LE GUI.

(Viscum album L.)

par Charles DECLERCK

 
 
 
TABLE DES MATIERES "LE GUI" : TABLE DES MATIERES de L'Annexe du 31 décembre 2000.
1. Information générales de base. 1. Considérations concernant les aires de distribution du gui.
2. Qu'est-ce qu'un «épiphyte» ? 2. La germination épiphyte du gui.
3. Où voit-on pousser le gui ? 3. La réaction de l’arbre concernant la pénétration du gui.
4. La dispersion des graines 4. Est-il possible que certains arbres soient capables de former une résistance et empêcher ainsi que le suçoir puisse pénétrer jusqu’au xylème ?
5. La germination elle-mëme 5. La lumière, une nécessité que j’avais sous-estimée.
6. Suite de l'évolution de la plantule 6. Le forçage de la germination.
7. La plante de gui 7. Est-il semi-parasite ou y a-t-il une symbiose ?
8. Semer soi-même du gui (principes de base). 8. Le gui parasité par le gui.
9. Obtenir un semis avec toute chance de réussite. 9. Réactions inattendues du gui.
10. La mystique du gui 10. Fin provisoire.
11. Appendice - Phases de dévloppement - dessins - photo's LITERATURE
LITERATURE Le gui sur pommier        Le gui parasité par le gui
Photo's Tapinanthus Erianthus  sur  Hibiscus Rosa-Sinensis 
Vers Annexe du 31 décembre 2000.

Parmi toutes les plantes de nos régions, le gui constitue sans le moindre doute un phénomène hors du commun, parce que sa présence sur les arbres paraît imprégnée de mystère.

Il perce l'écorce et se développe en un organisme touffu, de forme sphérique, qui devient particulièrement visible sur les feuillus en hiver, parce que ceux-ci perdent leur feuillage, tandis que le gui reste vert.

C'est pour cette raison qu'il est manifestement moins perceptible sur les arbres à feuillage persistant, les pins et sapins.

Un autre aspect remarquable est le fait que le gui est courant dans certaines régions, sporadique dans d'autres et absent dans le reste du pays.

Certains ont essayé de semer les graines du gui sur leurs arbres, ce qui n'a pratiquement jamais réussi. Dans quelques cas rares, ils ont réussi, mais sans connaître la raison de ce succes exceptionel.

Mes propres essais, qui ont souvent échoué, m'ont incité à en chercher la cause et après des années j'ai enfin pu dévoiler «les mystères» du gui.

J'ai également trouvé entre autres une explication acceptable au fait qu'un arbre ne souffre pas de quelques guis, mais qu'il dépérit quand ceux-ci deviennent trop nombreux.

C'est tout ceci que je veux vous expliquer mais d'abord j'estime nécessaire de rappeler quelques connaissances élémentaires afin que vous compreniez mieux comment les choses se passent réellement.

1.Information générales de base.

Toutes les plantes vertes ont développé un système ingénieux auquel on doit pratiquement toute vie sur terre. Je m'explique en résumé :

Les racines absorbent l'eau qui contient des minéraux ou sels nutritifs. Dans les feuilles une partie de l'eau s'évapore et l'acide carbonique de l'air y est absorbé.

Sous l'influence de la lumière solaire, la chlorophylle unit l'acide carbonique à l'eau. Ceci s'appelle la photosynthèse ou l'action chlorophyllienne.

Le résultat en est incroyable : l'acide carbonique uni a l'eau devient du sucre et de l'amidon et le surplus en oxygène se dégage dans l'air (car les plantes produisent de l'oxygène).

On sait également que les différents minéraux s'associent dans cette combinaison chimique de l'acide carbonique et de l'eau. Ainsi la photosynthèse produit toute une gamme de matières organiques naturelles, qui vont nourrir et faire croître la plante. Mais les animaux herbivores vivent de ces plantes ; les carnivores dévorent les herbivores et les omnivores (comme l'homme) ont des plantes et des animaux à leur menu. Tout ceci vit et survit grâce à cette photosynthèse !

Il faut savoir aussi que les racines absorbent l'eau contenant les sels nutritifs et que celle ci est transportée vers les feuilles par l'aubier. Dans la plante cette eau s'appelle la sève minèrale ou sève brute.

Une fois la photosynthèse accomplie la sève nutritive s'appelle sève élaborée et elle est transportée par le liber (la partie vivante de l'écorce) dans toute la plante jusqu'au moindres radicelles qui doivent aussi être nourries.

Le gui n'est qu'un semi-parasite parce qu'il n'absorbe que la sève minérale de l'arbre. En germant il perce sa « racine » au travers du liber jusqu'à l'aubier.

En suçant la sève brute de son hôte il peut dès lors produire sa propre sève élaborée par sa propre chlorophylle.

Les dégâts que le gui cause à son hôte peuvent être considérés comme négligeables (sauf s'il y a vraiment beaucoup de trouffes de gui).

2. Qu'est-ce qu'un «épiphyte» ?

Un épiphyte est une plante qui se sert de l'arbre comme endroit de croissance seulement.

La pluie suffit à ses besoins en eau. Il obtient les sels nutritifs principalement des excrétions foliaires (ce sont des exsudats foliaires riches en minéreaux). Par conséquent les épiphytes obtiennent les minéraux, nécessaires à leur propre développement, de façon indirecte de l'arbre sur lequel ils poussent et que la pluie dissout.

Les épiphytes sont des plantes qui n'ont donc aucun contact avec le sol. Afin de pouvoir survivre sur d'autres végétaux il faut qu'il y ait un apport régulier d'humidité atmosphérique qui doit éviter leur dessication.

Les seuls épiphytes de nos régions sont les mousses et les lychens qui peuvent se former sur l'écorce , mais ces plantes inférieures peuvent supporter un desséchement temporaire. C'est pourquoi dans nos régions aucune plante supérieure n'a pu coloniser cette niche écologique, mais sous les tropiques il y en a énormément ; les arbres y sont parfois couverts d'orchidées, de bromélias, de fougères et de nombreuses autres espèces d' épiphytes.

3. Où voit-on pousser le gui ?

La graine de gui qui s'est fixée sur une branche doit essayer de survivre pendant sa longue période de germination en épiphyte. Cette période débute au printemps et dure jusqu'en automne. C'est seulement durant l'automne que le germe pourra puiser la sève brute de l'arbre ; ce n'est qu'à partir de ce moment que le gui devient un semi-parasite, indépendant des conditions atmosphériques.

Les risques de desséchement sont donc considérables durant les périodes sèches de l'été. Il y a aussi le danger de se faire délaver durant les orages si elle n'est pas fixée à un droit bien protégé.

Quand on constate la présence du gui en Belgique on doit, à mon avis, prendre trois régions en considération compte tenu du microclimat qui peut y règner.

Si ce microclimat se révèle favorable à la survie des graines pendant leur germination, elles évolueront de façon positive. Ces conditions sont : pluie régulière, humidité relative importante, du brouillard ou de la condensation nocturne pendant les périodes chaudes et sèches de l'été.

Aux endroits où ce microclimat se manifeste régulièrement on y découvre du gui en grande quantité et on y trouve pêle-mêle de vieux, de plus jeunes et de très jeunes plantes.

Ces endroits peuvent connaître aussi des années aux périodes trop sèches. Ces années là il n'y aura aucune descendance et un semis artificiel peut donc échouer là ou le gui abonde.

