Nothobranchius rachovii AHL, 1926

Nothobranchius rachovii {Photo Valdesalici}

rachovii : (Adjectif Latin) Nommé en l'honneur de Mr. Arthur Rachow, aquariophile allemand d'avant guerre, de réputée mondiale.

Première Description

Ahl, E. - 1926 - Neue oder selten importierte Fische III - Blätter für Aquarien und Terrarienkunde 37(14): 346-348.

Terra Typica

Beira, Mozambique

Données Méristiques

D= 14-16; A= 15-16; écailles dans la ligne latérale = 25-27;
Karyotype: n= 9

Synonymes

Aucun

L'espèce est considérée appartenir au sous-genre Zononothobranchius.

Les populations actuellement connues dans le hobby comprennent:
N rachovii "Beira 58" = population d'aquarium (importé par Roloff en 1958)
N.rachovii "Kruger National Park" (KNP black) (collecté par Vermaak en 1984)
N.rachovii "Beira 91" (collecté par Rosenstock en 1991)
N.rachovii "Beira 98" (Collection commerciale de 1998 - de la région de Beira (comm.pers. B. Watters))

Holotype

 

Paratypes

 

Taille

Les mâles peuvent atteindre une longueur maximale d'environ 55-60 mm, les femelles restent en général plus petites, elles ne dépassent que rarement 45-50 mm.

Code

RAC

Distribution et Biotope

Bien que l'étendue de l'aire de distribution de N. rachovii ne soit pas encore connue avec exactitude, il est possible, à partir de la dispersion des lieux de collecte connus jusqu'à présent, d'obtenir une idée très générale. Le matériel du type est originaire de Beira, le long de la côte de l'Océan Indien du Mozambique. Plus à l'ouest, l'espèce est également connue de points d'eau temporaires trouvés dans le système de drainage de la rivière Pungwe, près de Villa Machado. La frontière la plus septentrionale de l'aire de distribution se situe en Afrique du Sud, où l'espèce peut être trouvée dans les régions des rivières Olifants et Limpopo, dans le Parc National Kruger, le long de la ligne frontalière avec le Mozambique. A partir de son milieu naturel dans le Parc National Kruger, l'espèce a également fait l'objet d'introductions dans d'autres points d'eau propices en vue de limiter les risques de disparition totale de la cette population durant les périodes de sécheresse extrême. La frontière nord de l'aire de distribution n'est pas encore connue, mais elle devrait probablement se situer quelque part au Mozambique, probablement limité au nord par le fleuve Zambèze.

Lieux de collecte connus de N.rachovii au Mozambique et en Afrique du Sud.

 

Selon U. de V. Pienaar (1968), l'aire de distribution originale de N.rachovii en Afrique du Sud est limitée au Kruger National Park, et plus spécifiquement à une mare peu profonde à la frontière avec le Mozambique. Elle y fut recueillie proche du lieu de collecte de N.orthonotus, le long de la frontière est du pays, nord de Nwanetzi. Plusieurs mâles et femelles furent capturées dans une série de petites mares ["pans"] localisées dans le champ de sable ["sandveld"], près du piquet Pumbe, à environ 6 milles au nord de Mtomene, et sur la frontière avec le Mozambique. Ces mares forment le seul habitat naturel dans le Kruger National PARCet dans toute la République (d'Afrique du Sud).

de V. Pienaar (1968) mentionne que "les habitats de N.rachovii dans le Kruger National PARCsont tous très peu profond, des mares naturelles avec un substrat de sable ou de cailloux et presque entièrement remplis de végétation aquatique, en particulier Cyperus spp., l'herbe hygrophile Echinochloa holubii, Nymphaea spp. et d'autres plantes aquatiques. Les poissons semblent se réfugier parmi les tiges des herbes et fourragent dans les rares portions d'eau ouverte en bordure des mares. C'est probablement ici, dans les zones peu profondes, que la ponte a lieu. La ponte semble se dérouler plus tard que chez N.orthonotus, entre Mars et Avril. N.rachovii se nourrit comme N.orthonotus, principalement de petits animaux aquatiques tels les Ostracodes et d'autres micro-crustacés, de même que de larves de petits insectes, particulièrement ceux de moustiques."

