Nothobranchius steinforti Wildekamp, 1977

Dernière mise à Jour: 01/12/99

 

 

steinforti: Nom de dédicace en l'honneur de Th. Steinfort, Pays-Bas, reproducteur renommé à la retraite de Nothobranchius et co-découvreur de l'espèce en 1976.

 

 

Description Première

Wildekamp, R. H. (1977): "Zur Identifikation von Nothobranchius guentheri (Pfeffer, 1893) und Nothobranchius palmqvisti (Lönnberg, 1907), zwei Saisonfischen aus dem südöstlichen Kenia und dem nordöstlichen Tansania; mit der Beschreibung von Nothobranchius steinforti species novum" - D. K. G. -Journal, 9(3): 33-46; 9 figs; 2 maps; 2 tabs.

Terra Typica

Cette espèce est connue de seulement deux localités dans les plaines de Mkata, environ 8 km avant Kimamba, dans une zone marécageuse longeant la route menant de Morogoro à Kimamba, moyen est de la Tanzanie.

Données Méristiques

D= 14-17; A= 15-17; C= 25-27; écailles en ligne longitudinale = 28-30

Karyotype: ?

Wildekamp (1977) présenta la description de N.steinforti. Le museau est court, aplati et large. L'ouverture de la bouche est dirigée vers le haut, la lèvre inférieure est proéminente. Les dents sont coniques, aiguës et légèrement recourbées vers l'arrière; les dents de la première rangée sont plus longues que celles des rangées intérieures, où elles sont également placées irrégulièrement et sont légèrement aplaties. Les deux sexes ont des nageoires arrondies. Les nageoires dorsale et anale des femelles sont relativement plus longues que celles des mâles. Les extrémités des rayons des nageoires dorsale, anale et caudale dépassent, chez les mâles adultes, la membrane de ces nageoires.

Au tableau 1 sont présentés les mensurations, comme mesurées par Wildekamp (1977), de l'Holotype, l'Allotype et des Paratypes. Toutes les valeurs sont exprimées en pourcentage de la longueur standard et en mm.

Tableau 1: Données méristiques * (d'après Wildekamp, 1977)

Mensurations

Holotype

Allotype

Paratypes

Hauteur du corps

29.4

28.0

30.7-27.0

Longueur de la tête

31.0

33.3

36.1-31.1

Hauteur pédoncule caudal

15.5

13.2

16.2-13.1

Longueur pédoncule caudal

18.6

21.5

20.8-18.1

Diamètre de l'oeil

8.4

9.2

9.0-8.1

Largeur interorbitale

14.2

14.5

14.0-13.3

Longueur du museau

8.7

8.3

8.6-7.2

Distance pointe museau au début nageoire dorsale

57.3

62.7

62.8-56.2

Distance pointe museau au début nageoire anale

59.4

66.0

65.5-56.9

Distance pointe museau au début nageoire ventrale

49.5

54.5

53.1-46.8

*Valeurs en % de la longueur standard (Selon Wildekamp, 1977).

Tableau 2: Données morphométriques (d'après Wildekamp, 1977)

Mensurations

Holotype

Allotype

Paratypes

Moyenne

Rayons nageoire dorsale

16

15

14-17

15.5

Rayons nageoire anale

17

16

15-17

15.8

Rayons nageoire ventrale

7

6

7-5

5.9

Rayons nageoire pectorale

16

16

15-17

16.1

Rayons nageoire caudale

26

26

25-27

25.9

Écailles ligne longitudinale

29+3

30+3

28-30

28.7

Écailles au début de l'anale

12

12

10-12

10.9

Écailles pré-dorsales

15

15

15-16

15.6

Écailles sur pédoncule caudal

7

7

6-7

6.3

Hauteur corps sur longueur corps

3.4

3.6

3.7-3.3

3.5

Hauteur corps dans longueur totale

4.1

4.3

4.5-4.0

4.2

Longueur tête dans longueur corps

3.2

3.0

3.2-2.8

3.0

Longueur tête dans longueur totale

3.9

3.7

3.9-3.3

3.7

Diamètre oeil dans longueur tête

3.7

3.6

4.0-4.6

3.8

Diamètre oeil dans largeur interorbitale

1.7

1.6

1.7-1.5

1.6

Ratio hauteur/longueur pédoncule caudal

1.2

1.6

1.6-1.2

1.4

(* Selon Wildekamp, 1977)

