WALLY DE DONCKER
 


« La lecture est un droit fondamental pour tous »

Entretien avec Wally de Doncker, Président d’IBBY

(Tamtam Tikou, BnF, 2014)

 
 
BIOGRAPHIE
 
La littérature enfantine est de très près liée à la vie professionnelle de Wally De Doncker. En tant qu'écrivain, il essaye de réagir attentivement à ce qui se passe autour de lui. Les évènements de sa vie (ou des personnes de son entourage) sont la source d'inspiration principale. Ses livres ne s'adressent pas vraiment à une tranche d'âge bien définie de lecteurs. Il essaye de fasciner aussi bien les enfants que les adultes.
 
LE MONDE DE WALLY DE DONCKER
 
Les activités de Wally De Doncker l'amènent souvent à se plonger dans le monde de la littérature pour enfants et jeunes gens :
- il fut professeur à l'école primaire de Dendermonde jusqu'en 2001 et anima des ateliers de lecture
- il est le fondateur de la méthode de lecture ‘Reading Dragon’(1996)
- il écrit pour le compte de certaines revues néerlandophones des articles relatant la dimension internationale de la littérature enfantine et pour jeunes gens
-proposé par les sections de l'IBBY-Belgique, Wally De Doncker a été élu membre du Comité mondial (Comité Exécutif) de l'IBBY par l'Assemblée générale de l'IBBY du 10 septembre 2008.
- il est souvent appelé à donner des conférences traitant de son oeuvre littéraire en Belgique et à l'étranger
- il est membre du conseil de rédaction de la revue américaine de critique littéraire de livres pour enfants et jeunes gens : "The lion and the Unicorn".
- avec quatre autres Belges, il a vu sa biographie publiée dans une illustre encyclopédie américaine en 2006.
- c'est à la demande de la « Stedelijke Academie voor Muziek, Woord en Dans » et de la Ville de Sint-Niklaas qu'il a créé son premier spectacle musical, « Ik Ben Op Jou », un spectacle très attendu qui a été présenté en première le 3 mai 2008. La musique a été composée par Michel Bisceglia, compositeur de renom, tandis que la mise en scène est signée Hugo Segers, du « Vlaamse Opera ».
 
Il est né le 19 mai 1958 dans la ville belge de Tielt. A l'heure actuelle, il habite à Hamme avec sa femme et ses deux enfants.
 
l’IBBY
 
Proposé par les sections flamande et francophone de l'IBBY-Belgique, Wally De Doncker a été élu membre du Comité mondial (Comité Exécutif) de l'IBBY par l'Assemblée générale de l'IBBY du 10 septembre 2008.
Ce que souhaite « The International Board on Books for Young People », c'est contribuer au développement de la compréhension internationale à travers une littérature de jeunesse de qualité. Fondé en 1953 par Jella Lepman, cet organisme est aujourd'hui une organisation non-gouvernementale reconnue par l'Unesco. L'IBBY réunit dans le monde entier des scientifiques, bibliothécaires, promoteurs de la lecture sous toutes ses facettes, éditeurs, auteurs, illustrateurs, traducteurs… L'organisation possède des sections nationales et régionales implantées aux quatre coins du monde. Non seulement elle soutient divers projets de lecture dans les pays du Tiers-Monde – tels que Children in crisis, par exemple –, mais en plus elle chapeaute toute une série de prix comme le Prix biennal Hans Christian Andersen (Prix Nobel de littérature pour la jeunesse), la Liste d'Honneur et le Prix de promotion de la lecture IBBY-ASAHI, pour ne citer qu'eux. Sont par ailleurs organisés des congrès mondiaux bisannuels, dont les prochaines éditions se tiendront à Saint-Jacques-de-Compostelle (Espagne) en 2010 et à Londres en 2012.
 
 
DES GENRES DIVERSIFIES
 
Wally De Doncker a écrit des histoires dans des genres très diversifiés. Des histoires fantastiques aux histoires d'amour ("Sarah", 1995). Des histoires réelles à la science fiction/fantaisie ("Ahum", 2000).
 
Tout comme "Een opa met gaatjes" (1996) ses livres d'images ont une renommée internationale. La trilogie composée du symbolique "Wolken in het zand" (1998), de la critique sociale "Ahum" (2000) et de "Ik mis me" (Vivre sans moi, je ne peux pas, Editions être, 2003) sont toutes des histoires philosophiques avec une dimension surréaliste. Dans "Ik wou dat ik een pop was" (2003), il décrit le monde d'un vieil homme qui progressivement exclu de la société.


