu' de Somalie avec des spécimens au corps élevé et à la caudale rouge de N.jubbi du Kenya. Dans le cas ou N.jubbi et N.cyaneus formeraient une seule et même espèce, on devrait être en mesure de recréer toutes la gamme des formes intermédiaires observées [aussi bien en ce qui concerne le mélange des livrée que des formes générales du corps].

Selon Wildekamp (1986), N.jubbi est une des plus grandes espèces appartenant au groupe N.orthonotus (Peters, 1844). Elle a d'étroits liens de parenté avec N.melanospilus, N.guentheri, N.jubbi interruptus et N.elongatus. Elle se distingue de ses proches parents par un corps plus profond, la position des nageoires anales et dorsales et la livrée chez les deux sexes. Les femelles de N.jubbi présentent des marques irrégulières grisâtres sur le corps, rappelant les bandes transversales en forme de chevron chez les mâles. Chez le groupe N.orthonotus, l'existence de marques sur le corps des femelles est assez commun chez plusieurs espèces. Les dessins sur le corps des femelles de N.jubbi ressemblent étroitement à ceux observés chez les femelles de N.guentheri qui est supposé représenter son plus proche parent (Wildekamp, 1986).

Disponibilité dans le hobby

Les populations encore disponible dans l'aquariophilie entre 1996-2000 sont limitées et très peu communes; elles comprennent N.jubbi [ou N.cyaneus] "Warfa" bleu et N.jubbi "K96/23" [récolté et introduit dans le hobby par Seegers]. Tous les efforts devraient dès lors être entrepris pour assurer une plus vaste distribution des deux souches restantes au sein du hobby.

Comportement

Wildekamp (1986) mentionne que N.jubbi de Goba "A" présentait, aussi bien dans son milieu naturel qu'en milieu confiné, un comportement particulier. Lorsque effrayé, ils sautent hors de l'eau. Ce comportement est bien unique chez les Nothobranchius car chez toutes les autres espèces, lorsque effrayés, les poissons s'enfuient vers le fond et se cachent même dans le substrat. Bien que moins marqué, la génération F-1 présentait également ce comportement.

Holotype

Pour N.jubbi:

Mâle adulte ayant une longueur totale de 44,5 mm et une longueur standard 36,0 mm, récolté par J. H. E. Leaky en juillet 1962 dans une mare le long de la route vers Garsen, 17 milles au nord de Malindi sur les basses plaines côtières Kenyanes. British Museum (Natural History) Londres [BMNH 1962-7-9; 4]

Pour N.cyaneus:

Le matériel type de N.cyaneus est conservé au Forschungsinstitut und Museum Senckenberg à Frankfurt et au British Museum (Natural History) à Londres.

Mâle de 40,0 mm de longueur totale et de 32,9 mm longueur standard; récolté par K. Lung en août 1980 entre Malindi et Garsen, 4 km après le village de Gongoni. SMF 163-97.

Allotype

Mâle de 31,2-mm longueur totale et 25,3-mm longueur standard; récolté en même temps que l'Holotype SMF 163-98.

Paratypes

Pour N.jubbi:

Pour N.cyaneus:

 

Taille

Dans mes aquariums, des mâles de N.jubbi K96/23 ont atteint une longueur totale respectable de 86-mm; les femelles restent d'habitude quelques 10-mm plus petites.

Code

JUB

ou

CYA

Distribution & Habitat

En 1986, Wildekamp proposa que N.cyaneus soit considéré comme un synonyme plus récent de N.jubbi. Il publia une liste de localités d'où des spécimens de N.jubbi avaient été récoltés dans le sud de la Somalie et dans le nord du Kenya (Wildekamp, 1986) [Tableau 9]. Ces localités sont indiquées à la Figure 1.

Tableau 9: Liste des lieux de collecte connus pour N.jubbi en Somalie et au Kenya (d'après Wildekamp, 1986)

Localité

Collecteur

Date

Phénotype

Somalie

1

Durbane, Bur Acaba district [02° 59'N - 44° 19' E]

Awais Isaq/Ali Ibrahim

XI - 1982

Bleu

2

Durbane, Bur Acaba district [02° 59'N - 44° 19' E]

Wildekamp/Ali Ibrahim

VI - 1983

Bleu

3

Bur Eibi (Heibi), Bur Acaba district [02° 59' N - 44° 18' E]

Dr. R. Haas

I - 1979

Bleu

4

Kaisany, Bur Acaba district [02° 59' N - 44° 18' E]

Wildekamp/Ali Ibrahim

VI - 1983

Bleu

5

Hogay, Bur Acaba district [02° 54' N - 44° 14' E]

Wildekamp/Ali Ibrahim

VI - 1983

Bleu

6

Warfa, Bur Acaba district [02° 54' N - 44° 13' E]

Dr. R. Haas

I - 1979

Bleu

7

Warfa, Bur Acaba district [02° 54' N - 44° 13' E]

Wildekamp/Ali Ibrahim

VI - 1983

Bleu

8

Dekta, Bur Acaba district [02° 54' N - 44° 12' E]

Wildekamp/Ali Ibrahim

VI - 1983

Bleu

9

Dur e Kalin (Dur Ana Qalin), Baidoa district
[± 02° 16' N- 43° 20' E]

Jawa Kho (NAS)

VIII - 1979

Bleu

10

Dur e Kalin (Dur Ana Qalin), Baidoa district
[± 02° 16' N- 43° 20' E]

Wildekamp/Ali Ibrahim

VI - 1983

Bleu

11

Genale (Jenale), Coriole district [01° 48' N - 44° 42' E]