Considérant que l'aire de distribution naturelle de N.rachovii dans le Kruger National PARCétait restreinte, aussi bien en taille qu'en étendue, et parce que ces quelques endroits se situaient dans une zone soumise à la sécheresse, il fut décidé d'introduire l'espèces dans d'autres habitats très similaires situées dans la partie nord du Parc, entre les rivières Limpopo et Luvuvhu.

Sites original et d'introduction à l'intérieur du Kruger National Park, Rép. Sud Africaine {d'après U. de V. Pienaar, 1978}.

 

Selon Bruton et al. (1982), en Afrique du Sud (Parc National Kruger) N.rachovii habite des mares peu profondes présentant une végétation dense et un sol sableux ou rocailleux. Les oeufs sont en mesure de survivre un assèchement de l'habitat. Dans leur milieu naturel ils se nourrissent d'invertébrés benthiques et de larves de moustiques.

Historique

Nothobranchius rachovii n'est assurément pas une nouvelle espèce pour le hobby. L'espèce est connue déjà depuis 1926, lorsqu'elle fut importée pour la première fois en Allemagne, où elle fut décrite par Ahl sur la base de 4 spécimens, trois appartenant à Rachow et un à l'Aquarium de Berlin. En cette période, elle ne survécu pas longtemps dans l'aquariophilie car sa reproduction était encore considérée, même par les reproducteurs chevronnés de l'époque, comme relevant plus du jeux de hasard: est ce que quelque chose viendrait à éclore ou non? Selon Seegers (1985), la population d'avant-guerre ne survécut pas la première guerre mondiale.

Deux nouvelles importations datant des années cinquante sont connues; la première par Hansen, la seconde par Roloff. Le premier import d'après guerre est mentionné par Henrik Hansen (1957). Dans un article paru dans "The Aquarium" (1957), il mentionne avoir capturé N.rachovii en même temps que N.kuhntae. Le lieu exact de collecte n'est cependant pas mentionné mais devrait plus que probablement se situer quelques 100-150 km à l'ouest de Beira. Initialement, il ne pouvait pas capturer lui-même de Nothobranchius, mais après quelques jours, une femme native lui apporta, dans une boîte entièrement rouillée, un superbe spécimen mâle de N.rachovii. Elle l'avait recueilli dans un trou d'eau, rempli de détritus et de boîtes rouillées, à côté de sa case. Hansen parvint à peine à le croire. L'eau avait peut-être 50-cm de profondeur et était très trouble. Outre N.rachovii et N.kuhntae il captura également un poisson amphibien dans ce trou d'eau. Hansen décrivit qu'à côté de presque chaque case se trouvait un trou d'eau destiné à recueillir l'eau de pluie durant la saison pluvieuse. Dans les points d'eau contenant de l'eau claire, il ne trouva jamais de Nothobranchius; seul les points d'eau disposant d'une eau trouble contenaient des Nothobranchius. Plus de 1 000 poissons furent collectés, mais à cause des temps de transport très long, seule une poignée de poissons arrivèrent vivants aux États Unis. Selon Scheel, l'on ne parvint pas non plus à établir une population d'aquarium à partir de cette importation.

Aire de distribution présumée de N.rachovii au Mozambique & en Afrique du Sud.

 

