Depuis plus de deux ans j'ai continué mes expériences,
j'ai reçu de nouvelles publications et j'ai eu des échanges
de vue avec divers intéressés qui n'avaient pas toujours
les mêmes idées. De tout ceci a émergé une vue
plus approfondie et je propose pour certaines hypothèses qui me
paraissent douteuses une meilleure justification. J'y rectifie aussi une
idée que j'avais préconisée concernant le forçage
de la germination pour laquelle j'ai une méthode, peut-être
meilleure. Mon unique but consiste à essayer de dévoiler
toutes les énigmes du gui et à proposer une réponse
plus logique à toutes les hypothèses ambiguës qui persistent
encore et qui nous empêchent de comprendre sa biologie. Mes thèses
restent ouvertes à toute critique que j'aimerais connaître
! Je serais également heureux d'apprendre si du choc de mes idées
une lumière jaillira On me fait la remarque que je me répète
trop souvent, c'est une déformation professionnelle que j'estime
pourtant nécessaire.
1. Considérations concernant les aires de distribution du gui.
Dans la littérature on peut trouver des cartes géographiques
où l'on voit dans quelles régions le gui a été
constaté. On y remarque des régions où le gui est
abondant, d'autres où il est sporadique mais surtout de grandes
étendues où on ne le rencontre pas. Des fois ces colonies
de gui sont si éloignées les unes des autres qu'il est pratiquement
impossible que l'oiseau en soit le responsable. Très exceptionnellement
on peut tout de même apercevoir le gui où jamais auparavant
on ne l'a vu. Ces graines ont germé durant une année favorable
mais comme ces conditions sont excessivement rares, elles ne formeront
par conséquent pas de nouvelles colonies. Au lieu de craindre l'extension
je raisonne en sens inverse : Il y a des milliers d'années le climat
était plus humide et le gui était plus répandu. Actuellement
le gui ne se retrouve qu'aux endroits où le microclimat permet sa
germination. Cet été j'ai été en Zambie où
j'ai rencontre Mike G. Bingham, Vegetation and Wildlife Ecologist, qui
avait des idées similaires. La Zambie connaît huit mois de
saison sèche et quatre mois de pluies. Il est clair que la végétation
locale s'est adaptée à ces conditions assez sévères.
J'ai vu différentes espèces de semi-parasites et aussi des
orchidées. Mike avait constaté que la plupart des orchidées
ne se rencontraient que dans certaines vallées mais que les mêmes
espèces se trouvaient dans des vallées tellement distantes
les unes des autres que la dispersion des graines ne peut avoir eu lieu
d'un endroit à un autre. Il était d'avis qu'il y a des milliers
d'années le climat était plus doux et que ces orchidées
étaient plus communes. Quand le climat est devenu semi-aride l'orchidée
n'a survécu que dans les vallées où on les trouve
actuellement parce que là seulement le microclimat est favorable
à leur germination épiphyte. Notre gui germe également
en situation épiphyte et cela ne peut réussir que dans un
microclimat qui le lui permet, ce n'est que là qu'on le rencontre.
La germination de notre gui est, sur ce point, identique à celle
de ces orchidées. Sa germination épiphyte évolue du
printemps à l'automne; c'est seulement alors que son suçoir
atteint le tissu vasculaire (le xylème). C’est alors que ce germe
minuscule devient semi-parasite et n’est de ce fait plus dépendant
du microclimat favorable. Quand on réussit à faire germer
un gui sur un arbre ou qu’on déplante l’arbre sur lequel pousse
du gui dans une autre région, ces plantes continueront à
se développer, produiront des baies mais ne feront pas l’objet d’une
explosion locale de gui.
2. La germination épiphyte du gui.
Me référant à ce qui est écrit dans la littérature
et également suite aux réactions que j’ai reçues à
ce sujet, je remarque que l’hypothèse très répandue
que la graine du gui disposerait de réserves suffisantes pour atteindre
le xylème est si ancrée dans les idées qu’on est tout
simplement aveugle pour percevoir que cette petite graine germe en position
épiphyte.