Il est pourtant remarquable que le gui ne s'y manifeste pas partout ; les populations de gui y sont dispersées. Cela signifie que les oiseaux disséminent certainement des graines sur les arbres environnants mais que la germination n'y réussit jamais ; elle ne réussit qu'à certains endroits précis.

En voici un bel exemple : un collègue m'a raconté que lors d'un voyage d'étude dans la vallée de la Meuse, il a vu un verger de pommiers. Les arbres se trouvant plus près du bord du fleuve étaient envahis de gui, tandis que sur les arbres situés plus haut il n'y en avait aucun. Le guide expliquait que l'humidité devait certainement jouer un rôle. Cet exemple démontre aussi qu'un microclimat favorable ou défavorable peut avoir des limites très nettes. Ma théorie concernant le microclimat favorable à la germination se comprend parfaitement avec cet exemple. Il est clair que chaque année des graines parviennent sur les arbres en hauteur, mais ces graines s'y dessèchent durant l'été.

Puis il y a les régions où l'on recontre le gui sporadiquement et y forment une population isolée, mais où l'on ne voit que très rarement de très jeunes plantes. Des plantes âgées et plus jeunes appartiennent clairement aux mêmes groupes d'âge. Conséquence logique : dans cette région il y a exceptionellement de temps en temps un microclimat propice à la germination. (p.ex. : Kortenberg et environs).

Enfin il y a des régions où le gui ne se manifeste jamais, bien qu'il soit possible d'y découvrir très, très exceptionnellement quelques plantes, qui ne produiront évidemment jamais de descendants, et où un nouvel apport de graines n'aura jamais la chance de reussir leur germination. (p.ex. ; la plus grande partie de la Flandre ou la partie nord de la Belgique.)

Le microclimat favorable s'avère donc y être un événement excessivement exceptionnel.

Un autre fait prouve également que ma thèse est exacte : chaque année les oiseaux dispersent de grandes quantités de graines dont une partie se niche certainement aussi bien très près, que plus loin et parfois même très loin de la population-source.

Pourtant, la toute grande majorité de ces graines ne réussissent pas à survivre, simplement parce qu'elles se desséchent.

Voilà les limites très étroites entre lesquelles le procès de la germination peut évoluer favorablement et qui sont donc responsables de la dispersion si limitée du gui dans la nature. C'est aussi la raison pour laquelle la germination ne réussit pratiquement jamais quand on place soi-même les graines sur des branches.

Le lecteur qui ne serait pas au courant de cette problématique doit savoir que, selon les informations dont je dispose, jamais personne n'a réussi à dévoiler le secret du procès de cette germination..

On constate simplement que le gui pousse à un certain endroit et non à un autre, mais personne n'a examiné pourquoi les graines réussissent ou dépérissent pendant la germination à tel endroit et pas à un autre.

On accepte aveuglément toutes sortes d'hypothèses, comme par exemple « lié aux régions calcaires », sans examiner si cette thèse s'avère bien exacte, et ceci malgré le fait que le gui ne se rencontre dans les régions calcaires qu'en populations très locales et qu'on trouve aussi du gui sur des terres acides. La notion « lié aux régions calcaires » est si ancrée que je me sens obligé d'en prouver le contraire.

Concernant la théorie du calcaire je ne citerai que deux cas. Ils sont en contradiction complète, mais tous les deux ne se sont produits qu'une seule et unique fois dans des régions où le gui ne s'était jamais manifesté auparavant, ni après. Mon interprétation donne une réponse logique au problème de l'apparition de ce gui, mais elle reste ouverte à toute discussion.

Le premier cas se situe à Alost (Aalst-Mijlbeek). Entre l'église et la piscine se trouve un bosquet de peupliers, âgés d'une bonne vingtaine d'années, sur un sol très acide, car le pH y oscille entre 4 et 4,5. J'y ai compté pas moins de quatroze guis du même âge, d'environ 40 à 50 centimètres de diamètre, dont quelques-uns poussent à 5-7 mètres de sol, d'autres très haut dans les cimes. Ici non plus pas de jeunes plantes, bien que les baies soient bien visibles du sol.

Apparemment ils ont le même âge que les guis d'Hekelgem, à 6 à 7 kilomètres de là et la terre y est également très acide.

Le deuxième cas est identique, mais cette fois-ci il s'agit d'un sol très calcaire : à l'Ecole d'Horticulture de l'Etat de Vilvorde (Vilvoorde) (actuellement Horteco), le pH s 'élève à 8. Le sous-sol y est constitué par une couche calcaire. Impossible d'y cultiver le rhododendron et l'azalée. Les plantations de poiriers y souffraient de chlorose et pour diminuer le pH certaines parcelles ont été  traitées au soufre.

En 1951 il n'y avait dans le parc de l'école qu'un seul, mais très grand gui, situé très haut dans un arbre. Lorsque j'y retournai en 1960 il avait disparu. Jamais auparavant, ni plus jamais par après un autre gui n'a été observé, ni dans les grands arbres du parc, ni dans les arbres des environs, ni dans les nombreux peupliers derrière l'école..., pas de descendants de cette plante, ni de germinations de nouvelles graines que les grives dispersent inévitablement chaque année, et ici nous avons un sol calcaire !

Le gui démontre lui-même qu'il se développe également bien sur des arbres se trouvant sur des terres acides. Lorsqu'on brûle le bois des arbres ayant grandi sur des terres acides, les cendres contiennent aussi du calcium, parce que les terres acides contiennent également de la chaux, bien qu'en moindre quantité. Par conséquent le gui trouve dans la sève minérale de ces arbres aussi le calcium nécessaire à son développement.

La présence du gui dans la nature n'a rien à voir avec la « quantité » calcaire dans le sol, mais elle dépend uniquement du microclimat favorable pendant la longue periode de sa germination.

Entretemps trois personnes de la région gantoise m'ont appris gue leurs graines ont germé a hauteur d'homme sans aucune intervention. Ceci prouve que le microclimat de cette région alluvionaire, si favorable à la culture de l'azalée, l'est aussi pour la germination du gui.

4. La dispersion des graines.

La grive draine (Turdus viscivorus) est la responsable principale de la dispersion des graines en Belgique, surtout sur les grandes distances. Suivant une étude de la « Vlaamse Landmaatschappij » ce serait plustôt la grive litorne (Turdus pilaris) qui serait responsable de la dispersion des graines sur des grandes distances durant son retour vers le nord en mars.

La dispersion plutôt locale des graines est principalement l'œuvre des autres espèces de grives, mais en France la dispersion locale se ferait aussi par la fauvette à tête noire (Sylvia atricapilla).

Puisque en montagne (la forêt noire) le gui se rencontre sur les sapins (Abies) et les pins (Pinus), la dispersion s'y fait probablement par le jaseur de bohème (Bombycilla garrulus), parce qu'en régions montagneuses on ne rencontre pas de grives au sommet des conifères tandis qu'on y trouve le jaseur de bohème.

J'aimerais également renvoyer une fois pour toutes au monde des contes et des fables l'idée fausse, mais très répandue que la dispersion des graines et des baies se produirait parce que celles-ci resteraient collées au bec des oiseaux qui s'en débarasseraient plusieurs kilomètres plus loin en frottant leur bec à une branche. Primo, les oiseaux cueillent les baies une à une et les avalent, secundo, les baies ne collent pas, et tertio, aucun oiseau ne supporte des restes collés à son bec ; si cela arrivait, il le nettoyerait tout de suite, en tout cas avant de s'envoler ! Seul la fauvette décortique la baie sur place et se débarasse de la graine en frottant le bec contre la branche.