Deux nouvelles importations datant des années cinquante sont connues; la première par Hansen, la seconde par Roloff. Le premier import d'après guerre est mentionné par Henrik Hansen (1957). Dans un article paru dans "The Aquarium" (1957), il mentionne avoir capturé N.rachovii en même temps que N.kuhntae. Le lieu exact de collecte n'est cependant pas mentionné mais devrait plus que probablement se situer quelques 100-150 km à l'ouest de Beira. Initialement, il ne pouvait pas capturer lui-même de Nothobranchius, mais après quelques jours, une femme native lui apporta, dans une boîte entièrement rouillée, un superbe spécimen mâle de N.rachovii. Elle l'avait recueilli dans un trou d'eau, rempli de détritus et de boîtes rouillées, à côté de sa case. Hansen parvint à peine à le croire. L'eau avait peut-être 50-cm de profondeur et était très trouble. Outre N.rachovii et N.kuhntae il captura également un poisson amphibien dans ce trou d'eau. Hansen décrivit qu'à côté de presque chaque case se trouvait un trou d'eau destiné à recueillir l'eau de pluie durant la saison pluvieuse. Dans les points d'eau contenant de l'eau claire, il ne trouva jamais de Nothobranchius; seul les points d'eau disposant d'une eau trouble contenaient des Nothobranchius. Plus de 1 000 poissons furent collectés, mais à cause des temps de transport très long, seule une poignée de poissons arrivèrent vivants aux Etats Unis. Selon Scheel, l'on ne parvint pas non plus à établir une population d'aquarium à partir de cette importation.

En mi Juillet de l'année 1958 [d'habitude, en cette période de l'année la plupart des points d'eau sont déjà à sec], E. Roloff importa une nouvelle fois l'espèce de Beira au Mozambique. Cette fois, il collecta l'espèce à environ 1,5 km en dehors des frontières de la ville. Roloff découvrit N.rachovii vivant conjointement avec N.kuhntae, le long de la route menant à l'aéroport, dans un caniveau qui avait presque entièrement tari et qui ne contenait de l'eau que dans ses parties les plus profondes. Le fond du caniveau était couvert d'humus et de matériel végétal à 1/2 en décomposition, les bords étaient couverts d'une végétation dense. Dans de nombreuses mares, le niveau d'eau était tellement bas que de nombreux et magnifiques spécimens mâles de N.rachovii attendaient une mort certaine, allongé sur le flanc. Durant la saison des pluies, cette vaste zone basse marécageuse forme une mer d'eau douce et les poissons peuvent se disperser partout. Au moment de la collecte la température de l'eau était de 20°C le matin et augmentait durant la journée pour atteindre 25°C. Les espèces N.rachovii et N.kuhntae y vivaient le plus souvent en sympatrie et chaque espèce ne semblait pas être limitée à ses propres points d'eau.

A Beira, les températures les plus fraîches (moyenne de 22,5°C) se trouvent en juillet. Durant la saison la plus chaude (Novembre-Décembre) la température moyenne atteint les 27,5°C. En général, les mares commencent à s'assécher en mai ou juin. La saison des pluies y débute aux environs de novembre et vers la fin Juin-Juillet, la plupart des points d'eau où N.rachovii vit, sont déjà à sec (Roloff, 1962). Dans leur milieu naturel, les oeufs reposent donc approximativement 5-6 mois dans/sur des sols humides à secs. La zone aux alentours de Beira, riche en marécages et zones d'inondations, génère un microclimat local grâce auquel les oeufs, immergés par la nuée des brouillards nocturnes et les brumes matinales, sont protégés d'un assèchement excessif. Le Dr. Geisler analysa un échantillon d'eau qui lui fut donné par Roloff et découvrit une dureté temporaire de 6,1°DH et une dureté totale de 8,3°DH. Le pH était de 7,1. Une explication pour la haute teneur en sels dissous de 11 mg/l peut être trouvé dans la structure géologique des sols qui, aux alentours de Beira, sont constitués d'argiles rouges salines.

Selon Scheel (1971) et Seegers (1985) l'actuelle population d'aquarium de N.rachovii est encore issue des premiers poissons d'après guerre de Roloff. Pour ceux qui aiment les codes, cette ancienne population pourrait donc être définie comme "Beira 1958". Elle pourrait donc avoir atteint facilement ces 40 années d'aquariophilie cette année, ce qui pourrait facilement correspondre a plus de 60 générations de rachovii. Malgré ces nombreuses années, l'ancienne population d'aquarium de "Beira 58" est encore très similaire et semblable aux nouveaux spécimens sauvages importés de "Beira 91" et "Beira 98". Ceci indique qu'au cours des décennies écoulées les aquariophiles de part le monde ont réalisé un travail remarquable en préservant les couleurs et les formes originelles de l'espèce. Il y a en effet très peu a améliorer chez ce bijou vivant.