Dr. R. Haas

I - 1979

Bleu

12

Coriole, Coriole district [01° 46' N - 44° 33' E]

Wildekamp/Ali Ibrahim

VI - 1983

Bleu

13

Shalanbod, Merka district [01° 43' N - 44° 39' E]

Wildekamp/Ali Ibrahim

VI - 1983

Bleu

14

Azenda Bader, Giamama district [00° 14' N - 42° 46' E]

Wildekamp/Ali Ibrahim

VI - 1983

Intermédiaire

15

Sunguni, Giamama district [00° 01' N - 42° 40' E]

Wildekamp/Ali Ibrahim

VI - 1983

Bleu

16

Afmadu, Afmadu district [00° 31' N - 42° 04' E]

Dr. R. Haas

I - 1979

Intermédiaire

17

Haya, between Hokani (Belesc Cogani) et Afmadu
[00° 25' N - 41° 50' E]

Dr. R. Haas

I - 1979

Bleu

18

Goba A (Golba), Kisimayo district [± 00° 42' S - 41° 52' E]

Wildekamp/Ali Ibrahim

VI - 1983

Intermédiaire

19

Goba B (Golba), Kisimayo district [± 00° 43' S - 41° 50' E]

Wildekamp/Ali Ibrahim

VI - 1983

Intermédiaire

20

Halima Adai, entre Kisimayo et Badada
[± 00° 25' S - 41° 40' E]

Dr. R. Haas

I - 1979

Intermédiaire

Kenya

21

53-km nord de Garsen [± 01° 50' S - 40° 04' E]

Forstner/Willert

VI - 1983

Bleu

22

54-km nord de Garsen [± 01° 49' S - 40° 04' E]

Forstner/Willert

VI - 1983

Bleu

23

87-km nord de Malindi [± 02° 24' S - 40° 07' E]

Forstner/Willert

VI - 1983

Intermédiaire

24

Golbanti, delta rivière Tana delta [± 02° 27' S - 40° 12' E]

P. J. P. Whitehead

VIII 1965

?

25

22-km sud de Garsen [± 02° 28' S - 40° 07' E]

Forstner/Willert

VI - 1983

Intermédiaire

26

50-km nord de Malindi [± 02° 45' S - 40° 08' E]

Forstner/Willert

VI - 1983

Bleu

27

30-km nord de Malindi, près de Ras Kitua
[02° 49' S - 40° 08' E]

E. Holler

VIII - 1978

Rouge

28

45-km nord de Malindi, [± 02° 47' S - 40° 08' E]

Forstner/Willert

VI - 1983

Intermédiaire

29

25 miles nord de Malindi sur la route vers Garsen
[± 02° 50' S - 40° 08' E]

J. H. E. Leaky

VII - 1962

Intermédiaire

30

17 miles nord de Malindi sur la route vers Garsen
[± 03° 02' S - 40° 08' E]

J. H. E. Leaky

VII - 1962

Intermédiaire

31

Gongoni, nord de Malindi, [± 03° 02' S - 40° 08' E]

K. Lung

VIII - 1980

Bleu

32

Gongoni, nord de Malindi, [± 03° 02' S - 40° 08' E]

Forstner/Willert

VI - 1983

Bleu

33

Derrière le terrain de golfe de Malindi
[± 03° 11' S - 40° 06' E]

E. Holler

VIII - 1978

Rouge

Figure 1: carte des lieux de collecte de N.jubbi en Somalie et au Kenya [d'après Wildekamp, 1986]
les localités sont mentionnées au Tableau 9

 

Un récapitulatif des lieux de collecte des espèces Nothobranchius collectées au Kenya et en Somalie est donné à la Figure 2et à la Figure 3.

Figure 2: Nothobranchius récoltés au Kenya

Figure 3: Nothobranchius collectés en Somalie

 

Pour N.jubbi:

L'aire de distribution de N.jubbi peut se ramener à des mares temporaires sur les basses plaines côtières du nord-est du Kenya et du sud de la Somalie.

Pour N.cyaneus:

Lung récolta les spécimens type de N.cyaneus dans l'est du Kenya, "environ 20-km après Malindi sur la route vers Garsen, survient le village de Gongoni, environ 4-km après Gongoni, sur le côté droit de la route dans une mare isolée d'environ 10x5 m de large, 30-cm de profondeur. Il n'y a pas de rivière dans les environs".

Somalie

En Somalie, N.cyaneus se retrouve dans des mares temporaires, les marais et les caniveaux des routes appartenant système hydrographique du bas Uebi Scebeli et du bas Juba. Outre les lieux de collecte dans les système hydrographiques précédants, d'autres populations plus ou moins isolées ont également été trouvées dans des localités plus sèches et plus continentales dans le moyen Est de la Somalie. Selon Wildekamp (1984), l'isolement des ces populations intérieures doit avoir eu lieu dans des temps relativement récents sur l'échelle paléontologique du fait qu'encore aucun glissement génétique important n'est intervenu entre les diverses population. Ceci est plus que probablement dû au fait que toutes ces populations et ces localités isolées se trouvent situées dans des zones appartenant à d'anciens systèmes hydrographiques ou oueds, signes géologiques de périodes plus humides. La plus récente de ces périodes humides doit avoir eu lieu en 1996 et 1998 lorsque de vaste zones du sud de la Somalie et du nord du Kenya furent soumises à de très sévères inondations.