Puisque la dispersion des graines parait si mal comprise, j'aimerais m'expliquer plus clairement à ce sujet.

La grive draine et/ou la grive litorne disperse les graines surtout sur de grandes distances. En Belgique le retour de la migration de la grive a lieu en fevrier/mars, venant du sud, où il y a du gui, vers le nord, où le gui est absent.

A tort on prétend que l'oiseau ne peut transporter les graines sur une distance supérieure à 2 kilomètres et que les graines seraient déjà excrétées après une demi-heure. C'est pourtant la grive elle-même qui prouve le contraire !

En fournissant des efforts de longue durée, la majeure partie du sang circule vers les muscles et la digestion s'arrête pour ainsi dire. Il est bien possible qu'on ait pu constater qu'une grive en cage fiente déjà les graines après une demi-heure, mais quand la grive migre, elle peut parcourir de grandes distances avant d'aller se reposer de préférence dans les cimes de grands arbres et de s'y «soulager». Le gui unique et exceptionnel, constaté au «Krekengebied » (région au nord d'Eeklo, près de la frontière hollandaise) en constitue un exemple modèle. J'estime que la population-source de gui la plus proche est située à plus de 50 kilomètres.

Alost (Aalst) fournit une preuve semblable : tous les guis s'y trouvent sur la première rangée d'arbres ; pas au centre, ni dispersés dans le petit bois de peupliers. Les grives, venant évidemment du sud, se sont posées dans les cimes des arbres de la première rangée, située au sud bien entendu !

En découvrant du gui sur une rangée de peupliers, près d'un cimetière bruxellois, la même théorie s'avère valable.

Certains prétendent que ce gui y serait une contagion locale provenant des rameaux de gui déposés sur les tombes. Cette idée n'est pas défendable : d'une part la grive (draine ou litorne) ne vient certainement pas s'approvisionner sur les tombes pour s'envoler ensuite vers les peupliers et d'autre part les merles (Turdus merula) et les autres grives locales pourraient bien consommer ces baies durant l'hiver, mais ne s'envoleront pas vers les peupliers, mais se tiennent plutôt dans les plus petits arbres et arbustes de leur environnement.

Ma thèse s'avère exacte : il y a une bonne dizaine d'années, la Flandre a connu un été  tout à fait exceptionnel, propice à la germination du gui. Tous les guis du « Krekengebied », d'Alost, d'Hekelgem, de Bruxelles (Brussel) et probablement d'autres endroits encore, où ils ne s'étaient jamais manifestés auparavant, ne se remarquent qu'après des années. Par conséquent ces touffes de gui auront toutes le même âge, et cela peut être déterminé facilement.

Cette même année favorable, des rameaux de gui ont été déposés dans de nombreux cimetières, où les merles et d'autre oiseaux ont pu en disperser les graines localement. Pourtant nulle part des guis n'ont été signalés sur les arbres des cimetières !

Ce n'est pas aussi simple, il y a encore un facteur en jeu. Plus loin dans le texte j'expliquerai pourquoi les graines, qui sont dispersées tard, durant le retour de la grive draine ou litorne, ont plus de chances de survivre à condition que l'été leur soit favorable, ce qui est exceptionnel en Flandre.

N'oublions pas non plus que chaque année les grives dispersent partout des masses de graines, qui, chaque année se dessèchent chaque fois durant l'été. Les graines des baies aux cimetières, de même que celles produites par les guis locaux sont généralement dispersées durant l'hiver ce qui s'avère beaucoup plus désavantageux.

5. La germination elle-même.

En écrasant la baie, apparaît une substance liquide, transparente et visqueuse et une petite boule, blanche. Cette pulpe solide contient une seule graine invisible. La petite boule blanche est tellement solide et visqueuse, qu'il est impossible d'en extraire la graine.

Cependant, en crevant les baies et en les laissant ainsi pendant quelques jours, on constatera que toute la pulpe devient liquide et transparente et qu'il est alors facile d'en extraire la graine.

Cette graine est de couleur verte et elle est entourée de filaments fibreux. Quand la surface de la graine est sèche la graine prendra la couleur du bois. Sèchez la à l'aide d'un chiffon et vous pourrez l'examiner : elle est de forme aplatie et ovale, mais certaines graines sont plus larges, d'autres encore en forme de cœur. Il est important de savoir ou se trouve le germe. La structure fibreuse converge vers une seule petite pointe brune,c'est l'arrière de la graine, qui était relié à la tige. Le germe se trouve toujours du côté opposé, c'est un petit point rond. Les graines plus larges contiennent deux à trois germes, mais ceci n'a été  remarqué que rarement. (« la Hulotte » le mentionne mais n'y ajoute pas de commentaire).

Afin de pouvoir germer, la graine ne doit pas nécessairement passer par le tube digestif d'une grive ; la germination réussit aussi bien quand on l'applique directement sur une branche.

Il est utile de savoir que quand une grive se soulage et que la fiente contient des graines de gui celle ci sera gluante comme une glaire. Quand elle tombe sur une branche cette glaire glissera lentement vers le bas surtout si le branche est humide. Ainsi elles se nichent souvent en un endroit protégé, même parfois au-dessous de la branche. Là le tout sèche, et les graines devraient être bien fixées et protégées contre les fortes pluies et contre le soleil déshydratant, et en plus pourvues d'une petite réserve d'engrais, qui, lors de l'absorption d'eau comme épiphyte, jouera un rôle beaucoup plus utile qu'on ne pourrait le soupçonner à première vue. Il faut toujours envisager que ces graines germent « dans l'air » ce qui les rend particulièrement vulnérables.

Cette germination connaît un développement extrêmement lent : la graine absorbe l'humidité et fait de la photosynthèse, puisqu'elle est verte. Le germe, également vert, apparaît, se détourne de la lumière et se dirige donc vers la branche .

Aussitôt qu'il touche la branche il se forme un élargissement, une sorte de ventouse, qui se fixera sur l'écorce. De celle-ci se développe une espèce de racine très fine. On a donné à ce prolongement le nom de « suçoir », qu'on doit considérer comme une modification de la racine.

Ce suçoir va traverser le liber et se fore jusqu'à l'aubier, sans cependant pénétrer le bois.

A partir de ce moment le suçoir pourra puiser la sève brute de l'arbre. Dès ce moment il devient semi-parasite. Plus tard, souvent dans le courant de la deuxième année seulement, le suçoir va développer des fils cylindriques entre l'écorce et le bois. A leur tour ils vont former de nouveaux suçoirs. Ces suçoirs ne pénètrent donc pas l'aubier, mais l'arbre formera chaque année une nouvelle couche de bois (les cernes en coupe transversale). Tandis que ces nouvelles couches se forment autour des suçoirs, ceux-ci restent sur place et s'étirent, parce que l'écorce s'étend et s'élargit chaque année, en s'adaptant à la croissance annuelle de l'arbre. Les suçoirs, à leur tour, sont obligés de s'adapter en s'allongeant. En d'autres mots : tandis que l'écorce recule progressivement, le suçoir doit suivre son extension et pousse donc à reculons. En sciant plus tard un gui avec sa branche et en procédant à des coupes transversales du bois on pourra découvrir des trous de profondeur différente, provenant des suçoirs. On a l'impression qu'ils ont pénétré le bois, mais c'est exactement le contraire qui s'est produit.