La population de N.rachovii Kruger National PARC(KNP noire) actuellement dans l'aquariophilie trouve ses origines dans des poissons et des oeufs recueillis par Vermaak en 1984. Il y a des suspicions que ces dernières années certains aquariophiles aient pu mélanger la population KNP avec des populations de N.rachovii "Beira 91" et/ou l'ancienne population d'aquarium; cependant ceci n'a pas clairement été établi ni ne devrait représenter quelque importance car rare sont les aquariophiles qui maintiennent encore cette espèce. Selon Watters (1998), la population de N.rachovii KNP noire n'est connue que du Kruger National Park. Il mentionne encore que les Nothobranchius qui se rencontrent en Afrique du Sud (N.rachovii et N.orthonotus) se trouvent sur la Liste des Espèces Protégées et en temps que tel ne peuvent plus être collectées, maintenues en vie et reproduites en aquarium, sans parler d'une interdiction à l'exportation sans permis valable. Selon Watters (1998), il apparaît très peu vraisemblable qu'à l'avenir quelconque permis soit octroyé pour une nouvelle collecte de cette espèce dans son milieu naturel du Kruger National Park, il est devenu urgent d'entreprendre tous les efforts nécessaires à la maintenance et à la survie de cette population dans l'aquariophilie. En outre son habitat naturel dans le Kruger National PARCse trouve être dans un était précaire du fait qu'il se situe dans une zone soumise à des sécheresses prolongées et extrêmes.

Le 24 mars 1991, Rosenstock collecta un certain nombre de spécimens de N.rachovii et de N.kuhntae, à proximité du Dom Carlos Hôtel, situé la où la route menant à l'aéroport [environ 4 km de l'aéroport] entre dans la ville de Beira. La zone marécageuse était constituée d'une dépression plus basse et contenait plusieurs rizières, protégées du littoral par des dunes de sable. La température de l'eau atteignit 31°C. Au début, il ne pu trouver que N.kuhntae. N.rachovii fut trouvé le long du premier chemin de terre à gauche en venant du Dom Carlos Hôtel et après une vielle scierie et quelques cases sur le côté droit. Là où les rizières débutèrent l'eau était peu profonde, 5 à 15 cm.

Par le passé, il était généralement admis que ce poisson devait être maintenu dans une eau très douce et légèrement acide. L'analyse de l'eau en provenance du milieu naturel démontra que le pH avait une valeur d'environ 7, donc de l'eau neutre, et que la dureté totale était de 7,0° GDH.

Description

Chez les mâles, la couleur de fond bleu verte réfractante des flancs s'étend également sur les nageoires dorsales, anales et également jusque dans la moitié de la nageoire caudale. En fonction de la pénétration de la lumière, ce bleu réfractant peut apparaître clair ou sombre. Les écailles sont bordées d'un bord rouge orange ce qui se traduit - spécialement dans la partie arrière du corps - dans l'apparition de quelques bandes transversales orange rouge sur le corps. La nageoire caudale se termine par une fine bande noire brillante qui contraste très fort avec la bande interne orange. Les points rouge à rouge brun en même noir qui sont présents sur les nageoires dorsale, anale et caudale varient en nombre, taille et coloration.

La population du Kruger National Parc d'Afrique du Sud se différentie de la population de Beira par des couleurs moins vivaces et des points, sur les nageoires dorsale, anale et caudale, plus petits mais aussi plus nombreux. Cette première population est bien moins répandue comme population d'aquarium (Wildekamp, 1979).

Selon U. de V. Pienaar (1968), "les mâles" de la population du Kruger National Parc" sont particulièrement brillamment colorés et présentent un reflet bleu vert sur la partie dorsale du corps et un voile vert or sur la surface latérale. L'iris est doré et la gorge ainsi que la poitrine parsemées de points bleu mauve. Il y a d'habitude une série de bandes irrégulières mauves sur la surface latérale et les nageoires pectorales sont terminées de blanc. En période de ponte, le corps du mâle devient bleu très sombre, presque noire. La nageoire caudale de mâles matures possède un large bord sub-terminal très remarquable en forme de demi-cercle et de couleur rouge orange vif, bordé distalement par un bord marginal bleu profond. Les nageoires dorsale et anale ont également des zones marginales bleues et sont pourvues de taches irrégulières bleu foncé ou mauve".