Dans le sud de la Somalie, entre les monolithes et les villes de Bur Acaba et de Bur Eibi, Wildekamp (1984) découvrit N.cyaneus dans plusieurs "whars" appartenant aux villages intercalés. Il inspecta les "whar" de Dekta [Site de collecte n° 1], Warfa [Site-2], Hogay [Site-3], Kaisany [Site-4] et de Durbane [Site-5]. Toutes ces localités possédaient une ichthyofaune fort similaire de Nothobranchius notamment: N.microlepis et N.cyaneus, dont N.species "Warfa bleu" est un synonyme. N.microlepis apparaissait toujours être en nombre supérieur, avec une certaine préférence pour les parties les plus profondes, mais ceci ne constituait certainement pas la règle. Dans chaque localité, l'eau était très trouble, allant de grisâtre à brun rouille, en fonction de la composition locale du sol. La dureté totale de l'eau variait entre 5 et 15 DH, la dureté en carbonate entre 4 et 6 DH, l'acidité était presque neutre avec une valeur de pH de 6,3 à 8,3. A cause des températures toujours élevées de l'eau [toujours autour des 30° C], la concentration en oxygène dissous était évidemment plutôt basse avec des valeurs situées entre 3 et 5,5 mg/l. Le DH et le pH les plus élevés furent notés à Hogay, un "whar" qui au moment de la visite était déjà presque entièrement à sec. Comme espèces d'accompagnement Wildekamp trouva presque systématiquement Protopterus amphibius (Peeters, 1844), quelques crapauds, des insectes d'eau, de nombreux crabes d'eau douce et des scorpions d'eau (Wildekamp, 1984).

Au pied du monolithe de Dur e Kalin [signifiant mont argenté] [Site-6], au sud-est de Baidoa, au milieu d'une vaste étendue plate et sèche couverte de buissons d'épineux et uniquement accessible au moyen d'un long petit chemin poussiéreux dont la dernière partie devait même être effectuée à pied, Wildekamp découvrit une série de mares partiellement couvertes d'une couche de duck-weed. Toutes ces mares abritaient une population particulièrement belle mais plutôt isolée de N.cyaneus, de même que des crabes d'eau douce et des têtards (Wildekamp, 1984).

La région de la basse Uebi Scebeli, grossièrement entre Afgoi et Merka, couvre une zone plate séparée de l'océan par un cordon de dunes de sable. La collecte de Nothobranchius dans cette région est bien moins aisée que dans la zone nord, autour des monolithes. La plupart du temps la surface d'eau ouverte ne peut être atteinte qu'après avoir traversé un dense tronçon d'épineux et de bords marécageux, et, une fois atteinte l'eau ouverte, l'épuisette ne peut être manoeuvrée qu'avec d'énormes difficultés à cause d'une très dense végétation aquatique [comprenant principalement des nénuphars, Nymphea zanzibarensis] (Wildekamp, 1984).

Près de Shalanbod, dans deux caniveaux le long de la route [Site-7 et Site-8] vers Genale, Wildekamp découvrit des spécimens à moitié adulte de N.cyaneus. A l'opposé des populations découvertes antérieurement, celles ci présentaient des couleurs plus ternes, la zone de la gorge était plus jaunâtre, les nageoires présentaient moins de marques et la nageoire caudale possédait une bande marginale blanche plus large. Dans les mêmes eaux, ils découvrit également quelques jeunes spécimens de N.patrizii dont les mâles commençaient à prendre couleur (Wildekamp, 1984).

Sur la route vers Genale, dans un marais et également des deux côtés d'un canal d'irrigation qui n'avait pas encore été infesté par le Cichlide Oreochromis spilurus, Wildekamp découvrit quelques très beaux spécimens de N.patrizii. Proche de Corriole, il découvrit N.cyaneus et N.patrizii vivant en syntopie [= vivant ensemble dans un même habitat] dans deux localités [Site-10 et Site-11]. Dans le système hydrographique du bas Uebi Scebeli, la dureté de l'eau variait entre 19 et 31° DH [dureté totale] et entre 4 et 14 DH de dureté en carbonates. Le niveau d'acidité était toujours au-dessus du pH 7,5 tandis que la concentration en oxygène était plutôt basse, comme on pourrait s'y attendre d'un environnement marécageux: 1,2 à 3,2 mg/l avec une température relativement élevée, entre 28° et 33° C (Wildekamp, 1984).

Dans la zone basse du système de la rivière Juba, l'influence de la mousson devint à nouveau plus visible à hauteur de Buale. Diverses tentatives de pêche furent effectuées le long de la route allant de Gelib, en passant par Giamana, vers Kismayo. Toutes donnèrent une image similaire: N.patrizii et N.cyaneus, interchangeant avec Clarias et le dipneuste [poisson à poumon] Protopterus (Wildekamp, 1984).

Dans les environs d'Azenda Bader, Wildekamp découvrit que plusieurs des mâles de la population de N.cyaneus qui y vivait présentaient une tache rouge dans la nageoire caudale [Site-13], lui rappelant celle de N.jubbi Wildekamp & Berkenkamp, 1979. Près de Sunguni, dans un caniveau marécageux [Site-14] dans le système du bas Juba, d'autres N.cyaneus et N.patrizii furent récoltés. Plus vers le sud de l'embouchure de la rivière Juba, à hauteur et juste avant d'entrer le village de Goba [= Golba] [Site-15], Wildekamp découvrit à nouveau une population de N.cyaneus présentant des taches rouges dans la nageoire caudale. Chez un des spécimens, ceci était même tellement évident qu'il pensa initialement avoir capturé N.jubbi. Dans la même localité, on peut également trouver une population de N.patrizii au corps très sombre et avec de grandes taches sur les nageoires dorsales et anales. Notoire était également la présence d'une bande sombre dans la nageoire caudale (Wildekamp, 1984).