Pour germer, la graine de chaque plante doit avoir de la chaleur, de
l’humidité, de l’air et des fois de la lumière, chaque élément
en rapport à ses exigences propres. Si un de ces éléments
manque ou varie trop fort, la graine arrête de germer temporairement
ou définitivement (avec la mort comme conséquence).
Concernant une graine qui germe en situation épiphyte (donc
collée sur une branche et dépendante des conditions atmosphériques)
il est clair que le facteur humidité sera prépondérant
et déterminera si la germination pourra progresser ou pas. Il est
normal que si une période de sécheresse se prolonge un peu
trop la graine dépérira.
En outre la graine du gui est verte et son germe l’est également,
il est par conséquent plus qu’évident qu’elle élabore
dès le premier jour, qu’elle à besoin d’un apport d’humidité
régulier, de chaleur et de lumière ! Les réserves
présentes seules ne peuvent en aucun cas suffire pour former le
germe, ensuite le suçoir et pour lui fournir encore beaucoup d’énergie
pour atteindre le tissu vasculaire. Dans la littérature on ne trouve
jusqu’à présent nulle part cette présentation de choses,
c’est pourtant le principe de base permettant de comprendre la biologie
de sa germination.
Dans les régions tropicales et subtropicales germent des plantes
épiphytes, par exemple des orchidées, des broméliacées
etc., ces graines aussi ne germent qu’aux endroits où le microclimat
leur est favorable, là où l’humidité fait défaut
durant certaines périodes on ne rencontre pas d’épiphytes.
Notre flore belge ne connaît pas de plantes supérieures
épiphytes. A mon avis c’est à cause de ce manque qu’on n’a
pas compris la germination du gui. On en connaît la théorie
mais on ne perçoit pas ce que cette germination implique dans la
pratique quand on essaie de comprendre celle du gui.
Prenant exemple dans notre flore je peux citer quelques cas à
peu près similaires qui démontrent bien que nous remarquons
la présence de la plante par après, mais qu’à cet
endroit cette graine a germé durant une période d’humidité
suffisamment longue pour permettre son développement, ce qui ne
réussit certainement pas chaque année. Une fois que les racines
ont pu pénétrer plus profondément, sa survie devient
possible, par exemple : des fougères, des graminées et d’autres
plantes sur des vieux murs, même des arbustes (Buddleja) et des arbres
(Salix, Betula) etc. .
Un autre bon exemple mais tout différent est la Mérule
(Merulius lacrymans), la terreur des anciennes maisons, dont les spores
ne germeront que si le bois reste humide en permanence (infiltrations continuelles),
mais elles ne pourront germer sur du bois restant sec ou étant occasionnellement
humide.
Ces exemples démontrent que chaque graine ne peut se développer
que si les différents paramètres sont présents entre
des limites idéales. Certaines espèces supportent plus de
variations que d’autres mais il y a même des espèces dont
les graines doivent être semées immédiatement et qui
meurent si elles se dessèchent. Le gui appartient à
ce dernier groupe ! Heureusement la graine est entourée de fibres
qui, à mon avis, sont hygroscopiques ; elle est aussi assez coriace,
donc capable de résister un peu à la dessiccation. C’est
ainsi qu’elle sait survivre dans les régions où l’humidité
relative reste haute durant les périodes chaudes et sèches
de l’été et où par conséquent il y aura de
la condensation nocturne.
Ce phénomène ne se produit que là où le
microclimat est favorable a sa germination et c’est là qu’on constate
la présence du gui.