Les femelles sont d'un brun jaune pâle, sans marques particulières. Le côté ventral est argenté, au-dessus duquel un léger reflet bleu clair peut être observé. Les nageoires sont toutes sans couleurs et transparentes. Selon U. de V. Pienaar (1968), les femelles de la population Kruger National PARC sont pâles et contrastent avec les mâles. Elles sont plus uniformément olive à jaune brun, avec un léger reflet verdâtre."

Reproduction & Maintenance

Ceux d'entre nous qui désirent maintenir cette merveille ne doivent assurément pas être désabusé lorsque les poissons meurent après seulement une 1/2 année de vie. Chez ces poissons annuels, toutes les fonctions biologiques de bases se déroulent à un rythme beaucoup plus rapide que chez la plupart des autres espèces aquariophiles. Ils doivent optimiser leur très courte durée de vie, qui dans la nature s'étend sur quelques 5 à 6,5 mois, pour s'assurer que suffisamment de jeunes ont été produits en vue sécuriser la survie de l'espèce. Ils doivent grandir et produire des oeufs tant qu'il y aura de l'eau dans les marais, les points d'eau, les rizières ou les caniveaux à leur disposition.

La maintenance peut parfois causer des problèmes, en particulier la sensibilité à la maladie des points dorés (Oödinium) peut être importante, mais ceci est également valable pour la plupart des autres espèces de Nothobranchius. On peut la prévenir en ajoutant à l'eau de l'aquarium une cuillère à café de sel de cuisine pour 10 litres d'eau.

La reproduction de l'espèce peut également poser des problèmes. Loin d'être de mauvais producteurs d'oeufs, bien au contraire, une femelle en bonne santé peut avoir une très forte production d'oeufs, mais le taux d'éclosion peut parfois être très variable.

Les mâles peuvent aussi parfois être très agressifs envers leurs congénères et dans ce cas il est préférable de les séparer ou de la transposer dans des bacs plus grands avant que les dégâts n'apparaissent. Après avoir passé quelque temps dans un aquarium de grande taille, chaque mâle établit son propre territoire, qu'il défend avec force contre toutes intrusions d'autres mâles. En termes relatifs, N.rachovii n'est pas aussi agressif que nombreux autre Nothobranchius, mais ils peuvent être agressif au point ou les femelles peuvent souffrir des attaques fatales. Les spécimens sauvages sont en général bien plus agressif que les congénères ayant grandit en aquarium. La meilleure manière de contrecarrer l'agressivité est de les maintenir et de les laisser se reproduire en groupe (par ex. 5-6 mâles et 10-12 femelles) et de ne jamais les séparer. Enlever un mâle d'un groupe et l'y replacer disons une semaine plus tard sera une cause de problèmes permanents. Faire grandir ensemble les alevins et ne retirer progressivement que les mâles indésirables au fur et à mesure qu'il grandissent de sorte qu'en fin ne restent plus dans le bac que le groupe de reproduction sera un gage de succès.

Dans un groupe, l'agression est plus distribuée sur tous les habitants bien que les mâles moins dominants et les femelles fassent encore l'objet d'attaques régulières. Les actes de parade entre les mâles élimineront cependant en partie l'agression envers les femelles. Un autre avantage certain d'une reproduction en groupe est la disponibilité d'un ensemble de gènes plus large; mais bien entendu ceci sous-entend la disponibilité de bacs plus grands (25-40 litres).

Roloff (1962) recueillit les oeufs pondus durant le transport entre Beira et l'Allemagne et les laissa dans l'eau en vue d'observer ce qu'il en adviendrait s'il ne leur était pas permis de subir une période de sécheresse. Le 08.IX.1958 [après seulement 5-6 semaines] les premiers alevins éclorent; et tous, à de quelques rares exceptions près, étaient des "glisseurs de fond".