Après avoir passé le village de Goba [Site-16], là où la route était à nouveau immergée, Wildekamp découvrit, outre N.cyaneus "queue rouge" une espèce apparentée à N.microlepis [ayant de petites écailles et chez les femelles le premier rayon de la nageoire anale allongé] "N.spec.affinis microlepis Goba B" (Wildekamp, 1984).

 

Kenya

Dans le nord-est du, N.cyaneus se retrouve dans des mares temporaires, les marais et les caniveaux des routes appartenant aux systèmes hydrographiques de la basse Tana et de la Sabaki.

En juin 1962, un poisson fut importé aux États Unis sous le nom de N.neumanni. J.H.E. Leaky, le fils de l'anthropologue Kenyan de renommée mondiale le Dr M. D. Leaky, avait découvert ce poisson dans une mare parsemée d'arbres, 17 milles au nord de Malindi, le long de la route vers Garsen. En juin, la mare était couverte de nénuphars et d'algues et était entourée de roseaux. Lors d'une visite ultérieure en décembre, la mare s'était déjà asséchée. 10 spécimens de cette collection furent envoyés au British Museum (Natural History) où ils furent enregistrés comme N.neumanni (Wildekamp & Berkenkamp, 1979). Divers aquariophile mirent en question la dénomination de cette importation et l'espèce, encore inconnue en cette époque, fut renommée N.spec. "Malindi". Plus tard cette espèce de Malindi des basses plaines côtières Kenyanes fut désignée comme Nothobranchius jubbi et n'avait donc rien à voir avec le véritable N.neumanni du haut plateau central Tanzanien.

Ce n'est qu'après la publication par Goldstein en 1972 d'extraits d'échange de lettres entre Leaky et Turner qu'il apparut que ce pseudo-N.neumanni avait en réalité été capturé en différents endroits. Dans sa publication de 1982, Wildekamp (1982) mentionne que Leaky avait également collecté dans une seconde mare fort similaire, 8 milles plus au nord et qu'il y captura aussi ce pseudo-N.neumanni. Wildekamp (1982) mentionne en outre que parmi les poissons de Leaky qui furent importés aux États Unis le 4 juillet 1962, il y avait des spécimens avec une nageoire caudale bleue et d'autres avec une nageoire caudale rouge. Sur la base de cette observation, Turner proposa l'idée d'un polymorphisme.

En août 1978, E. Holler collecta du matériel similaire dans deux endroits au nord de Malindi, Kenya. La première localité était située juste derrière le terrain de golfe de Malindi, le second environ 30-km plus au nord sur le côté droit de la route vers Garsen près de Ras Kitua dans la partie sud du delta de la rivière Tana (Wildekamp & Berkenkamp, 1979). Ces collections ne contenaient que des poissons avec une nageoire caudale rouge.

En août 1980, K. Lung parvient à collecter à nouveau près de Gongoni, au nord de Malindi, Kenya, la forme avec la nageoire caudale bleue qui serait décrite un an plus tard, en 1981, par Seegers comme N.cyaneus.

En 1968, P. Nagy recueillit une espèce ayant de fortes similitudes avec N.spec. "Malindi". Ce poisson fut capturé dans une zone marécageuse autour de Kikambala, quelques 15-km au nord de Mombasa, Kenya. Le collecteur situa la localité de Kikambala à 45-km au nord de Mombasa. Cependant d'après les cartes topographiques et ainsi que les notes d'Holler situent la localité de Kikambala à seulement 15-km au nord de Malindi. Nagy remis plusieurs des spécimens de sa collection au Musée Royal pour l'Afrique Centrale [KMMA] à Tervuren, Belgique, et au Zoologische Staatssammlung München [ZSM]. Wildekamp & Berkenkamp (1979) supposent également qu'un population d'aquarium peut éventuellement avoir été établie sous le nom de Nothobranchius spec "U-6", l'un d'entre eux s'étant retrouvé dans la collection du KMMA. Ces spécimens de Nagy de Kikambala furent décrit plus tard comme Nothobranchius jubbi interruptus par Wildekamp & Berkenkamp (1979).

Dans le nord du Kenya, Willert et Langnickel récoltèrent N.jubbi en 1985 dans une mare résiduelle appartenant à une petite rivière s'écoulant vers la basse Tana. Cette dernière localité fut située à 1-km du croisement des routes vers Mnanzini et la route de Garsen à Garissa, dans la direction de Mnanzini" {01°59' S-40°08' E}. L'espèce y vit en syntopie avec N.willerti {= spec. "Mnanzini"} et N.patrizii.

Quatre espèces de Nothobranchius sont présentement connues du bas système de la rivière Tana, dans les basses plaines côtières du nord-est du Kenya.: N.jubbi Wildekamp & Berkenkamp, 1979, l'espèce la plus largement distribuée; N.patrizii (Vinciguerra, 1927), N.microlepis (Vinciguerra, 1897), connue uniquement de trois localités qui furent étudiées par Wildekamp & Haas (1992), et N.willerti qui fut découvert au début des années 80 par Willert & Langnickel. D'une manière générale, N.jubbi se retrouve souvent vivant en synpatrie avec l'une des trois espèces mentionnées ci-dessus.