Il y a 15 à 20 ans ce microclimat favorable s’est produit très
exceptionnellement, durant toute une année dans une grande partie
de la Flandre. Des années après on remarque des guis où
jamais on n’en avait vu auparavant. Grâce à ce phénomène
absolument unique on peut relever maintenant les endroits jusqu’où
le propagateur a pu apporter ses graines. Le gui, probablement le plus
éloigné de la colonie-source se situe au Nord-Ouest d’Eeklo,
à 100 m de la frontière Hollandaise (Source : Wielewaal).
La semaine passée, j’ai encore découvert un beau gui,
composé de plusieurs pieds sur un saule près de la route
Heusden-Destelbergen à l’est de Gand. Les habitants n’avaient jamais
vu du gui chez eux et se demandaient bien comment il a pu y arriver. Il
est clair que tous ces guis ont germé la même année
et qu’ils n’auront pas de descendance.
Quand on a compris le procès de cette germination aérienne
on obtient une autre vue sur sa distribution : pourquoi le gui ne se rencontre
que localement et pourquoi certaines colonies ne présentent que
de temps en temps de jeunes plantes. Par contre là où le
microclimat lui est très souvent favorable il pullule. Dans ces
régions il est un véritable fléau.
3. La réaction de l’arbre concernant la pénétration du gui.
La pénétration du suçoir du gui provoque un gonflement
de l’endroit où il s’installe. Ce gonflement est considéré
comme une réaction de l’arbre contre le gui. J’avais également
cette impression mais je ne pouvais pas la prouver puisque le gui ne semblait
pas en être gêné.
Par après je le voyais différemment : Le gui paraît
consommer beaucoup d’eau (de sève minérale) pour sa photosynthèse.
L’arbre réagit par conséquent favorablement par la formation
de plus larges vaisseaux du tissu vasculaire et on constate un gonflement.
Le fait qu’au-delà du gonflement la branche dépérira
prouve que le gui en grandissant laisse passer de moins en moins de sève
minérale jusqu’à ce que la mort de cette partie de la branche
s’en suive.
Cet été, j’ai vu en Zambie, différentes espèces
de semi-parasites. J’ai remarqué un semi-parasite qui par son ancrage
pouvait soutenir mon point de vue concernant cette interaction semi-parasite/hôte.
C’était dans le jardin de Mike G. Bingham. Plusieurs Tapinanthus
erianthus s’étaient implantés sur un Hibiscus rosa-sinensis.
J’en ai cueilli un parce que cette interaction était remarquable,
très différente de celle que notre Viscum album provoque.
Je joins une photo et j’en fais soigneusement des dessins grandeur
nature, idem en ce qui concerne notre gui. La comparaison est éloquente
: ce sont deux réactions différentes mais c’est chaque fois
l’arbre qui satisfait pleinement, et a sa façon, les exigences de
son semi-parasite.
La branche de l’Hibiscus n’a que +- 5 mm de diamètre et était
inclinée légèrement vers le bas, la partie de la branche
passé l’implantation était toujours vivante et ne semblait
pas souffrir de ce semi-parasite assez important.
Cette réaction est toute différente :
1. malgré la présence de cet important semi-parasite le flux de la sève vers l’extrémité de cette brindille ne paraît pas influencé.Puisque la graine a germé sur la partie supérieure de la tige, ce gonflement s’est formé sur la partie supérieure de cette brindille de l’hibiscus.2. l’enflure se forme au-dessus de l’endroit de pénétration et est composée moitié tissu du semi-parasite et moitié tissu de l’hibiscus. J’en ai dessiné les côtés gauche et droit parce qu’ils présentent une soudure différente. Il est clair que le Tapinanthus forme une large assise et que l’Hibiscus le suit en s’adaptant à son exigence végétative (voir photo et dessins).
4. Est-il possible que certains arbres soient capables de former une résistance et empêcher ainsi que le suçoir puisse pénétrer jusqu’au xylème ?