En comptant les couches annuelles de bois on pourrait grâce aux cernes, calculer quelle année chaque suçoir à atteint l'aubier et en même temps déterminer l'âge exact du gui.

6. Suite de l'évolution de la plantule.

Une fois que la ventouse s'est fixée, le germe vert devient nettement plus gros, tandis que la graine diminue de volume. La réserve se consomme et la photosynthèse complète l'apport d'énergie.

Le germe solide soulèvera même la graine vidée, ce qui prouve en même temps que la colle organique du gui s'est décomposée. Ensuite le résidu de l'enveloppe de la graine tombera et seule restera une petite tige verte, un moignon minuscule de 4 à 5 mm de longueur.

L'automne étant assez humide, le germe ne se dessèchera plus, mais en hiver le gel déshydrate considérablement. Si le suçoir n'avait pas atteint l'aubier (p.ex. si l'écorce s'avéra trop épaisse ou la période chaude de l'été trop courte), le germe se dessècherait en hiver. Le fait qu'un petit germe ne se dessèche pas prouve que son suçcoir a déjà atteint la «source» en automne.

Par conséquent le minuscule moignon vert est devenu un semi-parasite indépendant dans le courant de l'automne.

Cette germination lente et sa vie d'épiphyte ne dure donc «pas plus d'un an » comme on le lit couramment, mais (seulement) du printemps jusqu'en automne.

Des graines disséminées durant l'hiver se dessécheront également par temps de gel ; celles restées enfermées dans les baies évidemment pas. En plus la mésange bleue (Parus caeruleus) se nourrit de ces graines et les recherchera pendant l'hiver, mais elle ne les sortira pas des baies. Plus tard, vers mars, elle préférera chasser des insectes. Ces données fournissent la preuve que les graines dispersées pendant l'hiver n'ont pratiquement aucune chance de survivre tandis que celles que la grive disperse au printemps ont toutes les chances de germer.

Le fait que la grive draine et/ou la grive litorne mangent encore des baies pendant la migration en février/mars est prouvé par les guis sur nos peupliers, mais je ne crois pas que les autres grives recherchent encore ces baies après le grand froid.

Les personnes qui nourrissent les oiseaux pendant l'hiver auront remarqué que cet endroit sera très fréquenté, mais que les visites diminueront progressivement à partir du début du printemps. Dès que le grand froid s'atténue le régime alimentaire se modifie, les merles et les grives locales ne mangent plus de baies.

La température joue un rôle prépondérant lors de cette germination de longue durée.

Au début du printemps la température peut parfois atteindre un niveau très agréable, mais les nuits restent froides. C'est pour cette raison que la croissance de la plupart des plantes ne débutera que lorsque les nuits deviennent plus douces.

La croissance de la graine du gui ne débutera que lorsque la température sera suffisamment élevée. Le développement reste lent et quand la ventouse se forme on ne voit plus beaucoup de changement car le travail du suçoir est invisible et dure tout l'été.

A mon avis le développement s'arrêtera en automne également, dès que les nuits deviennent plus froides. C'est à mon avis la raison pour laquelle ces germes ne parviennent pas à former leurs premières feuilles en automne. Celles-ci se forment généralement seulement après l'hiver, quand la température s'avère de nouveau propice à la croissance. Je trouve dans le stade juvénile du gui (la germination) de nombreuses analogies avec les orchidées épiphytes : entre des limites bien déterminées et restreintes elles supportent beaucoup et peuvent attendre longtemps le moment où les circonstances deviennent à nouveau favorable. En dehors de ces limites elles meurent assez rapidement.

7. La plante de gui.

La forme sphérique du gui s'explique par le fait que la plante se développe de façon bifurquée (un cas de dichotomie). Une pousse annuelle présente le plus souvent deux feuilles qui se développent de côtes opposés, avec au centre un épaississement pourvu d'yeux et éventuellement aussi de boutons floraux. Ceux-ci se trouvent sur une petite tige d'environ 2 à 5 centimètres sur laquelle il n'y a pas d'yeux. A partir de cet épaississement terminal se développent l'année suivante, au moins deux nouvelles pousses, ainsi que les fleurs. En même temps les vieilles feuilles tombent. Par conséquent les feuilles se trouvent toujours à l'extérieur de la «boule de gui» sur les tiges annuelles, les baies se trouvent un stade plus bas, sur la pousse de l'année précédente.

Après une récolte de branches du gui, les nouvelles pousses ne se développent jamais sur les moignons restants mais sortiront directement du pied.

Le gui est dioïque, ce qui signifie qu'il existe séparément des pieds mâles et des pieds femelles.

Pour le moment j'ignore encore si une seule graine contenant deux ou trois germes, développera des plantes d'un même sexe ou de sexes différents, c'est-à-dire si ces plantes s'avèrent être homo- ou hétérozygotes. Je constate avec étonnement qu'on mentionne que certaines graines ont deux ou trois germes mais il n'y a aucun intéret concernant le sexe de ces jumeaux.

Si une seule graine, contenant deux germes peut produire des plantes de sexe différent, alors une seule graine, se développant quelque part, dans un endroit isolé, produira des baies et donc des graines !

Je viens de lire dans le rapport de la « Vlaamse Landmaatschappij » que ces graines peuvent produire des plantes de sexe différent. Ces germes sont donc hétérozygotes.

Le gui produit une importante quantité de nectar, car les fleurs sont très fréquentées par les abeilles et autres insectes. L'abondante fructification prouve la bonne pollinisation : le gui femelle est toujours chargé de baies.

Il est donc intéressant pour les apiculteurs de pouvoir semer le gui sur leurs arbres.

Le gui pousse pratiquement sur tous les arbres et tous les végétaux ligneux, aussi bien sur les feuillus que sur les conifères. Il ne se constate cependant jamais sur le platane (Platanus) et que très exceptionnellement sur le hêtre (Fagus) et sur le chêne (Quercus).

La raison est uniquement une problème technique.

L'écorce du platane s'écaille annuellement, ce qui provoque le rejet de la plantule, avant que le procès de germination soit accompli ; chez le hêtre et le chêne l'écorce est pourvue d'une couche cireuse. La matière visqueuse qui entoure la graine et qui colle si bien au début paraît se décomposer assez rapidement, ce qui peut provoquer le détachement des graines à la moindre pression.

L'adhésion durable de la graine de gui à l'écorce de l'hôte est assurée par le contact intime qui s'est établi entre les fibres qui entourent la graine et les fibres de l'écorce. Si cette adhésion est mauvaise (hêtre, chêne, etc) la graine se détachera dans la plupart des cas.

Voilà la raison pour laquelle le gui se voit fréquemment sur certains arbres, sur d'autres rarement et dans quelques cas exceptionnels pas du tout .

Les druides considéraient le chêne comme arbre sacré ; par conséquent un gui poussant occasionnellement sur le chêne devait avoir des propriétés spéciales.

Il faut aussi prendre en considération que ce n'est pas le gui qui «choisit» l'arbre sur lequel il pousse. Quand on découvre du gui il faut en déduire que l'oiseau s'est posé sur cet arbre. C'est lui qui, inconsciemment, détermine où le gui poussera : les peupliers sont des points de repos durant sa migration et les pommiers sont recherchés parce qu'il est friand des pommes tombées.