Figure 5: Carte de distribution de N.cyaneus au Kenya {d'après Willert, 1986}

En juillet 1985, durant un voyage de collecte au Kenya qui mena Willert et Langnickel vers le nord, de Mombassa via Malindi et Garsen, ils roulèrent le long de la rivière Tana, en route vers Garissa. Le paysage changea progressivement d'une savane couverte de buissons en une savane sableuse. Durant tout le voyage aucun Nothobranchius ne peut être capturé, même pas au niveau d'un site de collecte connu antérieurement, depuis 1983, abritant N.microlepis {entre garsen et Hola}. Toutes les mares le long de la route s'étaient déjà asséchées durant cette période déjà avancée de l'année. A Garissa, Willert et langnickel abandonnèrent leur tentative et décidèrent de rebrousser chemin vers Mombassa.

Comme aucune mare résiduelle ne put être trouvée durant le voyage aller, ils tentèrent d'arriver plus près de la rivière Tana, pour essayer à nouveau leur chance dans les restes des marais et des plaines d'inondations. A deux reprises ceci ne produisit aucun résultat. A la troisième occasion d'arriver plus près de la rivière [sur la route vers Mnanzini], la route les mena sur une petit ruisseau où à nouveau ils lancèrent leurs filets. Finalement et pour la première fois durant leur long voyage vers le nord, un Nothobranchius d'environ 2-3 cm de long fut capturé. Après quelques heures, la prise comportait 3 mâles et 6 femelles. Dans le même ruisseau, deux autres espèce de Nothobranchius vivant en synpatrie apparurent: N.patrizii et N.jubbi. Quelques 30 spécimens de Nothobranchius furent capturés dans cet habitat particulier. Durant le voyage retour vers Mombassa, ils purent toujours trouver, proche de la rivière Tana, des plaines herbeuses encore inondées abritant presque toujours quelques Nothobranchius, notamment N.patrizii et N.jubbi.

Wildekamp (1982) remarque que les N.elongatus, N.jubbi et N.interruptus pourraient être considérées comme des "espèces frontalières" dans le sens de Huber (1980); formant un groupe d'espèces transitoires entre, d'un côté, les espèces du groupe N.melanospilus-N.palmqvisti habitant le sud-est Kenyan [au sud de la rivière Ramisi] et les basses plaines côtières du nord-est Tanzanien [Tanga & Pangani] et, de l'autre côté, les espèces du groupe N.cyaneus et N.jubbi habitant les basses plaines côtières du nord Kenyan et Somalien et constituant un groupe opposé composé éventuellement d'espèces "bleues", apparentées ou identique à N.cyaneus, et ayant une vaste aire de distribution dans le sud de la Somalie. N.jubbi et N.interruptus semblent occuper une position intermédiaire entre les deux groupes d'espèces des basses plaines côtières [le groupe Kenyan/Tanzanien de N.melanospilus-N.palmqvisti d'un côté et le groupe Somalien de N.cyaneus de l'autre]. N.jubbi possède en effet un même nombre de chromosomes que N.cyaneus [tout deux avec n=17] et N.elongatus et N.melanospilus ont n=19. La position occupée par N.interruptus n'est cependant pas encore claire jusqu'à présent.

Historique

Initialement, N.jubbi et N.cyaneus furent identifiés comme des espèces distinctes et séparées (Wildekamp & Berkenkamp, 1979; Seegers, 1981). Cependant, la découverte durant la fin des années soixante-dix début quatre-vingt dans le nord du Kenya et le sud de la Somalie, de plusieurs populations, parmi lesquelles certaines présentaient des spécimens arborant toute la gamme de patrons de couleurs et des formes intermédiaires entre les deux espèces, apparentées aussi bien à N.jubbi qu'à N.cyaneus, créa une situation taxonomique insatisfaisante. Wildekamp résolut cette situation de confusion en 1986 en les plaçant en synonymie (Wildekamp, 1986). Les deux espèces sont encore toujours reconnues comme très proche l'une de l'autre et furent décrites de sites de collecte se situant dans les environs l'un de l'autre, proche de Gongoni, quelques 25-km au nord de Malindi, Est du Kenya.

Bien que certains Nothobranchius du Kenya, datant de 1892, étaient conservés au British Museum (Natural History) à Londres, on devait attendre 1962 avant d'obtenir la première collection plus importante faite par J. H. E. Leaky. Le matériel type de N.jubbi provient d'un ensemble de poissons d'aquarium, envoyé par Leaky aux États Unis d'Amérique. Il avait récolté les poissons dans une mare temporaire le long de la route allant de Malindi à Garsen. Leaky et B. J. Turner pensèrent que ces poissons appartenaient à N.neumanni (Hilgendorf, 1905) et les distribuèrent comme tel (Wildekamp, 1979, 1986). Wildekamp & Berkenkamp (1979) reconnurent ce fait et, sur la base d'études du matériel type de N.neumanni (Hilgendorf, 1905) et d'une étude du rapport de voyage de Neumann, une identification plus précise de la localité Type de N.neumanni, sur le plateau central de la Tanzanie, put être établie. Faisant suite à cette première correction concernant l'identification, Wildekamp & Berkenkamp décrivirent l'espèce ayant du rouge dans la queue comme N.jubbi en 1979.