Synonymes

aucun

En 1977, N.steinforti fut reconnu pour appartenir au groupe des petites espèces Nothobranchius dans lequel Wildekamp le plaça. En cette époque, Wildekamp (1977) considéra que ces espèces formèrent le groupe de N.palmqvisti. Dans ce groupe, il plaça également les espèces suivantes: N.patrizii, N.palmqvisti, N.spec."Mwazuma", N.spec."Kaloleni" et N.spec."Dar es Salaam".

Toutes ces espèces peuvent être trouvées dans le voisinage de la côte près de l'Océan Indien, dans les systèmes hydrographiques des rivières Wami, Pangani, Umba, Sabaki et Tana. Selon Wildekamp (1977), N.steinforti est le premier représentant de ce groupe qui se retrouve plus à l'intérieur des terres, dans les marais du haut Wami.

Holotype

Mâle adulte (longueur standard 32,3 mm; longueur totale 39 mm) collecté le 11 Juin à 11.30 h. par R. Van Haarlem, J. Lourens, J. Pap, Th. Steinfort et R. H. Wildekamp, dans un marais du côté gauche de la route allant de Morogoro à Kimamba, 8 km avant Kimamba, Tanzanie {37°11’E - 6°46’S}.

Allotype

Femelle adulte (Longueur standard 30,3 mm; Longueur totale 37 mm); données de collecte identiques au Holotype.

Paratypes

Trois mâles et trois femelles (Longueur standard 31,5-27,7 mm; longueur totale 37,8-34,2 mm) même données de collecte que l'Holotype.

 

Tous les types et spécimens supplémentaires sont conservés au Muséum pour l'Afrique Centrale à Tervuren, Belgique.

Taille

Les mâles sont en général plus grands que les femelles; ils peuvent atteindre une longueur maximale de 55 mm; les femelles n'atteignent qu'une longueur de 45 mm.

Code

STN

Distribution & Habitat

N.steinforti a été trouvé vivant en syntopie avec une espèce qui antérieurement (avant la ré-identification correcte par Wildekamp de N.melanospilus) qui fut considérée comme étant N.guentheri - et qui en fait correspond à la forme tachetée de N.melanospilus - dans les marais du système hydrologique supérieur de la rivière Wami, le long de la route menant de Morogoro à Kimamba, Tanzanie.

Les collecteurs la trouvèrent être en nombre numérique inférieur à N.melanospilus. Comme faune d'accompagnement, Ils trouvèrent également divers insectes aquicoles et des grenouilles. Le marais peu profond était couvert d'herbes Cyperacae- et Graminae avec Nymphea capensis et Urticularia spec. (Wildekamp, 1977).

 

Figure 1: Lieu de collecte de N.steinforti en Tanzanie

 

Les collecteurs trouvèrent également N.steinforti dans une mare à côté d'une rizière le long de la même route, quelques 700 mètres plus loin, vers Kimamba. Ils remarquèrent que dans cette dernière localité, N.steinforti, ainsi que N.melanospilus y vivant en sympatrie, étaient beaucoup plus pâles. Dans ce dernier habitat, les collecteurs ne trouvèrent pas de végétation aquatique et la faune d'accompagnement se composait de crabes et de tortues d'eau douce.

Statut dans le hobby

Durant les années quatre-vingt-dix, l'espèce est devenue très rare dans le hobby. Ceci est particulièrement inquiétant du fait que d'une part il n'y a plus eu de nouvelles collectes de cette espèce dans le milieu naturel ni de nouvelles introduction dans le hobby depuis l'époque de sa découverte et de son introduction initiale en 1976. Sous l'impulsion de ce site web, N.steinforti a progressivement été à nouveau disséminé dans le hobby durant la fin des années quatre-vingt-dix.

