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Le Garde d' Honneur ou Episode du Règne de Napoléon Buonaparte
Historical evidence for Military use of phantasmagoria techniques during the tumultuous French Revolution


  planche  
 

Objet fantasmagorique lancé sur l' auteur en guise de signaux ...             (collection H. Schuurmans)

 
 

Par J. A. Boymaux d' Utrech, Désigné en 1813 comme Garde d' Honneur (1822)

 
 

 

 

"Le Garde d' Honneur ou Episode du Règne de Napoléon Buonaparte" Par J. A. Boymaux d' Utrech, Désigné en 1813 comme
Garde d' Honneur. A Bruxelles, Chez Weissenbruch, imprimeur du Roi, 1822


 


"
Quelquefois la main invisible de la providence frappe dans cette vie ces grands de la terre, qui y ont commis des grandes horreurs; de son doigt elle daigne montrer la ligne de démarcation que la puissance ne peut violer sans crime et sans danger; celle de la justice et des lois"
A Bruxelles,
Chez Weissenbruch IMPRIMEUR DU ROI. 1822


 
 
 

Historical evidence for Military use of phantasmagoria techniques during the tumultuous French Revolution

 

The lithograph, depicted above, was traced in the historical memoires: "Le Garde d' Honneur..." by J.A. Boymaux. 1822
In this rare eyewitness report, H. Schuurmans, found a most interesting Phantasmagoria reference, both in text and illustration.

The accompanying text underneath the illustration reads:
"
Objet fantasmagorique lancé sur l' auteur en guise de signaux, aprés avoir franchi la ligne du blocus de la montagne de la Verrerie de Roche; dans la nuit fort obscure du 14 au 15 Décembre 1813.
"

The lithograph is most curious since almost the whole image is pitch-black to evoke the dark landscape during the escape of Boymaux. Only a small part of the scene shows an illuminated spot where we see the
ghost effect, a floating hand to terrorize Boymaux.

The lithograph folds out the book and the accompanying caption explain what's happening.
"A floating hand with rapid mouvement pointing his fingers towards Boymaux to deceive him. Than, a Medusa head and several other creepy apparitions appeared in the dark wood. At every movement, other figures appeared in front of Boymaux's head"

Further in the book we read that: "... the
haute-police Napolienne used phantasmagoria projection techniques to create apparitions in a dark night to frighten fugitives and to create terror"

"In this way,
according to the author, one imitate the mysteries of ancient priests, who used convex and concave mirrors to conjure up shadows and ghost's in darkness" (collection H. Schuurmans)

 

 

Further in the book, J. A. Boymaux d' Utrech describes his encounter with Phantasmagoria projections to terrorize him during his escape.
A part of the original French text in the book is reproduced here in the subsequent paragraphs.

In the notes at the end of the book there is a general description about the fantasmagoria and interesting reference to Philidor.
The notes also explain the technique "
Danse des sorciers" The source for these notes is l'Ingénieur Chevalier.

To read more about the History of Phantasmagoria, 12 pages, start here!
 


 
 

Heureusement il faisait une nuit des plus obscures, point de lune, et des brouillards augmentaient encore les ténèbres. Point de vent, tout était tranquille. En prêtant une oreille attentive j'entendis au-dessous de moi prononcer ces mots d'une voix basse : « L'amener sous bonne escorte à Delemont, le traduire devant». . . . . . . . L'horreur me saisit. J'avais toujours l'espoir de me sauver. Je sortis flottant entre l'espérance et la crainte, j'eus même un moment l’idée de me rendre pour ne pas finir misérablement ma vie, en tombant dans un précipice, mais j’abandonnai aussitôt ce projet en persévérant dans mon évasion.

Je remarquai qu'on m'avait entendu dans toute la vallée; de petites lanternes tournaient leurs côtés lumineux vers moi, et cela à chaque pas que je faisais; car en descendant, il se détachait du gravier malgré tous mes soins pour marcher doucement. Je voyais ces lanternes se porter à l'endroit de ma descente, je remontai; beaucoup d'hommes marchaient sur les roches au-dessus de moi. L'obscurité était telle qu'on ne voyait pas à deux doigts de distance: ma redingotte était d'un drap bleu foncé; j’avais un gilet noir, une cravate noire, et des bottes, ce qui me rendait moins remarquable encore. Je redescendis ; j e compris que tous les mouvemens se faisaient à l’ouïe et que la vue n'y entrait pour rien. Tantôt j'entendais marcher de tous côtés, tantôt je voyais la lumière des lanternes qui se tournaient vers moi à chaque pas que je faisais ; tantôt je n'entendais plus que le murmure du ruisseau de la vallée qui interrompait le silence de la nuit. Je souffrais beaucoup du froid. La faim me pressait, je n'avais pas mangé la veille; mes mains étaient déchirées par les épines et les ronces. Tout ce qu'une telle position a de plus terrible, je l'ai éprouve; tout ce qu'il y a d'affreux dans un tel embarras je l’ai ressenti. La plume ou la parole ne sauraient donner qu'une trés-faible idée de ces mortelles angoisses; il faut les avoir éprouvées pour pouvoir en juger.
tranquille


Après avoir marché un quart d'heure, en faisant tomber du gravier (et il était impossible de faire autrement en montant ou en descendant), je vis dans l’air une figure monter en ligne courbe et qui, après s'être balancée quelque temps d'une manière indéterminée, descendit avec lenteur et vint se reposer sur ma tête: elle disparut ensuite et fut bientôt suivie d'une autre.