Dans une correspondance au sujet de la collection faite par Leaky avec l'ichthyologue B. J. Turner, qui fut rendue publique en 1972 par Goldstein, il devint évident que le poisson distribué de façon erronée dans l'aquariophilie sous l'appellation de N.neumanni, provenait de deux lieux de collecte différents. Un site de collecte se situait à "17 milles au nord de Malindi, le long de la route vers Garsen [Kenya]" alors que le second site produit "également 7 spécimens (plus grands) de la même espèce et d'une mare similaire, quelques 8 milles plus au nord" (Seegers, 1981). Cette correspondance mentionne en outre que l'importation originale comportait de nombreux spécimens ayant une nageoire caudale uniformément bleue et seulement quelques spécimens ayant une large tache rouge dans la nageoire caudale. Sur cette base Turner (1964) conclu que l'espèce était polymorphe, impliquant que l'espèce pouvait avoir différentes livrées, dans ce cas des spécimens avec un queue bleue et d'autres avec une queue rouge. Au fils des années, la forme a queue entièrement bleue semble avoir disparu du hobby du fait que la forme rouge semble avoir été plus attrayante aux aquariophiles. Cependant, au cas où on aurait eu a faire à une véritable espèce polymorphe, comme proposé par Turner en 1964, on aurait toujours pu obtenir à nouveau, sur des bases génétiques, tôt ou tard, un certain pourcentage de spécimens de couleurs différentes dans un ensemble suffisamment grand d'alevins.

Faisant suite à la collection de Leaky, deux autres importations du Kenya arrivèrent en Europe et aux États Unis. En 1968 Nagy récolta près de Kikambala, environ 15 km au nord de Mombasa. Une autre importation faite par Walpole provint du nord-ouest de Mombasa. Selon Wildekamp & Berkenkamp (1979) il est probable que parmi ces importations il y avait un poisson qui fut décrit comme N. jubbi interruptus.

En août 1978, une nouvelle visite faite par Holler au lieu de collecte initial au nord de Malindi, Kenya, ne donna que des spécimens du phénotype rouge. Il rapporta également le véritable N.palmqvisti de Mrima, des N.melanospilus, N.jubbi interruptus et N.elongatus.

En août 1980, K. Lung, un aquariophile Allemand, récolta le matériel type de l'autre espèce apparentée, N.cyaneus, durant un voyage de collecte dans l'est du Kenya. Tous les mâles de cette population présentaient un patron de couleur entièrement bleu et furent reconnus comme représentant le phénotype bleu de Turner de 1964 (Seegers, 1981, Lung & Seegers, 1981). Durant ce même voyage, K. Lung collecta également et indubitablement N.jubbi interruptus près de Kikambala, environ 25 km au nord de Mombasa. Le site de collecte de cette second espèce est décrit par Lung comme "environ 20-km après Malindi vers Garsen, survient le village de Gongoni, environs 4-km après Gongoni, sur le côté droit de la route dans une large mare isolée de 10x5 m de large, 30-cm de profondeur. Il n'y a pas de rivière dans les environs", Est du Kenya. La localité décrite par Lung ressemble étrangement à celle décrite par Leaky; toutes deux doivent soit être identiques soit être situées dans les environs l'une de l'autre. Le phénotype bleu récolté par Lung en 1980 ne vivait pas en syntopie avec la forme rouge comme pensé antérieurement. L'entière population ne comportait que des spécimens à livrée bleue. LUNG donna du matériel à Seegers pour de plus amples recherches et il apparut que les lignées successives issues de ce matériel conservaient le phénotype bleu d'une façon stable.

A la surprise générale, Lung redécouvrit donc le phénotype bleu sous sa forme pure. En 1981, Seegers décrivit ce phénotype bleu sous le nom de N.cyaneus. Seegers (1981) discerna N.cyaneus de N.jubbi non seulement sur la base de la couleur de la nageoire caudale, mais il nota également un corps plus mince et moins profond, un nombre plus élevé de rayons dans les nageoires dorsales et anales et de plus petites nageoires dorsales et anales chez N.cyaneus. Également les observations que dans l'aquariophilie au niveau mondial, N.jubbi s'était déjà reproduit sur plus de 20 années selon une lignée pure de spécimens ayant une tache rouge dans la nageoire caudale, et que N.cyaneus s'était reproduit sous deux lignées pures et bleues, constituait une base suffisante pour que Seegers (1981) reconnu ces deux espèces comme génétiquement distinctes et vivant parfois en synpatrie (Wildekamp, 1986).

Le Dr. R. Haas, en mission pour le compte de l'Organisation Mondiale de la santé [O.M.S.], collecta du matériel additionnel dans le moyen est de la Somalie en janvier 1979. Ces spécimens pouvaient être rattachés à N.cyaneus et provenaient de Warfa, dans le système hydrographique de moyen Uebi Scebeli, Somalie. Cette population fur introduite dans le hobby sous l'appellation de N.sp. "Warfa bleu" (Haas, 1982, Foersch, 1981). La très forte similarité de cette espèce avec N.cyaneus fur mentionné par Wildekamp (1982), qui la considéra appartenir à N.cyaneus en 1983 et 1984 (Wildekamp, 1986). La ressemblance entre N.cyaneus et la forme bleue de "Warfa-bleu" de la Somalie reste étonnante. Cette dernière forme présente un corps quelque peu moins élevé mais peut produire des descendants ayant la couleur rouge sur la base de la nageoire caudale, ce qui tend à indiquer une relation possible avec N.jubbi.