Comme c'est le cas en Flandre il est assez curieux de constater que le gui ne se rencontre pas en haute ardenne. On pourrait maintenant y faire des semis contrôlés pour voir si le microclimat y est vraiment propice mais dans la nature le gui n'apparait que si trois facteurs convergent : primo l'oiseau doit se poser sur cet arbre, secundo la graine doit pouvoir se nicher a un endroit protégé et y rester et tertio cette année là le microclimat doit être favorable.

Dans nos régions on voit souvent le gui sur des peupliers, parce que les grives recherchent apparemment de préférence ces cimes élevées pour s'y «reposer», durant leur migration vers le nord.

Elles ne déposent pas leur fiente sur la branche sur laquelle elles se sont posées, mais l'éjectent simplement. Souvent la fiente atterit sur le sol, mais puisque la grive se pose toujours très haut dans la cime, ses excréments ont plus de chances de rencontrer l'une ou l'autre branche durant leur chute. Voilà la raison pour laquelle le gui se développe à n'importe quel niveau dans les peupliers.

Il est exact que le gui grandit avec exhubérance sur certaines espèces d'arbres (comme sur les peupliers (Populus) et les pommiers), sur d'autres son dévloppement est nettement plus faible et sur d'autres espèces encore il pousse de façon très médiocre, par exemple sur l'aubépine et sur le lilas (Syringa).

«La Hulotte» a constaté qu'un germe de gui sur lilas n'a dévloppé ses premières feuilles qu'après cinq ans. J'ignore la raison de cette différence en vigueur végétative, mais je puis citer des exemples semblables dans la pratique des greffes d'arbres fruitiers. Ces exemples sont biologiquement différents mais ils sont valables pour ce que je veux démontrer.

On peut greffer le pommier (Pirus malus) sur le poirier (Pirus communis) et vice versa, mais la vigeur végétative des greffons s'avère pitoyable dans l'une combinaison et en-dessous de tout niveau dans l'autre.

On greffe le néflier (Mespilus germanicus) sur l'aubépine (Crataegus oxyantha) ; ce sujet porte-greffe appartient à un autre genre et pourtant la greffe s'y développe mieux que sur les semis du néflier lui-même.

En ce qui concerne la vigeur du gui, il faut simplement accepter qu'il se développe mieux sur une espèce d'arbre que sur d'autres et essayer de déterminer la vigeur végétatieve experimentalement puisqu'il n'existe pas de données à ce sujet. Le gui forme par exemple aussi une feuille plus longue, plus large ou plus courte selon l'espèce d'arbre sur laquelle il pousse. Suite à ce phénomène certains prétendent qu'il existe différentes races ou variétés de gui.

Autrefois on fabriquait également de la glu à partir de l'écorce du gui et ainsi fut constaté que le gui poussant sur l'érable (Acer) et sur l'orme (Ulmus) procurait plus de glu que le gui ceuilli sur d'autres arbres.

Ces exemples illustrent à mon avis parfaitement ce qu'on appelle en culture fruitière et en arboriculture d'ornement «l'influence du sujet porte-greffe». La greffe réagit differemment selon le sujet porte-greffe sur lequel la greffe a été placée.

Je suis donc aussi convaincu du fait que si on sème la graine d'un gui à feuilles courtes sur un arbre où le gui forme des feuilles longues, ces plants formeront indubitablement des feuilles longues.

On prétend également que le gui qui pousse sur le sapin ne germe pas sur le pin et vice versa. Tout à fait incorrect, évidemment. Cette affirmation repose probablement sur un essai de germinsation qui a échoué.

Si cette expérience avait été exécutée de manière scientifique par un essai parallèle de semis de pin sur pin et de sapin sur sapin, on aurait pu constater un même échec. Puisque jusqu 'a présent personne ne connaissait la problématique de la germination, personne n'a pu effectuer des semis sous contrôle.

Certains prétendent aussi qu'il faut semer le gui du peuplier sur peuplier et le gui du pommier sur pommier. Encore une fantaisie. Croyez-vous que l'oiseau en est conscient et qu'il respecte cette idée saugrenue ? L'oiseau vagabonde, mange des baies et fiente quand le besoin se fait sentir sans se soucier de l'endroit ni de quel arbre il vient et sur quel arbre il va se poser.

Certains ont aussi prétendu que le gui apporterait des avantages à son hôte parce qu'il reste vert en hiver et que par conséquent, sa photosynthèse ne s'interrompant pas, la présence du gui serait favorable à l'arbre, une espèce de symbiose ?

Cela me paraît peu probable parce que, primo, je ne vois pas comment la sève élaborée du gui (d'une composition toute différente) pourrait s'introduire dans l'écorce de l'arbre, et secundo, si cette thèse devait s'avérer correcte, les arbres surchargés de gui devraient s 'en porter beaucoup mieux, mais c'est le contraire qui se produit. De même, il ne peut être question d'empoisonnement de l'arbre à un certain moment comme d'autres le prétendent aussi.

Pourquoi est ce qu'un arbre ne souffre apparemment pas de quelques guis mais meurt-il à la longue quand il en est surchargé ?

J'ose prétendre avoir trouvé des réponses logiques à cet sujet : le prélèvement de sève minérale ne représente qu'une saignée minimale pour l'hôte, mais les feuillus perdent leurs feuilles et les racines arrêtent également de fonctionner pendant le repos hivernal.

Le gui continue d'évaporer de façon constante et intense. L'arbre surchargé est littéralement vidé de sa sève et au printemps il n'est plus capable de s'en remettre ; le «point of no return» a été franchi et il dépérira.

Ce phénomène est identique au soi-disant «gel» des conifères rustiques et du laurier-cerise (Prunus laurocerasus). Il se produit exceptionnellement quand simultanément le sol est gelé prodondément (en février), qu'un vent d'est âpre et un soleil déjà intense provoquent une évaporation très intense que les racines ne peuvent compenser.

Ce n'est que des semaines plus tard qu'on constate un dessèchement progressif et souvent complet, tandis que le laurier-cerise arrive pratiquement toujours à s'en remettre. On dit alors qu'ils sont gelés mais en réalité ils se sont desséchés.

Un arbre surchargé de gui peut également se dessécher en été : les guis exigent chaque année de plus en plus de sève minérale, la vigueur végétative de l'arbre diminue progressivement parce qu'il produit de moins en moins de sève élaborée. Le dépérissement peut durer des années. Les racines recoivent de moins en moins de sève élaborée et s'affaiblissent. A la fin il peut mourir, peut-être aussi après des infections cryptogamiques sur son système radiculaire. En même temps que l'hôte on constate également le dépérissement progressif des guis qui manquent visiblement aussi de sève minérale.

Quand un gui se développe sur une branche plus mince, on constate que la branche en aval du gui finit par mourir et disparaît. On remarque alors que le gui se trouve à la tête de la branche amputée.

L'explication est aussi toute simple : Quand l'évaporation est intense durant l'été le gui revendique tant de sève minérale que la branche desséche, dépérit ensuite et sera arrachée durant un orage.

8. Semer soi-même du gui (principes de base).

Ayant bien assimilé tout ce qui précède, vous comprendrez maintenant facilement quels points sont importants afin de semer vous-même le gui avec toutes chances de réussite.