Dans le périodique scientifique ‘La Recherche’, se trouve un
article remarquable concernant le gui dans lequel on prétend que
certains arbres, sur lesquels on ne constate jamais ou exceptionnellement
la présence du gui, pourraient élaborer une résistance
qui neutraliserait le suçoir dans sa pénétration.
Par contre la présence de beaucoup de gui sur d’autres espèces
ou cultivars s’explique par l’impossibilité de ces arbres de neutraliser
cette pénétration.
Cette neutralisation consisterait à freiner le développement
du suçoir ce qui épuiserait ses réserves et provoquerait
son dessèchement. Certains auteurs écrivent même que
le suçoir serait encapuchonné.
En outre on y lit aussi que la graine fixée sur la branche passerait
‘une période de vie libre’ de décembre à mai qui est
‘très précaire et aléatoire’ durant laquelle elle
vit sur ses réserves.
Cette description de vie libre, très précaire et aléatoire
est exacte mais est trop superficielle pour une graine qui germe en situation
épiphyte et essaie d’y survivre. Ceci implique le besoin (journalier)
d’humidité et la nécessité vitale de lumière
pour sa photosynthèse.
Les conclusions des auteurs de l’article sont, a mon avis, peu fiables
car il faut savoir pourquoi cette vie libre est très précaire
et aléatoire et savoir y remédier avant d’expérimenter.
Si j’ai réussi à comprendre cette germination c’est que
j’ai effectué mes essais dans une région où le microclimat
est défavorable et que je ne rencontrais que des échecs pour
finalement en comprendre les raisons. Même cette année j’ai
encore découvert un facteur dont j’avais sous-estimé l’importance
(voir plus loin).
J’ai aussi eu des germes, pleins de vitalité, qui se desséchaient
en fin d’été parce que l’humidité leur manquait, et
cela aussi sur le pommier, pourtant très réceptif !
Cette année j’ai constaté l’importance primordiale d’une
insolation directe du germe (ce qui est en fait en contradiction avec son
besoin d’humidité).
Cela se confirme quand on observe le gui. Il ne se rencontre que sur
des arbres solitaires, en lignées uniques ou en bordure de forêt,
toujours sur des espèces à feuillage clair, aéré
et où les rayons du soleil le pénètrent bien, même
quand la graine a glissé vers le dessous de la branche. L’ombrage
par le développement d’un feuillage dense est la cause principale
de l’absence du gui sur ces arbres, et aussi à l’intérieur
des forêts.
5. La lumière, une nécessité que j’avais sous-estimée.
Sous les tropiques j’ai vu les épiphytes dans les arbres et c’est
suite à cette expérience que j’estimais que cette situation
élevée leur procurait suffisamment de lumière, ce
qui est exact mais je constate maintenant que c’est absolument insuffisant
pour le gui. Dès le début, quand la graine colle à
la branche, elle doit y jouir d’une insolation directe.
Une fois qu’on l’a compris, sa biologie devient plus claire. Là
ou le microclimat est favorable on ne le voit pas sur des arbres à
feuillage dense et foncé où la lumière du soleil ne
l’atteint pas (ou plus). Si on y trouve tout de même un gui exceptionnel,
c’est qu’il a pu germer à un endroit où l’insolation l’a
tout de même atteint, car sinon le germe aurait dépéri.
Ceci prouve que la graine et le germe ont besoin de leur photosynthèse
pour leur développement.
Haut dans les arbres, la luminosité est aussi plus intense que
près du sol. Ceci est probablement la raison pour laquelle on rencontre
le gui si rarement sur des arbustes et autres situations basses.
Evidemment l’oiseau reste le propagateur qui, inconsciemment, se sur
pose tel ou tel arbre mais il est établi que la germination évoluera
seulement favorablement dans un microclimat qui l’empêche de se dessécher
et où il jouira d’une insolation directe. Ces deux facteurs paraissent
en contradiction mais il suffit de vérifier les endroits où
le gui pousse pour constater quelles étaient les conditions réelles
au moment de leur germination. Pour réussir un semis la réponse
est fort simple, la graine ne peut pas se dessécher et elle doit
jouir du soleil direct durant toute l’année, et encore par après.