Haas (1982) récolta en janvier - février 1979 N.microlepis ainsi que l'espèce alors connue sous le nom de N. spec. "Warfa-Bleu" dans une grande dépression ["War"] contenant de l'eau de pluie. Cette localité se trouvait quelques 180-km au nord-ouest de Mogadishu, près du village de Warfa situé dans la savane, quelques 18-km à l'est d'un grand monolithe nommé Bur Hacaba sur la route allant de Mogadishu vers la ville de Baidoa. Dans cette région, à plus de 150-km de toute rivière ou toute autre source d'eau pérenne, l'eau de pluies est recueillie dans de grand bassins élargis par la population locale en vue d'y contenir l'eau de pluie en vue de la saison sèche. Ces "Wars", par opposition aux caniveaux situés plus au sud où N.patrizii fut récolté par Haas (1982), ne possédaient aucune végétation aquatique. L'eau de ces "Wars" était entièrement opaque de teinte très rougeâtre. Le sol se composait d'argile rouge et la température de l'eau variait entre 26,5 et 31°C, le pH se situait autour de 7,8, et le dGH était de 36-39. Haas (1982) fut informé que la plupart des "Wars", à l'exception d'années très sèches, sont plus ou moins à sec durant moins de deux mois et que la majorité d'entre eux possèdent un puits profond excavé en leur centre où l'eau reste disponible durant les périodes les plus sèches [avant les nouvelles pluies].

Haas (1982) rapporte que N.patrizii, N.microlepis et N.cyaneus "Warfa bleu" furent ramenés aux États Unis d'Amérique en 1979, sous forme d'oeufs récoltés en même temps que de la boue de la mare saisonnière.

Le Dr. R. Haas mis à disposition de Wildekamp des spécimens de sa collection personnelle ainsi que ses notes de terrain sur les lieux de collecte d'où il recueilli ses Nothobranchius. Haas trouva N.cyaneus près de Genale, Bur Heibi et Haya, de même que des populations mixtes de N.jubbi et N.cyaneus près d'Afmadu et d'Halima Adai (Wildekamp, 1986).

Une autre expédition, menée en juin et juillet 1983 au Kenya par M. Forstner et Manfred et Brigitte Willert, appris que N.cyaneus présentait une vaste aire de distribution dans le nord-est du Kenya, alors que N.jubbi avait au contraire une aire de distribution limitée au bassin de la basse Galana et de la basse Tana dans le nord-est du Kenya. Leur base d'opération était Mombasa. De là, différentes expéditions de collecte furent organisées. La première expédition les mena au nord où ils capturèrent N.interruptus près de Kikambala [même localité que Lung]. Cependant près de Kaloleni ils ne purent trouver N.elongatus. Dans la direction du sud, vers la frontière Tanzanienne, ils collectèrent un mâle de 6-cm de long de N.palmqvisti. Ensuite ils voyagèrent à nouveau vers le nord vers le système de drainage de la rivière Tana. Après Malindi, environ 3 km après le village de Gongoni, ils récoltèrent dans une mare N.cyaneus {température de l'air 23,5°C, et de l'eau 27,3°C.}. 22 km avant Garsen, dans une sorte de pré inondé ayant une eau à 29°C, ils capturèrent N.cyaneus et N.jubbi ensemble dans la même mare. 53-km au nord de Garsen, dans la direction de Garissa, N.cyaneus fut capturé en même temps que N.microlepis. Quelque peu plus au nord le climat devint trop sec et ils ne purent plus trouver de biotopes propices. En tout, entre Malindi and Garissa ils recueillirent N.jubbi et N.cyaneus dans huit localités différentes: dans quatre de ces localités, seul le phénotype bleu, correspondant à N.cyaneus, fut trouvé. Dans les quatre autres localités, la population se composait d'un mélange de phénotypes bleus et de phénotypes rouges, mais également de spécimens représentant toutes les formes intermédiaires dans le patron de la couleur rouge dans la nageoire caudale. Willert (1984) identifia ces populations comme appartenant à N.jubbi et à N.cyaneus, tandis que les formes intermédiaires furent reconnues comme des hybrides. Sur le voyage du retour vers Mombasa, à 45-km au nord de Malindi, ils capturèrent à nouveau N.cyaneus et N.jubbi vivant ensemble dans la même mare, mais également des spécimens, qui semblaient correspondre à des croisements entre les deux espèces. Étonnement N.patrizii qui avait jusqu'alors une aire distribution s'étendant plus au nord en Somalie, fut également découvert dans la même mare (Wildekamp, 1986).

Dans la partie la plus au sud de l'est de la Somalie et dans le système de la basse Tana, des populations furent découvertes ressemblant aussi bien à N.jubbi qu'à N.cyaneus, mais également des spécimens présentant toute la gamme de formes de couleur intermédiaire entre les eux types. Ce phénomène fut expliqué à diverses reprises comme étant le résultat d'une cohabitation synpatrique de deux espèces différentes, par lequel les formes intermédiaires pouvait être expliquées par une hybridation. Ces hybrides devraient dès lors être stérile pour pouvoir garantir la survie de la véritable espèce biologique. La pensée d'un polymorphisme - comme proposé par Turner en 1964 - avait généralement été rejeté. En raison de ceci, une situation taxonomique insatisfaisante apparut et une étude morphologique comparative fut menée parmi 16 populations différentes de N.jubbi, N.cyaneus leurs formes intermédiaires, provenant du Kenya et de la Somalie. Une étude cytologique de 5 populations fut également menée. En outre, le comportement de 16 et la reproduction de 7 populations différentes de Somalie fut étudiée. Toutes les populations étudiées présentaient des similitudes très proches et ne purent plus être discriminées et donc considérées comme appartenant à des espèces différentes. En guise de conclusion, N.cyaneus devrait dès lors être considéré comme une synonyme de N.jubbi [ce dont, personnellement, je doute encore fort]

Reproduction & Maintenance

N.cyaneus constitue probablement l'une des espèces les moins recherchées du genre. Jusqu'à présent, l'espèce n'a pas montré de difficultés particulières quant à sa maintenance ou reproduction, mais ceci est basée sur l'expérience d'aquariophiles ardus et expérimentés.