WALLY DE DONCKER
INSPIRÉ PAR L’ART CONTEMPORAIN BELGE
  
Jamais
 
«NOOIT» (Fr : JAMAIS) est un concept de KUNSTWERK(t).
Ce sont dix œuvres réalisées par de grands artistes contemporains belges (Panamarenko, Berlinde De Bruyckere, etc.) qui ont soufflé à Wally De Doncker l’idée de cette histoire aussi surprenante qu’originale dont les rôles principaux sont campés par la Petite Dame et son chien Fala. Les jolies illustrations surréalistes sont l’œuvre de Karolien Vanderstappen. Ce concept permet aux enfants de tous âges de découvrir de façon ludique le monde de l’Art contemporain. « NOOIT » est le premier livre de la trilogie « Nooit voor altijd » (Fr : Jamais pour toujours).
 

 
 
 
VIVRE SANS MOI, JE NE PEUX PAS
(Traduit du néerlandais par Séverine Lebrun et Christian Bruel
Editions Être, Paris, 2003)
 
 
Sélections:
 
Livre de Flash 2003.
Sélection d’Arple 2004.
Coup de Cœur 2004.
Filme de danse 2005 (par Cacao Bleu)
Vivant pour de vrai 2008
Littérature d’Idées 2008
 
 
Si je n’étais pas né, tout serait différent.
Maman ne serait pas ma maman.
Mon frère n’aurait peut-être pas de frère.
Et ma sœur aurait-elle une petite sœur?
Mon ami serait l’ami de quelqu’un d’autre.
Sûrement. Mon ours aurait encore ses deux yeux mais je me manquerais vraiment.
Tout bien réfléchi, vivre sans moi, je ne peux pas !

 
 
 
FILM DE DANSE
Ma sœur, avec ou sans petite sœur ?
 
Une production de la troupe Cacao Bleu Collectief
 
« Ma sœur, avec ou sans petite sœur ?» confronte trois jeunes filles à une danseuse professionnelle. Le résultat de cette rencontre ? Un film de danse qui fait la part belle à l’improvisation. Avec, comme point de départ, le livre pour enfants à caractère philosophique intitulé « Vivre sans moi, je ne peux pas », de l’écrivain Wally de Doncker.
Qui fait bouger qui ? Bouger ou être emporté dans le mouvement ?
Qui dirige qui ? Les enfants, la danseuse ou le réalisateur ? Le thème central, c’est le monde imaginaire des enfants. Ils bougent, ils dansent. La danseuse est progressivement initiée et séduite. Bouger et être emporté dans le mouvement. Qui commence ?

Premiers commentaires de spectateurs :
‘Un style artistique ferme et décidé’
‘De superbes effets cinématographiques’
‘Un plus indéniable pour le livre « Vivre sans moi, je ne peux pas »’
‘Un film destiné à vivre un parcours international’
 
Les centres culturels et bibliothèques qui mettent sur pied des projets liés à la danse contemporaine et à l’éducation artistique avec des enfants ou qui élaborent des projets liés au livre « Vivre sans moi, je ne peux pas » de Wally de Doncker peuvent obtenir ce film dans le but de s’en servir comme instrument de travail. Prix à convenir en fonction de l’usage qui en sera fait.
 
Contact : Cacao Bleu Collectief
Cacaobleu@hotmail.com à l’attention d’Anne-Lore Baeckeland
 
 
 
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VIVRE SANS MOI, JE NE PEUX PAS
 
 
« J’existe car je me vois. » Oui, mais est-ce bien moi ? Le jeune narrateur passe l’épreuve du miroir et ce n’est pas si simple ! Ce qu’il voit c’est « iom » (moi à l’envers). L’enfant fait des hypothèses, cherche les preuves de son identité par son reflet, par l’hérédité, par les sensations. Conclusion ? « J’existe vraiment. » Mais l’enfant pousse plus loin la réflexion et revisite son univers dans la perspective de son inexistence : « Si je n’étais pas né (…) Maman serait là quand même (…) mais ne serait pas ma maman (…). (…)
Cette histoire ontologique aborde de façon ludique la question de l’ego (« je » subjectif et « je » objectif). À l’âge de la découverte de la logique, du raisonnement, de la découverte de soi, l’enfant comprend qu’il se définit par rapport aux autres et existe par les autres. Je suis, et je suis là dans des conditions que je n’ai pas choisies… j’aurais pu ne pas être là, cela n’aurait rien changé au monde. L’homme est un être contingent ! (…) Cet album complexe renvoie à des questions existentielles essentielles.  (2/2/2005 : Livre au trésor)
 