6. Le forçage de la germination.
Concernant ce forçage que j’avais préconisé c’est aussi ce manque de lumière que j’avais sous-estimé. J’avais proposé de forcer la germination à partir de janvier parce que cela avait réussi en février/mars dans une soucoupe sur une tablette de fenêtre chauffée et exposée au sud-est où l’insolation était suffisante mais j’estimais le résultat trop tardif. De ce fait je préconisais de forcer la germination plus tôt : fin décembre/janvier. J’en ai fait ensuite l’expérience mais l’échec était complet. Les graines dépérissaient au lieu de germer. J’en ignorais la raison mais c’était la trop faible insolation hivernale qui en était la cause.
Vers la mi-mars 2000 j’avais été obligé d’aller
m’approvisionner en nouvelles baies. Grande était ma surprise de
constater, au travers de la baie, un ou deux points verts ! sous l’influence
de la chaleur du soleil et de sa luminosité la germination avait
commencé à l’intérieur de la baie ! Cette expérience
heureuse m’a obligé d’essayer cette année la pré-germination
de la même façon, mais ce fût un nouvel échec
: d’une part la baie est un fruit, qui par conséquent, se conserve
mal quand la température s’élève et d’autre part les
brindilles coupées de gui, porteuses de baies, tiennent mal dans
l’eau et y perdent leur sève élaborée.
Début février j’ai placé des graines, comme décrit
en 1998, devant une fenêtre exposée au sud d’une chambre non
chauffée. Elles y étaient éclairées par une
lampe halogène de 150 watt suspendue 45 cm au dessus des graines.
La lampe les éclairait de 07.00 h à 21.00 h et les réchauffait
jusqu'à 22 à 25°C.
Fin février plusieurs graines étaient germées
et prêtes à être placées sur des branches. Je
considère ceci comme le succès attendu et j’espère
obtenir ainsi les premières feuilles en automne.
Ce succès démontre bien qu’une luminosité intense
est essentielle, aussi durant la germination.
Avant de sortir les graines de la baie il faut préalablement
blesser l’enveloppe de la baie, ainsi après quelques jours, la pulpe
peu transparente et dure sera devenue toute liquide et complètement
transparente. C’est alors qu’on s’aperçoit que cette graine est
verte. La pose de la graine toute gluante n’en est pas facilitée,
mais une fois collée elle restera en place. Par contre si on la
dépose dans sa pulpe dure celle ci deviendra liquide par après
et la fera glisser et même tomber s’il devait pleuvoir. Par contre
une graine placée quand la pulpe est liquide ne glissera plus une
fois que la viscine s’est séchée. Quand il pleuvra elle ne
bougera plus.
Lorsque j’étais encore actif je n’ai également jamais
réussi un semis stérile ‘in vitro’. Maintenant j’essaierais
cela avec ces graines pré-germées dans la baie mais je ne
sais plus en faire l’expérience. Le résultat d’un tel semis
effectué par des intéressés me ferait plaisir.
7. Est-il semi-parasite ou y a-t-il une symbiose ?
Toutes les publications sont d’accord sur le fait que le gui ne prélève
que la sève minérale à son hôte et élabore
lui-même sa sève nourricière, mais certains laissent
sous-entendre qu’il pourrait tout de même y avoir une forme de symbiose
mutuelle.
Ceci me paraît impossible :
Pourtant je dois ajouter que l’arbre exerce une certaine influence sur
son gui qui est différente suivant l’espèce sur laquelle
il se développe.
Dans ma littérature j’ai noté :
8. Le gui parasité par le gui.
Dans la littérature on peut trouver la liste des arbres sur lesquels
on a constaté la présence du gui, on y trouve aussi que le
gui peut lui-même être parasité par une graine qui germe
sur sa propre tige.