La dureté de l'eau ne joue qu'un rôle secondaire dans la maintenance de l'espèce, du fait que dans la nature des valeurs allant de 5 à 40 DH purent être observées. L'analyse du contenu stomacal démontra que l'alimentation naturelle de l'espèce se composait de copépodes, de daphnies, mais également de larves de moustiques. Pour pouvoir atteindre une croissance raisonnable et une bonne santé, il est recommandé d'utiliser une eau douce propre et dure [certains aquariophiles par contre recommandent une eau légèrement acide]. Ces poissons croissent plutôt rapidement et sont très actifs ce qui implique que des changements partiels et réguliers de l'eau sont absolument nécessaires. Il convient d'éviter à tout prix une pollution de l'eau. Il est également recommandé d'ajouter du sel [1 cuillère de thé de sel par 5 ou 10 litres d'eau] comme mesure préventive contre l'Oödinium.

La reproduction de cette espèce peut déjà être couronnée de succès en n'utilisant qu'un mâle et de 2 à plusieurs femelles dans un aquarium très simplement arrangé. En vue d'améliorer la productivité, il est recommandé de procéder à une reproduction en groupe, avec plusieurs trios et un nombre plus élevé de femelles, bien sûre dans un aquarium plus large. Au cas où la tourbe contenant les oeufs est conservée à une température ambiante variant entre 20-22°C, le temps d'incubation se situera entre 6 semaines et 3 mois. Durant cette période, on peut inspecter régulièrement les oeufs pour découvrir des embryons "oeillés". A partir de ce moment il devient possible d'immerger les oeufs. Durant l'une des immersions, le taux d'éclosion sera plus élevé, mais il sera néanmoins nécessaire de faire sécher à nouveau la tourbe contenant cette fois les oeufs non encore éclos, et de les vérifier à nouveau une fois par mois. Une fois que suffisamment de sachets en plastique ont été obtenus, on peut faire éclore des oeufs tous les mois et, ce faisant, on peut avoir à sa disposition des adultes et des alevins, toute l'année durant.

Les jeunes alevins grandissent très rapidement et, avec des changements fréquents d'une partie de l'eau et une nourriture en abondance, ils peuvent atteindre la maturité sexuelle après seulement 5-6 semaines. Ils sont particulièrement actifs et toujours à la recherche de nourriture ou d'un partenaire.

La température de l'eau est préférablement gardé autour de 22° C., car autrement les poissons deviennent sensibles à la maladie des points dorés [Oödinium]. L'idéal serait une température de 24° à 26° C. La valeur du pH est préférablement garder un peu plus haut que le point de neutralité. Quelques couples ou de préférence des trios peuvent déjà facilement être maintenus dans un aquarium moyen [20-30 litres], pour autant que l'on mette à disposition des femelles et des mâles subordonnés de nombreuses possibilités de cache et d'échappatoire. A cette fin, une végétation aquatique abondante et diverses pièces de fibre de tourbe font déjà l'affaire. La filtration de l'eau n'est pas absolument nécessaire si celle-ci est régulièrement et partiellement changée. Ces poissons exigent une nourriture abondante, comprenant toutes les sortes de larves de moustiques, de vers et de mouche. Les Daphnia ne semblent pas trop être appréciées are tandis que les Cyclops semblent améliorer la vivacité de la livrée et la ponte.

En vue de la reproduction, un bac de 20-30-litres de contenance ayant une couche de tourbe de 2-3 cm d'épaisseur sur le ond est déjà suffisent. Un trio peut facilement être maintenu pour la ponte pendant 1-2semaines dans un tel aquarium. Chaque deux semaines, la tourbe est enlevée et remplacée par une nouvelle litière. La tourbe contenant les oeufs est légèrement pressée dans la paume de la main, puis on la laisse s'assécher un peu plus, durant un à deux jours sur du papier journal ou de cuisine jusque quand la couche superficielle devient brun clair. La tourbe et les oeufs sont ensuite versés dans un sachet en plastique qui est fermé au moyen d'un élastique. Le temps de développement des oeufs dépend de plusieurs facteurs, dont le tau d'humidité dans le sachet et la température de conservation. Les oeufs de spécimens sauvages et F-1 peuvent déjà être développés après seulement 6 semaines, si on les conserves à des températures variant entre 25° et 30° C. A des températures similaires le temps de développement varie d'habitude entre 10 à 12 semaines. Les oeufs conservés dans une tourbe relativement sèche se développeront plus vite que ceux maintenus dans une tourbe plus humide. L'éclosion des oeufs s'effectue avec de l'eau douce âgée mais fraîche d'environ 15° à 18°C. Les alevins éclosent d'habitude tous ensemble de sorte qu'une seconde période de sécheresse et d'incubation n'est en général pas nécessaire.

Les jeunes alevins sont en mesure de prendre des nauplies d'Artemia fraîchement écloses, plus tard des Cyclops et des vers de Grindal. L'espèce est très féconde, produisant de nombreux oeufs et alevins. Ceux-ci devront donc être transférés dans des bacs plus grands. Des changements réguliers et fréquents d'une partie de l'eau est nécessaire. A l'âge de 4 à 6 semaines les jeunes atteignent la maturité sexuelle. A partir de ce moment, garder les sexes séparés est souvent recommandé, à moins que les mâles ne soient gardés sans femelles. Toutes les femelles peuvent être mises ensemble dans un même bac avec seulement quelques mâles; qui eux seront changés chaque semaine.

Littérature

 

 

Cyaneus de Warfa.