 

Figure 2: Lieux de collecte de N.steinforti, route de Morogoro à Kimamba, Tanzanie

Livrée

Mâles: chez les mâles, la couleur des écailles est d'un bleu vert réfractant. Elles sont bordées d'un bord étroit rouge brun grâce auquel, chez les animaux adultes, un patron de réticulation est généré. Le dos est gris brun, le ventre plus blanchâtre. L'opercule est bleu et possède trois lignes obliques rouge brunes. L'iris de l'oeil est bleu. La membrane de la nageoire dorsale est jaune verte, on peut y trouver un dessin prononcé de taches bleu foncées, plus large à la base qu'à l'extrémité de la nageoire. La nageoire anale est jaune à orange clair et possède un nombre important de taches rouge à rouge brun. Les extrémités des rayons des nageoires sont noires. La nageoire caudale, à demi transparente a sa base, est vert olive, avec un nombre important de taches orange rouge, dont l'implantation devient plus dense vers le bord et finissent par se rejoindre pour former de la moitié de la nageoire vers l'arrière une large bande marginale orange rouge. Ici aussi, les extrémités des rayons de la nageoire sont noires. Les spécimens juvéniles présentent une coloration plus pourpre sur le corps; les plus âgés sont plus bleu vert.

 

 

Femelles: les femelles ont une coloration monotone gris olive. Les écailles dans la première partie du corps présentent un ton bleu claire faible. Le ventre est argenté à blanc. Il n'y a pas d'autres marques visibles sur le corps et toutes les nageoires sont incolores.

Préservés dans une solution de formol à 5% les mâles perdent leurs couleurs et seul les extrémités noires des rayons des nageoires restent clairement plus foncé. Les femelles deviennent uniformément grises.

Maintenance & Reproduction

Comme chez la plupart des espèce Nothobranchius, elle ne requiert pas de soins particuliers et la qualité de l'eau ne joue qu'un rôle secondaire dans la maintenance. Selon Wildekamp (1977), il y a cependant un point qui requiert une attention particulière: une nourriture offerte en quantité suffisante. Les jeunes doivent littéralement baigner dans la une nourriture abondante et diversifiée, car autrement la croissance stagne et la bonne santé du poisson se détériorera rapidement; un processus qui est à peine réversible une fois qu'il a débuté.

N.steinforti est préférablement maintenu dans des bacs pas trop grands; un aquarium de taille moyenne de l'ordre de 40 à 50 litres est déjà amplement suffisant pour environ 10 à 15 spécimens, avec plus de femelles que de mâles. On doit veiller à éviter de ne mettre que 2 mâles ensemble car le plus petits fera toujours l'objet d'attaques et finira par mourir, suite au stress et à la dépravation. Lorsque des mâles sont maintenus en groupe, les véritables combats ne se produiront qu'occasionnellement. D'habitude, les combats d'apparence et les menaces seront suffisants pour détourner l'agression. La composition de l'eau est d'importance moindre, pourvu qu'elle soit changée régulièrement et qu'une dureté ou acidité extrême soit évité. Les températures idéales de maintenance se situent entre 20-25°C.

Le poisson se sent à l'aise dans un aquarium pas trop illuminé, ayant une couche de fond sombre, pour laquelle la tourbe est très approprié. Les mâles peuvent parfois être très agressifs envers leurs congénères et comme ils pourchassent constamment les femelles, il est recommandé de s'assurer de mettre à disposition des jeunes mâles comme des femelles de nombreuse caches où ils/elles pourront se reposer. Toutes sortes de nourriture vivante adaptée à la taille de la bouche sera prise volontiers.

La manière la plus productive pour reproduire cette espèce consiste a mettre ensemble plusieurs femelles avec un seul mâle dans un aquarium de 10 à 12 litres et de les changer tous les 2-3 jours avec de nouveaux spécimens, qui ont été préalablement, durant 2-3 jours, séparé selon le sexe. Cette méthode est cependant peu attractive car il faut capturer tous les quelque jours de nouveaux poissons. Ceci augmente le risque de blessures chez ces poissons de nature fragile. L'espèce est capable de pondre des oeufs après seulement 2 mois d'existence, mais il est recommandé d'attendre que les poissons aient atteint un âge plus avancé et une taille plus grande.