Conservez les baies dans un endroit clair et froid (elles ne craignent pas le gel) p. ex. dans une petite soucoupe, sur papier humide et couvert de plastique transparent ou d'une vitre. Le frigo et le congélateur sont à proscrire. Quand la baie est mûre vous pouvez semer après la pèriode de gel intense. Avant de semer faites éclater les baies au moins quelques jours à l'avance. De cette façon les graines deviennent visibles. Collez les sous une branche abritée du soleil. De préférence une jeune branche p.c.q. le liber y est mince. Sur une plus grosse branche on peut découper de petites bandes d'écorce et amincir un peu le liber pour aider le germe a atteindre l'aubier plus facilement. J'ai essayé aussi de faire une entaille dans l'écorce et d'y introduire une graine, mais cette technique échoue pratiquement toujours, parce que le petit bout d'écorce qui protège si bien la graine, se desséche par après et se recroqueville, de cette façon la graine se détachera et sera perdue.

Autre danger qui se présente : la graine doit rester humide, sans rester trop longtemps mouillée, sinon elle pourrait pourrir. Par conséquent une protection supplémentaire donnera lieu à une rétention d'eau trop importante par temps pluvieux.

Les épiphytes sont des plantes aériennes donc ce ne sont pas des plantes aquatiques, mais pas non plus des plantes désertiques ni des xéophytes.

Pour cela il faut faire la distinction entre les notions «mouillé», «humide» et «sec».Lorsqu'il pleut, l'écorce devient mouillée. Tout ce qui peut absorber de l'eau s'en sature et en même temps l'air en disparaît.

Après l'averse toute l'eau superflue s'écoule mais tout ce qui se trouve sur l'écorce restera encore humide pendant longtemps. Humide signifie que l'air s'introduit partout entre les molécules d'eau et continuera à s'introduire jusqu'à ce que toute l'eau soit évaporée. Dès ce moment l'écorce sera sèche.

Les graines du gui ne supportent la sécheresse que temporairement, mais le fait de rester vraiment mouillées s'avère aussi défavorable. Lorsqu'une de ces deux situations dure trop longtemps, la graine dépérira : ou bien c'est le desséchement, ou bien la putréfaction.

Une rétention trop importante d'eau dans le substrat présente également un problème bien connu des orchidophyles, tant amateurs que professionnels. Les orchidées épiphytes forment des racines aériennes qui, elles non plus, ne supportent pas un état d'humidité excessif. Elles supportent bien mieux la sécheresse, parce que leur résistance à cet égard est plus grande que chez la petite graine du gui. Dans la nature leurs racines poussent «sur» l'écorce et éventuellement aussi dans l'humus et les coussins de mousse qui se rencontrent parfois sur l'écorce des arbres. En culture on les cultive le plus souvent «dans» un pot. Le mélange pour orchidées doit donc être très aéré, léger et le rester. Il ne peut jamais retenir trop d'eau après l'arrosage,mais doit rester très longtemps humide et bien aéré.

On pourra semer le gui avec succes partout dans notre pays si les graines sont placées a un endroit favorable et si elles ne restent jamais mouillées pendant la germination et n'y desséchent pas non plus, évidemment.

La manière la plus simple constiste à les asperger prudemment le soir de chaque journée sans pluie. Puisqu'elles font de la photosynthèse il est indiqué d'ajouter à l'eau 1 cc par litre d'engrais foliaire. La graine dispose bien de quelques réserves, mais grâce à l'action chlorophylienne elle obient de l'énergie supplémentaire nécessaire durant la longue période de germination.

Ne craignez pas que plus tard les environs soient envahis de gui. Après tous les efforts fournis on se rendra compte que les graines de ces plantes, dispersées de façon naturelle par les grives, n'auront aucune chance de réussir leur germination par voie naturelle dans une région où le microclimat s'avère défavorable à cette germination, c.-a.-d. une région où le gui ne se manifeste pas actuellement (même si on se trouve à un kilomètre d'une population naturelle de gui).

9. Obtenir un semis avec toute chance de réussite.

Jusqu'à présent tous les artifices que j'ai pu imaginer afin d'aider les graines lors de la germination, ont eu des résultats moins satisfaisants que lorsque les graines nues sont fixées simplement sur la branche à l'aide de leur propre colle naturelle. Mais, en partant de la constatation que la graine du gui germe très lentement et que ce processus est sensiblement freiné par les basses temperatures au printemps, nous pouvons intervenir. En horticulture on sème des plantes en janvier pour les obtenir en fleurs en mai. En fournissant au graines de gui également chaleur, humidité et lumière on obtient aussi la germination de la graine du gui. Ceci nous permettra de coller en mars/avril une graine dont le germe est sur le point de toucher l'écorce.

C'est le seul système qui est vraiment intéressant.

Voici le procédé à suivre :

On récolte les baies de décembre à janvier et on les conserve au froid comme décrit plus haut. Puisque les conditions sont différentes chez chacun faites des essais de mise en végetation tous les 10 à 15 jours pour voir quel système donnera les meilleurs résultats.

Mise en végétation :

Crever les baies et attendre que la pulpe soit devenue liquide et en empêchant le dessèchement. Enlevez-en prudemment les graines et collez les une à une à environ 1 centimètre de distance au fond d'une soucoupe foncée et de couleur mate.

Laissez sécher la substance gluante et humidifiez ensuite légèrement à l'aide d'un pulvérisateur.

En humidifiant trop les graines glisseront les unes contre les autres. Humidifiez également le côté inférieur de la vitre avant de couvrir la soucoupe et placez le tout à un endroit clair et chaud (16 - 18°C). (Attention au soleil ! )

Répétez cela chaque jour : d'abord laisser sécher les graines, ensuite les humidifier à nouveau.

Au moment d'enlever les graines des baies, essayez de récupérer le plus possible de pulpe liquide et gluante dans un petit pot que vous conserverez ensuite au frigo.

Dans une première phase les germes se développent tout droit en sortant des graines mais après 1 à 2 mm, ils se tourneront vers le côté foncé, dans ce cas-ci le fond de la soucoupe. Dès que le germe s'apprête à toucher le fond, placez la soucoupe à l'extérieur, sur une tablette de fenètre, et fixez les graines le plus vite possible sous une branche sèche à l'aide du liquide gluant conservé dans le petit pot. On peut aussi prélever de la glu de l'éxcédent de baies qu'on a conservé à froid. On peut aussi prélever les graines germées qui sont en avance sur les autres.

Si l'écorce s'avère trop lisse (chêne et autres) il est à conseiller de la traiter légèrement à l'aide de papier de verre fin. Ainsi la structure fibreuse de l 'écorce se détache légèrement et les graines peuvent se fixer mieux sur la branche.

Un gel nocturne tardif ne causera pas de dégâts.

Ces graines prégermées disposent de l'avance nécessaire leur permettant de former déjà leurs premières feuilles dans le courant de l'automne suivant.

Condition principale, et vitale : éviter à tout prix le desséchement durant l'été.

Dans les régions plus nordiques, le gui ne se manifeste plus. A mon avis cela peut s'expliquer d'une part par le fait que les périodes de chaleur de l'été s'y avèrent trop courtes. Ainsi le suçoir ne dispose pas d'assez de temps pour atteindre l'aubier. Le germe se dessèchera en hiver.

D'autre part il n'est absolument pas à exclure qu'il y ait au nord de la Belgique également des régions disposant d'un microclimat favorable à la germination mais la distance étant trop grande les grives en migration n'ont plus de graines quand elles y arrivent.