Selon Scheel (1959), les oeufs ne sont pas très circulaires et leur taille varie de 0,95x0,85 mm à 1,05x0,80 mm.

Cette espèce se maintient au mieux dans un aquarium d'espèce avec une couverture de fond sombre et richement pourvu de morceaux de bois immergé ce qui augmente le contraste des couleurs. Dans un aquarium communautaire, et plus particulièrement lorsque introduit trop jeune, les poissons resteront cachés et discret et mourront de faim en laissant les autres habitant s'emparer de la nourriture.

De nos jours, la population d'aquarium de N.rachovii peut déjà être maintenu et reproduit dans de l'eau ordinaire de robinet possédant un pH d'environ 7 à 8 et une dureté totale d'environ 11 à 18° GDH. La température de maintenance devrait préférablement se situer dans les environs de 22-24°C durant la journée et devrait pouvoir descendre la nuit jusqu'aux alentours de 19°C. Après une semaine de ponte, la tourbe contenant les oeufs {1 mm en taille et transparents mais très difficile à localiser} est retirée, légèrement pressée, séchée et versée dans un sachet en plastique qui est ensuite fermé en prêtant attention de garder au moins les 3/4 du volume remplis d'air frais. L'humidité contenue dans la tourbe ne devrait pas pouvoir se modifier trop fortement durant l'incubation. Le sachet en plastique est ensuite conservé dans un endroit sombre où la température variera entre les limites de 22-24°C. Le temps d'incubation dépendra fortement de la température ambiante. De bons résultats seront d'habitude obtenus lorsque celle-ci est maintenue entre 20 et 26°C {65 et 80°F}.

Toutes les étapes ultérieures sont maintenant une question de patience. Le temps d'incubation des oeufs de N.rachovi, dans l'obscurité/l'ombre, consiste en 5 à 7 mois d'attente et nécessite diverses phases d'éclosion avant que l'on puisse être certain que tous les oeufs contenus dans la tourbe sont arrivés à maturation et sont prêt à éclore. Treat (1995), et nous pouvons confirmer les bons résultats obtenus par cette méthode, verse pour la première fois de l'eau sur la tourbe après seulement 4 à 5 mois d'incubation. Il n'obtient bien sûr qu'un nombre limité d'alevins mais avec très peu de "glisseurs de fond", à condition que peu de temps après la première éclosion, les premiers alevins soient transposés dans un autre récipient contenant de l'eau de même qualité, et que la tourbe et les oeufs restants sont à nouveau passés dans un filtre et mis à sécher pour une nouvelle période d'incubation. Him (1995) mentionne également une période d'incubation de seulement 4 à 5 mois pour une température de conservation de 24 à 27°C.

L'éclosion des alevins se déclenche lorsque l'on verse soit de l'eau âgée soit de l'eau fraîche sur la tourbe contenant les oeufs développées. L'eau d'éclosion devrait cependant être fraîche, avec une température entre 16-18°C. L'addition de sel de cuisine {1 cuillère à café pour 5-10 litres d'eau} peut aider à prévenir le développement de la maladie des points dorés et augmente la longévité des nauplies d'Artémia que l'on ajoutera comme nourriture, mais ce n'est pas absolument nécessaire. Treat (1995) ajoute même 1 à 2 gouttes de Liqui-Fry pour "pondeurs d'oeufs" au moment de l'immersion de la tourbe. Ceci devrait assurer un développement plus rapide d'infusoires pour les alevins. La hauteur d'eau qui vient à recouvrir la couche de tourbe à l'éclosion peut facilement comprendre entre 8 et10 cm d'épaisseur. Dans une telle profondeur, j'obtiens toujours de très bons taux d'éclosion après seulement 1 à 24 heures d'immersion. Ce grand volume d'eau rend l'application de changements fréquents de l'eau superflus et dissous mieux les sels et produits d'excrétion. En outre, sur le fond où reposent les oeufs, le déficit en oxygène qui permet aux alevins de faire éclater l'enveloppe de l'oeuf est créé plus rapidement; les embryons qui ne sont pas encore entièrement développés restent cependant dans un état de repos embryonnaire. Une légère aération de la masse d'eau peut être appliquée mais elle n'est pas absolument nécessaire. Him (1995) indique aussi que les alevins de N.rachovii fraîchement éclos sont très petits et devraient être nourris initialement aux infusoires et/ou micro-vers {ceci est en effet le cas lorsque les nauplies fraîchement écloses d'Artémia mises à disposition sont trop grandes que pour être mangées par les alevins}.

