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« Femmes
parfums, une senteur immobile, en gestation constante ... » |
Les images de Jean-Lou Palmaerts dit «
Palm », sont nées d’une patiente érosion, dont la
matière première est le temps accumulé, avec un retour
aux sources permanent. L’artiste se plait à rappeler « Aller
contre le cours du fleuve, c’est aller vers sa source »...
C’est un regard, un œil aiguisé qui pénètre
son sujet avec respect et émotion. S’il n’y a pas d’émotion
il n’y a pas de Jean-Lou Palmaerts. L’artiste se glisse dans un
personnage tel des pulsions de bonheur ou de mélancolie, d’un désir
ou d’un regret si fugaces que nul en vérité, n’en
soupçonne l’intention.
Il manie son appareil photo, comme le crayon ou le pinceau avec les mêmes
sentiments. C’est à l’aise que le geste, à peine ébauché
mêle douceurs et forces. Caresses visibles qui révèlent
l’invisible, dérobant, au mouvement d’étranges, voir
de stupéfiantes immobilités ...
Sauvée du temps qui passe, la femme que dévoile Palm se fait diamant
pour l’éternité, c’est l’immobilité en
gestation.
Chose surprenante, si son art vous interpelle, c’est qu’au plus
profond de vous, corps et âmes vibrent de toutes parts. Votre propre image
tend à se dévoiler dans ce miroir de l’absolu dans lequel
il vous projette, dans lequel vous êtes conviés à vous baigner
...
« Aiguiser
son regard tel un crayon. Il doit être taillé à la
lumière de nos valeurs anciennes » |
Palm commence toujours son personnage en positionnant les yeux, c’est révélateur. Léonard de Vinci disait de l’oeil qu’il était la « fenêtre de l’âme ». Une foi le regard fixé, c’est tout le ruban du corps qui se déroule devant nous. L’esprit et le corps se coucheront tous deux sur l’espace devant lui. Ce corps est donc pour lui un lieu d’écriture.
Avec l’importance qu’il met dans l’expression de ces « prunelles », c’est le langage de la pensée et la sensualité imaginaire qui prennent forme. Une forme ouverte telle une spirale dont le centre est le regard, les yeux et à travers eux l’intimité de la personne. A l’entrevue, son visage devient songeur : « Je suis perplexe, devant la négation, qu’ont certains artistes, des valeurs qui nous ont été enseignées depuis des milliers d’années ». Il est vrai que Jean-Lou Palmaerts se plait à se baigner aux sources de l’Egypte ancienne, puis gréco-romaine. « J’aime reposer mon regard sur une fresque Egyptienne ; les attitudes y sont justes, claires. Les personnages semblent éternels, ils reflètent la réalité du moment et leur symbolique. Les grecs, d’autre part me laissent en admiration quant aux prouesses techniques qu’ils ont réalisées en accord avec le nombre d’or. Le Parthénon et les sculpteurs du corps humain en sont les plus beaux exemples.»
L’esthétique et la rigueur mathématique, intimement liées, nous font découvrir le mystère de la « quadrature du cercle »... un rond se fond dans un carré et un carré devient rond ... Cette confrontation d’idées, c’est notre vie de tous les jours : « Un peu de souplesse bon sang, [...] mais dans la rigueur ! ». C’est le cartésien et l’irrationnel. Entre les deux, on tente la fusion, si bien illustrée par Léonard de Vinci, personnage incontournable, auquel se réfère si souvent l’artiste : « Une des figure de Léonard de Vinci qui m’a le plus interpellé, est celle de l’homme inscrit dans un cercle et un carré. En fait c’est l’image de l’homme absolu vers lequel tout être tend. Une fusion dont j’aime ressentir les effets. Ces moments d’une telle intensité rares et si fugaces, laissent derrières nous des œuvres en témoignages. Et chacun d’y retrouver son compte : un carré entouré d’un rond, un rond entouré d’un carré, avec toute les nuances se mélangeant entre les deux extrêmes, allant mêmes au-delà. Pour ma part, je me sent plus dans l’image d’un carré, certes, mais entouré de tellement de cercles [...] le corps que je dessine, c'est une charpente bien réelle, indispensable soutient à la rondeur sensuelle des formes et l'état d'esprit qui s'en dégagent ».
« Laver son regard et aiguiser ses yeux
» voilà le moyen qui se doit d’être utilisé.
A chaque minute nous sommes agressé de part le monde par des images qui
nous âbétisent, des images de remplissage. Des images bâclées,
de tricherie, sans profondeur aucune, que l’on « emprunte »
si facilement aux voisins afin de les faire sienne, et le comble, ou le savoir-faire
est mis au rencart, afin de mettre en valeur l’éphémère,
le hasard et le « plus original ». Dès lors, on en arrive
à avoir « la bonne idée » de peindre au moyen du souffle
d’un moteur d’avion et de seaux de peinture lancés à
grands gestes sur la toile ou de vendre très chères les œuvres
d’un primate muni d’une brosse à peindre.
« A travers le monde superficiel revenons à nos valeurs, celles
qui nous ont menées de nos anciens à nos jours ».
L’artiste nous propose donc un retour à un plus juste vécu de notre vision du monde à travers la femme, en respect par rapport à nos fondements, nos origines, nos cultures. Il nous propose d’entretenir nos acuités visuelles, nos connaissances, d’une part en nous délectant de nos sensations et de nos passions, et d’autre part de faire jaillir ce qui est au plus profond de nous, ce qui nous enivre, à travers notre regard plein de vie et de parfums ... une ode à la femme, mais aussi à ceux et celles qui l’aime sincèrement ...
Et de conclure « Dans mes images j’ai reçu du bonheur, je prend du bonheur, et j’espère en donner. Le bonheur c’est le liant qui fait que tous les ingrédients ont un goût, un parfum, pour le plaisir des yeux ... »
S.P.