En appliquant cette technique de prégermination on pourra certainenment réussir à faire pousser le gui plus au nord et constater peut-être par après des endroits où le gui s'y propagera de façon naturelle là où le microclimat sera favorable à la germination et où la grive pourra s'approvisionner. L'expérience en vaut en tout cas la peine. Je suis convaincu qu'une fois le stade critique de la survie comme épiphyte passé et le germe devenu un semi-parasite indépendant, il se développera normalement dans n'importe quelle région pour autant que l'arbre puisse y pousser. Je pense entr'autres aux régions plus au nord de la Belgique.

Il reste aussi une autre possibilité : faire germer le gui sur des arbres et arbustes en pépinière et les planter ensuite plus au nord, et en mettre aussi en vente pour tout amateur.

10. La mystique du gui.

Il n'est pas étonnant que depuis l'antiquité l'homme a été intrigué par ce phénomène curieux et hors du commun : une plante toujours verte qui s'incruste sur des arbres.

Ce phénomène était inexplicable et évidemment il lui attribuait des propriétés diverses.

Chez nos ancêtres le chêne étant un arbre sacré il est clair que le gui qui poussait exceptionellement sur cet arbre devait lui aussi avoir des pouvoirs spéciaux.

Une splendide histoire qui illustre cette mystique est devenue la fin de mon exposé.

Dans «Merveilles de la Nature», une encyclopedie de A.E. Brehm, la partie «Les Plantes» en trois volumes de Paul Constantin date de 1896 -1898.

Constantin y a publié un texte de l'écrivain renommé François René Vicomte de Chateaubriand (1768-1848). de Chateaubriand y décrit de façon magistrale comment il s'imaginait le culte du gui au temps des druides.

Je vous laisse savourer son récit :

« Caché parmi les rochers, j'attendis quelque temps sans voir rien paraître. Tout à coup, mon oreille est frappée des sons que le vent m'apporte du milieu du lac.

« J'écoute, et je distingue les accents d'une voix humaine ; en même temps, je découvre un esquif suspendu au sommet d'une vague. Il redescend, disparait entre deux flots, puis se montre encore sur la cime d'une lame élevée ; il approche du rivage. Une femme le conduisait. Elle chantait en luttant contre la tempête et semblait se jouer dans les vents ; on eût dit qu'ils étaient sous sa puissance, tant elle paraissait les braver. Je la voyais jeter tour à tour en sacrifice, dans le lac, des pièces de toile, des toisons de brebis, des pains de cire et de petites meules d'or et d'argent.

« Bientôt elle touche à la rive, s'élance à terre, attache sa nacelle au tronc d'un saule et s'enfonce dans le bois en s'appuyaut sur la rame de peuplier qu'elle tenait à la main. Elle passa tout près de moi sans me voir. Sa taille était haute ; une tunique noire, courte et sans manches, servait à peine de voile à sa nudité. Elle portait une faucille d'or suspendue à une ceinture d'airain, et elle était couronnée d'une branche de chêne. La blancheur de ses bras et de son teint, ses yeux bleus, ses lèvres de rose, ses longs cheveux blonds qui flottaient épars, annonçaient la fille de Gaulois et contrastaient par leur douceur avec sa démarche fière et sauvage. Elle chantait d'une voix mélodieuse de paroles terribles.

« Je la suivis à quelque distance. Elle traversa d'abord une châtaignerie dont les arbres, vieux comme le temps, étaient presque tous desséchés par la cime. Nous marchâmes ensuite plus d'une heure sur une lande couverte de mousse et de fougère. Au bout de cette lande, nous trouvâmes un bois, et au milieu de ce bois une autre bruyère de plusieurs milles de tour. Jamais le sol n'en avait été défriché, et l'on y avait semé des pierres, pour qu'il restât inaccessible à la faux et à la charrue. A l'extrémité de cette arène s'élevait une de ces roches isolées que les Gaulois appellent dolmen et qui marquent le tombeau de quelque guerrier.

« La nuit était descendue. La jeune fille s'arrêta non loin de la pierre, frappa trois fois des mains, en prononçant à haute voix ce mot mystérieux : Au Gui l'an neuf !

« A l'instant, je vis briller dans la profondeur du bois mille lumières ; chaque chêne enfanta pour ainsi dire un Gaulois ; les barbares sortirent en foule de leurs retraites. Les uns étaient complètement armés ; les autres portaient une branche de chêne dans la main droite et un flameau dans la gauche. A la faveur de mon déguisement, je me mèle à leur troupe. Au premier désordre de l'assemblée, succèdent bientôt l'ordre et le recueillement, et l'on commence une procession solennelle.

« Des eubages marchaient à la tête, conduisant deux taureaux blancs qui devaient servir de victimes ; les bardes suivaient, en chantant sur une espèce de guitare les louages de Teutatès. Après eux venaient les disciples. Ils étaient accompagnés d'un héraut d'armes vêtu de blanc, couvert d'un chapeau surmonté de deux ailes, et tenant à sa main une branche de verveine entourée de deux serpents. Trois druides s'avançaient à la suite du héraut d'armes : l'un portait un pain, l'autre un vase plein d'eau, le troisième une main d'ivoire. Enfin la druidesse (je reconnus alors sa profession) venait la dernière. Elle tenait la place de l'archidruide, dont elle était descendue.

« On s'avança vers le chêne de trente ans, où l'on avait découvert le Gui sacré. On dressa au pied de l'arbre un autel de gazon. Les druides y brûlèrent un peu de pain et y répandirent quelques gouttes d'un vin pur. Ensuite un eubage vêtu de blanc monta sur le chêne et coupa le Gui avec la faucille d'or de la druidesse. Une saye blanche étendue sous l'arbre reçut la plante bénite. Les autres eubages frappèrent les victimes ; et le Gui, divisé en égales parties, fut distribué à l'assemblée.

« Cette cérémonie achevée, on retourna à la pierre du tombeau ; on planta une épée nue pour indiquer le centre du conseil. Au pied du dolmen étaient appuyées deux autres pierres, qui en soutenaient une troisième couchée horizontalement. La druidesse monte à cette tribune. Les Gaulois debout et armés l'environnent, tandis que les druides et les aubages élèvent des flambeaux. Les cœurs étaient secrètement attendris par cette scène, qui leur rappelait l'ancienne liberté. Quelques guerriers en cheveux blancs laissaient tomber de grosses larmes, qui roulaient sur leurs boucliers. Tous, penchés en avant et appuyés sur leur lances, ils semblaient déjà prêter l'oreille aux paroles de la druidesse. »

Paul Constantin poursuit avec des anecdotes. J'en choisis ici quelques unes qu'il faut lire en tenant compte que le texte date de la fin du dix-neuvième siècle :

La croyance aux vertus miraculeuses du Gui de Chêne n'a pas disparu avec le druidisme ; elle s'est perpétuée, à travers le paganisme romain, jusque dans la chrétienté. Au moyen âge, on allait encore cueillir le Gui, que l'on regardait comme un talisman : on croyait qu'il guérissait les blessures, et que l'homme qui en était muni faisait toujours bonne chasse, ne perdait jamais au jeu, réussissait dans toutes ses entreprises. De nos jours, dans certains villages de la Touraine, on fait porter aux petits enfants des sachets remplis de Gui pour les préserver des convulsions. On dit qu'en Angleterre il n'est pas rare de voir les paysans en suspendre des rameaux au chevet du lit des malades.

Le cri : « Au Gui l'an neuf ! » avec lequel autrefois, dans plusieurs de nos provinces, les pauvres frappaient aux portes des maisons pour demander la charité, la veille du nouvel an, et le mot « aiguillan, aguignettes », appliqué aux étrennes pour les enfants, sont-ils un souvenir de l'ancienne cérémonie gauloise et du prestige attaché au Gui ? On le croit communément, et non sans quelque vraisemblance.