Le grandissement des alevins ne pose d'habitude pas de problèmes particuliers. Ils croissent rapidement et après seulement 2 mois les premiers individus atteignent la maturité sexuelle. Him (1995) mentionne, et ceci peut être facilement confirmé, que le taux de mortalité des alevins est élevé si on ne change pas fréquemment une partie de l'eau. En outre, il mentionne que le rapport des sexes favorise celui des femelles. Mes expériences indiquent cependant que le rapport des sexes est en faveur des mâles lorsque les premiers mois d'incubation des oeufs se déroulent entre 2O-24°C {durant les mois d'hiver} tandis qu'il favorise celui des femelles lorsque les premiers de l'incubation se déroulent à des températures plus élevées {26-28°C, p. ex. durant les mois d'été}.

En vue d'obtenir des pontes réellement productives on devrait séparer les sexes durant le processus de croissance et attendre d'obtenir des individus de plus grande taille. Si cet aspect important est systématiquement négligé, après quelques générations, les femelles seront beaucoup plus petites que les mâles et resteront à la traîne en croissance et en force. Les poissons annuels, à cause de leur métabolisme élevé, ont besoin d'un régime alimentaire solide, adéquat et régulier en vue de maintenir la production d'oeufs à un niveau élevé. Si la nourriture venait à manquer les poissons périraient très vite. Treat (1995) favorise également la séparation des sexes au moment ou les mâles deviennent sexuellement actifs et présentent leurs premières couleurs. Les femelles plus petites et les mâles plus tardifs ont dès lors une meilleure chance de grandir sans contraintes et d'atteindre des tailles adultes plus raisonnables.

Bien que de nombreux auteurs mentionnent que l'addition de sel à l'eau d'aquarium [1 cuillère à café pour 5 à 10 litres] soit recommandable en tant que mesure préventive contre les points dorés, mon expérience indique que pour être délivré à toujours de cette maladie il suffit de générer un courant continu d'importance moyenne dans l'aquarium. {ceci est obtenu par une simple pompe électro-magnétique}. Ce courant ne devrait pas être trop fort. Avec une maintenance adéquate et une température de l'eau de 22-24°C, les poissons peuvent vivre facilement jusqu'à un an; Roloff (1962) a maintenu des rachovii qui ont atteint l'âge respectable de 15 mois.

En vue de la reproduction, on peut faire usage de trois stratagèmes principaux: (i) maintenir un trio [2 femelles et 1 mâle] en ponte permanente, bien qu'il soit recommandé d'utiliser plus de femelles {jusqu'à cinq} par mâle; (ii) séparer les sexes et de les remettre ensemble chaque deux à trois jours ou (iii) maintenir toutes les femelles ensemble dans un grand aquarium avec un ou deux mâles que l'on change régulièrement toutes les semaines. Treat (1995) doubla sa collecte d'oeufs en ne mettant les poissons ensemble que pour 50 minutes après une séparation d'un jour. Il arriva à cette stratégie en supposant que les femelles, à cause de leur métabolisme élevé, étaient également des mangeuses d'oeufs dévouées.

Comme substrat de ponte on devrait prévoir une boîte en plastique contenant une couche de tourbe en paillettes d'une épaisseur de 10 mm. Cet "appareil" de ponte permet de limiter l'utilisation de tourbe à un stricte minimum, de concentrer les oeufs et d'éviter leur contamination par les produits d'excrétion du bac. Treat (1995) utilise pour cette espèce toujours de la tourbe fraîchement bouillie car selon ses observations, les rendements en oeufs sont plus faibles lorsqu'on utilise de la tourbe recyclée. On peut laisser les poissons pondre pour une période de 3-7 jours, après quoi la tourbe est retirée, légèrement pressée à la main jusqu'à ce qu'elle ait la consistance bien connue du tabac [Wildekamp (1979) mentionne cependant que la tourbe avec les oeufs ne devrait pas pouvoir s'assécher trop] et mise dans un sachet en plastique fermé avec suffisamment d'air et étiqueté en vue de la longue durée d'incubation des oeufs.