‘Un jeune garçon se regarde dans un miroir. Que lui renvoie son image ? A qui ressemble-t-il ? Il est le résultat de tout un mélange, un peu de son papa, de sa maman, de ses grands-parents… Mais c’est bien lui.Il est unique et irremplaçable. (…) Un thème délicat, complexe que les auteurs traitent avec énormément de talent. (Françoise CHAIGNEAU, www.livrjeun,tm.fr,  28.12.04)
 
...Ensuite, la question de l’identité ne se résout pas seulement par une carte plastifiée. Si l’enfant n’est pas avare de questions dérangeantes suscitées par la singularité de ses rapports aux autres, un livre qui vient en légitimer et en structurer la logique interne n’est pas superflu. C’est la grande réussite de Vivre sans moi, je ne peux pas (3), dont le cheminement va du miroir à l’affirmation de soi comme réponse à la question " et si je n’existais pas ". Avec bien de l’humour pour aiguiser la richesse de sens d’un texte affiné au plus juste. ( l’Humanité, Bernard Epin, Article : Jeunesse. Aux détours de la vie, http://www.humanite.fr/)
 
Et si maman n'avait pas été ma maman, est-ce que j'aurais été moi ? Cette question va, comme une boule de neige, provoquer une avalanche d'interrogations existentielles qui ne s'arrêtera qu'au constat final, sans appel et rassurant. Un livre à mettre entre toutes les mains !  (http://www.librairiegraffiti.be)
 
…Quel soulagement pour un lecteur préoccupé par ce sujet de voir qu’il n’est pas le seul à se questionner ainsi sur sa propre existence et son rapport au monde. Cet album riche et complexe, comme le sont souvent les livres de cette maison d’édition, interrogera, intriguera certains mais poursuivra son travail en profondeur. (ARPLE- Association de Recherche et de Pratique sur le Livre pour Enfants- 12.02.2004)
 
« Un garçon se regarde dans un miroir et s’interroge sur l’existence. Il se dit qu’il existe car il voit son image, il sent quand il se pince la joue ou se caresse les cheveux. Il voit sa ressemblance avec ses parents. (…) Un album tout en finesse illustré de façon naïvement moderne qui pose très simplement la problématique de l’existence et met à nu l’insupportable idée de ne pas exister. (http://enfants-du-net.org\, 17.03.2004)
 
« Voici un livre très surprenant. La célèbre citation « Etre ou ne pas être. C’est la « question » de Shakespeare est reprise sur la page titre. Elle résume parfaitement ce petit album. Un garçon s’interroge devant son miroir. Il existe puisqu’il se voit ! S’il n’était pas né, maman serait là quand même, mais sa sœur ne serait pas sœur… et ainsi de suite. Les interrogations identitaires se multiplient jusqu’à la constatation finale « je ne peux pas vivre sans moi »… (Mireille Delrivière, Auteurs, illustrateurs, éditeurs belges pour la jeunesse, éditions francophones, IBBY-Informations, n°56, mars-avril 2004)
 
« Coup de chapeau à C. Bruel, éditions Etre pour un titre tout récent : ‘Vivre sans moi, je ne peux pas de Wally de Doncker. (…) Ce titre est une réussite, parvient en quelques pages à cette conclusion évidente : je ne peux vivre sans moi !  (…) A partir de ces textes, les démarches d’atelier philosophique telles que j’ai pu les lire permettent aussi d’apprendre à l’enfant à lire un texte littéraire dans le sens où il donne à voir d’autres façons de vivre, de penser, de questionner : cette approche favorise la construction de la réflexion en tenant compte du vécu de l’enfant, de ses connaissances, de ses interrogations de moment. L’enfant est davantage impliqué personnellement (différent de la démarche documentaire).
‘Il faut offrir aux enfants de vrais beaux textes, non pas seulement des livres pour endormir les enfants le soir, mais aussi des livres pour les réveiller le matin.’ (Philippe Corentin) (Evelyne Beauquier, ‘Littérature de jeunesse et philosophie’, La philo à l’école.)
 