Il y a fort longtemps déjà que, dans les provinces de l'Ouest, se transmet à travers les âges une bien jolie et bien curieuse coutume, qui a trait au Gui que l'on cueille entre fillettes et garçons, et qui sert ensuite comme amulette pour les filles ou d'invulnérable talisman pour les « jeteurs de sort ».

Là, aux environs de Noël et du premier de l'an, ces jeunes gens, surtout ceux qui rêvent de mariage, s'en vont ensemble à la recherche du « Mai » de la froide saison.

Ils s'éparpillent dans la veille forêt voisine en chantant :

O filles et gars de Bretagne

Voici le jour

D'aller cueillir dans la campagne

Le Gui d'amour.












Appendice.

Dans le mensuel français « Le Guide de l'Inconnu » de mars 1976 j'ai trouvé un article concernant des druides contemporains qui, au sud de Paris pratiquent encore ces anciennes traditions.

J'y ai appris que le cri : « Au gui l'an neuf » est une transformation phonétique de la langue celtique « O ghei an heu », ce qui signifie  « Que le grain germe ».

Ceci cadre parfaitement dans ce contexte : le début de l 'année nouvelle et un souhait de fertilité.

Charles Declerck

Professeur et Chef de Service honoraire

du departement de Floriculture

HORTECO à Vilvoorde

Brusselbaan 45

B- 1790 Hekelgem - Affligem

Cet article est reproduit intégralement sur Internet :

http://users.chello.be/sf15590/index.html
 
 

Ces croquis montrent clairement les graines de gui grandeur nature et agrandies. On y discerne bien la structure fibreuse qui enveloppe la graine, elle converge vers l'arrière en une petite pointe. Le germe se trouve toujours du côté opposé. Certaines graines, souvent plus larges ont deux, même trois germes.

A la sortie de la baie la graine apparait toute verte, mais dès que les fibres sont sèches elle prend la couleur du bois et le restera même après humidification. Il est pratiquement certain que ces fibres ont des qualités hygroscopiques.
 
 


 
 

Voici la copie de la photo couverture du  Bulletin de la Société Royale « LINNEENNE ET DE FLORE » d'Octobre/Décembre 1977. Elle nous montre une graine de gui en germination ; aucune mention que cette graine développe trois germes !

L'endroit où le hasard a niché cette graine parait propice : sur du bois jeune (liber mince à perforer), apparemment protégé des averses battantes. Mais survivre à une dessication durant les périodes chaudes et sèches de l'été sera le problème principal pour cette petite graine. Ce sera la cause principale de la mort de la toute grande majorité des milliers de graines que les oiseaux disséminent chaque année.

Croquis.

Voici les phases principales de la germination.

a) Cette graine s'est nichée en un endroit propice, mais :
  1. Une graine germée.
c) Quand le germe touche l'écorce il formera une espéce de ventouse. d) Le germe détache la tunique vidée de l'écorce. Il est clair que la colle naturelle (viscine) s'est décomposée depuis longtemps.

e) Le germe a perdu sa tunique.


 
 


 
 

Voici une photo gros plan d'une graine produisant deux germes. Un de mes essais photographié le 12 juin 1985.

La ventouse est en formation et le suçoir va se développer.

On constate clairement une serie d'impuretés, d'écailles, lichens etc. qui contribuent à garder l'écorce humide. L'humidité sera surtout retenue dans la matière fibreuse du point de contact écorce/graine.

Ces données m'ont donné l'idée de protéger encore mieux une série de graines par divers artifices mais ces résultats étaient déplorables. La raison en est simple : une trop forte rétention d'eau en période humide (pluies interminables) privent la graine d'air et elle meurt. Trop d'eau elle pourrit ; une trop longue sècheresse et elle se déshydrate.

Il est donc absolument nécessaire d'asperger les graines germantes chaque soirée d'une journée chaude et ensoleillée.

Les phases de dévloppement du gui.

(photo 4)

Pousses de l'année.

De ce bouton se développe ceci.

La pousse annuelle devient bisanuelle.

La pousse bisanuelle devient trisanuelle.
 
 

Croquis du développement.


 
 

  1. Le germe a perdu sa tunique et son suçoir a atteint l'aubier en automne. De ce fait il fonctionne en semi-parasite indépendant et ne desséchera plus.
  2. Deux ans plus tard. L'arbre a formé deux cernes supplémentaires mais le suçoir primaire est resté en place et continue a absorber la sève dans le cerne qu'il a atteint deux ans plus tôt.
  3. Cinq ans après se sont formés cinq cernes. Le suçoir primaire est toujours en place et les filaments qui se sont formés entre le cambium du liber et celui de l'aubier forment chaque année de nouveaux suçoirs.

 
 

Copié des «Merveilles de la Nature».

  figure 590 figure 591

La figure 590 nous montre clairement les perforations des suçoirs. On a l'impression que ce sont les suçoirs qui ont perforé le bois mais le contraire s'est produit. C'est l'arbre qui chaque année forme un cerne supplémentaire qui a contourné les suçoirs. Ce sont les suçoirs qui se sont allongés chaque année.

 La figure 591. La coupe transversale nous montre les suçoirs alignés. Les plus petits sont les plus jeunes mais ils s'abreuvent séparément chacun dans leur cerne.

On pourrait aussi déterminer l'âge de ce gui en recherchant quel est le suçoir le plus profond et en comptant ensuite les cernes.
 
 


 
 

Voici une copie d'une photo d'Albert Defossez de Rumbeke mesurant son gui. Il y a quatorze ans il a placé cinq graines sur ses pommiers. Une seule a germé. Il m'a écrit ce qui suit :

« je faisais une entaille dans le liber et je soulevais la languette des deux côtés pour y introduire une graine de gui. Après j'y collais un petit ruban clair et aïré. Une seule graine germait et deux ans plus tard j'avais déjà des branches de 10 cm de long. »

Il a eu de la chance avec cette graine là. Le germe se trouvait certainement du côté clair et grâce au ruban la graine est restée en place.

Mes expériences de ce genre ont démontré que la languette qui au début retient la graine bien en place se dessèche et détache la graine par après. Quand on protège la graine avec une bande, ruban ou autre protection le danger réside dans un excés d'humidité qui peut être retenu par cette protection et qui asphyxie la graine, ensuite elle pourrira.

Litérature :

Les plantes. Paul Constantin 1896 -1898. De maretak. A. Suys. De zangvogels van België. R. Verheyen 1948. De vele interessante aspecten van de msitel. Jan Henselmans. De maretak meer biologisch bekeken. Dr. Erna Mayer. Raising misteltoe from seed. K. Showler. 1974. Les Druides en France. Guy-Pierre Bennet. Semis de Gui - Ecole de Botanique.

Artikel uit 1898, getekend : « onleesbaar ».

Tweemaandelijks tijdschrift van de « NEDERLANDSE ORCHIDEEËN VERENIGING ».

« Hoe komen epifieten aan de nodige voedingszouten ». Ir. P. Koster.

« Kunstgrond voor epifieten, waarom en hoe ? ». Charles Declerck. Le Gui (zeer ludiek beschreven). Maretak voor versiering en verzorging. Dr. E. Schnmeider. - De zorg voor open ruimten in Vlaanderen.