N.steinforti peut facilement être amené à pondre dans une eau ayant les caractéristiques suivantes: pH de 6,8 à 7,4; dureté de l'eau entre 8 et 16 et une température entre 22 et 25°C. L'addition de sel [1 cuillère à café pour 5 à 10 litres d'eau] est également recommandé comme mesure préventive contre les attaques de la maladie des points dorés. La lutte contre la maladie des points dorés peut également s'effectuer en utilisant du sulfate de cuivre, mais une très grande prudence est de mise. Une autre alternative pour combattre les points dorés consiste à générer un courant continu, pas trop violent, dans l'eau de l'aquarium. Avec cette option, je n'ai personnellement jamais observé d'attaque des points dorés sur les poissons.

Comme mise en scène pour la ponte, on utilise un ravier en plastique de 10 cm de haut dans lequel on dépose une couche de 10 mm d'épaisseur de tourbe en vue de concentrer les oeufs et d'éviter qu'ils ne soient pollués par les excréments. On laisse les poissons y pondre pour une période de 5 à 7 jours, après quoi la tourbe contenant les oeufs fertilisés est retirée, légèrement pressée dans la paume de la main et laissée à sécher un peu plus jusqu'à ce que la tourbe acquière la consistance du tabac humide. La tourbe est alors placée dans un sachet en plastique contenant pour les 2/3 de l'air sain, que l'on ferme au moyen d'un élastique et que l'on étiquette. Les oeufs de N.steinforti sont ensuite rangés pour une période de 2,5 à 3 mois [8-12 semaines] a une température de conservation constante de 24°C. Anonyme [1977] mentionne que les oeufs peuvent incuber de 2 à 2,5 mois.

Après la période d'incubation, les oeufs peuvent être inspecter pour la première fois en vue de déceler la présence d'embryons "oeillés". Lorsque ceux-ci peuvent être discerner à travers la membrane de l'oeuf, le temps est arrivé de faire éclore les alevins. Au moment de l'éclosion, la tourbe contenant les oeufs développés est d'abord versée dans un récipient de 1 litre de contenance et de l'eau ordinaire à douce de 16-18°C y est versée. Lorsqu'on utilise de l'eau ordinaire de robinet pour l'éclosion, elle devrait préalablement avoir reposer pendant quelques jours avant son utilisation.

Au moment de l'éclosion, la tourbe et les oeufs sont versés dans un récipient d'1 litre de contenance et vivement mélangés à l'eau du récipient en vue de permettre aux oeufs de se mouiller et de couler vers le fond. La tourbe qui flotte encore après cette mise en eau est retiré manuellement. Le résidu du fond contenant les oeufs est alors versé dans un petit bac [5 litres] d'éclosion de telle manière que les oeufs soient immergés sous une couche de 5 à 10 cm d'épaisseur d'eau. L'éclosion peut demander jusqu'à 24 heures avant que les premiers alevins n'apparaissent, les derniers peuvent exiger jusqu'à une semaine d'immersion. Après avoir rempli leur vessie natatoire, les alevins peuvent prendre immédiatement des nauplies d'Artemia fraîchement écloses.

Par trio nourri à profusion, on peut s'attendre à obtenir jusqu'à 20 oeufs par jour. Comme les alevins sont relativement petits au moment de l'éclosion, on peut ajouter durant les premiers jours des infusoires, ou 1-2 feuilles séchées et froissées ou mieux encore de l'eau verte riche en infusoires.

 

Wildekamp (1977) mentionne encore que plus la tourbe est humide durant l'incubation, plus rapide sera le développement des oeufs. Cependant, dans un substrat trop humide, les oeufs ne se développeront pas du tout.

Comme chez la majorité des espèce Nothobranchius il y a toujours des oeufs "en repos", qui demandent une durée plus longue d'incubation avant de montrer quelque signe de développement. Une immersion multiple de la tourbe sera donc nécessaire chez cette espèce.

Les alevins croissent rapidement et le niveau d'eau devrait progressivement être élevé au moment de chaque changement d'eau. Après 5-6 semaines ils peuvent atteindre la maturité sexuelle. Ils sont particulièrement actifs et constamment à la recherche de nourriture.

LITTÉRATURE