« Un album subtil, intelligent et parfaitement abouti sur les questions métaphysiques que se posent les enfants. Face à son reflet dans le miroir, un enfant s’interroge sur la réalité de sa propre existence et sur ce que seraient les autres sans lui : « Si je n’étais pas né, maman serait là quand même (…) … Autant de questions fondamentales posées de manière simple et efficace » …. (La revue des livres pour enfants, sélection 2003, p.14-16)
 
« La maison d’édition Davidsfonds/Infodok aussi publie de plus en plus de livres d’images.  Les livres de Wally de Doncker avec des dessins de Gerda Dendooven, qui combinent humour et émotion, sont remarquables. Dans Je me manque (Ik mis me), le petit « je » se pose la question de savoir comment aurait été le monde s’il n’avait pas été là. « (Jan van Coillie, La littérature pour la jeunesse flamande a de quoi séduire à l'international, la lettre, 2003)
 
« … Christian Bruel a édité en mars dernier deux petits bijoux de la littérature flamande dont ce petit livre carré qui parvient en quelques pages à cette conclusion évidente : vivre sans moi, je ne peux pas. ‘Je regarde dans le miroir, c’est moi’ (…) C’est bien moi, j’existe car je me vois.’(…) Loin, très loin des albums qui n’osent aborder les questions existentielles des enfants que sous un angle fermé ou restreint, cet album bouscule tout. Et cela dans une mise en page qui joue superbement sur chaque détail de la phrase et de l’illustration, créant un parallèle malicieux entre les images décalées de Gerda Dendooven et le texte très bien déroulé de Wally de Doncker. Le meilleur traité de philo possible! » (MADELINE ROTH, Citrouille, 15/9/2003)
 
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LA RELATION AVEC LE LIVRE EST D’ORDE SENSUEL :
Wally de Doncker a parlé avec MARIE ODILE DERRIEN, bibliothécaire en section jeunesse à Lyon (Décembre 2004, Leesgoed 8/2004, p. 344-346, La Hague (Pays Bas)
 
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Quelques citations:
-‘Nous essayons de proposer une sélection de livres la plus variée possible. Ce sont des livres que nous choisissons à la bibliothèque publique. Nous apportons parfois de très beaux livres, presque des albums de bibliophilie pour les enfants, des Editions Grandir, notamment, dont on entend souvent éducateurs et bibliothécaires dire : ce ne sont pas des livres pour enfants, ils sont trop fragiles, difficiles…’
-« Je suis convaincue que le plaisir du livre de la littérature n’a rien à voir avec la facilité et qu’on sous-estime généralement le plaisir que peuvent prendre les enfants  aux ‘jeux’ intellectuels. Ce jeu est fondamental dans l’acte de lecture, non ?’
-La relation avec le livre est d’ordre sensuel, le mot semblera peut-être un peu fort, mais je crois que c’est de cela qu’il s’agit : c’est très important de rencontrer des beaux livres, dont la qualité donne envie de les toucher, en tant qu’objet.Le problème c’est que la surabondance de produits livres incite à ‘consommer’ du livre et la ‘jouissance’ de la lecture, pour reprendre le mot de Barthes, demande de la contemplation et du temps…’
-Mais pour répondre plus précisément à ta question, comme je l’ai déjà suggéré lorsque j’ai parlé de mon travail de bibliothécaire, je crois qu’il est essentiel non pas de proposer une abondance de livres aux enfants, mais des livres qui proposent des regards différents autant dans le contenu que dans la forme, des livres qui bousculent les idées.’
-‘Et il me semble que le livre soit le support idéal qui permet une vraie diversité de pensée et de regard.’
-‘Attention aussi à l’idée de ‘l’exception française’. C’est une réalité si on regarde ce qui est massivement publié en Grande-Bretagne, ou aux US. Ceci dit, il y a aussi de magnifiques ‘picturebooks’ ailleurs : les éditeurs français n’ont pas le monopole des ‘picturebooks’ de qualité. Regardez du côté des éditeurs coréens, par exemple… ou Allemand ou bien d’autres…. ‘