Dans mon étonnement, je m’étais demandé comment
on pourrait discerner cette présence dans l’amas de ces ramifications
toutes identiques.
Pourtant quand je l’ai vu pour la première fois je l’ai compris
immédiatement. En fait c’est clair comme le jour.
Chaque année le gui forme une série de ramifications
et seules ces tiges annuelles sont pourvues de feuilles. De ce fait les
feuilles se trouvent toujours à la périphérie des
‘boules’ de gui. On ne rencontrera par conséquent jamais une jeune
pousse sur es ramifications anciennes. Même si précédemment
on en a prélevé quelques branches, jamais une jeune pousse
ne verra le jour sur un moignon restant.
La réponse est donc fort simple : si l’on constate quelques
brindilles feuillues à l’intérieur d’une boule de gui c’est
une graine qui a germé à cet endroit. Nulle part je n’ai
trouvé cette explication pourtant fort simple.
Détail important : à l’endroit où ce jeune gui
pénètre la branche du gui-hôte il ne se forme pas l’enflure
! (voir photos)
9. Réactions inattendues du gui.
Quand on se procure un bouquet de gui pour les fêtes de fin d’année
il se dessèchera, mais si on le pose dans un vase d’eau il restera
vert. J’en ai fait l’expérience sans renouveler l’eau, sans rafraîchir
le bas de la tige et sans additifs nutritifs. Après quelques semaines
j’ai constaté que le gui se désintégrait comme les
pièces d’un puzzle, les feuilles et toutes les ramifications se
détachaient séparément.
Une autre réaction inattendue : j’avais deux jeunes guis sur
sorbier (Sorbus sp.), mais ce sorbier se trouvait dans un conteneur, comme
mes plantes d’orangerie.
Ces guis avaient chacun leurs deux premières feuilles en 1998.
L’un était sensiblement plus développé que l’autre.
En 1999 le plus grand a formé trois tiges de 8, de 7 et de 6
cm de long et le plus petit n’en forma que deux de 5 et 4 cm, chaque tige
portant deux feuilles évidemment.
Le danger qui guette le plus souvent les plantes en conteneur c’est
un manque d’eau momentané. C’est ce qui est arrivé au mois
d’août et le sorbier a présenté une série de
feuilles jaunes.
Ma stupéfaction a été grande quand j’ai constaté
que mes deux petits guis s’étaient défaits de leurs pousses
à peine formées. Il ne leur restait plus que moignon de l’année
précédente mais qui était grossi. C’est ainsi qu’ils
ont passé l’hiver et au printemps 2000 le gros était encore
vivant tandis que le petit s’était desséché. Début
août, j’ai vu une seule petite pointe verte sur le côté
supérieur du gros moignon et en novembre il s’était allongé,
7 mm de long et 3 de large, tout aplati. Ce sont deux minuscules feuilles
qui ne se sont pas encore déployées. Au côté
opposé se développe encore un petit point vert.
Le fait que le gui peut tomber en déconfiture a évidemment
fait échouer mon projet de faire pré-germer les graines dans
la baie.
Tout ce qui précède constitue mon essai pour élucider
les énigmes du gui. Je l’ai placé sur Internet pour être
le premier à émettre ces idées que j’estime plus exactes,
mais aussi pour obtenir ce que j’en attendais, c.a.d. des dialogues avec
des intéressés. C’est ainsi que j’ai obtenu une vue plus
approfondie et ce qui précède en est la synthèse.
Le jour où j’estimerai avoir atteint mon but je vais refondre
le tout en un article.
Correspondance uniquement par lettre à l’adresse privée
s.v.p.
Charles Declerck
Brusselbaan 45
B 1790 AFFLIGEM
Belgique
TAPINANTHUS ERIANTHUS sur HIBISCUS ROSA-SINENSIS.