Au moment de l'immersion, après 5-6 mois d'incubation à 22-24°C, la tourbe avec les oeufs est d'abord versée dans un récipient après quoi de l'eau fraîche {18-20°C} y est versée. Le substrat flottant est bien remué ou légèrement frotté entre les doigts en vue de permettre aux oeufs développés de tomber vers le fond du récipient. La tourbe qui flotte encore après l'opération décrite ci-haut est retirée à la main tandis que celle qui se trouve au fond du récipient et qui contient les oeufs "oeillés" est transvasée dans un petit bac de 1 à 2 litres de contenance et immergée avec de l'eau propre fraîche et âgée de telle sorte que les oeufs sont couverts par 4 à 8 cm d'eau. L'éclosion peut parfois durer jusqu'à 24 heures avant que les premiers alevins nageant librement puissent apparaître. La tourbe restante contenant les oeufs non encore entièrement développés ou les oeufs non encore éclos est à nouveau séchée et gardée pour une nouvelle période de 6 semaines. Après cette période une nouvelle tentative d'éclosion procurera certainement de nouveau juvéniles. Selon Schrey (1976), les différentes tentatives consécutives d'éclosion d'oeufs peuvent produire des taux d'éclosion ayant les valeurs suivantes, exprimées en pourcentage,: 100 : 60 : 30 : 15: 0, où la première tentative d'éclosion est mesurée à 100°%. Comme à l'éclosion les jeunes sont très petits, l'addition de produits bénéfiques au développement d'infusoires, tel que 1-2 feuilles de chêne, peuvent être ajoutés à l'eau une semaine avant l'éclosion. Wildekamp (1979) mentionne que la période d'incubation des oeufs peut varier entre 6 et 9 mois, en fonction des divers facteurs externes.

La population de N.rachovii du Krüger National PARC(KNP noire) est plus difficile; elle requiert au minimum 7 mois d'incubation, voir souvent plus, avant de se développer. Selon Watters (1998), les oeufs peuvent même nécessiter jusqu'à 3 ans. Pour cette population il est donc toujours utile de mouiller à nouveau la tourbe un mois après l'immersion précédente en vue d'obtenir plus d'alevins. Du côté court du spectre de durée d'incubation, l'on peut trouver les oeufs de N.rachovii des populations d'aquarium, Beira "91" et "98" (après 10-12 semaines - avec une température d'incubation initiale élevée), le côté long du spectre se situe près de 3 ans (population KNP).

Les jeunes croissent plutôt rapidement et l'on peut régulièrement augmenter le niveau d'eau du bac avec chaque changement d'eau. Après 5-6 semaines, il est possible d'identifier et de séparer les sexes et deux semaines plus tard ils atteignent la maturité sexuelle. Les jeunes sont particulièrement actifs et toujours en mouvement à la recherche de nourriture.

Treat (1995) mentionne que des taux de mortalité de 50% et au-dessus, voire jusqu'à 100%, ne forment pas d'exception durant la période de croissance des jeunes. Aussi, plus les poissons deviennent âgés, plus ils supportent mal les brusques changements d'eau et de variations du pH. Un changement complet de l'eau peut facilement s'effectuer chez des juvéniles alors que chez les adultes, les changements d'eau doivent être beaucoup plus partiels et plus graduels.

A cause du métabolisme élevé de N.rachovii, il est absolument nécessaire de les nourrir quotidiennement et en abondance car dans le cas contraire, les poissons perdent très rapidement leur vivacité.

Selon Chan (1976) la période d'incubation ne devrait assurément pas être inférieure à 6 mois; ce n'est qu'après cette période qu'on peut s'attendre à obtenir de bons résultats d'éclosion. La température d'incubation, selon lui, devrait être maintenue de préférence entre 18-25°C.

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