La philosophie de
Benedictus de Spinoza
(1632-1677)

 
“ bene agere, et laetari ”
 
sceau CAUTE
 

Introduction au site

 

Si l’on devait caractériser les différentes branches de la science par les questions auxquelles elles essaient de répondre, la philosophie est certainement celle qui s’adresse aux questions les plus fondamentales qu’un être humain peut se poser:

  • y a-t-il une (seule) réalité et comment est-elle constituée?
  • qu’est-ce que je peux savoir d’elle et comment puis-je en être certain?
  • quelles principes pour orienter mes actions?

La contribution que Benedictus de Spinoza a faite à l’élucidation de ces questions et les quelques réponses qu’il y a apportées, le classent parmi les plus grands esprits du monde occidental, voire de l’humanité entière. Il nous a laissé un petit nombre d’oeuvres de taille plutôt modeste mais quand on veut les étudier, en toute leur ampleur et profondeur, voilà une entreprise qui peut durer toute une vie et qui est de nature à rendre quasiment inutile l’étude de tout autre penseur sur ces questions fondamentales.

L’oeuvre principale de Spinoza s’intitule Ethica, c’est-à-dire qu’elle porte sur le comportement humain, mais l’auteur lui-même l’appelle à plusieurs reprises “mea philosophia”. En effet, dans cette oeuvre il ne s’agit pas seulement de la dernière des trois questions énumérées ci-dessus – le philosophe commence, de manière systématique et rationnelle, par les caractéristiques fondamentales de ce qui est, puis il en déduit d’autres caractéristiques et discute lesquelles parmi celles-ci on peut connaître et comment; ce n’est qu’après cela qu’il parvient à la description des réactions humaines, de façon la plus impartiale et la moins “moraliste” possible, afin d’en déduire des lignes conductrices pour notre vie personnelle et publique. Finalement, il présente sa réponse à la question qui, au moins pour ma part, n’est pas tellement du ressort de la philosophie que de celui de la religion mais qui doit préoccuper chaque être rationnel et d’autant plus quand la fin de sa vie s’approche – que puis-je attendre (espérer)? Cette réponse (si je l’ai comprise correctement) est typiquement double: ne vous attendez pas à une récompense en dehors de cette vie (“La béatitude n’est pas le prix de la vertu, c’est la vertu elle-même”, Eth. P. 5. prop. 42. schol., trad. Saisset) mais tout de même, il y a quelque chose qui restera de chacun d’entre nous (“L’âme humaine ne peut entièrement périr avec le corps ; il reste quelque chose d’elle, quelque chose d’éternel.”, Eth. P. 5. prop. 23., trad. Saisset).

L’Ethica est entièrement autosuffisant et d’application universelle. Jusqu’à ce jour elle est une source presque inépuisable de réflexions. Spinoza l’a écrite sous forme de livre de géométrie, avec axiomes, définitions, propositions, démonstrations, corollaires (propositions ancillaires) et scolies (notes). La tension créative entre forme et contenu, présente dans cette oeuvre, ne cesse d’intriguer les savants. Ma propre contribution au débat – encore en préparation – sera solidement fondée sur des caractéristiques observables de la construction du texte. Elle sera publiée ici en temps voulu.

En effet, c’était avant tout la densité de références internes, propre à la forme choisie par Spinoza, qui me décida de publier une édition hypertexte en latin de l’Ethica. J’avais conçu cette idée avant d’apprendre l’existence d’autres éditions électroniques du texte latin (sur le Web ou ailleurs) et j’ai décidé de continuer mon projet à cause de la valeur ajoutée que je pensais pouvoir apporter. Les liens internes que j’ai introduits systématiquement ne sont qu’un seul élément d’une telle valeur ajoutée; l’Index et le Glossaire ont une vocation aussi importante. Je renvoie le lecteur au préface de l’éditeur pour les détails de ces aspects.

Bien que l’Ethica est autosuffisant, comme il a été remarqué plus haut, mon ambition a été de fournir au lecteur un maximum de matières complémentaires et pertinentes pour l’aider dans son étude et sa compréhension. Ainsi j’ai aussi édité pour le Web et dans le même style, le Tractatus de Intellectus Emendatione, qui fournit une partie de fondation epistémologique, et le Tractatus Politicus, qui traite de l’application à la vie publique des principes enoncés dans l’Ethica. On peut trouver beaucoup de liens entre ces oeuvres par le biais du Glossaire et de l’Index complet de l’Ethica. Finalement, des éclaircissements additionnels de certains points dans toutes ces oeuvres se trouvent dans la correspondance que Spinoza menait avec ses contemporains, qu’ils étaient ses étudiants ou des savants de renom. J’ai donc édité une sélection de ses lettres (Epistolae) avec des références, à la fois celles fournies par Spinoza lui-même et celles insérées par l’éditeur, en plus d’autres ajoutées par moi-même. Une fois de plus, le Glossaire et l’Index peuvent révéler des liens supplémentaires.

Je dois beaucoup à plusieurs personnes en matière d’inspiration et encouragement. Certaines parmi elles ont créé leurs propres sites Web, riches en informations précieuses et bien présentées. Une sélection de liens vers ces sites figure sur la page principale de mon site. Un catalogue plus ample se trouve dans le préface de l’éditeur. Bien que même là, mon but n’était pas nécessairement d’être complet, j’aimerais rendre hommage à tout autre effort sérieux de publication sous forme électronique dédié à Spinoza. J’invite donc chacun à me suggérer des additions à ma liste (de préférence par courrier électronique).

Puisse cette oeuvre s’avérer
d’autant de valeur pour ses utilisateurs,
qu’il a été une joie de la produire.

signature
Rudolf W. MEIJER
 
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