La nuit était trop noire pour rien reconconnaître. Je distinguais bien l'endroit d'où elles partaient, mais je ne voyais et n'entendais rien; j'ignorais aussi la distance qu'il pouvait y avoir entre moi et l'endroit où l’on faisait ces signaux. Les figures représentaient tantôt (*)
une main dont les doigts étaient étendus vers moi, et qui se tenait tranquille, tantôt une main qui se mouvait rapidement, en serrant rapidement les doigts comme pour attraper quelque chose , tantôt une tête de Méduse, ou quelqu'autre épouvantail.

L'objet était fortement éclairé, et pouvait avoir tout au plus deux pieds de long sur un pied de large. Il ne laissait point de trace après lui, et répandait peu de clarté à l'entour. L'endroit d'où il partait restait obscur. Cette
fantasmagorie jouait continuellement sur ma tête et me suivait chaque pas que je faisais. Elle tâtonnait d'un côté et d'autre, lorsque je me tenais quelque temps sans faire de mouvement; mais aussitôt que je me bougeais, on lançait de nouveau ces figures sur ma tète:
ce qui me confirma dans l'idée que l'on voulait cerner les lieux où tombaient les signaux. Je supposai qu'il devait se trouver du monde du côté opposé. Cette position, l'incertitude où j'étais, l’obscurité de la nuit, la terreur qui s'empara de moi à la première vue de ces machines, tout contribuait à faire sur moi l’impression la plus lugubre et la plus affreuse. Cette fantasmagorie tient tellement du merveilleux, qu'on ne sait au juste asseoir son jugement, et dire comment et pourquoi l'on emploie ce singulier mécanisme.

Voyez la planche:
Objet fantasmagorique lancé, etc. qui représente cette scène lugubre.


C'est en errant ainsi, continuellement signalé, que j'arrivai à un ruisseau plus profond. J'y entrai et continuant à marcher dans son lit ou à nager de temps en temps, le murmure de l’eau m'empêcha de nouveau d'être entendu. Je vis encore pendant quelques momens la même fantasmagorie, mais moins distinctement; elle s'élevait et semblait planer au hasard dans l'air; mais aucune figure ne se reposait sur ma tête comme auparavant, preuve qu'on avait perdu ma trace. Enfin je n'aperçus plus rien. Je montai de nouveau une montagne d'un accès difficile, et j'eus beaucoup de peine à la gravir. Je ne savais où j'allais. En la descendant, j'eus à lutter contre la même difficulté du terrain; le jour commençait à poindre: j'aperçus de loin dans la vallée une petite maison isolée sur une chaussée près d'un moulin à eau. Je croyais avoir fait bien du chemin, je me trompais.

J'avais décrit presqu'un demicercle et me trouvais à une forte demi-lieue plus près de Delemont que lorsque je montai la montagne derrière la verrerie de Girard. J'eus le courage de me porter vers cette maison que je voyais à mes pieds dans la vallée, dans la persuasion que je me trouvais déjà sur le territoire Suisse. - Je frappai à la porte.

L'horrible nuit que je venais de passer, m'avait rendu méconnaissable; mes forces étaient épuisées; je n’avais pas mangé depuis deux jours: mon corps était meurtri, mes mains et ma figure ensanglantées, mes habits déchirés et remplis de boue; je n'avais plus de chapeau; dans cet état je me présentai. On m'ouvrit, c'était une femme. Elle jetta les yeux sur moi, et poussant un cri d'épouvante, elle s'enfuit dans la maison. Deux hommes s'offrirent à moi et me firent entrer. Je leur demandai avec empressement, «Si je me trouvais en Suisse? »
Ils me répondirent fort étonnés, que non; que je me trouvais près du village de Corandelin. Je fus terrifié par cette nouvelle. L'on me rassura. On avait compris, avant que je n'eusse parlé, que j'étais un de ces deux espions, à la recherche desquels on avait pris tant de peine le jour précédent. Tout le monde dans les environs en avait entendu parler, et le bruit allait toujours en augmentant, comme c'est l'ordinaire.
Je me trouvais chez de fort braves gens, chez un meunier nommé Frossard dont la famille se composait, de sa femme, (celle qui m'avait ouvert la porte) de leur fille, de leur beau-fils nommé Brunner et d'un domestique.

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